jeudi 14 janvier 2010

Uptown Saturday Night

Après le succès du western Buck and the Preacher et le drame A Warm December, Sidney Poitier se lance dans la réalisation d'une série de trois comédies où il partage l'affiche avec le facétieux Bill Cosby.

UPTOWN SATURDAY NIGHT - Sidney Poitier (1974)


Steve Jackson (Sidney Poitier) est un ouvrier et un bon père de famille, un working class hero anonyme vivant avec sa femme (Rosalind Cash). Son pote Wardell Franklin (Bill Cosby) est plus groovy. Un soir, ce dernier l'emmène au Zenobia, un club BCBG réputé pour ses jeux et ses belles femmes. Alors que les dés sourient à Wardell, des braqueurs surgissent, dépouillent la bonne société et repartent avec un beau butin, dont le portefeuille de Steve.
Le lendemain, la chance semble tourner : Steve gagne à la loterie... Mais le ticket était dans son portefeuille !
Steve et Wardell se mettent en quête des braqueurs. Sur leur route, ils croisent Lincoln (Roscoe Lee Browne), un politicien opportuniste, et sa femme adepte du Zenobia, le détective/escroc "Sharp Eye" Washington (Richard Pryor), quelques belles gueules de caïds et de pimps, le révérend (Flip Wilson)...
Les deux compères s'attachent même les services du gangster "Geechie Dan" Beauford (Harry Bellafonte)...
Scénarisé par Richard Wesley et produit par Melville Tucker pour la Warner, Poitier fait dans la comédie légère, et le résultat est plutôt réussi (même si l'on sent Poitier hésitant dans ses premiers en tant que réalisateur de comédie).
La quête des deux compères permet l'utilisation de multiples personnages souvent savoureux. Le film s'apparente à une sorte de road movie dans un quartier afro-américain avec ses habitants "normaux", ses pimps et ses escrocs, ses politiciens, ses prêcheurs... ce qui en fait tout de même un film plutôt sympathique.

Mention spéciale pour le génial Harry Bellafonte qui surjoue un pastiche de Marlon Brando et dont la seule présence suffit à regarder et apprécier ce film.
Après une entrée dramatique dans la blaxploitation avec Hickey and Boggs, Bill Cosby se trouve in fine au premier plan avec son bagou légendaire (on l'imagine presque improvisant sur le tournage). Poitier reste plutôt en retrait, mais se réveille dans une belle scène de fin sur le toit d'une voiture... Le reste du casting est au petits oignons puisque l'on a droit à Richard Pryor, Rosalind Cash, Calvin Lockhart, Don Marshall, Roscoe Lee Browne (Black Like Me, Up Tight !, The Liberation of L.B. Jones, Super Fly T.N.T., Jumpin' Jack Flash), Paula Kelly, Lee Chamberlin, Lance Taylor Sr., le danseur Harold Nicholas (qui collabore aux célèbres The Emperor Jones et Stormy Weather, ainsi qu'à Disco 9000), Lincoln Kilpatrick et les cascadeurs Henri Kingi et Jophery C. Brown.

Boomerang

Grâce à la présence et au scénario d'Eddie Murphy, Reginald Hudlin décroche un budget de 40 millions de dollars qu'il utilise à merveille pour cette comédie romantique révolutionnaire pour l'époque (puisque des relations amoureuses d'Afro-américains).

BOOMERANG - Reginald Hudlin (1992)



Marcus Graham (Eddie Murphy) est responsable de la publicité dans une firme de cosmétique. C'est aussi un dragueur insatiable, doublé d'un machiste patenté qui discute de ses conquêtes avec ses collègues et amis (Martin Lawrence & David Alan Grier).
Mais sa vie sentimentale et professionnelle bascule lorsque débarque une nouvelle patronne, Jacqueline Broyer (Robin Givens). Ils couchent ensemble et Marcus semble tomber amoureux d'elle (d'autant qu'elle a des pieds parfaits). Mais c'est Jacqueline qui se joue de lui et profite d'un imper sur la campagne de pub de la top-model Strangé (Grace Jones) pour le mettre sur la touche.
Aidé par Angela (Halle Berry), Marcus tente de se venger...

Dès les premières minutes le personnage de Murphy et ses acolytes tranchent avec les précédents films. Effectivement, ils parlent le plus librement du monde de leurs sexualités et l'on assiste aux premières scènes d'amour d'Eddie après 10 ans de carrière. Rare sont les acteurs à se prévaloir d'une telle chasteté ! Mais pour avoir ce rôle de séducteur, il doit écrire lui même le scénario avec Reginald Hudlin (auréolé du succès de House Party).
La force du film réside dans la complexité de ses personnages principaux. En effet, une fois posée la virilité et le succès de Murphy, les rôles s'inversent et le bourreau des cœurs devient la victime de l'intriguante Robin Givens. D'ailleurs la volonté de ne pas tomber dans le manichéisme fait verser l'intrigue dans les bons sentiments et le romantisme à peu de frais ; seul petit hic de cette très agréable comédie.

Le casting dirigé par Aleta Chappelle est tout simplement énorme, mélangeant à l'envie les étoiles comme les seconds couteaux du cinéma afro-américain des 40 dernières années.
Il fait la part belle à des rôles subalternes représentatifs du cinéma soul comme le père fondateur Melvin Van Peebles, l'incomparable Leonard Jackson (Five on the Black Hand Side, Ganja & Hess, Car Wash, The Color Purple), l'ancienne sex-symbol Eartha Kitt (elle apparaît déjà dans Friday Foster), Bebe Drake, Alyce Webb (débutante dans le mythique Cotton Comes to Harlem), Grace Jones... par là, Hudlin et Murphy posent leur production dans les pas des anciens ; volonté réaffirmée avec force avec la participation du père spirituel du cinéma noir engagé : Melvin Van Peebles.

Est aussi représentée la jeune génération : Martin Lawrence et David Alan Grier (qui ont travaillé quasiment tout le film en impro avec Murphy), Robin Givens, Tisha Campbell, Chris Rock, John Canada Terrell (un des rôles principaux de She's Gotta Have It), John Witherspoon, Lela Rochon (qui sort tout juste d'une autre relation cinématographique avec Murphy dans Harlem Nights), Daryl Mitchell, Irv Dotten, Gene Allen et des caméos en vendeur à la sauvette des deux frères Hudlin, Reginald le réalisateur et Warrington le producteur.
Le DVD propose quelques scènes coupées dont celle ci-dessous, et bien sûr les commentaires de Hudlin. Et le film se regarde amplement une deuxième fois avec ceux-ci : le choix des acteurs, les secrets de tournage (et les retouches d'Eartha Kitt à ses répliques qu'elle juge des fois trop vulgaires), les fou-rires en plateau...

Daniel...

L'hommage de François Sabado :

Daniel est parti ce mardi 12 Janvier. C’était un militant, un intellectuel , un camarade, un ami.
Né en 1946, il aura mis sa vie au service de la défense des idées marxistes révolutionnaires.
Il avait été un des fondateurs des JCR et de la Ligue communiste révolutionnaire.
Animateur du mouvement de Mai 68, il était de ceux qui avaient un sens très sûr de l’initiative politique. Il avait été un des animateurs du mouvement du 22 mars. Saisissant la dynamique des mouvements sociaux, en particulier le lien entre le mouvement étudiant et la grève générale ouvrière, il était aussi un de ceux qui avaient compris la nécessité de construire une organisation politique, d’accumuler des forces pour la construction d’un parti révolutionnaire.
L’intelligence de Daniel, c’était d’allier théorie et pratique, intuition et politique, idées et organisation. Il pouvait, dans le même temps, diriger un service d’ordre et écrire une œuvre théorique.
Ce fut un des inspirateurs d’un combat qui conjuguait principes, délimitations politiques et ouverture, rejet du sectarisme. Ses convictions politiques chevillées au corps, Daniel était toujours le premier à rechercher la discussion, à essayer de convaincre, à échanger les positions, et à renouveler sa propre pensée.
Participant de la fin des années 60 au début des années 90 à la direction quotidienne de la LCR, il avait joué un rôle décisif dans la construction d’un projet, d’une orientation qui lie activité quotidienne et tension révolutionnaire. Une bonne partie de son travail théorique et politique sera centrée sur les questions stratégiques, sur les leçons historiques des principales expériences révolutionnaires.
Daniel était profondément internationaliste. Il aura un rôle clé dans la construction de la LCR espagnole, à l’époque du franquisme. Lors de ces années, Daniel jouera un rôle majeur au sein de la IVe Internationale, suivant particulièrement la situation en Amérique latine et au Brésil. Il contribua beaucoup à actualiser notre vision du monde, à nous préparer aux bouleversements historiques de la fin des années 80.
Des années 90 à nos jours, tout en poursuivant son combat politique, il se concentra sur la réflexion et l’élaboration théorique : l’histoire des idées politiques; «le capital» de Karl Marx; le bilan du siècle et de ses révolutions, dont, en premier lieu , la révolution russe ; l’écologie ; le féminisme ;les identités et la question juive ; l’élaboration d’une nouvelle politique pour la gauche révolutionnaire face à la globalisation capitaliste. Il suivait, régulièrement, les forums sociaux mondiaux du mouvement altermondialiste.
Daniel aura assuré la continuité historique d’un marxisme révolutionnaire ouvert, non dogmatique et l’adaptation aux changements de la nouvelle époque, avec toujours pour horizon, la transformation révolutionnaire de la société.
Frappé par la maladie, il la surmontera durant des années, en pensant, en écrivant, en travaillant ses idées, sans refuser ni voyage, ni meeting, ni simple réunion. Daniel s’était donné comme tâche de vérifier la solidité de nos fondations et de les transmettre à la jeune génération. Il le fit de tout son cœur, de toutes ses forces. Ses interventions, à l’Institut international d’Amsterdam, dans les universités d’été de la LCR puis du NPA ont marqué des centaines de camarades. Passeur de l’expérience de la LCR pour le NPA, Daniel avait décidé d’accompagner le lancement de notre nouvelle organisation, en relançant la revue Contre temps et en constituant la société «Louise Michel», cadre de débat et de réflexion de la pensée radicale.
Daniel, c’est tout cela. Et, en plus, il était sympathique, chaleureux, convivial. Il aimait la vie.

Alors que nombre d’ex –de 68 ont tourné casaque, ont abandonné les idéaux de leur jeunesse, Daniel n’aura rien lâché, rien abandonné. Il est là, présent !

François Sabado
"
http://www.npa2009.org/content/daniel

dimanche 10 janvier 2010

Black Panther sur les écrans ?

Nombreux sont les réalisateurs à avoir annoncé leur envie de s'attaquer à l'adaptation sur grand écran des histoires de T'challa la Panthère Noire : Mario Van Peebles ou encore John Singleton
pour ce qui est des acteurs, là encore la liste est longue. Aux lendemains de son rôle dans Blade 2, Wesley Snipes affirmait déjà qu'il souhaitait incarner le roi du Wakanda. Pas de nouvelles depuis...

Mais le suspens est relancé...
Depuis quelques mois par Adewale Akinnuoye-Agbaje (Mister ecko dans Lost, ou encore Simon dans Oz) annonce être en discussion pour tenir le rôle dans un film qui serait prêt à être tourné dans l'année...
On peut espérer que ce long métrage verra le jour avant le titanesque Avengers tant annoncé par Marvel, qui devrait réunir les acteurs attitrés de Iron Man, Spidey, Hulk, le Colonel fury (incarné dans les denières minute de Iron Man par Samuel L. Jackson) ou des futurs Captain America et Thor. Dans cette perspective, on peut espérer que Black Panther fera parti de ce projet.

A noter tout de même que Marvel a sorti un long métrage animé consacré à notre héros du Wakanda. On y retrouve T'Chaka, les Vengeurs
Voici le trailer :

jeudi 7 janvier 2010

T'challa, la panthère noire (2)

On trouve dans la collection "'Monster" de Marvel, 4 tomes dédié la Panthère Noire, avec aux manettes Priest et Vellutto. Bien que beaucoup moins progressistes que par le passé (et en ce moment), les scénaristes nous offrent quand même un véritable héros complexe, une histoire dense et à rebondissement avec pour les trois premiers tomes un narrateur impliqué plutôt décalé : Everett K. Ross.
Sans parler de la débauche de guests stars Marvel (dont une scène magnifique avec les dirigenants d'Etats plutôt spéciaux -Von Fatalis, Magnéto et Namor).
Depuis février 2005, la Panthère Noire a recommencé de nouvelles aventures mises en dessin par le célébressime John Romita Jr. (à qui l'on doit également des dizaines de Spiderman, de X-Men,...) ; le scénario est assuré par Reginald Hudlin, issu du cinéma (on lui doit comme réalisateur House Party, Boomerang ou encore le pilote de la série Everybody Hates Chris ainsi que les Boondocks comme producteur exécutif) et plutôt branché sur les questions raciales et les luttes afro-américaines. Ce qui donne de savoureuses histoires, dont une seule a été publié entièrement à ce jour en français (Qui est la Panthère Noire ?) et des récits mensuels. Dans les dernières années, on a assisté au mariage de Tornade des X-Men et de T'challa, et ce dernier apparaît de plus en plus dans des sorties mensuelles de l'univers Marvel (X-Men, Marvel Zombies, la saga Civil War...)

mardi 5 janvier 2010

Black Panther, Prince héritier du Wakanda

Créée par Jack Kirby et Stan Lee, la Panthère Noire est le prince héritier du Wakanda, royaume d'Afrique centrale, seul producteur de vibranium (un métal hyper résistant dont sont constitués aussi bien le bouclier de Captain America que l'armure de Iron Man). De son vrai nom T'challa, fils de T'Chaka.

Il se bat généralement contre ses ennemis intérieurs qui veulent déstabiliser son royaume (Killmonger, Hunter le Loup Blanc son demi-frère, M'Baku l'Homme-Singe, ...) et tente de le préserver de ceux de l'extérieur qui veulent faire main basse sur les gisements de vibranium.
Son plus grand ennemi reste Klaw ; le physicien néerlandais Ulysse Klaw qui a tué son père et tente de s'emparer du vibranium pour faire fonctionner ses différents transformateurs dondes sonores...
T'challa, la Panthère Noire, apparaît dans les pages des Fantastics Four #52 en 1966 (en France, publiée en ). On le revoit dans les aventures de Captain America (à qui il inflige une belle raclée, on peut tout de même apprécier le symbole) et il devient membre des Vengeurs, où il se trouve être l'antithèse d'un Tony Stark/IronMan pétri de certitudes et au service de l'impérialisme US (oui, c'est ma lecture, mais pas que...).

Bien sûr Panthère Noire marque les fans de comics des années 60 avant tout parce qu'il est noir, ce qui était inédit dans la galaxie Marvel ou DC. Mais, Hattie Mc Daniels ou Stepin Fetchit étaient des acteurs noirs sans pour autant représenter des personnages positifs et auquels les jeunes Africains-Américains avaient envie de s'identifier. Or là, Jack Kirby et Stan Lee font de la Panthère Noire un Noir positif, un chef d'Etat africain, un héros quasi mythologique et dont le pays possède des ressources naturelles, des technologies et des connaissances bien supérieures à celles de n'importe quel pays occidental, USA y compris.

Encore une fois, la team Marvel s'avère très visionnaire et les deux auteurs ont à la fois précédé la création du Parti des Panthères Noires (BPP) et plus généralement ont su créer un personnage que l'industrie culturelle et en particulier le cinéma n'avait pas encore su mettre à l'écran et qui était réclamé par la jeunesse africaine-américaine.

Pourtant, avec le développement du BPP, leurs coups d'éclat dans les rues d'Oakland ou à la chambre des sénateurs de Californie, les emprisonnements ou les meurtres de leurs dirigeants, les éditions Marvel ont renommé un temps le dirigeant du Wakanda « Black Leopard » : dans les Fantastics Four #119 en 1972, T'challa explique à La Chose que dans son pays « le terme a des connotations politiques ».

lundi 4 janvier 2010

I wish you a fuckin'groovy new year !

Bonne année à tous mes lectrices et lecteurs.

...et pour la commencer en beauté, s'ouvre ce soir un grand dossier sur Black Panther, le héros des comics Marvel), puis quelques billets sur le parti du même nom et probablement sur le film éponyme de Mario Van Peebles...

Allez, c'est parti pour 2010 !

lundi 21 décembre 2009

DiabolikZine n°4 - Spécial Blaxploitation

Un peu de pub pour le fanzine DiabolikZine 4 entièrement consacré à la Blaxploitation (plus de 130 pages), voilà le sommaire pour vous allécher :
- Introduction (8 pages)
- Polars Urbains et Nouveaux Héros (Polars urbains, Shaft et les nouveaux héros, Superfly, les macs et le besoin de se révolter : 30 pages)
- Les 3 démolisseurs (Fred Williamson, Jim Brown, Jim Kelly : 30 pages)
- Les Panthères de Harlem et d’ailleurs (Pam Grier, Cléopatra Jones et les Dynamites girls : 20 pages)
- Black Fantastik Movies (6 pages)
- Diversité et Variété (Diversité & variété, Rudy Ray Moore, les comédies de Sidney Poitier, Michael Schultz et Richard Pryor : 36 pages).

Alors pour plus d'infos :le site de DiabolikZine...

vendredi 18 décembre 2009

Sidney Poitier, un outsider à Hollywood

Après ce rapide tour d'horizon de trois films qui synthétisent pour moi assez bien l'évolution de Sidney Poitier, je vous propose ce petit docu fort intéressant "Sidney Poitier. An Outsider in Hollywood".
C'est un documentaire français de Catherine Arnaud qui retrace la carrière de Poitier et son évolution d'acteur prometteur mais gentillet, "déracialisé", désexué, relativement insipide, à acteur/réalisateur conscient et participant aux combats pour l'égalité et les droits civiques...


Poitier résume très bien sa démarche de réalisateur : "Les gens veulent voir autre chose et ils l'expérimentent aujourd'hui. Il n'y a plus le même enthousiasme pour les films de la blaxploitation même si à une époque ils ont répondu à un besoin. On veut des films qui parlent des gens qui sont noirs mais qui ne correspondent pas à des stéréotypes comme la prostitution, le détective macho qui pase son temps à taper sur les Blancs. des films avec de vrais personnes qui ont des espoirs et des rêves, des moments de bonheur et de déception, qui aspirent à des joies simples, tangibles, des joies auxquelles tout le monde aspire: un peu de paix, de sécurité, d'amour, de chaleur humaine, d'affection, de tolérance."



Les grands films de Sidney Poitier sont évoqués (dont les trois que j'ai chroniqué ces dernières semaines : Guess Who's Coming To Dinner, In the Heat of the Night et Buck And The Preacher), décryptés par le spécialiste du cinéma noir Donald Bogle ou encore l'acteur/réalisateur Dany Glover.



Angela Davis et Kathleen Cleaver, membres de Black Panther Party, apportent quant à elles un point de vue plus politique et social avec leurs témoignages sur une époque ou cinéma et lutte pour les droits civiques se sont mutuellement nourris.

Allez, bon visionnage...

lundi 14 décembre 2009

Buck And The Preacher

Et voilà que notre Sidney se lance dans la réalisation avec ce western de derrière les fagots. Titré en français Buck et son complice, Poitier s'offre un rôle à sa mesure, un héros qui se défend par tous les moyens nécessaires et sort définitivement des rôles de gentil docteur, de mari désexué et d'icône intégrationniste.

BUCK AND THE PREACHER - Sidney Poitier (1972)


Buck (Sidney Poitier) est un cowboy. Il escorte les caravanes d'Afro-Américains fraîchement affranchis qui cherchent des terres et goûtent une liberté fraîchement acquise. Mais il est aussi poursuivi par Deshay (Cameron Mitchell) qui a juré sa mort. Un jour, tentant d'échapper à ses poursuivants, Buck vole le cheval d'un drôle de prêtre (Harry Belafonte)... qui devient vite son compagnon de route. Ensemble, en déjouant les pièges, Buck et "the preacher" vont tenter de sauver leurs peaux tout en aidant le convoi à traverser la plaine.Ce premier film de Sidney Poitier en tant que réalisateur est une vraie réussite !
Tous les ingrédients du western sont là : chevauchées soulevant des nuages de poussières, canyons, villes étouffantes, fusillades, Indiens et attaque de banque... De la maquerelle au shériff sympa, en passant par le banquier chétif, tous les rôles sont là. Mais les stéréotypes véhiculés par les John Ford ou Wayne sont bien loin ; les Noirs ne sont pas que des domestiques ignares aux yeux globuleux et les Indiens des anthropophages à plumes.
Poitier s'en sort à merveille dans un rôle plus musclé que ce qu'on lui donnait jusqu'alors. Harry Belafonte est -toujours- génial, inquiétant et sympathique à la fois, sortant son flingue de sa bible. L'acteur de film B, Cameron Mitchell entame ses rôles de méchants -vous aurez compris que c'est le Blanc :-) - dans la blaxploitation (Slaughter ou The Klansman) et il fait ça plutôt bien. On peut regretter que Ruby Dee (qui joue la compagne de Poitier) se retrouve dans un rôle un peu secondaire, Poitier ne pousse malheureusement pas la déconstruction des stéréotypes jusqu'à offrir un rôle intéressant à une femme...
On retrouve aussi Tony Brubaker dans un petit rôle (le chef du convoi) et qui assure les cascades dans Come Back, Charleston Blues ou Detroit 9000, joue dans Cotton Comes to Harlem, Slaughter's Big Rip-Off, Black Gunn, Sugar Hill, Black Samson, The Soul of Nigger Charley, Friday Foster...
A signaler aussi, une légende du cinéma noir en la personne de Clarence Muse (une carrière qui commence en 1929, avec près de 150 films ou séries, dont Car Wash) dans le rôle d'un vieillard, un peu sorcier.

Le film commence par cette explication :
"The Civil War was over and by law the slaves were freed.
But when the promise of land and freedom was not honorated,
many ex-slaves journeyed out the land of bondage
in search of new frontiers, where they could free at last.

They placed their hopes in the hand of the few black
wagonmasters that knew the territory of the West.
None of this came easy, for not only did they have
to overcome a hostilewilderness,
but night riders and bounty hunters were hired,
by “persons unknown” to hunt them down
and turn them back to the fields.

This picture is dedicated to those men, women and children
who lie in gravesas unmarked as their place in history. "

Let's Do It Again

Après le succès d'Uptown Saturday Night, Poitier remet le couvert avec son complice Cosby et il signe là sa meilleure comédie.

LET'S DO IT AGAIN - Sidney Poitier (1975)

Clyde Williams et Billy Foster (Sidney Poitier & Bill Cosby) sont deux amis. Clyde est laitier et Billyest dans la manutention ; ils sont respectivement chef de la sécurité et trésorier de la paroisse dirigé par le révérend Elder Johnson (Ossie Davis). Et ils doivent réunir 55000 $ pour en empêcher la destruction.
Ils profitent d'un voyage à New Orleans avec leurs femmes (Denise Nicholas & Lee Chamberlin) pour mettre sur pied un plan burlesque. Avec 20000 $ déjà récolté pour l'église, ils misent sur un combat de boxe.
Ils utilisent l'hypnose pour rendre invincible un boxeur chétif et parient sur son improbable victoire et en profitent pour raffler la mise après avoir escroqué de gros bonnet concurrents : Kansas City Mack (John Amos) et Biggie Smalls (Calvin Lockhart)
Mais six mois plus tard, KCM et ses hommes retrouvent nos deux compères ; ils ont éventé la combine et les obligent à répéter leur numéro d'hypnose...

Poitier reprend et pousse à son meilleur niveau la recette qui avait si bien marché dans Uptown Saturday Night : des personnages principaux simples et au grand cœur, qui se retrouvent dans une arnaque qui les dépasse. Nos deux pieds-nickelés multiplient les péripéties (Sidney Poitier en costume typique de mac', c'est une image qui vaut son pesant d'or !) et le tandem fonctionne à merveille : le flegme exagéré de Poitier compense l'intarissable flot du désopilant Cosby (dont vous verrez un grand moment ci-dessous).

Le film marque durablement les consciences, à l'image de la légende du rap "east coast" Notorious Big, qui utilisa le nom de Biggie Small, en référence au le malfrat campé par Calvin Lockhart.
Servi par une pléiade d'acteurs géniaux (sans doute un des meilleurs casting avec Friday Foster) qui apportent beaucoup au succès du film, campent des personnages exhubérants et prouve par là-même leur grande qualité de composition : Calvin Lockhart, Ossie Davis, Denise Nicholas, John Amos.
Un peu plus effacé dans des rôles subalternes, on trouve Julius Harris, Lee Chamberlin, Mel Stewart, Paul E. Harris, Val Avery, Doug Johnson, Talya Ferro et Morgan Roberts. Les cascades sont assurés par une équipe de choc : Bob Minor bien entendu, Gene LeBell, Jophery C. Brown et Henri Kingi.
Enfin, le film bénéficie en plus d'un soudtrack endiablé signé Curtis Mayfield et interprété par les Staple Singers.

Autant d'argument qui en font une des meilleures comédies de la vague blaxploitation !

dimanche 13 décembre 2009

Comme quelque chose de pourri qui flotte dans l'air...

Entre deux chroniques de films, il m'arrive de m'intéresser à l'actualité ; et même d'essayer à mon humble niveau d'influer sur le cours de choses, de lutter contre le capitalisme qui broie les femmes et les hommes, le capitalisme qui traite les travailleurs comme des marchandises jetables tandis que quelques profiteurs s'enrichissent sur notre travail et notre misère...

Et tandis que la crise qu'ils ont provoquée par la recherche effrénée de leurs profits offre chaque jour son cortège de chômeurs et de suicidés au travail, le gouvernement français joue la plus vieille carte qui puisse exister pour diviser nous diviser : le racisme !
Les vannes sont ouvertes : les minarets, la burqa, le "tribalisme" et le "communautarisme" fantasmés par Sarkozy, des ministres affirmant que si les Allemands avait fait un débat sur leur identité dans les années 30, il n'y aurait pas eu le nazisme, les propos de comptoir valorisés par Besson, et tous ces vieux racis qui peuvent déverser leur racisme pathologique sous les ors de la République...
On se dit quand même que le fond de l'air est nauséabond, qu'il y a comme quelque chose de pourris au "pays des droits de l'Homme", comme un air de déjà vu qu'on veut plus voir.

Alors en ces temps moroses, la moindre éclaircie est bonne à prendre, surtout quand elle appelle à la résistance et au combat, et je dois avouer que la sortie de Cantona sur l' "identité nationale", c'est toujours ça de pris...

vendredi 4 décembre 2009

In the Heat of the Night

Pour continuer sur la lancée des films de Sidney Poitier, après le propret et gentillet Guess who's coming to diner, les trois prochains films que j'aborderai sont emblématiques des phases qu'à traverser Poitier, du gendre idéal poli et désexué en un héros fort et indomptable (qu'il produira et mettra lui-même en scène).
Sorti en France sous le titre Dans la chaleur de la nuit, ce film fait parti de ces précurseurs -un peu involontaires- de la Blaxploitation.

IN THE HEAT OF THE NIGHT
Norman Jewison (1967)




Une petite ville du Mississippi -le Sud profond, quoi- l'officier de police Sam Wood patrouille et découvre un macchabée. Il tombe sur un Afro-Américain qui attend le train, et se trimballe avec de l'argent... Le coupable est tout est tout trouvé.
Sauf que c'est de Virgil "they call me Mr." Tibbs (Sidney Poitier), de la brigade criminelle de Philadelphie. Sommé de collaborer à l'enquête, voilà Virgil Tibbs, aux cotés du shérif Gillepsie (Rod Steiger), un gars bourru mais finalement sympathique, enquêtant dans ce patelin remplis de rednecks, d'histoires pas claires et de vieux réflexes sudistes (lynchages, exploitation dans les champs de coton, viols...).
Premier d'un tryptique inégal (puis d'une série TV) avec le personnage de Mister Tibbs, ce In The Heat of the Night est vraiment excellent.
L'ambiance du Sud est pesante, on la ressent, comme la chaleur à l'écran. Cette ville est pleine de rednecks, où le shériff est aux ordres d'à peu près tout sauf de la loi. Et Poitier s'en tire à merveille et se fait respecter dans cette ambiance (la baffe magistrale que prend le propriétaire des champs de coton ). Même si le personnage n'est pas parfait, Poititer se voit enfin confier un rôle à sa mesure de grand acteur, un vrai premier rôle dans un vrai polar.
Le scénar' est bien ficelé, et c'est Stirling Silliphant (The Liberation of L.B. Jones ou encore Shaft In Africa) qui est derrière le crayon.
Rajouter à ce cocktail explosif la BO de Quincy Jones et ça nous fait un très bon film !!
Il sera sacré "meilleur film" aux Oscars de 67, et recevra aussi deux autres statuettes pour le "meilleur montage" et le "meilleur mixage son". On remarque l'absence de Poitier au palmarès. Le film recevra aussi trois Golden Globes : "meilleur film dramatique", "meilleur scénario" et "meilleur acteur dans un film dramatique"... pour Rod Steiger (le Shérif). Poitier ne sera jamais récompensé pour ses rôles d'homme "normal", seul ses rôles bonhommes lui vaudront les honneurs officielles de la profession, étonnant, non ?

mercredi 4 novembre 2009

Guess Who's Coming To Dinner

Au chapitre des films sur les couples mixtes, le plus emblématique est sans doute Devine qui vient dîner de Stanley Kramer, avec le gendre idéal Sidney Poitier. Le film détonnait par son sujet, alors (déjà ?) tabou aux Etats-Unis où les Afro-Américains étaient encore soumis à la ségrégation. Mais à y regarder de plus prêt, malgré un antiracisme libéral -pas au sens de DSK ou de Sarko, hein ?!, plutôt de la gauche américaine blanche et aisée- il n'évite pas les pièges ni les caricatures séculaires (modernisées ici) de l'Oncle Tom ou de la Mammy...

GUESS WHO'S COMING TO DINNER
Stanley Kramer (1967)


Joey et John (Sidney Poitier), un jeune couple mixte, arrive en Californie pour faire accepter leur mariage à leurs proches. Les parents de Joey -farouchement antiracistes dans la théorie- qui trouvent toutes les raisons pour empêcher le mariage, et ceux de John (Roy Glenn & Beah Richards) qui s'y opposent farouchement. Et sans en dévoiler beaucoup, le film se termine sur un happy end.

Le scénario apparaît plutôt progressiste, mais, c'est l'idéologie du film qui est beaucoup plus intéresante à disséquer, en particulier le personnage de Poitier.D'abord, Joey présente John à tout le monde par son métier, « Docteur Prentice », donnant, par ce biais, le change face à sa « négritude » et les présupposés sociaux qui l’entourent. On apprend aussi que John Prentice n’est pas un simple docteur : il est spécialiste en médecine tropicale, connu du Doyen de l’Université de Hawaï, il a un ami dans la fac de Columbia, il a été enseignant à Yale et à Londres et a publié plusieurs ouvrages faisant référence, John est aussi directeur adjoint de l’OMS. Ces précisions sont égrenées tout au long du film, et ce n’est jamais John qui parle de lui-même. Elles ont pour fonction subjective de rassurer parents ou amis sur les qualités de cet « homme de couleur » (et plus encore le public, rappelant inlassablement que ce personnage est un Noir respectable).

Ainsi, dans un article sur Poitier (CinémAction, n°66), Sam Kelley explique que « Guess Who's Coming to Dinner provoqua la colère de nombreux Noirs qui considéraient comme une insulte le fait que le héros de race noire dût exhiber toutes les perfections alors que sa fiancée de race blanche n'en possédait aucune en particulier. »

Mais ce qui saute le plus aux yeux, c'est que Prentice/poitiers est complètement désexué
Les gestes d'amour relève du platonique, voire de la niaiserie : ils s’enlacent, se tiennent la main, la taille, se caressent amoureusement le visage,... Le plus chaud de leur relation à l'écran réside en un baiser sur la bouche (et encore sou le regard bien veillant d'un chauffeur de taxi
Comme pour appuyer la chasteté de son compagnon, Joey dit clairement à sa mère qu’ils n’ont pas couché ensemble et précise : "Il n’a pas voulu, c’est comme s’il craignait de me faire mal".

Le personnage de Tillie (Isabell Sanford) est lui aussi parlant : Tillie est une mammy moderne, elle en a tous les attributs physiques et moraux. Elle est forte, d’un certain âge et parle d’une voix grave. Elle porte un tablier. Elle a un caractère sec et entier. Certains « tics » sont semblables : attitude cambrée, main sur les hanches en signe de défit et de maîtrise… Elle est souvent dans la cuisine ou en train de faire le service (jusqu’à la dernière phrase du film, où après un prêche antiraciste du père de Joey, celui-ci lui dit « Alors Tillie, il est prêt ce dîner ? » - avouons que c'est assez symptomatique du paternalisme du film).Tillie ne cache pas son inimitié pour « le docteur Prentice », et plus généralement son attitude est hostile à tout métissage relationnel, sous prétexte qu’elle a "horreur qu’un homme de [sa] race se prenne pour ce qu’il n’est pas". Le réalisateur lui fait mélanger, avec un mépris identique, « les droits civiques », le pasteur King et "ces nègres fanfarons" adeptes du Black Power "qui fait du grabuge".

D'autres détails mettent la puce à l'oreille sur le progressisme limité du film et indique encore sûrement à quel public veut plaire le réalisateur. Ainsi, comme pour bien signifier que le racisme est quelque chose de bien partagé entre les Noirs et les Blancs, la famille de Prentice/Poitier est beaucoup plus opposée au mariage (et avec des arguments des plus rétrogrades) et cest le gentil Spencer Tracy qui fait un long monologue moraliste qui les convainc finalement...

A signaler tout de même, une brève apparition de D'Urville Martin...

En bref, tout en dénonçant les « préjugés raciaux », sur deux personnages noirs importants, Guess who’s coming to dinner nous présente deux figures issues de vieux stéréotypes, et accompagne la relation interethnique qu’entretiennent John et Joey d’une distanciation forcenée -et répétitive- entre John et un Noir dangereux, politiquement et sexuellement. Voilà donc un film hollywoodien qui s'adresse exclusivement la bourgeoisie blanche bien-pensante des années 60. Lorsque Poitier s'émancipera ces rôles gentillet et inoffensif, ce sera lui qui passera dernière la caméra...
...mais ce sera pour les prochains billets.

lundi 2 novembre 2009

Crooklyn

Comme dans Do the Right Thing, Spike Lee filme avec amour la vie dans le quartier de Bedford-Stuyvesant, mais cette fois dans les années 70...

CROOKLYN - Spike Lee (1994)


Eté 1973, Bedford-Stuyvesant, un quartier de Brooklyn à New York.
Carolyn Carmichael (Alfre Woodard) essaie tant bien que mal d'éduquer ses nombreux et turbulents enfants, en composant avec son mari Woodrow (Delroy Lindo), musicien sans le sou. Pour les enfants, le quotidien est fait de jeux, de discussions sur le perron de l'immeuble, de saut à la corde, de matchs de basket à la télé...
Mais le couple Carmichael peine à joindre les deux bouts, et s'engueulent fréquemment. Un jour, les parents profitent d'un voyage dans la famille de Woody pour y laisser leur fille Troy (Zelda Harris) quelques temps. La petite déteste Tante Song (Frances Foster) et son affreux chien, et à son retour à Brooklyn, le quotidien de la famille va changer...
Deux ans après sa fresque historique Malcolm X, Spike Lee livre là un film semi-autobiographique, tour à tour comique, intimiste et dramatique. Joie et Cinqué Lee (la sœur et le frère de Spike) co-écrivent le scénario avec lui.
On sourit en voyant le jeune qui rappelle Spike Lee, avec ses lunettes énormes et déjà fan des Knicks. La musique originale est signée Terence Blanchard ; mais le film est surtout rythmé par les hits de l'époque : "Pusherman" de Curtis Mayfield, "Hey Joe" d'Hendrix, "ABC" des Jackson 5, le thème de Shaft. C'est aussi l'occasion de voir des épisodes de "Soul Train", des pubs d'époque, des affiches de Muhammad Ali contre Frazier...

Malgré des débuts prometteurs (3ème au box-office), il peine à rentrer dans ses frais. Il faut dire que le film n'atteint pas les qualités des précédents, le scénario est parfois décousu et l'effet voulu de déformation de l'image (lors de toutes les scènes où Troy est chez sa tante) est assez désagréable. Cependant, cette comédie dramatique reste intéressante tant visuellement qu'au niveau de l'histoire, et à la façon presque sociologique dont Spike Lee filme Bedford-Stuyvesant et ses habitants. Ici, il n'y a pas de caïds ultra-classes, de drogués heureux ou des pimps rutilants. Juste des gens normaux essentiellement afro-américains, mais aussi asiatiques, italos, latinos...

Un petit mot pour celui qui incarne le père : Delroy Lindo est un acteur qu'on croise rarement (Malcolm X, Clockers, le téléfilm Soul of the Game, Romeo Must Die...) mais il dégage de lui un charisme rare et son interprétation apporte beaucoup au film.
Robi Reed dirige toujours le casting, mais l'on retrouve peu des acteurs fétiches des films précédents. Spike s'octroie un tout petit rôle de junkie, se croisent aussi Isaiah Washington, Ivelka Reyes, Vondie Curtis-Hall, Joie Lee, Bokeem Woodbine, Harvey Williams, Peewee Love, Rich Pierrelouis, Zay Smith (qui rejoue seulement dans Miracle at Santa Anna et est embauché comme assistant stagiaire sur Inside Man).
En plus quelques anciens : Frances Foster (qui débute dans Take a Giant Step, joue 20 ans plus tard dans A Piece of the Action, puis apparaît essentiellement dans des séries), Arthur French (Car Wash, The Wiz, Fingers, A Hero Ain't Nothin'...) et Norman Matlock (dont le premier film est le mythique Across 110th Street).
C'est le premier film sans Ernest R. Dickerson à la photographie, il est remplacé par Arthur Jafa (plutôt habitué des documentaires, il tient le même poste dans Daughters of the Dust et dirige la seconde équipe sur Malcolm X).