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vendredi 13 avril 2012

College Road Trip

Papa, la fac et moi est une comédie familiale des Studios Disney sort un mois seulement après Welcome Home, Roscoe Jenkins, où Martin Lawrence est aussi à l'affiche...

COLLEGE ROAD TRIP - Roger Kumble (2008)

Remarquée pour ses connaissances et son tempérament, Melanie Porter (Raven-Symoné) est convoqué pour un entretient en vue d'intégrer l'université de ses rêves : Georgetown à Washington. Folle de joie, elle pense s'y rendre avec ses copines, mais James son père ultra-protecteur (Martin Lawrence) voit les choses autrement : il veut faire ce voyage avec sa fille en espérant la faire changer d'avis et s'inscrire à la fac voisine.
Les voilà donc roulant de Chicago vers Washington D.C. à bord de la voiture de police de James, mais le périple s'avère bien mouvementé...
Les recettes de cette Disney comedy atteignent presque les 100 millions de dollars ; quoi de plus étonnant avec les deux stars comiques banckable Raven-Symoné et Martin Lawrence ? On peut s'attendre au pire et cependant le résultat est un divertissement qui se laisse regarder. La visite de la fac Northwestern, où Lawrence semble avoir payer tout le campus pour vanter l'Université si proche de chez lui, ou encore le père et sa fille totalement allumés croisés à plusieurs moments sont plutôt rigolos.
En plus, un changement de taille s'opère dans le cinéma hollywoodien et sa représentation des Afro-Américains. Il faut bien avoué que les Noirs ne sont plus uniquement des personnages secondaires et/ou des bouffons improbables. On a là une famille de la classe moyenne tout ce qu'il y a d'ordinaire, avec des préoccupations ordinaires ; Martin Lawrence est même présenté comme un père modèle (même s'il est légèrement collant, mais c'est le ressort de ce genre de films) qui donne des conseils d'éducation à ses amis blancs. Et, en conséquence, la prestation de Martin Lawrence -comique mais sans excès- est totalement convaincante. Quant aux rôles exubérants, ils sont confiés à des Blancs... Les codes changent indubitablement.

Pour le casting, il y a le jeune et prometteur Eshaya Draper, dernièrement à l'affiche de A Thousand Words. On voit trop peu la tonitruante Kym E. Whitley. Dommage ! Débutant dans de petits rôles sur La famille Foldingue, Next Friday, Baby Boy ou encore Deliver Us from Eva, ses talents sont vraiment utilisés dans The Salon et Black Dynamite. En outre, elle double de nombreux personnages de la série animée The Boondocks.
Au niveau du casting blanc, citons Vincent Pastore (plus vrai que nature dans le costume de Salvatore "Big Pussy" dans The Sopranos, il joue aussi de petits rôles dans des films "black" tels Who's the Man ?, Money Train, The Hurricane et The Cookout) et une accolyte de la famille Wayans qui joue dans les séries TV In Living Color et My Wife and Kids, Scary Movie et Little Man) : Kelly Coffield Park.

jeudi 29 mars 2012

This Christmas

This Christmas se place dans la lignée des comédies dramatiques qui prennent pour toile de fond une famille nombreuse réunie pour un évènement important, et qui s'appuie sur un casting alléchant...

THIS CHRISTMAS - Preston A. Whitmore II (2007)


Pour la première fois depuis 4 ans, la famille Whitfield se retrouve pour fêter Noël chez leur mère Ma'Dere (Loretta Devine).
Chacun a un secret inavouable, à commencer par Ma'Dere qui vit officieusement depuis des années avec Joe (Delroy Lindo) ; tous ses enfants le savent sauf Quentin (Idris Elba) qui hait le nouvel amour de sa mère et cache de son coté des ennuis avec des gangsters. Le couple de sa fille Lisa avec Devean (Keith Robinson & Regina King) bat de l'aile, tandis que son autre fille Kelli (Sharon Leal) semble se complaire dans le célibat.
Enfin Claude (Columbus Short) rentre de l'armée paré de son joli uniforme mais ses secrets vont faire prendre une tournure imprévue à la réunion de famille...

Preston A. Whitmore II réalisateur, producteur et scénariste (The Walking Dead, Fled, Civil Brand, Lockdown ou Crossover). Avec un budget limité, il livre une comédie agréable, au casting conséquent, bien filmée et qui recueille des critiques globalement positives ainsi qu'un bon succès financier (50 millions de dollars au box office).

This Christmas est une de ces tragi-comédies qui dépeint une famille, dans ses joies quotidiennes, ses contradictions, ses conflits et ses jalousies. On pense à Soul Food ou Kingdom Come, et il faut bien avouer que This Christmas soutient la comparaison. La réalisation est bien maîtrisée, de facture assez classique certes mais agrémentée de certains plans plus osés et néanmoins réussis. On passe du hui-clos de la maison de Ma'Dere aux ambiances urbaines dans les rues ou les clubs, accompagné par la musique jazzy de Marcus Miller.

La force comme les faiblesses du film résident dans son casting important (dirigé par Kim Hardin) et par les multiples personnages -pour la plupart bien interprétés- que Whitmore sait mettre en valeur captant les sentiments de chacune et chacun en plan serré et offrant des scènes chorales tout en donnant sa place à chaque acteur. Pourtant à trop créer et entremêler les histoires, le film perd parfois de son intérêt et survole certaines situations ou personnages qui auraient mérité qu'on s'y attarde...
Le casting offre des rôles aux actrices et acteurs confirmés tels Regina King, Loretta Devine, Columbus Short, Mekhi "Dr. Pratt" Phifer, Keith Robinson, Haskell V. Anderson III (dont le premier film était le cheap et fun Brotherhood Of Death), Laz Alonso, Sharon Leal, Brandon T. Jackson, Ricky Harris et Lauren London. Mais les producteurs piochent aussi dans le milieu musical en offrant des places importantes au chanteur RnB Chris Brown, au DJ britannique Idris Elba et au rappeur David Banner.
Mention spéciale pour un acteur très charismatique que j'aime beaucoup mais que l'on voit trop peu : Delroy Lindo (il collabore plusieurs fois avec Spike Lee -sur Malcolm X, Crooklyn et Clockers, incarne un premier rôle dans le téléfilm Soul of the Game et s'abonne aux films d'action avec Romeo Must Die, Heist ou Domino).

mardi 31 janvier 2012

Fat Albert

La même année que Starsky & Hutch, une autre série culte a droit à son adaptation cinéma et modernisée : T'as le bonjour d'Albert.

FAT ALBERT - Joel Zwick (2004)

Doris (Kyla Pratt) est une adolescente renfermée sur elle-même qui manque d'amis et dont les parents sont trop souvent absents.
Alors qu'elle regarde un épisode de Fat Albert and the Cosby Kids en sanglotant, une larme tombe sur la télécommande, provoquant un étrange phénomène : Fat Albert entend ses pleurs et la larme entre dans le cartoon. Il décide d'aller aider la jeune fille en traversant l'écran ; le reste de la bande suit, et les voilà en chair et en os dans le monde réel.
Fat Albert (Kenan Thompson) et ses copains se donnent pour mission de trouver des amis à Doris. Ils découvrent en même temps les années 2000, le hip-hop, la technologie, les nouvelles moeurs... et Fat Albert tombe amoureux de la jolie Lauri (Dania Ramirez)...
L'idée de base est plutôt bonne et la transposition des personnages animés en ados de chair et de sang s'avère, au moins au début, une agréable surprise. Mais le film ne décolle pas vraiment, et
se cantonne à une comédie de teenagers trop classique. Ce n'est n'est pas mauvais, et même parfois drôle, mais il y a quand même comme un goût d'inachevé.

Pourtant Fat Albert était calibré pour être un gros succès auprès du public, jeune en particulier. L'équipe technique réunissait des professionnels reconnus comme Robert Gibbs qui signe la BO (il compose d'ailleurs pas mal de gros succès du début des années 2000 (tels que Dr. Dolittle, Big Momma's House, I Spy, Like Mike, My Baby's Daddy, Barbershop 2: Back in Business, The Honeymooners), la costumière Francine Jamison-Tanchuck (La couleur pourpre, Glory, White Men Can't Jump, Boomerang, Sister Act 2, A Low Down Dirty Shame, Big momma's House, Kingdom Come...), les cascadeurs Henry Kingi Jr. et Kelsee King-Devoreauxn et une grosse équipe de spécialistes de l'animation. Bill Cosby apparaissait dans le film et donnait ainsi sa caution à cette adaptation. Les producteurs n'ont donc pas lésiner sur les moyens, mais au final le film est techniquement -plutôt- réussi, mais sans âme.
Les acteurs sont des débutants sans grande envergure : Kenan Thompson (Barbershop 2, Snakes on a Plane et fréquemment présent dans le Saturday Night Live), Jermaine Williams (Bulworth, The Great Debaters,...), Dania Ramirez (25th Hour, She Hate Me,...), Alphonso McAuley (Glory Road, Pride) et Keith Robinson (Dreamgirls, This Christmas,...). Excepté Earl Billings, rescapé de la blaxploitation avec : JD's Revenge, Roots 2 et Bustin' Loose.

mercredi 23 novembre 2011

Kingdom Come

Bizarement retitré We are family pour la sortie française, ce film est une comédie sociale et familiale de qualité...

KINGDOM COME - Doug McHenry (2001)



Toute la famille Slocumb se retrouve en pleine campagne pour assister à l'enterrement de leur père et soutenir Raynelle (Whoopi Goldberg), leur mère. Junior et son hystérique d'épouse Charisse (Anthony Anderson & Jada Pinkett Smith), accompagnés de leurs turbulents enfants, n'ont de cesse de s'écharper. Ray Bud (LL Cool J) -un ancien alcoolique- et sa femme Lucille (Vivica A. Fox) n'arrivent pas à faire d'enfant. Sont là aussi la très pieuse Marguerite (Loretta Devine) et son gangsta de fiston.
Tout ce petit monde est réuni pour cet enterrement d'un patriarche qu'ils étaient peu à apprécier...
Le budget de production est infime (7 petits millions de dollars), et les bénéfices sont multipliés par 4, ce qui en fait un joli succès financier.
Le producteur à succès Doug McHenry (de New Jack City, la trilogie House Party, A Thin Line Between Love and Hate, The Brothers, Two Can Play That Game) s'attèle à lui-même à la réalisation. Sans grandes prétentions, elle s'avère plutôt de bonne facture. Le film s'attarde sur chaque membre de la famille et son histoire singulière, et alterne avec une certaine réussite humour et sentiments... Le fait de situer l'histoire en pleine campagne dépayse et sort de l'ordinaire. Quant à la musique, elle est signée Tyler Bates (Baadasssss ! et des blockbusters comme 300, Watchmen et Conan).

Le point fort du film réside essentiellement dans le casting énorme -concocté par Robi Reed- qui rassemble une flopée des actrices et acteurs du moment, très à l'aise dans leurs compositions : LL Cool J, Anthony Anderson, Vivica A. Fox, la chanteuse Toni Braxton, Tamala Jones, Richard Gant, Kellita Smith, Ellen Cleghorne... Jada Pinkett Smith et Loretta Devine sont les principaux éléments comiques ; la première dans un rôle à contre-emploi de mégère infatigable et la seconde dans la peau d'une grenouille de bénitier envahissante.
Whoopi Goldberg n'a que peu de répliques, mais elle se distingue par une dignité et une prestance extraordinaire.
Cedric the Entertainer s'installe peu à peu dans le paysage des acteurs afro-américains incontournables (Spike Lee lui a consacré The Original Kings of Comedy) ; il reprend ici un rôle de pasteur, comme dans Big Momma's House.
Coté équipe technique on retrouve Julia L. Walker -présente sur presque tous les films avec Whoopi- dirige l'équipe de coiffure, Francine Jamison-Tanchuck (Glory, White Men Can't Jump, Boomerang, Sister Act 2 : Back in the Habit, A Low Down Dirty Shame, Big Momma's House...) assure les costumes, tandis que Tony Brubaker -incontournable cascadeur de l'époque de la blaxploitation -coordonne l'équipe de cascadeurs (dont Big Daddy Wayne et Kelsee King-Devoreaux).

jeudi 3 novembre 2011

Big Momma's House

Avec ce Big Mama et ses séquelles (Big Momma's House 2, et Big Mommas : Like Father, Like Son), Martin Lawrence entre décroche un de ces rôles qui collent à la peau...

BIG MOMMA'S HOUSE - Raja Gosnell (2000)



Malcolm Turner (Martin Lawrence) est agent du FBI, spécialiste de l'infiltration en costumes. Après une opération contre les organisateurs de combats canins clandestins. Mais une nouvelle mission se profile : le dangereux criminel Lester Vesco (Terrence Howard) s'est évadé, et le FBI soupçonne son ancienne petite amie, Sherry Pierce (Nia Long), de l'y avoir aidé.
Malcolm et son collègue John Maxwell (Paul Giamatti) débarquent donc en Georgie, chez la tante de Sherry, Big Momma, pour tenter de la confondre. Après avoir truffé sa maison de caméras et autres micros, Malcolm se fait passer pour elle auprès de Sherry et son fils Trent.
La tâche se complique : Trent s'attache à sa tante, un flic local un peu niais (Anthony Anderson) fourre son nez dans les affaires du FBI...
Dans la comédie pure, on peut dire que c'est le film qui a fait explosé Martin Lawrence auprès du grand public. Par grand public, j'entends -malheureusement- le public blanc, puisque Martin Lawrence jouait depuis une décennie dans dans des comédies pertinentes comme House Party, et a même réalisé une comédie sentimentale, A Thin Line Between Love and Hate, plutôt fine.
Je n'ai vu ce film que pour la préparation de ma thématique "comédies afro-américaines", et je le faisais avec une certaine appréhension. En fait, sans être un chef d'oeuvre, ce film n'est pas l'immonde navet lourdingue que j'imaginais. Plus rigolo et moins lourd que The Nutty Professor (auquel on pense vu les postiches arborées par l'acteur principal), la Big Momma campée par Lawrence reste digne, même si les situations apparaissent rocambolesques...

Les personnages secondaires apportent un certaine fraîcheur comme le crétin Anthony Anderson, le collègue blanc Paul Giamatti, le pasteur Cedric the Entertainer (pour sa première participation à un blockbuster, la même année où Spike Lee lui consacre un documentaire : The Original Kings of Comedy) ou la femme qui accouche Tichina Arnold (la mère de famille dans la série Everybody Hates Chris).
Découverte dans Made in America, Boyz N the Hood et Friday, Nia Long apporte la touche glamour et sexy indispensable à ce genre de blokbuster hollywoodien. Apparaissent aussi Starletta DuPois, le jeune Jascha Washington (Ennemi d'Etat, Last Holiday), Carl Wright, Phyllis Applegate et enfin Ella Mitchell -la "vraie" Big Mama- qui joue dans seulement trois films dont un blaxploitation d'horreur : Lord Shango.
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dimanche 2 octobre 2011

White Men Can't Jump

Incontournable succès, Les blancs ne savent pas sauter se place dans la veine du nouveau cinéma noir (bien que réalisé par un Blanc)...

WHITE MEN CAN'T JUMP - Ron Shelton (1992)



Billy Hoyle (Woody Harrelson) est un talentueux basketteur, doublé d'un filou : posté aux abords des terrains, il passe auprès des joueurs afro-américains pour un benêt incapable, et une fois les paris lancés, il les pulvérise et empoche les mises.
C'est comme ça qu'il se rencontre Sidney Deane (Wesley Snipes), qu'il ridiculise à deux reprises devant ses potes. Mais Sidney, pas rancunier, voit surtout l'intérêt de s'associer à Billy pour se faire un max d'argent ! L'arnaque : Sidney s'embrouille avec des joueurs, les provoque et parie qu'il les gagnera, leur offrant même le choix de son coéquipier. Ils choisissent invariablement le blanc-bec du bord du terrain : Billy.
Sa copine, Gloria (Rosie Perez) s'entraîne pour particper à Jeopardy, et Billy investit leurs économies dans ses combines jusqu'à ce que Sideny le roule...

Dès sa sortie, le film cartonne et connaît même un succès international. Le budget de production est modique, et le film rapporte plus de 90 millions de dollars. Ce n'est pas vraiment une comédie, plutôt une chronique sociale emplie d'humour. La réalisation de Ron Shelton n'a rien d'extraodinaire, mais il sait pourtant mettre en image son histoire, avec du rythme, de l'humour et des scènes de streetball réussie (malgré la méconnaissance du jeu pour les deux acteurs principaux) ; Shelton signe plus tard les scénarios de The Great White Hype et Bad Boyz II.
Le basket n'est que le décor de l'histoire qui se concentre sur des personnages humains, une histoire d'amitié assez banale entre deux hommes que tout semble différencier... L'humour est diffus, léger, jouant de l'opposition Wesley Snipes/Woody Harrelson et de leurs faiblesses. Les dialogues sont souvent savoureux, à l'image du débat sur Jimmy Hendrix.

Une histoire de solidarité donc, sans pour autant verser dans une mièvrerie malvenue sur la coexistence entre Noirs et Blancs.
Enfin la place des femmes -qui laisse souvent à désirer dans les films de cette époque- est assez intéressante : elles prennent les choses en main, devant les gamineries de leurs mecs respectifs, et le personnage de Gloria, plus développé, est extrêmement cultivé (une qualité rarement mise en avant).

Le duo entre Wesley Snipes et Woody Harrelson fonctionne donc à merveille et reprendra du service trois ans plus tard dans Money Train. Découverte dans Do the Right Thing, Rosie Perez est pétillante, sexy et explosive. Les seconds rôles réapparaissent dans les films de l'époque : Tyra Ferrell, Kadeem Hardison, Duane Martin, Bill Henderson, Kevin Benton, Reynaldo Rey, Louis Price...
L'équipe technique est assez proche de celle d'un film réalisé par un Afro-Américain : Francine Jamison-Tanchuck est aux costumres, Victoria Thomas et Jeanne McCarthy au casting, tandis Julius LeFlore coordonne les cascades.

lundi 14 février 2011

Sister Act 2 : Back in the Habit

On ne change pas un concept gagnant à Hollywood : les producteurs remettent donc le couvert avec un bien terne deuxième opus...

SISTER ACT 2 :
BACK IN THE HABIT
- Bill Duke (1993)



Deloris Van Cartier (Whoopi Goldberg) triomphe à Las Vegas ; mais les nonnes du couvent de St Francis, dépêchées par la Mère Supérieure (Maggie Smith) la convainque de réintégrer l'établissement comme professeur.
Deloris -rebaptisée Sœur Marie Clarence- se retrouve d'abord désarmé devant sa classe de trublions menée par Rita Louise Watson (Lauryn Hill)... En plus, un homme d'affaire sans scrupule veut faire fermer StFrancis, le détruire et y construire des garages. Sœur Marie Clarence va tout faire pour résoudre ces deux problèmes.
Comment Bill Duke se retrouve-t'il sur ce projet ? Mystère. Toujours est-il que l'on aurait pu attendre mieux du réalisateur de A Rage in Harlem et de Hoodlum.
Or, rien ne relève le niveau. Ni Whoopi, ni les nonnes, ni le méchant... En plus, les films sur les jeunes et leur prof sont souvent d'une platitude insoutenable ; on n'y échappe pas ici avec la phase où la classe se fout de tout, puis la prof se fait accepter puis donne une raison de vivre à chacun des ses élèves !
Finalement, le premier opus s'avère plus convaincant quand celui-ci nous sert du réchauffé mâtiné de films pour ados.

On se console avec la découverte de la petite Lauryn Hill... et un caméo de Bill Duke en balayeur agacé par le black muslim junior (ce qui prête encore plus à sourire quand on se rappelle que Duke faisait ses premiers pas dans un rôle presque similaire dans Car Wash).

jeudi 14 janvier 2010

Boomerang

Grâce à la présence et au scénario d'Eddie Murphy, Reginald Hudlin décroche un budget de 40 millions de dollars qu'il utilise à merveille pour cette comédie romantique révolutionnaire pour l'époque (puisque des relations amoureuses d'Afro-américains).

BOOMERANG - Reginald Hudlin (1992)



Marcus Graham (Eddie Murphy) est responsable de la publicité dans une firme de cosmétique. C'est aussi un dragueur insatiable, doublé d'un machiste patenté qui discute de ses conquêtes avec ses collègues et amis (Martin Lawrence & David Alan Grier).
Mais sa vie sentimentale et professionnelle bascule lorsque débarque une nouvelle patronne, Jacqueline Broyer (Robin Givens). Ils couchent ensemble et Marcus semble tomber amoureux d'elle (d'autant qu'elle a des pieds parfaits). Mais c'est Jacqueline qui se joue de lui et profite d'un imper sur la campagne de pub de la top-model Strangé (Grace Jones) pour le mettre sur la touche.
Aidé par Angela (Halle Berry), Marcus tente de se venger...

Dès les premières minutes le personnage de Murphy et ses acolytes tranchent avec les précédents films. Effectivement, ils parlent le plus librement du monde de leurs sexualités et l'on assiste aux premières scènes d'amour d'Eddie après 10 ans de carrière. Rare sont les acteurs à se prévaloir d'une telle chasteté ! Mais pour avoir ce rôle de séducteur, il doit écrire lui même le scénario avec Reginald Hudlin (auréolé du succès de House Party).
La force du film réside dans la complexité de ses personnages principaux. En effet, une fois posée la virilité et le succès de Murphy, les rôles s'inversent et le bourreau des cœurs devient la victime de l'intriguante Robin Givens. D'ailleurs la volonté de ne pas tomber dans le manichéisme fait verser l'intrigue dans les bons sentiments et le romantisme à peu de frais ; seul petit hic de cette très agréable comédie.

Le casting dirigé par Aleta Chappelle est tout simplement énorme, mélangeant à l'envie les étoiles comme les seconds couteaux du cinéma afro-américain des 40 dernières années.
Il fait la part belle à des rôles subalternes représentatifs du cinéma soul comme le père fondateur Melvin Van Peebles, l'incomparable Leonard Jackson (Five on the Black Hand Side, Ganja & Hess, Car Wash, The Color Purple), l'ancienne sex-symbol Eartha Kitt (elle apparaît déjà dans Friday Foster), Bebe Drake, Alyce Webb (débutante dans le mythique Cotton Comes to Harlem), Grace Jones... par là, Hudlin et Murphy posent leur production dans les pas des anciens ; volonté réaffirmée avec force avec la participation du père spirituel du cinéma noir engagé : Melvin Van Peebles.

Est aussi représentée la jeune génération : Martin Lawrence et David Alan Grier (qui ont travaillé quasiment tout le film en impro avec Murphy), Robin Givens, Tisha Campbell, Chris Rock, John Canada Terrell (un des rôles principaux de She's Gotta Have It), John Witherspoon, Lela Rochon (qui sort tout juste d'une autre relation cinématographique avec Murphy dans Harlem Nights), Daryl Mitchell, Irv Dotten, Gene Allen et des caméos en vendeur à la sauvette des deux frères Hudlin, Reginald le réalisateur et Warrington le producteur.
Le DVD propose quelques scènes coupées dont celle ci-dessous, et bien sûr les commentaires de Hudlin. Et le film se regarde amplement une deuxième fois avec ceux-ci : le choix des acteurs, les secrets de tournage (et les retouches d'Eartha Kitt à ses répliques qu'elle juge des fois trop vulgaires), les fou-rires en plateau...