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mercredi 26 juin 2013

Black Belt Jones

Après le cultissime Enter the Dragon, Robert Clouse refait tourner Jim Kelly qui devient La ceinture noire...

BLACK BELT JONES - Robert Clouse (1974)

Don Stefano, un mafieux influent et aux soutiens haut-placés, prévoit d'investir dans l'immobilier. L'immeuble stratégique dont il veut s'emparer abrite le club de karaté de Papa Byrd (Scatman Crothers). Don Stefano sous-traite l'affaire à un malfrat local en dette : Pinky (Malik Carter). Sa première menace se solde par un échec et ses hommes mis en déroute par les élèves de la Black Byrd Karate School, menés par Toppy (Alan Weeks). Mais ce dernier réclame du renfort auprès de "Black Belt" Jones (Jim Kelly), un agent secret ancien disciple de Pop Byrd et justement déjà en mission contre le mafieux.
Mais le vieux karatéka se fait tuer par Pinky, juste après avoir affirmer que l'école ne lui appartenait pas mais était à sa fille Sidney (Gloria Hendry). Et justment, elle débarque en ville, bien décidé à en découdre avec les assassins de son père !
Jones et Sidney débutent une collaboration musclée et fructueuse, doublé d'un flirt...
Après le fulgurant succès d'Enter the Dragon et l'accroche du personnage de Jim Kelly sur le public,  Robert Clouse repasse vite derrière la caméra -poussé par les producteurs Heller et Weintraub- mais cette fois il se concentre sur le karatéka afro-américain, mélange de vengeur urbain et de super agent international. Le scénario est confié à Oscar Williams (réalisateur militant de The Final Comedown et Five on the Black Hand Side) et la BOF à Luchi DeJesus qui signe un soundtrack comptant parmi les classiques du genre.

Tous les ingrédients d'un bon film bis sont réunis : bagarres, dialogues indigents et rires forcés, un chouïa d'érotisme, un scénario bancal... tout celà lié avec le petit plus qui fait que ça fonctionne pour spectateurs. On se délecte des scènes de combats qui sont plus savoureuses les unes que les autres, débutant de façon assez classique dans la rue ou la salle d'entraînement, elles évoluent dans un train pour culminer dans une cultissime bagarre rangée dans un car wash empli de mousse.
On sourit des nombreux moments décalés, souvent prétexte à montrer un bout de fesse, telles les filles en bikinis qui font du trempoline ou la longue scène de course-poursuite amoureuse à travers la plage (dont on retrouve l'esprit dans Black Dynamite).

Cependant, le personnage secondaire féminin n'est pas qu'une potiche aguichante et/ou une petite chose fragile dont le héros doit prendre soin, mais une combattante aguerrie campée par Gloria Hendry, qui se bat avec une classe et une précision dans l'exécution assez rares dans la blax et pour les actrices en particulierdont. Et lorsqu'elle balance un "I ain't your mamma" avant de rosser vertement les méchant ! On jubile !

Quant au "traître" noir (ici incarné par Malik Carter) qui fricote avec les méchants whiteys, il se fait aussi bien malmener par ses alliés blancs que corriger par ses ennemis afro-américains.

En somme, c'est incontestablement le plus réussi (bénéficiant d'une distribution de Warner) et l'un des plus réjouissants black kun fu movies ! Il s'appuie bien sûr sur un casting qui regorge de comédiens des années blax. Esther Sutherland et Scatman Crothers y font office de vétérans. On peut reconnaître Earl Jolly Brown (Live and Let Die), l'éternel bon copain Alan Weeks (Shaft, The French Connection, Willie Dynamite, Truck Turner), Eric Laneuville -qui deviendra par la suite réalisateur de séries TV, et apparaît dans plusieurs blaxploitation tels The Omega Man, Shoot It Black, Shoot It Blue, A Piece of the Action et 15 ans plus tard dans Fear of a Black Hat. Ou encore Ted Lange, passé à la postérité pour son rôle du jovial Isaac dans Love Boat. Signalons aussi l'obscur acteur blanc Vincent Barbi qui joue dans Sweet Sweetback... et Dolemite, et Mel Novack, un acteur de seconde zone qui entre participe à des plus mauvais film de tous les temps : Vampire Assassin.
Rajoutons enfin le cascadeur Eddie Smith, fondateur de la Black Stuntmen's Association, qui officie pendant trois décennies de Halls of Anger et M.A.S.H. à The Nutty Professor, en passant par Blazing Saddles, Harlem Nights ou Do the Right Thing et des dizaines d'autres et ses collègues Henri Kingi et Alex Brown.
Il existe un film titré The Tatoo Connection et parfois Black Belt Jones 2 ; il n'est en rien la séquelle de celui-ci...

mercredi 7 septembre 2011

Live and Let Die

Pour débuter cette année en douceur, évoquons Vivre et laisser mourir le James Bond qui débarque en pleine vague blaxploitation et fait la part belle aux actrices et acteurs afro-américains alors en vogue sur les grands écrans.

LIVE AND LET DIE - Guy Hamilton (1973)

Trois agents britanniques sont mystérieusement assassinés alors qu'ils enquêtaient sur les activité de Kananga (Yaphet Kotto), le dictateur de San Monique une île de l'archipel des Caraïbes. C'est bien sûr le travail de James Bond (Roger Moore) que de trouver le coupable de ces meurtres.
Il débarque d'abord à New-York, où il se trouve aux prises avec un un malfrat, local Mr. Big.
007 se rend vite compte que Kananga et Mr. Big sont une seule et même personne : il utilise ses différentes identités pour mettre en place un énorme trafic de drogue et devenir le plus important grossiste de New-York...
C'est pour enquêter et le démasquer que Bond part pour l'île de San Monique, aidé par une agent novice de la CIA, Rosie Carver (Gloria Hendry)...
United Artists et les producteurs des James Bond se révèlent les premiers à saisir le potentiel des castings partiellement afro-américains, en tout cas d'en éprouver les bénéfices : c'est le plus gros budget alloué depuis le début de la saga (12 millions) et rapporte plus de 160 millions.
En fait, ils doivent faire face à un changement de taille : Sean Connery a réfusé de rempiler une 7ème fois ; les producteurs doivent donc trouver un tas d'astuces pour assurer le succès de ce premier film avec Roger Moore... Dépayser Bond en Louisiane et aux Caraïbes en fait parti (comme l'absence de son ennemi juré du S.P.E.C.T.R.E.).
Ils ne se trompent pas sur le casting : Yaphet Kotto est auréolé de ses succès "grand public" avec The Liberation of L.B. Jones, Bone et surtout Across 110th Street ; il campe à merveille les vilains sans scrupule. La somptueuse Gloria Hendry s'offre en maillot de bain aux caméras ; elle ne joue qu'un rôle mineur mais se voit tout de même propulser "première James Bond Girl afro-américaine". Quant à Julius Harris, il faut bien avouer qu'il est l'homme de main estropié et machiavélique que l'on aime à rencontrer dans un James Bond. Rajoutez à ça le thème musical signé Paul et Linda McCartney et voilà les ingrédient du succès...

Cependant, cette épisode "black" laisse à désirer par l'image donnée des Noirs et les personnages confiés, ne reprenant donc que partiellement les codes de la blaxploitation.
Harlem et ses clubs, la Louisiane et ses jazz band urbains, les Caraïbes et leurs sorciers vaudou forment une carte postale idyllique. Mais presque tout les personnages noirs se trouvent être des méchants. Bien sûr on ne demande pas à un ennemi de Bond de faire dans la finesse ; les principaux vilains sont donc parfaitement retords. Le problème vient de personnages annexes, tel celui de Gloria Hendry et du chauffeur de taxi campé par Arnold Williams, qui cachent derrière leur sex-appeal ou leur jovialité un fond de traîtrise...

Pour le reste du casting afro-américain signalons Earl Jolly Brown (Black Belt Jones et Truck Turner), celui qui joue le sorcier vaudou Geoffrey Holder (que l'on ne retrouve étonnamment que dans Boomerang, 20 ans plus tard), Tommy Lane (Cotton Comes to Harlem, Shaft et Ganja & Hess, Arnold Williams (The Lost Man, Across 110th Street, Fox Style, Scream Blacula Scream), Ruth Kempf (JD's Revenge), Sylvia Kuumba Williams (Sounder). Du coté blanc, deux acteurs jouent régulièrement dans des films "black" : Clifton James (tick... tick... tick... et Black Like Me) et Stocker Fontelieu (Mandingo, The Toy, Big Momma's House 2). Enfin, dans une énorme équipe dédiées aux cascades co-dirigées par Eddie Smith, participent Bob Minor et Jophery C. Brown.

dimanche 11 juillet 2010

Truck Turner

Truck Turner & Cie (pour la version française) est le deuxième film du "Black Moses".

TRUCK TURNER - Jonathan Kaplan (1974)

Une ancienne gloire du football, Mac "Truck" Turner (Isaac Hayes) exerce à présent comme chasseur de prime, avec son ami Jerry (Alan Weeks). Coté perso, Truck attend la sortie de prison de sa copine, Annie (Annazette Chase).
Coté boulot, les deux compères doivent mettre la main sur mac réputé : Richard L. "Gator" Johnson (Paul E. Harris). Il leur échappe une première fois ; mais leur seconde rencontre tourne court et ils tuent Gator.
Dorinda (Nichelle Nichols) reprend d'une main de fer le "cheptel" du pimp décédé. Et en plus de ça, elle pose un contrat sur la tête de Truck Turner. Tous les malfrats de la ville se mettent à ses trousses, et en particulier le pimp Harvard Blue (Yaphet Kotto).A regarder ce Truck Turner, on regrette vraiment qu'Isaac Hayes n'ait pas eu plus de rôles durant la vague des films soul. Parce que ces personnages sont plus que convainquant. Truck est cool, il est plutôt naturel, pas vraiment frimeur et ne collectionne pas les conquêtes. En même temps, il n'hésite pas à distribuer des gifles et à faire parler son flingue. Bref, un héros tout ce qu'il y a de plus attachant.

Jonathan Kaplan (qui avait réalisé l'année précédente The Slams avec Jim Brown) connaît son affaire, il alterne les scènes légères et musclées, et insuffle un vrai rythme à son film. Il utilise judicieusement les grandes focales (ce qui donne des plans comme ci-contre), nous offre de belles courses-poursuites en voiture, des fusillades mémorables, et des réunions de pimps géniale (en particulier lors de l'enterrement de Gator, avec le défilé de souteneurs haut en couleur et les prostitués en deuil, mais en dentelles). Tout celà appuyé par la B.O. de Hayes.
Le scénar est signé par Oscar Williams (scénariste de Black Belt Jones, et réalisateur de The Final Comedown, Five On the Black Hand Side, Hot Potato et Death Drug) et Michael Allin (Enter the Dragon).

Autre ingrédient au rendez-vous : le foisonnement de têtes connues. D'abord j'ai envie d'évoquer deux acteurs que j'affectionne particulièrement Scatman Crothers et Esther Sutherland, des seconds rôles au physique inrattable
Bien sûr, il faut noter aussi les bonnes prestations de Yaphet Kotto (assez proche de son personnage de méchant dans Live and Let Die, l'année précédente) et Nichelle Nichols (Star Trek), les passages de Stan Shaw, Sam Laws, Jac Emil, Earl Jolly Brown, des cascadeurs Eddie Smith et Henry Kingi, et coté "withey" de Dick Miller, Charles Cyphers, Lisa Farringer (jolie blonde cantonnée à des rôles légers comme dans Cleopatra Jones, Coffy ou Foxy Brown),