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samedi 10 septembre 2011

Dr. Black, Mr. Hyde

Ultime déclinaison blax des grands personnages de l'univers fantastique après Blackentstein et Blacula...

DR. BLACK, MR. HYDE - William Crain (1956)
Le docteur Henry Pride (Bernie Casey) est un brillant scientifique qui travaille sur un sérum révolutionnaire, avec comme partenaire le Docteur Worth (Rosalind Cash). En guise de test, Pride injecte le produit à un rat et une patiente mourante d'un hopital de Watts... malgré les résultats peu probants, le Dr. Pride s'inocule le sérum à lui-même. Les effets ne tardent pas à se faire sentir : sa peau blanchit tandis que ses traits deviennent difformes. Il s'attaque alors à des prostitués...
Les Lieutenants Jackson et O'Connor (Ji-Tu Cumbuka & Milt Kogan) enquêtent dans le milieu des pimps et des dealers pour trouver l'auteur des mystérieux massacres.
Le film est produit par Charles Walker, pour le moins éclectique dans ses occupations : il joue dans A Piece of the Action, signe le scénario de Mean Johnny Barrows, végète dans des dizaines de séries et apparaît brièvement dans A Thin Line Between Love and Hate, Set It Off, Trippin', La famille Foldingue et Soul Plane.
Il est réalisé par William Crain, auteur quatre ans auparavant de Blacula. La comparaison s'arrête là : le scénario est bâclé, les décors simplistes (le laboratoire se limite à une pièce blanche flanquée d'un bureau de quelques flacons et d'une cage de rats), les effets spéciaux idem, quant au final il tient de King Kong mais en ultra-cheap ; c'est clair Crain compose avec son budget rachitique.
La musique de Johnny Pate n'agrémente les séquences que parcimonieusement. Dommage car elle impose à bon escient une ambiance pesante ou un peu d'énergie à grands coups de pédale wah-wah.

Reste une tête d'affiche assez solide pour porter le film presqu'entièrement, en la personne de Bernie Casey. Les seconds rôles typiques des films soul sont confiés à des actrices et acteurs déjà habitué au genre : assistante pour Rosalind Cash, inspecteur pour Ji-Tu Cumbuka (Up Tight !, Top of the Heap, Blacula, Mandingo, Ebony, Ivory and Jade, Moving, Harlem Nights), barman pour Sam Laws (Cool Breeze, Hitman, Sweet Jesus, Preacherman, Truck Turner, Darktown Strutters, The Bingo Long Traveling...), prostitués pour Marie O'Henry (Three the Hard Way et Deliver Us From Evil) et Cora Lee Day (The Human Tornado, Passing Through, My Brother's Wedding, Bush Mama, Daughters of the Dust, Tina), pimp pour Stu Gilliam (The Mack, The Meteor Man), docteur hindou pour Rai Tasco (Black Starlet, The Black Gestapo, To Sleep with Anger, Sprung et The Green Mile) et garde pour Bob Minor.

lundi 1 novembre 2010

The Bingo Long Traveling All-Stars & Motor Kings

C'est par comédie sportive que la Motown -et plus précisément Berry Gordy- et les studios Universal s'engoufrent dans la vague bénéficiaire des comédies soul. Ils s'appuient sur un casting de choix et une intrigue dans le milieu du baseball de l'entre-deux-guerres.

THE BINGO LONG TRAVELLING ALL-STARS
& MOTOR KINGS - John Badham (1976)

Bingo Long (Billy Dee Williams) est un grand lanceur de la Negro American League à la fin des années 30 ; il ne supporte plus les conditions de travail imposée par le proprio de son équipe, Sallison Potter.
Avec le receveur Leon Carter (James Earl Jones), ils décident de monter leur propre équipe et débauchent des joueurs dont Joe Calloway (Stan Shaw) et Charlie Snow (Richard Pryor).
Les Motor Kings de Bingo Long prennent la route et jouent contre les équipes locales qu'ils rencontrent pendant leur périple.
Voyant d'un mauvais oeil l'ascension de ces concurrents, Sallison Potter leur propose un marché : rencontrer les Negro All-Stars. S'ils gagnent, l'équipe sera intégéré à la Negro American League, dans le cas contraire, chaque sportif devra réintégrer son staff d'origine. Mais le cupide Potter envoie ses gorilles kidnapper Joe Calloway.


Produit par Berry Gordy le boss de la Motown, cette incursion dans la blaxploitation est plutôt étonnante de la part de John Badham à qui l'on doit par exemple Saturday Night Fever et War Games. Il paraît même que Universal et Berry Gordy avaient d'abord jeté leur dévolu sur Spielberg (qui aurait refusé).
Au final, c'est un petit film agréable, plutôt bien réalisé et qui ne nécessite pas un bac+7 en baseball. Bien au contraire, il donne même envie de se pencher sur l'histoire de ce sport. En plus le fond peut être sérieux, évoquant l'exploitation des sportifs et bien sûr la ségrégation, mais dans l'ensemble le ton reste toujours léger. Un divertissement intelligent en somme.

Chaque personnage renvoie à des noms connus du base-ball comme Jackie Robinson, le premier Afro-Américain à jouer dans la prestigieuse Major League Baseball (proche du personnage joué par Stan Shaw) et tandis que la corpulante Mabel Bing renvoie à la seule femme propriétaire d'une équipe, Effa Manley.

Billy Dee Williams et James Earl Jones tiennent leur rôle à merveille -et l'on se ne peut que regretter leur sous-utilisation au fil des années 80. Le casting, assuré par Don Phillips, fait la part belle aux seconds rôles hauts en couleur à l'image de Richard Pryor (qui tente par tous les moyens d'intégrer la MLB, se faisant passer tantôt pour Carlos Nevada, un latino, tantôt un amérindien, le Chef Takahoma), le cascadeur et acteur Jophery C. Brown, Stan Shaw, DeWayne Jesse, Mabel King, Tony Burton, Sam Laws ou encore Alvin Childress (Amos Jones, du criticable mais mythique Amos & Andy).



vendredi 29 octobre 2010

Darktown Strutters

Terminés les vaudevilles populaires, voilà une bombe qui vient dynamiter les genres et représente un des films les plus étonnants de la vague soul. Ré-édité il y a peu dans la "Soul Cat Collection" du Chat qui fume, cette comédie funky et louffoque ne relève en fait d'aucun genre conventionnel.

DARKTOWN STRUTTERS - William Witney (1975)




Des habitants de Watts disparaissent mystérieusement... Et Syreena (Trina Parks) recherche désespérément sa mère.
Avec l'aide de ses amis bikeuses, elle doit échapper au harcèlement de policiers incompétents et racistes. Elle se mesure à une bande motards menée par Mellow (Roger E. Mosley) qu'elle bat à plate couture, pour s'en faire finalement des alliés. Avec le renfort de son frère Flash (Gene Simms), Syreena se lance à la recherche de sa mère.
D'indices en indices, elle remonte une piste qui l'amène à cotoyer des cow-boys dealers, à des klansmen motocyclistes et une armée d'hommes/cochons...

Vous l'aurez compris, résumer ce film s'avère d'une complexité extrême. Parce que les idées fusent. Les costumes, les situations, les dizaines de personnages rencontrés toujours plus déjantés... tout celà se mélange dans un joyeux bordel et une réalisation décousue. En même temps, sous la dérision, on retrouve tout de même un soutien à l'avortement, une dénonciation de la discrimination et des blackfaces d'antan, de la police et du harcèlement spécifique des Noirs, du KKK... même s'ils sont alliés à des hommes-cochons en collants roses sont tous simplement géniaux, tout comme leur chef, véritable parodie du créateur de la chaîne de restaurant KFC.

Un final dantesque clôture cet étrange film totalement survolté, ultra-louffoque, psychédélique et surréaliste. Il détonne des productions blax classiques (on peut éventuellement le comparer à Alabama's Ghost pour la quantité de drogues ingérée par le scénariste et aux films déjantés de Rudy Ray Moore pour les bastons en accéléré et le karaté ostensiblement approximatif).

Etonnemment, cette production draine un certain nombre de seconds couteaux de l'époque -en particulier vus dans Truck Turner- comme Edna Richardson, Stan Shaw (la série Roots, The Bingo Long Traveling..., Harlem Nights et quelques blockbusters hollywoodiens), Sam Laws (Cool Breeze, Hitman, Sweet Jesus, Preacherman, Dr. Black, Mr. Hyde, The Bingo Long Traveling...) et Dick Miller.
Après quelques rôles -dans The Great White Hope et The Muthers- voilà Trina Parks qui joue ici son premier rôle principal avec décontraction et sérieux ; mais le grand public la retiendra surtout comme un Jams Bond Girl dans Les diamants sont éternels.
On croise aussi Shirley Washington (T.N.T. Jackson et Disco 9000), Roger E. Mosley (The Mack, Leadbelly, Drum, Sonny Liston dans The Greatest, et connu du grand public comme TC dans la série Magnum), Christopher Joy (Hitman, Cleopatra Jones et Sheba Baby), Fuddle Bagley (Trick Baby, JD's Revenge ou encore The Monkey Hu$tle), Gene Simms (Bucktown), Frankie Crocker, DeWayne Jessie -alias Otis Day-...

dimanche 11 juillet 2010

Truck Turner

Truck Turner & Cie (pour la version française) est le deuxième film du "Black Moses".

TRUCK TURNER - Jonathan Kaplan (1974)

Une ancienne gloire du football, Mac "Truck" Turner (Isaac Hayes) exerce à présent comme chasseur de prime, avec son ami Jerry (Alan Weeks). Coté perso, Truck attend la sortie de prison de sa copine, Annie (Annazette Chase).
Coté boulot, les deux compères doivent mettre la main sur mac réputé : Richard L. "Gator" Johnson (Paul E. Harris). Il leur échappe une première fois ; mais leur seconde rencontre tourne court et ils tuent Gator.
Dorinda (Nichelle Nichols) reprend d'une main de fer le "cheptel" du pimp décédé. Et en plus de ça, elle pose un contrat sur la tête de Truck Turner. Tous les malfrats de la ville se mettent à ses trousses, et en particulier le pimp Harvard Blue (Yaphet Kotto).A regarder ce Truck Turner, on regrette vraiment qu'Isaac Hayes n'ait pas eu plus de rôles durant la vague des films soul. Parce que ces personnages sont plus que convainquant. Truck est cool, il est plutôt naturel, pas vraiment frimeur et ne collectionne pas les conquêtes. En même temps, il n'hésite pas à distribuer des gifles et à faire parler son flingue. Bref, un héros tout ce qu'il y a de plus attachant.

Jonathan Kaplan (qui avait réalisé l'année précédente The Slams avec Jim Brown) connaît son affaire, il alterne les scènes légères et musclées, et insuffle un vrai rythme à son film. Il utilise judicieusement les grandes focales (ce qui donne des plans comme ci-contre), nous offre de belles courses-poursuites en voiture, des fusillades mémorables, et des réunions de pimps géniale (en particulier lors de l'enterrement de Gator, avec le défilé de souteneurs haut en couleur et les prostitués en deuil, mais en dentelles). Tout celà appuyé par la B.O. de Hayes.
Le scénar est signé par Oscar Williams (scénariste de Black Belt Jones, et réalisateur de The Final Comedown, Five On the Black Hand Side, Hot Potato et Death Drug) et Michael Allin (Enter the Dragon).

Autre ingrédient au rendez-vous : le foisonnement de têtes connues. D'abord j'ai envie d'évoquer deux acteurs que j'affectionne particulièrement Scatman Crothers et Esther Sutherland, des seconds rôles au physique inrattable
Bien sûr, il faut noter aussi les bonnes prestations de Yaphet Kotto (assez proche de son personnage de méchant dans Live and Let Die, l'année précédente) et Nichelle Nichols (Star Trek), les passages de Stan Shaw, Sam Laws, Jac Emil, Earl Jolly Brown, des cascadeurs Eddie Smith et Henry Kingi, et coté "withey" de Dick Miller, Charles Cyphers, Lisa Farringer (jolie blonde cantonnée à des rôles légers comme dans Cleopatra Jones, Coffy ou Foxy Brown),