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dimanche 13 mai 2012

Next Day Air

Dans la catégorie indie, ce Next Day Air est plutôt une réussite et joue autant sur la comédie que sur l'action...

NEXT DAY AIR - Benny Boom (2009)


Leo Jackson (Donald Faison) est un livreur de colis tête-en-l'air qui travaille dans l'entreprise "Next Day Air" de sa mère (Debbie Allen) ; il multiplie les erreurs, le mettant au bord du licenciement. Mais sa plus grosse boulette est de livrer par erreur une caisse d'une dizaine de 10 kilos de cocaïne pure à deux malfrats ratés : Brody et Guch (Mike Epps & Wood Harris) vont se mettre en quête de couper et revendre la marchandise.
Quant à Jesus (Cisco Reyes) qui devait recevoir le colis, il se lance sur la piste de Leo persuadé que celui-ci l'a arnaqué...
Doté d'un budget de seulement 3 petits millions de dollars, le film atteint les 10 millions au box office ; ce qui en fait un film plus que rentable. Les critiques l'ont accueilli de manières très différentes, d'aucun reprochant de n'avoir pas trouvé la voie entre comédie et action. Il est clair qu'il y a un fossé pas toujours cohérent entre les saynètes comiques et certaines scènes ultra-violentes (à l'image du final survolté), mais je préfère pour ma part m'arrêter sur les aspects positifs.

D'abord pour la réalisation, le budget minimal oblige le réalisateur à des astuces visuelles et à un effort dans le montage. Ainsi, on assiste plus à un film de fac tourné pour délirer qu'à un blockbuster hollywoodien, mais le résultat est pourtant à la hauteur et bien supérieur à certaines comédies d'action aux mirobolants budgets (comme par exemple The Adventure of Pluto Nash ou I Spy).
En plus, il faut signaler que pour un film avec des bad boys les dialogues sont plutôt bien ficelés et ne sont pas qu'une succession de "fuck". Benny Boom, le réalisateur, a même banni l'utilisation de "nigger", ce qui est assez rare pour le signaler.
Par ailleurs, les similitudes avec Half Baked sont troublantes : l'intrigue centrale des bras-cassés qui vendent la drogue qu'ils ont trouvé par hasard, ou encore l'inconnu qui dort sur leur canapé...

Forcément le générique n'aligne pas les grandes vedettes, mais la directrice de casting Robi Reed fait des miracles pour des cachets probablement peu élevés en dégotant Donald Faison et Mike Epps, ou encore en guest le rappeur et acteur Mos Def. Citons aussi Wood Harris, Omari Hardwick, Darius McCrary, Malik Barnhardt, Kevin Benton et Debbie Allen ; cette dernière débuta comme actrice à la fin de la blaxploitation (dans les téléfilms The Greatest Thing That Almost Happened, Roots 2, Ebony, Ivory and Jade et les films The Fish That Saved Pittsburgh et Fame puis se consacre surtout à la réalisation -essentiellement de séries. Le cascadeur Julius LeFlore -ici en charge de la coordination- commença dans la même période avec Drum ou A Piece of the Action.

mardi 27 septembre 2011

The Fish That Saved Pittsburgh

Réédité cette année par Warner (dans sa collection de "Warner Bros Archive", en DVD à la demande), on peut revoir aujourd'hui cette comédie devenue culte pour les fans de basket...


THE FISH THAT SAVED PITTSBURGH
Gilbert Moses (1979)



L'équipe des Pittsburgh Pythons va de défaites en défaites, et la mauvaise ambiance règne entre joueurs. Ils quittent un à un l'équipe, exceptée la star des Pythons : Moses Guthrie (Julius Erving).
Le jeune Tyrone (James Bond III) qui sert de porteur d'eau et de ramasseur de balle a l'idée d'utiliser l'astrologie pour redonner une cohésion à l'équipe. Avec l'astrologue Mona Mondieu (Stockard Channing), il convainc l'équipe de n'engager que des joueurs du signe du poisson -comme Moses- quelques soient leur compétence pour le baskett. Ainsi naissent les Pittsburgh Pisces...
Avec le temps, le film a pris un coté culte, d'une part car il est un des premiers films sur le basketball et pour sa pléiade de joueurs de baskett : Cedric 'Cornbread' Maxwell, Norman Nixon, Connie Hawkins, Lou Hudson, Eric MoneyBob Lanier, Meadowlark Lemon, Mychal Thompson, Spencer Haywood, John Shumate ou l'entraîneur Jerry Tarkanian (il rejouera son propre rôle The 6th Man). Jusqu'au premier rôle tenu par Julius Erving,flanqué de son rival Kareem Abdul-Jabbar.

Le réalisateur n'est pas un inconnu : Gilbert Moses a livré l'excellent Willie Dynamite ou encore le drame télévisé The Greatest Thing That Almost Happened. Il sort de ses habitudes pour réaliser une comédie dans l'esprit de Car Wash et DC Cab, où l'éclectisme ethnique du casting tient lieu de pierre angulaire et où la multiplicité des rôles ouvrent des possibilités de saynètes décalées... Le scénario -loufoque- est plutôt rafraîchissant, tout comme le personnage de la voyante. Mais il faut bien avouer que le film souffre de longueurs, d'un montage moyen de décors limités et d'acteurs non-professionnels ou débutants qui peinent à convaincre pleinement.

La seule actrice à avoir une certaine envergure est Margaret Avery, trop peu présente dans le film. Pour le reste, on peut reconnaître ça et là quelques seconds couteaux au faciès connu : Julius Carry (qui joue dans Disco Godfather, The Last Dragon ou encore Moving ; mais il s'illustre surtout dans des dizaines de sériés TV), Flip Wilson (après un premier rôle dans Uptown Saturday Night, il se consacre à diverses séries dans lesquelles il joue, voire qu'il écrit et qu'il produit), Joe Seneca (School Daze, Mo' Better Blues, Mississippi Masala, Malcolm X, A Time to Kill) et le tout jeune James Bond III. Quant à Debbie Allen, elle contiuera sa carrière d'actrice, et devient surtout une des rares réalisatrices et productrices afro-américaine.
Pour le casting non-Noir, il y a Jack Kehoe (croisé dans Car Wash, il sera pour toujours associé au comptable de Capone dans Les Incorruptibles), M. Emmet Walsh (le commissaire dans Panther), Michael V. Gazzo (A Man Called Adam, Fingers, Body and Soul) et Branscombe Richmond (indien de la série Le rebelle, il opère aussi comme cascadeur, entre autres, dans Deep Cover).
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mardi 23 mars 2010

Amistad

Deuxième incursion de Spielberg, après l'infâme Couleur pourpre, dans l'histoire des Afro-Américains avec une fresque gargantuesque et sirupeuse sur l'esclavage. On est loin des stéréotypes racistes omniprésents dans The Color Purple, mais le film est moins centré sur la dénonciation de l'esclavage que sur la magnificence des Etats-Unis d'Amérique et la valeur de sa Justice et de sa Démocratie.

AMISTAD - Steven Spielberg (1995)


1839, La Amistad, un bateau négrier espagnol fait voile vers le Nouveau Monde avec sa cargaison d'esclaves. Menée par Cinque (Djimon Hounsou), une révolte des esclaves leur permet de prendre les commandes du vaisseau et ils tentent de retourner en Afrique... Mais, proche des côtes américaines, il est arraisonné tandis que les esclaves sont emprisonnés.
L'Espagne réclame son bien alors que Roger Baldwin -un jeune avocat flanqué de son majordome/secrétaire Joadson (Morgan Freeman)- défend les esclaves et demande pour eux le statut de réfugiés. S'ensuivent plusieurs procès pour tenter de démontrer que ces naufragés ne sont pas des marchandises.


Steven Spielberg est un bon réalisateur, que l'on aime ou pas ses films, il n'y a pas vraiment matière à discussion sur ce point. Par contre c'est bien les sujets qu'il choisit et la façon dont il les traite que la critique -française en particulier- a toujours été plutôt indulgente avec lui.
Pour les points positifs, Spielberg filme sans fard l'horreur de l'esclavage, la puanteur des cales et les traîtements bestiaux des négriers.
Par contre, la narration est d'une platitude hollywoodienne attendue (longs flash-back, procès-fleuve et scènes de plaidoiries interminables, foules haineuses au début et humanistes à la fin, le bon sauvage prononçant ses premiers mots anglais en scandant "liberté", les esclaves trouvant dans la Bible espoir et matière à l'apprentissage de la lecture, grande morale finale de Anthony Hopkins de plus de dix minutes...).Plus qu'un brûlot anti-esclavagiste, Amistad est en fait une ode à la bourgeoisie blanche libérale aux Etats-Unis, grand timonier de la liberté. Amistad n'est pas l'histoire d'un combat d'esclaves pour leur liberté, c'est plutôt la mise en image d'une vision fantasmée et idéaliste du prétexte donnés par quelques capitalistes blancs pour imposer l'industrialisation et la fin de l'esclavage aux Etats du Sud quasi-féodaux.
Spielberg ne fait pas le procès de l'Amérique esclavagiste, mais le procès de l'Espagne pourvoyeuse d'esclave; il n'a pas choisi de filmer la vie de Natt Turner (qui mena en Virginie la plus grande révolte d'esclave), ni de montrer la vie dans les plantations américaines ; au contraire, il choisit des esclaves appartenant aux Espagnols, des esclaves sur le sol cubain qui deviennent libres sur les sol américain (nous n'échappons pas à la morale appuyée sur l'indépendance de la Justice américaine !).

La preuve ultime de l'aspect secondaire des esclaves dans cette histoire se trouve dans l'ordre du générique : le personnage principal Cinque/Djimon Hounsou (finalement préféré Isaach De Bankolé) n'y est crédité qu'en quatrième position. Par ailleurs, à signaler la présence du reconnaissable et excellent acteur Pete Postlethwaite (habitué des films sociaux anglais).
Coté équipe technique, le monteur Michael Kahn, habitué des films de Spielberg après avoir collaboré à pas mal de films blax', et Ruth E. Carter la costumière de presque tous les films de Spike Lee.