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dimanche 3 juin 2012

Madea's Big Happy Family

Après trois opus en un an, Perry délaisse Madea quelques temps (qu'il met à profit pour sortir Why Did I Get Married Too ? et For Colored Girls)

MADEA'S BIG HAPPY FAMILY - Tyler Perry (2011)

Tandis que Leroy Brown (David Mann) doit subir une petite intervention chirurgicale et se mettre à la diète, Shirley (Loretta Devine) apprend que son cancer a empiré. Pour passer cette épreuve, elle veut être entouré de ses enfants Byron, Kimberly et Tammy (Bow Wow, Shannon Kane & Natalie Desselle). Mais ceux-ci sont empêtrés dans leurs propres problèmes, et Shirley n'arrive pas à leur parler de sa maladie.
Madea (Tyler Perry) vient à son secours pour unifier la famille...

Toujours avec son mélange si particulier de drame et de comédie, Tyler Perry s'attaque ici à la maladie et ses conséquences sur les familles.

Comme trop souvent, je formule le même reproche sur le trop grand nombre de segments et de thèmes que veut aborder Perry qui livre une fois encore un film assez peu drôle et très brouillon. Ce qui ne l'empêche pas de rencontrer à nouveau un succès populaire -et financier- incontestable, avec plus de 50 millions au box office (soir deux fois le budget de production).
Le réalisateur/acteur/scénariste s'entoure toujours de certains acteurs fétiches (reprenant des rôles récurrents dans ses films et séries) comme David Mann, Tamela J. Mann, Cassi Davis et Cheryl Pepsii Riley. Il en va de même pour l'équipe technique avec le directeur de la phtoto Toyomichi Kurita, la monteuse Maysie Hoy, la directrice de casting Kim Williams, le compositeur Aaron Zigman, le décorateur Lance Totten, le costumier Keith G. Lewis...

Après avoir joué dans For Colored Girls, Loretta Devine entre donc dans la franchise des Madea ; mais elle est émouvante dans ce rôle de mère malade, altruiste et dépassée par les problèmes de ses enfants.
Cette fois pas de grand nom du cinéma afro-américain, Perry donne sa place à la jeune génération avec Lauren London (ATL, This Christmas, Next Day Air) et le rapeur/acteur Bow Wow (All About the Benjamins, Like Mike, Roll Bounce, The Fast and the Furious: Tokyo Drift, Hurricane Season, Lottery Ticket). Il donne aussi un rôle à Natalie Desselle, un peu oubliée depuis la fin des 90s où elle enchainait les rôles avec Set It Off, How to Be a Player ou B*A*P*S.

dimanche 13 mai 2012

Next Day Air

Dans la catégorie indie, ce Next Day Air est plutôt une réussite et joue autant sur la comédie que sur l'action...

NEXT DAY AIR - Benny Boom (2009)


Leo Jackson (Donald Faison) est un livreur de colis tête-en-l'air qui travaille dans l'entreprise "Next Day Air" de sa mère (Debbie Allen) ; il multiplie les erreurs, le mettant au bord du licenciement. Mais sa plus grosse boulette est de livrer par erreur une caisse d'une dizaine de 10 kilos de cocaïne pure à deux malfrats ratés : Brody et Guch (Mike Epps & Wood Harris) vont se mettre en quête de couper et revendre la marchandise.
Quant à Jesus (Cisco Reyes) qui devait recevoir le colis, il se lance sur la piste de Leo persuadé que celui-ci l'a arnaqué...
Doté d'un budget de seulement 3 petits millions de dollars, le film atteint les 10 millions au box office ; ce qui en fait un film plus que rentable. Les critiques l'ont accueilli de manières très différentes, d'aucun reprochant de n'avoir pas trouvé la voie entre comédie et action. Il est clair qu'il y a un fossé pas toujours cohérent entre les saynètes comiques et certaines scènes ultra-violentes (à l'image du final survolté), mais je préfère pour ma part m'arrêter sur les aspects positifs.

D'abord pour la réalisation, le budget minimal oblige le réalisateur à des astuces visuelles et à un effort dans le montage. Ainsi, on assiste plus à un film de fac tourné pour délirer qu'à un blockbuster hollywoodien, mais le résultat est pourtant à la hauteur et bien supérieur à certaines comédies d'action aux mirobolants budgets (comme par exemple The Adventure of Pluto Nash ou I Spy).
En plus, il faut signaler que pour un film avec des bad boys les dialogues sont plutôt bien ficelés et ne sont pas qu'une succession de "fuck". Benny Boom, le réalisateur, a même banni l'utilisation de "nigger", ce qui est assez rare pour le signaler.
Par ailleurs, les similitudes avec Half Baked sont troublantes : l'intrigue centrale des bras-cassés qui vendent la drogue qu'ils ont trouvé par hasard, ou encore l'inconnu qui dort sur leur canapé...

Forcément le générique n'aligne pas les grandes vedettes, mais la directrice de casting Robi Reed fait des miracles pour des cachets probablement peu élevés en dégotant Donald Faison et Mike Epps, ou encore en guest le rappeur et acteur Mos Def. Citons aussi Wood Harris, Omari Hardwick, Darius McCrary, Malik Barnhardt, Kevin Benton et Debbie Allen ; cette dernière débuta comme actrice à la fin de la blaxploitation (dans les téléfilms The Greatest Thing That Almost Happened, Roots 2, Ebony, Ivory and Jade et les films The Fish That Saved Pittsburgh et Fame puis se consacre surtout à la réalisation -essentiellement de séries. Le cascadeur Julius LeFlore -ici en charge de la coordination- commença dans la même période avec Drum ou A Piece of the Action.

jeudi 29 mars 2012

This Christmas

This Christmas se place dans la lignée des comédies dramatiques qui prennent pour toile de fond une famille nombreuse réunie pour un évènement important, et qui s'appuie sur un casting alléchant...

THIS CHRISTMAS - Preston A. Whitmore II (2007)


Pour la première fois depuis 4 ans, la famille Whitfield se retrouve pour fêter Noël chez leur mère Ma'Dere (Loretta Devine).
Chacun a un secret inavouable, à commencer par Ma'Dere qui vit officieusement depuis des années avec Joe (Delroy Lindo) ; tous ses enfants le savent sauf Quentin (Idris Elba) qui hait le nouvel amour de sa mère et cache de son coté des ennuis avec des gangsters. Le couple de sa fille Lisa avec Devean (Keith Robinson & Regina King) bat de l'aile, tandis que son autre fille Kelli (Sharon Leal) semble se complaire dans le célibat.
Enfin Claude (Columbus Short) rentre de l'armée paré de son joli uniforme mais ses secrets vont faire prendre une tournure imprévue à la réunion de famille...

Preston A. Whitmore II réalisateur, producteur et scénariste (The Walking Dead, Fled, Civil Brand, Lockdown ou Crossover). Avec un budget limité, il livre une comédie agréable, au casting conséquent, bien filmée et qui recueille des critiques globalement positives ainsi qu'un bon succès financier (50 millions de dollars au box office).

This Christmas est une de ces tragi-comédies qui dépeint une famille, dans ses joies quotidiennes, ses contradictions, ses conflits et ses jalousies. On pense à Soul Food ou Kingdom Come, et il faut bien avouer que This Christmas soutient la comparaison. La réalisation est bien maîtrisée, de facture assez classique certes mais agrémentée de certains plans plus osés et néanmoins réussis. On passe du hui-clos de la maison de Ma'Dere aux ambiances urbaines dans les rues ou les clubs, accompagné par la musique jazzy de Marcus Miller.

La force comme les faiblesses du film résident dans son casting important (dirigé par Kim Hardin) et par les multiples personnages -pour la plupart bien interprétés- que Whitmore sait mettre en valeur captant les sentiments de chacune et chacun en plan serré et offrant des scènes chorales tout en donnant sa place à chaque acteur. Pourtant à trop créer et entremêler les histoires, le film perd parfois de son intérêt et survole certaines situations ou personnages qui auraient mérité qu'on s'y attarde...
Le casting offre des rôles aux actrices et acteurs confirmés tels Regina King, Loretta Devine, Columbus Short, Mekhi "Dr. Pratt" Phifer, Keith Robinson, Haskell V. Anderson III (dont le premier film était le cheap et fun Brotherhood Of Death), Laz Alonso, Sharon Leal, Brandon T. Jackson, Ricky Harris et Lauren London. Mais les producteurs piochent aussi dans le milieu musical en offrant des places importantes au chanteur RnB Chris Brown, au DJ britannique Idris Elba et au rappeur David Banner.
Mention spéciale pour un acteur très charismatique que j'aime beaucoup mais que l'on voit trop peu : Delroy Lindo (il collabore plusieurs fois avec Spike Lee -sur Malcolm X, Crooklyn et Clockers, incarne un premier rôle dans le téléfilm Soul of the Game et s'abonne aux films d'action avec Romeo Must Die, Heist ou Domino).

lundi 5 mars 2012

ATL

Quelques mois après Roll Bounce, la mode semble toujours au patinage pour cette comédie sociale sur la jeunesse d'Atlanta...

ATL - Chris Robinson (2006)



Banlieue d'Atlanta. Depuis le décès de leurs parents dans un accident de voiture, Ant et Rashad (Evan Ross & Tip "T.I." Harris) sont élevés par le oncle George (Mykelti Williamson). Rashad finit ses études au lycée et travaille à coté pour assurer financièrement ; le week-end il fait du roller avec son équipe, The Ones, à la patinoire Cascades où il tombe sous le charme de New New (Lauren London). Charmes auxquels succombe aussi son meilleur ami Esquire (Jackie Long) qui en plus entretient de bonnes relations avec le richissime père de la jeune fille, John Garnett (Keith David).
Entre le travail, la patinoire, la jalousie de son ami et son nouveau flirt, Rasheed ne voit pas que son petit frère Ant travaille pour un dealer local Marcus (Big Boi) pour qui il refourgue des produits...
Le projet est ambitieux ; les producteurs y mettent le prix et le succès au box office est satisfaisant (environ 20 millions de dollars dans les deux cas). En outre, la critique l'accueille positivement et le réalisateur Chris Robinson et la scénariste Tina Gordon Chism ont remporté plusieurs prix.
La réalisation est "moderne", un peu trop à mon goût, et emprunte pour beaucoup aux clips rap et rnb (lorgnant un peu lourdement sur les fesses féminines). Cet effet est logique et assumé puisque le réalisateur Chris Robinson a été engagé pour son travail sur les clips et autres vidéos musicales ; il s'en tire tout de même pas mal pour le reste et livre un film dynamique, aux personnages assez fouillés et aux apparences trompeuses et marie assez bien l'esprit léger du film d'ado et le sérieux du drame familial.

Comme dans Roll Bounce, le ton est d'abord à la comédie, tant par la présentation humoristique des personnages, les blagues entre jeunes et l'insouciance générale qui semble régner. Mais rapidement, on passe à une partie plus dramatique sur les différentes problématiques auxquelles sont confrontées les ados et jeunes adultes : rêves d'avenir, difficulté de se construire sans parent, drogue et deal, premières amours et déceptions amicales... Voilà une remise à jour des thèmes qui firent les succès de House Party, Poetic Justice, Menace II Society ou Boyz N the Hood (la violence en moins).
C'est aussi un hommage rendu à la ville d'Atlanta, qui sert de décor mais agit comme un élément fort du scénario. De nombreux talents de la scène d'Atlanta ou de Georgie font des caméos, et le rappeur Big Boi (membre du duo OutKast) décroche même un premier rôle de second plan.

Les jeunes acteurs s'en tirent bien, tant Evan Ross que Tip Harris ou Lauren London.
On peut aussi noter des seconds rôles plus adultes pour Tasha Smith, Mykelti Williamson et Keith David en père de famille qui doit poser les règles à son adolescente de fille. Quant à sa femme, elle est joué par Lonette McKee (jeune première dans les bons titres de la fin de la blaxploitation comme Sparkle et Which Way Is Up ?, elle rebondit rapidement en jouant dans The Cotton Club, Round Midnight, Men of Honor, Jungle Fever, Malcolm X et She Hate Me).