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dimanche 23 octobre 2011

Trippin'

Comme son titre l'indique, cette comédie suit les trips d'un adolescent...

TRIPPIN' - David Raynr (1999)


Greg (Deon Richmond) s'approche de la fin du lycée, pressé par sa famille d'atteindre de l'université. Mais cette fin d'année est pour Greg synonyme de bal, où il espère inviter la belle et intelligente Cinny (Maia Campbell). Le problème de Greg, c'est qu'il vit dans ses rêves où il est un séducteur alignant les conquêtes, un soldat d'élite ou une star du rap.
La réalité le rattrape bien vite...
Comparable à How To Be a Player dans l'esprit, Trippin' a tout de même un petit quelque chose en plus qui le sépare du navet complet ; la misogynie est moins affirmée (la fille, cible de tous les fantasmes de Greg, est aussi intelligente !) et les scènes de rêves du héros sont parfois drôles et, même si le procédé est éculé, fonctionnent à peu près. Enfin la prestation de Deon Richmond -l'acteur principal- est plutôt réussie, celui-ci ayant une certaine aura comique... Le scénariste est Gary Hardwick, habitué à mieux comme The Brothers et Deliver Us from Eva (qu'il réalise).
Les points positifs s'arrêtent là pour ce film d'ado dont l'absence dans votre DVDthèque est largement surmontable.

Le jeu des acteurs est tout de même un rang au dessus de How To Be a Player. Il y a Donald Faison (essentiellement acteur de séries, comme Scrubs, il débute dans Juice et joue dans Waiting To Exhale), Guy Torry (Don't Be a Menace..., Ride, American History X, Life...), Dartanyan Edmonds, Stoney Jackson, Clyde Jones, un cheptel de jolies filles : Natashia Williams, Sacha Kemp, Isley Nicole Melton et surtout la top-model Naomi Campbell.
Quelques seconds couteaux du cinéma soul apparaissent : Bill Henderson (Cool Breeze, Trouble Man, Cornbread, Earl and Me, White Men Can't Jump...), Harold Sylvester (Sounder, Part 2 et A Hero Ain't Nothin' But a Sandwich) et Michael Warren (Halls of Anger et Cleopatra Jones).

dimanche 27 mars 2011

The Players Club

Après le succès de Friday, Ice Cube débarque avec un projet qu'il scénarise, produit et réalise : The Players Club...

THE PLAYERS CLUB - Ice Cube (1998)



Diana Armstrong (LisaRaye) est une jeune fille indépendante ; elle quitte la maison familiale pour suivre ses études, tout en élevant seule son fils. Elle rencontre Tricks et Ronnie (Adele Givens & Chrystale Wilson) qui l'incitent à travailler dans le club de striptease de Dollar Bill (Bernie Mac). Diana étudie le jour et danse la nuit, en évitant au maximum de traîner dans les histoires louches de ses collègues.
Lorsque sa cousine Ebony (Monica Calhoun) débarque en ville quatre ans plus tard, Diana doit la prendre sous son aile. Ebony est embauchée à son tour au club, mais se trouve vite confronter à l'alcool, à l'argent facile et elle n'a pas la force de caractère de Diamond pour y résister.
Le budget est minime (5 millions de dollars) mais aligne une incroyable liste d'acteurs et actrices afro-américains : Jamie Foxx, Bernie Mac, LisaRaye, Faizon Love, Tommy "Tiny" Lister, Michael Clarke Duncan, Monica Calhoun, Anthony J. Johnson, Badja Djola, Alex Thomas, Terrence Howard, Charlie Q. Murphy, Oren Williams, Jossie Thacker, Adele Givens, Samuel Monroe Jr., Chrystale Wilson, Clyde Jones, Tracey Cherelle Jones... ainsi que les rapeurs Luther "Luke" Campbell et Master P.
Enfin Ice Cube s'adjoint les services de quelques "anciens" tels John "Kunta" Amos, Judyann Elder (Melinda et le téléfilm A Woman Called Moses) et Dick Anthony Williams (Up Tight !, The Lost Man, The Mack, Slaughter's Big Rip-Off et Five on the Black Hand Side).
Ces castings pléthoriques ne sont pas toujours gage de qualité ; cependant ici chacun est utilisé avec parcimonie, faisant du liant entre les différentes histoires qui se télescopent.

C'est le seul film d'Ice Cube comme réalisateur (il porte aussi les casquettes de producteur, scénariste et acteur). Il prend la bonne décision en ne reprenant pas plus tard la caméra, car ses talents pour la réalisation sont assez limités. Par contre, il est accompagné des professionnels consacrés du moment : le chef opérateur Malik Hassan Sayeed, les maquilleuses Debra Denson et Stacye P. Branche, la directrice de casting Kim Hardin (Monica R. Cooper), la monteuse Suzanne Hines ou encore les cascadeurs William Washington, April Weeden-Washington, Eddie L. Watkins et Big Daddy Wayne.

En plus, son scénario tient la route. Entre action, drame, humour et charmes, on ne s'ennuie pas et même on réfléchit ; en effet, Ice Cube propose derrière une apparente légèreté des thèmes pertinents. D'abord, mettre une femme au premier plan est plutôt une gageure et reste rare encore en cette fin des 90s ; ce personnage principal (confié à LisaRaye qui débute au cinéma) est en plus celui d'une femme forte et indépendante.
En outre, Ice Cube filme les séquences de strip avec une certaine retenue, et aborde de front certains sujets comme le marché du sexe, les violences faites aux femmes et même le viol.
Ensuite, on peut aussi imaginer qu'en utilisant à contre-emploi Dick Anthony Williams (habitué aux rôles de mac rutilant dans les 70s) comme un père de famille protecteur pas très heureux de savoir sa fille danser dénudée, Ice Cube pose un regard critique sur l'apologie des pimps dans les produits culturels afro-américains, de la blaxploitation aux urban films. Enfin, et sans dévoiler la fin en partie tragique, il se donne un -petit- rôle plutôt positif en posant les limites de l'acceptable.

Certaines scènes sont tout simplement jubilatoires comme cette danseuse fessant un flic en lui faisant hurler "I'm Black and I'm proud !" (et je ne résiste pas à vous la faire partager) :