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samedi 27 octobre 2012

Trouble Man

Retour à la blax avec Fureur noire, film d'action assez typique de la Blaxploitation...

TROUBLE MAN - Ivan Dixon (1972)

Mister T. (Robert Hooks) est un détective privé, mais il trempe aussi dans pas mal d'affaires louches. Entre deux parties de billard (où il excelle), Mister T. redresse les tords, secourt la veuve et l'orphelin et aide ses amis.
Chalky Price (Paul Winfield) et son associé Pete (Ralph Waite) demande de l'aide à Mr. T, prétextant des braquages de leur tripot clandestin... mais c'est un piège qu'ils lui tendent. Ils mettent en place un faux braquage pour couvrir le meurtre d'un homme de main de Big (Julius Harris), un rival.
La police et Big tiennent "T" pour responsable. Mais la police n'a aucune preuve, et Mister T convainct le malfrat de son innocence.
Il tente alors d'organiser une rencontre entre Chalky et Big...
Ivan Dixon débute comme doublure de Sidney Poitier dans La Chaîne, joue dans de nombreux films pré-blaxploitation dont le drame Nothing But a Man où il tient le premier rôle. Il réalise quelques épisodes de séries comme The Bill Cosby Show ou Room 222.
Mais son fait de gloire reste pour moi l'étonnant brûlot révolutionnaire The Spook Who Sat by the Door.

Moins militant, son Trouble Man, est considéré à juste titre comme un soul movie classique au personnage central plutôt sympathique. En effet, Robert Hooks campe un héros classe, froid, qui multiplie les conquêtes (on échappe pas au genre !) et ne trempe pas dans la prostitution. De surcroit, il balance des punchlines magiques telles que : "Let Whitey ride in the back of the bus this trip" (quelque chose comme "dans cette voiture, c'est le Blanc qui monte à l'arrière"). Bref, on en arrive presque à regretter que le projet n'ait pas eu de suite.Le scénario de John D.F. Black (à qui l'on doit l'adaptation de Shaft) est bien ficelé, les personnages secondaires bien travaillés, les décors diversifiés, et la B.O. de Marvin Gaye, assisté de J.J. Johnson et Robert O. Ragland, est devenue culte.

Le casting suit : avec Robert Hooks (rare dans les films de la Blaxploitation, surtout dans un rôle-titre), Paul Winfield, Julius Harris, Paula Kelly, Ralph Waite, le jazzman Bill Henderson, Stack Pierce (qui jouera en 1991, après Raymond St. Jacques, Ed "Cercueil" Johnson, dans A Rage In Harlem), Lawrence Cook, Virginia Capers, Tracy Reed dans un petit rôle de dernière minute, Ed Cambridge, Jeannie Bell...
Etonnante spécificité du DVD, il y a des versions originale, française et espagnole ; par contre, pour la VF les 6 premières minutes sont en VO sous-titrée en français puis passe brusquement en langue française.

vendredi 12 novembre 2010

A Piece of the Action

L'année 77 voit naître le punk, certes, mais c'est du coté du cinéma soul la fin de deux trilogies, celle des Dolemite avec Petey Wheatstraw ; tandis que dans un tout autre registre se conclue la -fausse- trilogie réunissant Sidney Poitier et Bill Cosby.


A PIECE OF THE ACTION - Sidney Poitier (1977)


1975 : David Anderson (Bill Cosby) déjoue les pièges de haute technologie pour accéder à un coffre et vole une grosse somme d'argent.
1976 : Manny Durrell (Sidney Poitier) réussit un véritable coup de bluff et dérobe 475000 $ à un gros mafieu, Mister Bruno (Tito Vandis).
Quelques mois plus tard, l'inspecteur Joshua Burke (James Earl Jones) -qui a enquêté sur ces deux affaires- prend sa retraite. Pour une raison qui restera secrète jusqu'à la fin, il a décidé de faire payer les deux filous en les obligeant à travailler gratuitement pour un centre social, dirigé par Lila French (Denise Nicholas).
Les deux compères qui ne se connaissaient pas jusqu'alors sont obligés d'accepter ; ils tentent de découvrir leur mystérieux et atypique maître-chanteur.
La première demi-heure laisse espérer : les arnaques de Poitier et Cosby sont plutôt agréables, tout comme leur première rencontre avec Denise Nicholas (où ils ne comprennent rien à ce qui se trame).
Malgré ce début prometteur, Poitier peine malheureusement à convaincre sur la longueur. Il hésite entre la comédie classique, l'action, le vaudeville familial et la chronique sociale. Et il rate presque chacun de ses objectifs qu'il avait pourtant mixés à merveille dans ses deux précédents films : l'humour est diffu, l'action trop peu rythmée et la morale d'un ennui indescriptible. La belle-famille de Manny (en particulier Ja'net DuBois en tante alcoolique) aurait pu être un parfait divertissement, mais le ressort est complètement sous-utilisé. Quant au propos politique et moral, on se vautre dans des clichés éculés sur la jeunesse et un paternalisme dégoulinant...
Ce film se révèle donc ennuyeux (ce qui est d'autant plus difficile qu'il est le plus long avec ses 135 minutes).

On se console avec un casting de rêve : James Earl Jones, grand acteur bien mal utilisé, connu pour ses rôles aux coté d'Harrison Ford, sa voix de Dark Vador... Il est surtout premier le premier président noir des USA dans The Man, et incarne l'écrivain Alex Haley dans Roots : Next Generation.
Coté féminin, il faut citer Denise Nicholas, Tracy Reed et Frances Foster, une actrice de séries que Spike Lee embauche dans Croocklyn et Clockers. On peut aussi évoquer Frances E. Williams (The Black Klansman, Together Brothers, Baby Needs a New Pair of Shoes), Eric Laneuville (aperçu dans Black Belt Jones et plus tard réalisateur de séries comme Lost ou Prison Break), Bryan O'Dell tiendra l'année suivante le rôle-titre de Youngblood, Gloria Delaney (Black Girl, The Human Tornado, Joey, Blue Collar, Penitentiary, Crossroads), ainsi que Tamu Blackwell, Cyril et Sherri Poitier, James Wheaton, Gammy Singer, Titos Vandis et Steve Vignari.

vendredi 5 novembre 2010

Car Wash

Car Wash est probablement le film qui marque le mieux la déclinaison de la vague de la blaxploitation : la transformation d'un phénomène cinématographique qui s'intéressait à tous les genres pour se cantonner -à partir de la fin des années 70 et pendant dix ans- à des comédies apolitiques et pleine de bons sentiments.

CAR WASH - Michael Schultz (1976)


Une journée "ordinaire" au Dee-Luxe Car Wash de Los Angeles . On y suit les péripéties des employés : Floyd et Lloyd (Darrow Igus et DeWayne Jesse) les danseurs ratés, le très efféminé Lindy (Antonio Fargas), le p'tit chef Earl (Leonard Jackson), Abdullah (Bill Duke) le militant black muslim qui refuse qu'on l'appelle Duane, Lonnie (Ivan Dixon), ancien prisonnier toujours gardé à l'oeil par la police locale, T.C. le dessinateur de comic à la coupe afro sublime qui tente de gagner des places pour inviter la belle serveuse d'en face, Mona (Tracy Reed). Le patron paternaliste est au prise avec son fils Irwin qui cite à tout bout de champ le "petit livre rouge" du Président Mao qu'il arbore sur son tee-shirt, veut "se rapprocher de la classe ouvrière" et passe l'autre moitié de son temps à se défoncer dans les chiottes.
Les clients se succèdent, au premier rang desquels le pasteur haut en couleurDaddy Rich et ses soeurs Willson (Richard Pryor & The Pointers Sisters).
Michael Schultz s'était illustré avec les bons Together for Days et Honeybaby, Honeybaby, ainsi que l'excellent Cooley High. Il débute avec Car Wash -produit par Universal- une grande série de comédies (telles que Greased Lightning, Which Way Is Up? et Bustin' Loose) en collaboration avec Richard Pryor. Malgrès un succès en salle en demi-teinte et des critiques plutôt négatives, le film de Schultz remporte deux prix à au 30ème Festival de Cannes en 77 : le mérité "Prix de la meilleure partition musicale" (pour Norman Whitfield) et le "Grand Prix de la Commission Supérieure Technique du cinéma français" dont j'ignorais totalement l'existence.

Le scénario de Joel Schumacher est intéressant au début mais peine à trouver un réel souffle. De plus, le ton est loin d'être militant : le scénario préfère le paternalisme du patron ou père de famille entré dans le droit chemin, alors qu'il traite durement les militants avec le ridicule Irwin ou le dangereux et radical Abdullah.
Cependant, pointer le caractère plutôt réactionnaire du film n'empêche pas forcément de sourire -voire de rire- pendant le film : à l'image de cette scène avec un gamin vaumissant dans la voiture de sa mère maniérée (campée par Lorraine Gary, la mère dans les trois premiers volets des Dents de la mer) ou encore de la caricature du fils à papa maoïste ou même des frasques d'Antonio Fargas en travesti.
Le film s'appuie surtout sur une pléiade de seconds rôles : Ren Woods (qui débute dans Sparkle et s'illustre en Fanta dans la série TV Roots), Richard Pryor, l'excellent acteur et réalisateur Ivan Dixon qui joue là son dernier rôle sur grand écran, le dinosaure du cinéma afro-américain Clarence Muse, Tracy Reed, le petit Erin Blunt, Leonard Jackson, DeWayne Jesse, les Pointer Sisters, Bill Duke, Leon Pinkney, le cascadeur et acteur habitué des petits rôles d'Amérindiens ou d'indigènes sud-américains Henry Kingi, Lauren Jones, Pepe Serna, le DJ Jay Butler, Jason Bernard, Sarina C. Grant, le joueur de football Otis Sistrunk, Leon Pinkney, Arthur French, Darrow Igus...