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dimanche 30 mars 2014

E! True Hollywood Story : Superfly - Ron O'Neal


SUPERFLY / RON O' NEAL
E! TRUE HOLLYWOOD STORY - (2000)

Diffusé depuis 1996 sur la chaine américaine E!, l'émission E! True Hollywood Storyconsacra un de ses numéros à Ron O' Neal et au phénomène Superfly.

Plus complet que One Last Deal, supplément du DVD, ce documentaire évoque le film Superfly du point de vue de la carrière de Ron O'Neal, un biais pertinent qui permet d'explorer les effets du film sur la production cinématographique, sur la carrière de son acteur principal et sur la société...
Au rang des témoins, les principaux artisans du projet encore en vie amènent leur petites anecdotes : le scénariste Philip Fenty, le producteur Sig Shore, les acteurs Sheila Frazier et Julius Harris... et surtout Ron O'Neal en personne.

Outre la présentation convenue du film et de sa BOF signée Curtis Mayfield, le docu revient sur les accusations de magnifier la drogue, le deal et la prostitution et sur l'invention, par ses détracteurs, du terme "blaxploitation". D'autres protagonistes de l'époque apportent leurs avis sur cette mode cinématographique ; parmis eux Gloria Hendry et Fred Williamson, les réalisateurs/acteurs Mario Van Peebles et Bill Duke, le réalisateur Jack Hill... et les spécialistes incontestables des Afro-Américains au cinéma Donald Bogle et David Walker.


mercredi 26 juin 2013

Black Belt Jones

Après le cultissime Enter the Dragon, Robert Clouse refait tourner Jim Kelly qui devient La ceinture noire...

BLACK BELT JONES - Robert Clouse (1974)

Don Stefano, un mafieux influent et aux soutiens haut-placés, prévoit d'investir dans l'immobilier. L'immeuble stratégique dont il veut s'emparer abrite le club de karaté de Papa Byrd (Scatman Crothers). Don Stefano sous-traite l'affaire à un malfrat local en dette : Pinky (Malik Carter). Sa première menace se solde par un échec et ses hommes mis en déroute par les élèves de la Black Byrd Karate School, menés par Toppy (Alan Weeks). Mais ce dernier réclame du renfort auprès de "Black Belt" Jones (Jim Kelly), un agent secret ancien disciple de Pop Byrd et justement déjà en mission contre le mafieux.
Mais le vieux karatéka se fait tuer par Pinky, juste après avoir affirmer que l'école ne lui appartenait pas mais était à sa fille Sidney (Gloria Hendry). Et justment, elle débarque en ville, bien décidé à en découdre avec les assassins de son père !
Jones et Sidney débutent une collaboration musclée et fructueuse, doublé d'un flirt...
Après le fulgurant succès d'Enter the Dragon et l'accroche du personnage de Jim Kelly sur le public,  Robert Clouse repasse vite derrière la caméra -poussé par les producteurs Heller et Weintraub- mais cette fois il se concentre sur le karatéka afro-américain, mélange de vengeur urbain et de super agent international. Le scénario est confié à Oscar Williams (réalisateur militant de The Final Comedown et Five on the Black Hand Side) et la BOF à Luchi DeJesus qui signe un soundtrack comptant parmi les classiques du genre.

Tous les ingrédients d'un bon film bis sont réunis : bagarres, dialogues indigents et rires forcés, un chouïa d'érotisme, un scénario bancal... tout celà lié avec le petit plus qui fait que ça fonctionne pour spectateurs. On se délecte des scènes de combats qui sont plus savoureuses les unes que les autres, débutant de façon assez classique dans la rue ou la salle d'entraînement, elles évoluent dans un train pour culminer dans une cultissime bagarre rangée dans un car wash empli de mousse.
On sourit des nombreux moments décalés, souvent prétexte à montrer un bout de fesse, telles les filles en bikinis qui font du trempoline ou la longue scène de course-poursuite amoureuse à travers la plage (dont on retrouve l'esprit dans Black Dynamite).

Cependant, le personnage secondaire féminin n'est pas qu'une potiche aguichante et/ou une petite chose fragile dont le héros doit prendre soin, mais une combattante aguerrie campée par Gloria Hendry, qui se bat avec une classe et une précision dans l'exécution assez rares dans la blax et pour les actrices en particulierdont. Et lorsqu'elle balance un "I ain't your mamma" avant de rosser vertement les méchant ! On jubile !

Quant au "traître" noir (ici incarné par Malik Carter) qui fricote avec les méchants whiteys, il se fait aussi bien malmener par ses alliés blancs que corriger par ses ennemis afro-américains.

En somme, c'est incontestablement le plus réussi (bénéficiant d'une distribution de Warner) et l'un des plus réjouissants black kun fu movies ! Il s'appuie bien sûr sur un casting qui regorge de comédiens des années blax. Esther Sutherland et Scatman Crothers y font office de vétérans. On peut reconnaître Earl Jolly Brown (Live and Let Die), l'éternel bon copain Alan Weeks (Shaft, The French Connection, Willie Dynamite, Truck Turner), Eric Laneuville -qui deviendra par la suite réalisateur de séries TV, et apparaît dans plusieurs blaxploitation tels The Omega Man, Shoot It Black, Shoot It Blue, A Piece of the Action et 15 ans plus tard dans Fear of a Black Hat. Ou encore Ted Lange, passé à la postérité pour son rôle du jovial Isaac dans Love Boat. Signalons aussi l'obscur acteur blanc Vincent Barbi qui joue dans Sweet Sweetback... et Dolemite, et Mel Novack, un acteur de seconde zone qui entre participe à des plus mauvais film de tous les temps : Vampire Assassin.
Rajoutons enfin le cascadeur Eddie Smith, fondateur de la Black Stuntmen's Association, qui officie pendant trois décennies de Halls of Anger et M.A.S.H. à The Nutty Professor, en passant par Blazing Saddles, Harlem Nights ou Do the Right Thing et des dizaines d'autres et ses collègues Henri Kingi et Alex Brown.
Il existe un film titré The Tatoo Connection et parfois Black Belt Jones 2 ; il n'est en rien la séquelle de celui-ci...

vendredi 8 mars 2013

Slaughter's Big Rip-Off

Après le succès de Slaughter (et de Black Gunn), c'est tout naturellement que l'AIP et Jim Brown remettent le couvert pour L'exécuteur noir...


SLAUGHTER'S BIG RIP OFF
Gordon Douglas (1973)

Lors d'un déjeuner champêtre entre Slaughter (Jim Brown) et ses amis, un petit avion rôde et mitraille les convives et tuent deux amis de l'ancien "Green Beret". Il se lance à la recherche des meurtriers.
Mais la police soupçonne notre héros, le deal avec la police : Slaughter doit trouver une liste de flics, journalistes et politiciens corrompus pour être blanchi.
Avec l'aide de Joe Creole (Dick Anthony Williams), il infiltre la forteresse ennemie et se procure la précieuse liste.
Le chef de l'Organisation, Duncan (Ed McMahon), n'en est que plus énervé contre Slaughter et confie à Kirk (Don Stroud) le soin de s'en débarasser. Celui-ci va capturer sa copine Marcia (Gloria Hendry)...

Les inconvénients du premier opus sont ici résolus : tous les codes du cinéma soul sont réunis pour notre plus grand bonheur, et haussent cette séquelle bien au-dessus de l'original.
Le scénariste Charles Eric Johnson (à qui l'on doit des titres aussi évocateurs que Hammer, That Man Bolt, The Monkey Hustle et Mean Mother) adapte le personnage créé par Don Williams et le place dans une ambiance urbaine et lui adjoint plusieurs seconds rôles très sympathiques. Gordon Douglas (réalisateur de They Call Me Mister Tibbs !) s'en sort très bien et propose une réalisation bien rythmée.

Pour d'obscure raison de droits et d'embrouilles entre l'AIP d'Arkoff et James Brown, le soundtrack de la version DVD a été remanié et, malgré le crédit au générique, le "Godfather of soul" et de son complice, le tromboniste Fred Wesley.

Le casting est authentiquement blax', avec Gloria Hendry, Dick Anthony Williams en pimp flamboyant et cambrioleur hors-pair, l'inimitable Scatman Crothers, Brock Peters (qui débute sa carrière dans l'adaptation culte Carmen Jones), J. Jay Saunders, Junero Jennings, Terry Leonard, Gene LeBell et Tony Brubaker. Du coté des méchants et des filles légères : Don Stroud qui avait déjà partagé l'affiche avec Brown dans tick...tick...tick..., deux jeunes blondes souvent dénudées : Judith M. Brown (dans les premiers WIP phillipins avec Pam Grier et Sid Haig, ainsi que dans Willie Dynamite) et Lisa Farringer (Cleopatra Jones, Coffy, Truck Turner et Foxy Brown).

mercredi 21 septembre 2011

Across 110th Street

Produit par United Artists, Meurtres dans la 110ème rue est incontestablement un des meilleurs films classé comme "blaxploitation", il diffère cependant de la plupart des autres production du genre par une réalisation conséquente et un casting génial.

ACROSS 110th STREET - Barry Shear (1972)



Déguisés en flics, trois petites frappes -Jim Harris, Joe Logart et Henry Jackson (Paul Benjamin, Ed Bernard & Antonio Fargas)- organisent un braquage qu'ils espèrent parfait ; mais il tourne mal et se finit dans un bain de sang. Le trio s'enfuit avec 300000 $, laissant sur le carreau 7 cadavres.
Or, ces trois bras cassés se sont attaqués à un trop gros poisson : la mafia de New-York. Nick Di Salvio (Tony Franciosa) est sur leurs traces et leur sort paraît scellé...
D'un autre coté, le lieutenant Pope (Yaphet Kotto), un jeune gradé afro-américain, se retrouve en charge de l'enquête. Il va devoir composer avec son collègue italo-américain, le capitaine Frank Mattelli (Anthony Quinn), un vieux briscard aux méthodes et aux idées importées de l'Alabama...
Barry Shear est jusqu'alors un prolixe réalisateur de série TV, Across the 110th est un des rares longs métrages auquel il s'attèle. Pourtant, il réussit là un des meilleurs films estampillé "blaxploitation", un polar réaliste filmé avec une certaine crudité, accompagné d'une BOF mythique ; il réunit en outre réunit un casting incroyable. La même année, Fouad Said produit un autre polar moins connu mais tout aussi réussi : Hickey & Boggs avec Bill Cosby et Robert Culp.
La réalisation offre un style haletant, de jolies plongées et des déambulations dans Harlem (où le bon déroulement du tournage fut monnayer avec un mac de New-York crédité au générique : K.C. qui offre les mêmes services pour Superfly et That's the Way of the World).

La chanson éponyme qui sert de générique est interprété par Bobby Womack, l'interprétation de la partition est confiée à J.J. Johnson & His Orchestra. Ce titre a dépassé largement l'audience du film (fort respectable toutefois), devenant un véritable tube. Il faut préciser que la musique présentée sur disques -et réutilisé dans Jackie Brown et American Gangster- est sensiblement différente de la musique originale, inédite à ce jour : dans le film les instrumentaux sont bien plus pêchus et moins sirupeux, les percussions plus présentes et des chœurs lancent le refrain. Plus généralement, la plupart des instrumentaux sont retravaillés, et certains ne sont carrément pas édités.

On ressent la tension raciale aussi bien chez les malfrats que dans les rangs de la police. Ainsi le film arrive à retranscrire l'émergence des revendications égalitaires de la communauté noire, à travers le combat de Pope pour obtenir le respect de ses collègues, de la mafia afro pour s'émanciper de ses mentors historiques ou des individus "lambda" -incarnés par le trio de braqueurs- qui ont les rêves et aspirations de tout un chacun...

Yaphet Kotto et Anthony Quinn forment le duo antinomique parfait. Kotto dans un style sobre incarne l'incorruptible tandis que Quinn excelle dans la composition du vieux flic raciste et légèrement ripou. Cependant, c'est Paul Benjamin qui se révèle comme le véritable héros du film, un héros anonyme, un Noir "qui ne compte pas". Antonio Fargas joue un des autres braqueurs qui aime les beaux costumes et les filles, préfigurant les rôles qu'il enchaîne dès lors et qui se concrétisent avec celui d'Huggy-les-bons-tuyaux dans Starsky et Hutch. Citons aussi en vrac Gloria Hendry (actrice sous-employée qui joue dans les plus grands titres blax : Black Caesar, Live and Let Die, Slaughter's Big Rip-Off, Hell Up in Harlem, Black Belt Jones et Savage Sisters), Ed Bernard (Shaft, Together Brothers, la série The Whithe Shadow), Paul Harris (The Mack, Let's Do it Again, The Slams et Truck Turner où il tient son rôle le plus important), Charles McGregor (Superfly, Blazing Saddles, Three the Hard Way, Take a Hard Ride, Aaron Loves Angela et The Baron), Adam Wade (Shaft, Come Back, Charleston Blue, Claudine), Arnold Williams (Cotton Comes to Harlem, Live and Let Die, Scream Blacula Scream), Richard Ward (The Cool World, Black Like Me, Nothing But a Man, The Learning Tree, Brother John, Mandingo) et Gilbert Lewis (Cotton Comes to Harlem, Gordon's War, Body and Soul).
D'autres franchissent la décennie 70 et réapparaissent plus tard tels Gerry Black (habitué des séries, il joue dans des films plus récents comme Blankman et First Sunday), Clebert Ford (Trick Baby, Greased Lightning puis New Jack City, A Rage in Harlem, Malcolm X, Ghost Dog), Norma Donaldson (Willie Dynamite puis House Party, The Five Heartbeats et Poetic Justice).

mercredi 7 septembre 2011

Live and Let Die

Pour débuter cette année en douceur, évoquons Vivre et laisser mourir le James Bond qui débarque en pleine vague blaxploitation et fait la part belle aux actrices et acteurs afro-américains alors en vogue sur les grands écrans.

LIVE AND LET DIE - Guy Hamilton (1973)

Trois agents britanniques sont mystérieusement assassinés alors qu'ils enquêtaient sur les activité de Kananga (Yaphet Kotto), le dictateur de San Monique une île de l'archipel des Caraïbes. C'est bien sûr le travail de James Bond (Roger Moore) que de trouver le coupable de ces meurtres.
Il débarque d'abord à New-York, où il se trouve aux prises avec un un malfrat, local Mr. Big.
007 se rend vite compte que Kananga et Mr. Big sont une seule et même personne : il utilise ses différentes identités pour mettre en place un énorme trafic de drogue et devenir le plus important grossiste de New-York...
C'est pour enquêter et le démasquer que Bond part pour l'île de San Monique, aidé par une agent novice de la CIA, Rosie Carver (Gloria Hendry)...
United Artists et les producteurs des James Bond se révèlent les premiers à saisir le potentiel des castings partiellement afro-américains, en tout cas d'en éprouver les bénéfices : c'est le plus gros budget alloué depuis le début de la saga (12 millions) et rapporte plus de 160 millions.
En fait, ils doivent faire face à un changement de taille : Sean Connery a réfusé de rempiler une 7ème fois ; les producteurs doivent donc trouver un tas d'astuces pour assurer le succès de ce premier film avec Roger Moore... Dépayser Bond en Louisiane et aux Caraïbes en fait parti (comme l'absence de son ennemi juré du S.P.E.C.T.R.E.).
Ils ne se trompent pas sur le casting : Yaphet Kotto est auréolé de ses succès "grand public" avec The Liberation of L.B. Jones, Bone et surtout Across 110th Street ; il campe à merveille les vilains sans scrupule. La somptueuse Gloria Hendry s'offre en maillot de bain aux caméras ; elle ne joue qu'un rôle mineur mais se voit tout de même propulser "première James Bond Girl afro-américaine". Quant à Julius Harris, il faut bien avouer qu'il est l'homme de main estropié et machiavélique que l'on aime à rencontrer dans un James Bond. Rajoutez à ça le thème musical signé Paul et Linda McCartney et voilà les ingrédient du succès...

Cependant, cette épisode "black" laisse à désirer par l'image donnée des Noirs et les personnages confiés, ne reprenant donc que partiellement les codes de la blaxploitation.
Harlem et ses clubs, la Louisiane et ses jazz band urbains, les Caraïbes et leurs sorciers vaudou forment une carte postale idyllique. Mais presque tout les personnages noirs se trouvent être des méchants. Bien sûr on ne demande pas à un ennemi de Bond de faire dans la finesse ; les principaux vilains sont donc parfaitement retords. Le problème vient de personnages annexes, tel celui de Gloria Hendry et du chauffeur de taxi campé par Arnold Williams, qui cachent derrière leur sex-appeal ou leur jovialité un fond de traîtrise...

Pour le reste du casting afro-américain signalons Earl Jolly Brown (Black Belt Jones et Truck Turner), celui qui joue le sorcier vaudou Geoffrey Holder (que l'on ne retrouve étonnamment que dans Boomerang, 20 ans plus tard), Tommy Lane (Cotton Comes to Harlem, Shaft et Ganja & Hess, Arnold Williams (The Lost Man, Across 110th Street, Fox Style, Scream Blacula Scream), Ruth Kempf (JD's Revenge), Sylvia Kuumba Williams (Sounder). Du coté blanc, deux acteurs jouent régulièrement dans des films "black" : Clifton James (tick... tick... tick... et Black Like Me) et Stocker Fontelieu (Mandingo, The Toy, Big Momma's House 2). Enfin, dans une énorme équipe dédiées aux cascades co-dirigées par Eddie Smith, participent Bob Minor et Jophery C. Brown.

lundi 8 mars 2010

Hell Up in Harlem

La suite de Black Caesar, retitré Casse dans la ville en français, est un bon gros film d'action ! Il reprend la trame de fond du premier opus et permet à Fred "the Hammer" Williamson de revêtir les habits de Tommy Gibbs...
...pour notre plus grand plaisir !

HELL UP IN HARLEM
Larry Cohen (1973)


Tommy Gibbs (Fred Williamson) est retrouvé, touché par une balle, par son père (Julius Harris) dans un terrain vague ; il est toujours en possession d'un livre de compte qui mentionne le nom de flics ripoux. Pris en charge par sa bande, Tommy est emmené à l’hôpital.
Petit à petit, Tommy "Black Caesar" Gibbs se remet sur pied et se venge méthodiquement. Tandis que son père devient son premier lieutenant, Tommy continue son ascension...

Le film commence au moment de la tentative de meurtre contre Tommy qui constitue la longue dernière séquence de Black Caesar. On est loin du premier opus (version intégrale ou coupée) qui contenait nombre message et une trame pertinente. Ici, place à l'action pure et dure et quelques instants de charme avec Gloria Hendry ou Margaret Avery. Et le résultat n'en est pas moins génial !

Les scènes d'action se succèdent : bagarre à main nue et arts martiaux contre les Japonais, infiltration sous-marine et fusillade, élimination systématique... Larry Cohen multiplie les caméras embarqués et les scènes urbaines qui renforcent le réalisme du film.

Sur la BO de Freddie Perren, Larry Cohen reconstitue son casting secondaire précédent avec D'Urville Martin, Gloria Hendry et Julius Harris (à qui il offre un rôle beaucoup plus étoffé -et improbable). Il appelle en plus l'éternel second Tony King dans le rôle de l'homme de main sans scrupule (comme dans Bucktown), Margaret Avery, Esther Sutherland (en mammy, dans une des scènes les plus jubilatoires de la blax'), Al Kirk...

Une fois n'est pas coutume, je remplace le trailer habituel (ici) par deux scènes génialissimes (dont celle avec Esther Sutherland). Bon visionnage. et jetez-vous sur ces deux films si vous ne les avez pas vu !!

jeudi 4 mars 2010

Black Caesar

Black Caesar (sous-titré Le parrain de Harlem en VF) est de ces films phares de la blaxploitation qui impose une nouvelle sorte de héros afro-américain. A l'instar de Shaft, Cleopatra Jones, Slaughter ou Foxy Brown, Tommy "Black Caesar" est un héros qui en jette !

BLACK CAESAR - Larry Cohen (1973)


1953, à New-York, un jeune cireur de chaussure fricotte avec la pègre ; rossé par un policier véreux -McKinney (Art Lund)- il perd l'usage de sa jambe gauche. Il finit en prison, emportant avec lui ses rêves d'ascension sociale.
Douze ans plus tard, Tommy (Fred Williamson) sort de prison. Il exécute un contrat pour la mafia italienne et commence une collaboration inédite avec Mendoza qui lui octroie un territoire. Le Révérend Rufus (D'Urville Martin) camouffle les bénéfices de la prostitution, des loteries et du racket derrière sa paroisse (exonérée d'impôts), tandis que Joe "the Brain" les réinvestit dans des affaires lucratives et légales.
En possession d'un livre de compte avec le nom de policiers corrompus, Tommy Gibbs gravit les échelons de la pègre, se retrouve à travailler aux côtés de son ennemi juré le capitaine McKinney...

Excellent ! il n'y a pas d'autres mots pour qualifier ce Black Caesar. Tous l'univers des films de mafia sont réunis : un héros mégalo et tourmenté, des lieutenants , des ennemis prêts à tout pour conserver leurs parts de marchés, son lot de violence, fusillade et fêtes guindés sur fond de mandoline... Mais Larry Cohen dynamite en même temps le genre, il rajoute des costumes colorés, afros et bacchantes, décors urbains hyper-réalistes, rythmes soul et poursuites en voitures, sur fond de misère sociale et de ségrégation raciale.
Gibbs rachète l'appartement (meubles et vêtements) du blanc pour lequel travaille sa mère.
Les symboles du racisme ambiant et de lutte nécessaire sont légions, souvent avec violence : flic qui menace de castrer le jeune Tommy, l'humiliation du cirage (et la "revanche" à la fin), l'expropriation des patrons de sa mère...

Fred Williamson, véritable figure la blaxploitation, campe un parrain paternaliste qui combine profit personnel et charité envers la Communauté, un héros musclé et tourmenté avide de vengeance et de gloire. Les seconds rôles de qualité suivent : D'Urville Martin en pasteur flamboyant, Julius Harris dans le rôle de Mister Gibbs, le père de Tommy, la belle Gloria Hendry, Art Lund très convaincant dans le détestable captain McKinney, Don Pedro Colley et bien sûr l'incontournable Bob Minor aux cascades.

Le film doit aussi son succès à la B.O.F. inspirée de James Brown, dont Down & Out in New York City.
Et comme dans ce genre de petite production, des techniciens ou producteurs se retrouent devant la caméra ; ici Cecil Alonzo (qui fait de même dans Superfly) et James Dixon. Dans le même genre, j'en profite pour évoquer Marvin Kerner, ingénieur du son sur une dizaine de film blax (essentiellement de l'AIP) et le monteur George Folsey Jr. (qui produira dans les années 80 les comédies d'Eddie Murphy : Un fauteuil pour deux et Un Prince à New-York).
Autre caractéristique des petits budget ont du bond, et du talent de Larry Cohen : les scènes urbaines prennent un réaliste saisissant avec les -vrais- passants hagards devant un Fred Williamson ensanlanté ou jetant des coups d'oeil à la caméra.

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L'analogie avec le Scarface de DePalma est flagrante : héros flamboyant et pathétique à l'origine plus que modeste, avec une mère qui s'est tuée à la tâche pour l'élever et un père absent, un ami d'enfance vécu comme un traître, une vie amoureuse catastrophique, et plus généralement l'ascension fulgurante suivie de la descente vertigineuse vers une déchéance totale. Une vision très noire -et réaliste- du mythique "american dream" emprunté par Tony Montana et Tommy Gibbs.

Cependant, le film que l'on peut aujourd'hui voir en DVD, ou sur les écrans français à l'époque, n'est pas la version sortie dans les salles US. En effet, la mort de Tommy avait provoqué la colère des spectateurs afro-américains, ulcérés de voir un véritable héros noir échouer et mourrir, et Larry Cohen a finalement coupé la scène finale au montage. Les merveilles du business ont fait le reste puisque cette épuration a permis de sortir une suite aux aventures de Tommy Gibbs : Hell Up In Harlem.
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