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samedi 6 avril 2013

The Slams

La même année que Slaughter's Big Rip-Off, Jim Brown renoue avec le sous-genre carcéral dans Le pénitencier...

THE SLAMS - Jonathan Kaplan (1973)

Après un braquage qui tourne mal, mais dont a préalablement réussi à cacher le magot, Curtis Hook (Jim Brown) se retrouve dans un pénitencier où les détenus sont quatre fois supérieurs au nombre de places initiales. D'un coté le vieux parrain Capiello (Frank DeKova) dirige de sa luxueuse cellule toute sorte de trafic, tandis que les Afro-Américains et leur leader Macey (Frenchia Guizon) compte reprendre du terrain.
Hook tente de se tenir l'écart de ces embrouilles et prépare son évasion avec l'aide extérieur de sa fiancée Iris et son pote Jackson (Judy Pace & Paul E. Harris)...
Produit par Gene Corman (le frère du célèbre Roger, pape du cinéma bis, produit quelques blaxploitation movies comme Cool Breeze, Hitman et Darktown Strutters), The Slams est réalisé par Jonathan Kaplan qui travaille encore aujourd'hui comme producteur et réalisateur de séries policières à succès ; dans les années 70, il signe The Slams et l'excellent Truck Turner avec Isaac Hayes. Plus étonnant, l'acteur Thalmus Rasulala est crédité comme assistant du réalisateur.

Bien que ce ne soit pas un film blaxploitation typique, les similitudes sont réelles et il s'insère parfaitement dans la période, mixant problématique sociale, surpopulation carcérale et racisme. Cependant, il y a un manque évident de rythme et l'action est par trop disséminée -malgré une ouverture prometteuse- et les thématiques évoquées plus haut ressemblent plutôt à une succession de clichés.
Ce n'est pas le meilleur des films, ni des rôles, de Jim Brown ; mais The Slams se laisse regarder comme une sympathique bisserie.

Le casting est composée de Judy Pace et Paul E. Harris, ainsi que d'acteurs moins renommés comme Frenchia Guizon (Hitman et Friday Foster), Roland "Bob" Harris (Hitman, Black Girl, I Escaped From Devil's Island, Truck Turner puis Ray et Big Momma's House 2) et Rudy Challenger (qui termine sa carrière dans Harlem Nights de Eddie Murphy). Les cascades sont, bien sûr, assurées par l'incontournable Bob Minor.
Pour les acteurs blancs, citons Frank DeKova (qui partage l'affiche avec Paul E. Harris dans Baby Needs a New Pair of Shoes), Ted Cassidy (Charcoal Black) et Robert Phillips qui joue à plusieurs reprises avec Jim Borwn dans The Dirty Dozen, Slaughter et I Escaped from Devil's Island (il participe aussi à Detroit 9000, Shaft - The Capricorn Murders, Mean Johnny Barrows et Cry Freedom).

dimanche 29 juillet 2012

Shaft - Hit and Run

Troisième épisode des aventures télévisées du privé de Harlem : Délit de fuite...

SHAFT - Episode 3
HIT AND RUN - Harry Harris (1973)

Comme à son habitude, John Shaft (Richard Roundtree) est prêt à mettre ses services pour aider ses amis. Ici, il tente de prouver l'innocence du fils de son pote Tom Oliver (Anthony Geary & Howard Duff). Même si tout accuse le jeune homme, Shaft enquête et ses indices convergent vers Clifford Grayson (Tony Curtis), le propriétaire d'un club huppé, où les riches jouent de grosses sommes...
L'action est toujours trop limitée, mais le scénario est bien ficelée dans cet épisode rythmé qui apparaît comme un des meilleur de la série.
Le casting de ce troisième épisode, comme celui du précédent The Killing, sonne plus blax avec la présence de Judy Pace (Cotton Comes to Harlem et The Slams) que notre détective fait succomber à ses charmes. Il propose aussi un guest assez incroyable : Tony Curtis, l'enchaîné à Sidney Poitier dans The Defiant Ones, qui a pris quelques années et incarne un malfrat sans scrupule aux manières précieuses. Quant à Anthony Geary, il retrouvera Roundtree dans Crack House).

samedi 30 juillet 2011

Cotton Comes to Harlem

L'incontournable film qui annonce la blaxploitation est sans conteste Le casse de l'Oncle Tom, distribué United Artists et réalisé par Ossie Davis...

COTTON COMES TO HARLEM - Ossie Davis (1970)



Le révérend Deke O'Malley (Calvin Lockhart) arrive à Harlem pour prêcher et inviter ses fidèles à verser une souscription pour préparer le retour en Afrique. Mais la recette de sa quête -la bagatelle de 87000 $- se fait dérober par des hommes armés et cagoulés ; ils s'enfuient, dissimulent l'argent dans une balle de coton, mais la perdent lors d'une poursuite...
Présents lors du braquage, Coffin "Ed" Johnson et "Gravedigger" Jones (Raymond St Jacques & Godfrey Cambridge) sont chargés d'enquêter sur cet étrange hold-up. Persuadés que O'Maley est l'escroc, ils tentent de le retrouver et commencent par interroger Iris Brown (Judy Pace), la maîtresse du prêcheur.
Mais un vieux clochard, Uncle Ben (Redd Foxx), récupère la balle par hasard. La police, O'Maley, un groupe de militants, une étrange organisation blanche... tout le monde semble rechercher cette balle de coton.
Ossie Davis et Arnold Perl adaptent donc pour le grand écran un des romans de Chester Himes, Retour en Afrique. On ne retrouve pas totalement la complexité de l'histoire originale, mais le pari est largement réussi. A l'image du final dans le mythique Appollo Theatre ou de l'époustouflante course-poursuite (dans l'extrait ci-dessous) qui retranscrit avec virtuosité l'ambiance si particulière de l’œuvre de Chester Himes : ses décors, ses personnages annexes savoureux, ses morceaux de l'âme de Harlem et son ancrage dans son époque retranscrivant les problématiques de la communauté noire.

Second film produit par un grand studio hollywoodien dont la réalisation est confiée à un Afro-Américain. En plus, le symbole est fort d'adapter un roman d'un des romanciers les plus représentatifs de la communauté... Et le film pose les jalons -tout en utilisant les bases des romans de Himes- des black action movies à venir : intrigues au sein de la communauté noire, réalisme, décors urbains, bandits, militants, prêcheurs sans scrupule, flics, Blancs racistes... et un dénouement qui s'arrange avec les lois.

Les trois têtes d'affiche -Godfrey Cambridge, Raymond St. Jacques et Calvin Lockhart- étaient déjà des acteurs confirmés : le premier venait de triompher dans Watermelon Man, le second brillait par sa présence dans Up Tight ! et le troisième relevait le niveau du plat et réac Halls of Anger (il incarnait aussi une déclinaison de Mobutu dans Dark of the Sun). Ils vont dans les années suivantes faire office de "guest stars" lorsqu'ils prêteront leurs noms au générique d'un film.
A l'inverse, nombreuses et nombreux sont les débutants qui prennent là sans le savoir un ticket d'abonnement pour les films de la décennie qui s'ouvre : Judy Pace (The Slams, Shaft - Hit and Run), Redd Foxx (de la célèbre série Sandford and Son), Tony Brubaker pour son premier rôle et qui alternera dès lors cascades et apparitions, Helen Martin, Emily Yancy, Lee Steele, Teddy Wilson (mari à la ville de Joan Pringle, la belle Christella de JD's Revenge), Anthony Chisholm, Jonelle Allen, Mabel Robinson, Vernee Watson-Johnson, Cleavon Little, Lawrence Cook, Gertrude Jeannette, Van Kirksey, Gilbert Lewis, Jimmy Hayeson... La liste des seconds rôles et figurants est sans fin. Presque tous participent à d'autres productions soul. Preuve supplémentaire, s'il en était besoin, que ce film est bien fondateur d'un courant que certains spécialistes ou politiques vont appeler "blaxploitation".
Pour l'équipe technique, étonnamment, on ne trouve pas de futurs fidèles des films soul, si ce n'est peut-être la costumière Anna Hill Johnstone (qui l'année d'après sera créditée sur le film à gros budget The Godfather, puis dans d'autres films plus intimistes tels que Come Back, Charleston Blue, Gordon's War et The Wiz).