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mercredi 9 mai 2012

Black Dynamite

Le film le plus attendu des inconditionnels de la blaxploitation et du cinéma bis : Black Dynamite !

BLACK DYNAMITE - Scott Sanders (2009)



Le jeune Jimmy est abattu froidement par des truands l'accusant d'être un indic. Mais Jimmy était surtout le petit frère d'un ancien agent de la CIA doublé d'un justicier : Black Dynamite (Michael Jai White). Armé de son nunchaku et de son .44, il jure de venger la mort de son frère !
Black Dynamite enquête parmi les pimps de Osiris (Obba Babatundé) et les tough guys, se faisant aider par des militants du coin, une activiste (Salli Richardson-Whitfield), éducatrice d'un orphelinat où les gamins se droguent et le pépillant Cream Corn (Tommy Davidson).
Déjouant les pièges, il met à jour un vaste complot raciste. Son combat l'amène des ghettos à la Maison-Blanche, en passant par Kun-Fu Island !
Avant même son tournage, Black Dynamite a bénéficié d'un engouement important chez les fans de blaxploitation et de ciné bis en général. Michael Jai White et Scott Sanders distillent un premier trailer sur le net et font monter le suspens... La sortie n'en est que plus attendue. Mais la distribution est limité et les bénéfices, malgré un accueil critique plus qu'honorable, ne sort que dans quelques salles US (et encore moins dans le monde). La sortie DVD et Blu-Ray permet une meilleure diffusion et assure définitivement le succès d'estime ; White et Sanders laissent d'ailleurs entendre qu'un deuxième volet pourrait voir le jour.

Tous les ingrédients sont réunis (plus concentrés encore que dans les films d'origines) : présence de charme (avec l'embauche d'actrices "X" comme Charmane Star, Erika Vution, Justine Joli ou Charlotte Stokely), l'action et la testostérone, les costumes moulants et/ou ultra-colorés signées Ruth E. Carter, le kunfu exagéré, les caméras tremblotantes ou en retard sur l'action, les micros apparents, la réutilisation de scènes...
Pour les fans ultimes, les bonus (scènes coupées, documentaire, making-off) et les commentaires de Scott Sanders, Michael Jai White et Byron Minns sont indispensables pour voir la méticulosité des références et la bonne humeur qui semble régner pendant le tournage. Michael Jai White emprunte le caractère bourru et la moustache de Jim Brown, le karaté et le sex-appeal de Dolemite, le complot raciste à Three the Hard Way, l'arsenal de Truck Turner, la haine des dealers de Billy Dee Williams dans Hit ! et le flegme de James Iglehart dans Bamboo Gods and Iron Men.

En même temps, la force du film réside dans le fait qu'il n'est pas une parodie (on a déjà connu le très bon I'm Gonna Git You Sucka sur ce créneau). Là, Scott Sanders et Michael Jai White se concentrent sur le style, les ressorts scénaristiques, l'ambiance, les gimmicks et les personnages secondaires. On échappe donc au pastiche pour se retrouver devant un hommage assez proche de ce que Tarantino et Rodriguez ont fait avec leur projet Grindhouse. Peut-être même encore plus "réaliste". Si bien que l'on a vraiment l'impression de voir un trésor retrouvé de l'époque béni du cinéma soul.

Dans les commentaires, White affirme que "la musique est un personnage en soi". Elle est d'ailleurs composé avant le tournage et édité en guise de teaser. Là encore, on se croirait dans un film soul typique avec ses ponctuations musicales, ses chansons expliquant l'action et ses titres love...
Il y a quelques extraits de films blax peu connus (Mean Mother et Dynamite Brothers) et un hommage appuyé -le plus apparent- à la scène du conseil des macs de Willie Dynamite (qui réunit une pléiade d'acteurs de premier rang : Obba Babatundé, Arsenio Hall, Bokeem Woodbine, Billy "Sly" Williams, Miguel A. Núñez Jr. et Cedric Yarbrough).

Michael Jai White est tout simplement parfait et le personnage taciturne et inexpressif de B.D. n'est pas si facile à interpréter ; en sus, il met ses talents en arts martiaux au service des bastons incroyablement bis. Autour de ce personnage principal omniprésent gravitent des seconds couteaux qui entrent dans leurs rôles à merveille : le pimp efféminé incarné par l'hilarant Tommy Davidson (premier rôle dans Strictly Business, il ne fait plus que de brèves apparitions dans CB4, Ace Ventura: When Nature Calls, Woo, Bamboozled ou Juwanna Mann), le chef de bande Mykelti Williamson (qui incarne Don King dans le Ali de Michael Mann, mais est surtout tristement célèbre pour son personnage outrancier de Bubba dans l'ultra-réactionnaire blockbuster Forrest Gump), la maquerelle Kym Whitley, le militant Chris Spencer -un habitué des projets des Wayans : le show In Livin Color, Blankman, A Low Down Dirty Shame, Don't Be A Menace...-, la belle Salli Richardson-Whitfield, Byron Minns, Kevin Chapman, Darrel Heath, Nicole Ari Parker, Brian McKnight, Henry Kingi Jr., Phyllis Applegate...
Coté blanc, il y a entre autres Richard Edson (habitué des productions afro-américaines de qualité avec Do the Right Thing ou encore Posse) et John Kerry (qui joua dans Dolemite ou l'obscur Abar, The First Black Superman).

samedi 14 mai 2011

Panther

Une dizaine d'année avant Baadasssss !, Mario Van Peebles tourne un premier film adapté d'un roman de son père Melvin sur l'épopée des Black Panthers.

PANTHER - Mario Van Peebles (1995)


Oakland, 1966. Judge (Kadeem Hardison) est un jeune vétéran du Vietnam qui étudie maintenant à Berkeley. Il suit, circonspect, la création du "Black Panther Party for Self Defense" par Bobby Seale et Huey Newton (Courtney B. Vance & Marcus Chong). Le BPP commence par un simple militant faisant la criculation en lieu et place d'un feu rouge inexistant. Puis viennent les premières patrouilles armées pour protéger les Afro-Américains de la police, les ventes du Petit Livre Rouge pour financer les activités du parti, l'escorte de Betty Shabazz (Angela Bassett)...
Judge s'engage finalement, et rapidement Huey Newton lui confie une mission secrète : laisser croire aux flics qu'il est prêt à balancer des infos.
Le FBI de J. Edgar Hoover s'inquiète des activités "subversives" du parti, et dépêche des agents sans scrupule (dont Roger Guenveur Smith) pour éradiquer le BPP et ses bases sociales. Huey est emprisonné, puis Bobby, et au bureau local Tyrone (Bokeem Woodbine) soupçonne Judge d'être un indic...
Dans Panther, Mario Van Peebles met en image l'histoire légèrement romancée -sur la base du roman de son père Melvin intitulé Top Secret- du Black Panther Party for Self Defense. La raconter du point de vue d'un militant ordinaire renforce la crédibilité et les potentialités d'adhésion du public.

Les anecdotes historiques sont bien présentes : les premiers financements, l'armement progressif, la propagande dans les ghettos, les patrouilles armées organisées par le parti pour contrôler les flics, les petits déjeuners gratuits et les tests de dépistage de l'anémie... On y voit bien sûr les actions les plus spectaculaire comme l'invasion de la chambre de Californie par les Black Panther armés jusqu'au dent et menés par Bobby Seale, la reconstitution de la célèbre photo de Huey avec le fusil et la lance africaine sur le fauteuil, son arrestation, la campagne au cri de "Free Huey" et son procès... Non seulement il y a ces faits, mais aussi pléthore de références politiques de l'époque : les liens avec les étudiants blancs pacifistes et les autres communautés des Etats-Unis, les livres de Frantz Fanon et Karl Marx sur les tables, trainant sur les tables des militants, ...

Mario suit clairement les traces de son père et sait qu'il faut de l'entertainment pour intéresser le public. Et donc, pour servir le propos -qui ne s'enfonce jamais dans le préchi-précha-, les scènes d'action et les intrigues personnelles viennent donner du rythme à ce biopic d'un genre rare.
Tout celà est bien filmé, mélangeant film classique, images d'époques et reconstitutions (souvent incroyablement réussies). Un film très complet donc, où se croisent des dizaines de références : les liens avec les étudiants blancs pacifistes et les autres communautés des Etats-Unis, le discours fortement teintés de marxisme, les grands noms du mouvement noir comme Eldridge Cleaver, Stockeley Carmichael (dont le discours est reprise du Black Panthers d'Agnès Varda), Betty Shabazz, les livres de Frantz Fanon et Karl Marx sur les tables. Bien sûr, le scénario s'écarte de la vérité historique, compactant des évènements ou même en les inventant (comme la manière dont s'opère la scission d'Eldrige Cleaver). Voilà les ingrédients de ce film réussi, rythmé par les hits de l'époque la musique de Stanley Clarke.

Mario, sur les conseils de sa directrice de casting Robi Reed, confie les premiers rôles à des jeunes acteurs peu connus, et réservent quelques grands rôles à des stars reconnues. Le guest le plus intéressant symboliquement, c'est bien sûr Angela Bassett qui interprète Betty Shabazz (la veuve de Malcolm X), comme une manière de place Panther dans la lignée du Malcolm X de Spike Lee où elle interprétait le même rôle. Mario Van Peebles endosse lui le costume de Stokely Carmichael, et son père Melvin celui d'un vieux poivrot prophétisant que si les Noirs ont des armes, ils s'entretueront. Enfin dernier clin d’œil à la période, puisque l'ex-activiste blanc Jerry Rubin (reconvertie dans les années 80 au libéralisme sauvage de Reagan) interprète un juge ; il décède avant la sortie du film.
Habitué des seconds rôles (School Daze, I'm Gonna Git You Sucka, White Men Can't Jump, Vampire in Brooklyn, The 6th Man, Showtime), Kadeem Hardison trouve incontestablement ici son meilleur rôle. Le reste du casting propose une pléïade de seconds rôles, tels Marcus Chong (Matrix), trois acteurs de Menace II Society : Tyrin Turner, Yolanda Whittaker et Anthony Johnson (que l'on retrouve aussi dans House Party, House Pary 3, Friday, I Got the Hook Up, B*A*P*S), Bokeem Woodbine (Crooklyn, Dead Presidents, Jason's Lyric, Gridlock'd, Life, Ray, Black Dynamite), Bobby Brown (A Thin Line Between Love and Hate, Gang of Roses, Nora's Hair Salon I & II), Wesley Jonathan (Baadasssss !, Roll Bounce, Steppin: The Movie, Speed-Dating), Jenifer Lewis (Sister Act, Poetic Justice, The Meteor Man, Sister Act 2, Girl 6, Who's Your Caddy ?, Meet the Browns, The Princess and the Frog), Ann Weldon qui a joué dans la pépite bis Alabama's Ghost, Chris Tucker, Courtney B. Vance, Jeris Poindexter, Lahmard J. Tate, Chris Rock... Mention spéciale à un des acteurs fétiches de Spike Lee, Roger Guenveur Smith qui se retrouve dans la peau du salaud de flic de service, chose pas facile dans ce film où tous les autres actrices et acteurs se retrouvent du bond coté de la barricade en incarnant des membres du parti.
Hors de prix sur les sites de ventes en ligne, la réédition ne semble toujours pas à l'ordre du jour... Vous pouvez le voir ici en VOst.

jeudi 14 avril 2011

Life

Perpète réunit les deux acteurs comiques de l'année 1999, Eddie Murphy et Martin Lawrence (respectivement quatre et deux films cette année-là), et la collaboration s'avère plus que fructueuse...

LIFE - Ted Demme (1999)


Dans une prison du Mississipi, pendant que deux jeunes prisonniers rebouchent deux tombes, le vieux Willie Long (Obba Babatundé) leur conte la vie des deux macchabées. Tout débute en 1932, lorsque Rayford Gibson (Eddie Murphy), une petite frappe au bagou inaltérable, et Claude Banks (Martin Lawrence), un employé de banque fraîchement embauché, se trouvent obligé de convoyer de la gnole pour le compte d'un gangster de Harlem. Les deux hommes partagent peu de choses : une vie et des ambitions différentes,
Lors d'une étape, Winston (Clarence Williams III) leur meurt mystérieusement dans les bras, après avoir escroqué Ray au poker. Le mobile est tout trouvé et la justice des Blancs du Sud ne cherche pas plus loin : les deux compères sont condamnés à perpétuité dans un bagne du Mississipi.Certes l'humour est présent, mais pas celui dans lequel s'illustrent le plus souvent Eddie Murphy et Martin Lawrence (c'est d'ailleurs la volonté affirmée de Ted Demme, à qui l'on doit le petit film Who's the Man ?). Les deux acteurs ont joué pour la première fois ensemble dans Boomerang, et c'est à ce genre de comédies que l'on peut comparer Life : une comédie pertinente où se mêle à la fois l'humour, les sentiments, le drame et la solidarité. On suit les deux personnages principaux pendant 70 ans, un vieillissement rendu crédible par le bon jeu de Martin et Eddie, et grâce aux maquillages perfectionnistes de Rick Baker (nominé aux Oscars).

J'ai un faible pour les reconstitutions historiques et les films en costumes d'époque. Et on peut dire que ce film nous fait voyager, du Harlem by night au Sud profond, jusque dans les rêves de Ray. Le tout sur une BO réussit, signée de Wycleef Jean, l'ex-Fugees.

Même si le réalisateur est Blanc, c'est bien d'une histoire d'Afro-Américains dont il s'agit, une histoires sur, avec et du point de vue des Afro-Américains. Le parallèle avec l'esclavage paraît évident ; on peut même, en poussant un peu, y voir une parabole sur la ségrégation : travail gratuit, poursuite des évadés par des Blancs et des chiens, directeur de la prison représenté comme un directeur de plantation -avec sa famille bien proprette qui assiste frétillante aux activités de détenus et sa fille qui accouche d'un enfant métisse...

Enfin, dernier point essentiel : cette comédie historique rassemble un casting incroyLienable qui investit des seconds rôles touchant, campés avec précision et dignité. On peut citer pêle-mêle Bernie Mac, Anthony Anderson (Romeo Must Die, Exit Wounds, Kingdom Come, Cradle 2 the Grave, Big Momma's House, Barbershop), Barry Shabaka Henley, Miguel A. Núñez Jr.,
Bokeem Woodbine, Lisa Nicole Carson, Clarence Williams III, Michael "Bear" Taliferro, Sanaa Lathan, Zaid Farid (Bowfinger), Guy Torry, Armelia McQueen, William B. Taylor, Ernie Banks, le funkman Rick James.
L'équipe des cascadeurs est aussi étoffée avec les dinosaures Tony Brubaker et Jophery C. Brown et la nouvelle génération Big Daddy Wayne, Eric Chambers et Jalil Jay Lynch