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dimanche 30 mars 2014

E! True Hollywood Story : Superfly - Ron O'Neal


SUPERFLY / RON O' NEAL
E! TRUE HOLLYWOOD STORY - (2000)

Diffusé depuis 1996 sur la chaine américaine E!, l'émission E! True Hollywood Storyconsacra un de ses numéros à Ron O' Neal et au phénomène Superfly.

Plus complet que One Last Deal, supplément du DVD, ce documentaire évoque le film Superfly du point de vue de la carrière de Ron O'Neal, un biais pertinent qui permet d'explorer les effets du film sur la production cinématographique, sur la carrière de son acteur principal et sur la société...
Au rang des témoins, les principaux artisans du projet encore en vie amènent leur petites anecdotes : le scénariste Philip Fenty, le producteur Sig Shore, les acteurs Sheila Frazier et Julius Harris... et surtout Ron O'Neal en personne.

Outre la présentation convenue du film et de sa BOF signée Curtis Mayfield, le docu revient sur les accusations de magnifier la drogue, le deal et la prostitution et sur l'invention, par ses détracteurs, du terme "blaxploitation". D'autres protagonistes de l'époque apportent leurs avis sur cette mode cinématographique ; parmis eux Gloria Hendry et Fred Williamson, les réalisateurs/acteurs Mario Van Peebles et Bill Duke, le réalisateur Jack Hill... et les spécialistes incontestables des Afro-Américains au cinéma Donald Bogle et David Walker.


mardi 4 juin 2013

Jim Brown All American

A partir de 1998, Spike Lee commence à réaliser des documentaires (comme 4 Little Girls et A Huey P. Newton Story). Il signe aussi une biographie du sportif du siècle : le footballeur et acteur Jim Brown, qu'il avait fait joué sur He Got Game...

JIM BROWN ALL AMERICAN - Spike Lee (2002)

Le documentaire commence par une rencontre avec l'équipe de football des Ravens et les stars venues les encourager : Jim Brown, le légendaire boxeur Joe Frazier et le non moins légendaire joueur de baseball Hank Aaron.
Rapidement, Spike Lee revient à une narration linéaire -qu'il confie à Jim Brown lui-même. De nombreux intervenants apportent leurs visions du personnage : sa famille -sa soeur Karen, sa femme Monique, son ex-femme Kim, ses fils- et d'autres personnalités comme Melvin VanPeebles, le spécialiste Donald Bogle, les actrices et acteurs Fred "The Hammer" Williamson, Sheila Frazier, Leon Isaac Kennedy, Bernie Casey, l'avocat médiatique Eddie Cochran...
D'abord sur l'enfance et l'adolescence dans une famille nombreuse et pauvre, dans ses premiers pas au lycée et dans le sport, son vécu de la ségrégation même lorsqu'il était reconnu (en particulier lorsqu'il sortait avec un Blanche).
Témoignage de ses entraîneurs et autres profs de sport, d'anciens joueurs, de journalistes, d'Oliver Stone (qui parle du joueur avec une emphase qui n'est pas feinte), ou de l'ancien joueur (lui aussi acteur de la blax') Bernie Casey.
Cette partie dure une bonne heure, mais -même si comme moi ce sport et ses interminables retransmissions télévisées vous est totalement étranger- la succession de vidéos de la star en action et les témoignages sportifs ou sociaux rendent ce passage très intéressant et présentent un Jim Brown sympathique, bagarreur et m'as-tu-vu.
Dès ses débuts, Jim Brown cherche des moyens pour essayer d'aider la Communauté afro-américaine. Il cofonde par exemple la Negro Industrial and Economic Union pour promouvoir l'économie afro-américaine. Sur un terrain plus politique, il apporte son soutien à Mohammed Ali qui refusait de s'engager pour la guerre du Vietnam.

Bien entendu, la reconversion du footballeur en acteur aux rôles virils est abordée. Contacté par la Columbia, il tourne son premier film, un western, Rio Conchos. Vient ensuite le culte The Dirty Dozen qui le fait définitivement reconnaître comme acteur puis 100 Rifles aux cotés de Burt Reynolds et Raquel Welsh (qui témoigne et n'a pas gardé un grand souvenir du footballeur)
Ce qui permet une intéressante discussion autour de la "virilité noire", et forcément une transition toute trouvée pour aborder la blaxploitation et en particulier Slaughter.
Dans la dernière partie, Spike Lee s'intéresse à la vie privée mouvementée de Jim Brown.
D'abord, les embrouilles avec Richard Pryor (et des extraits de spectacle où le comique lui en met plein la tête). L'envie -et le flair de Jim- pour produire Prince et son Purple Rain. Mais le projet avorte et les deux acteurs se brouillent...

Ensuite, le documentaire aborde les accusations de viol, et de violences conjugales, les rapports mensongers du FBI qui l'accuse d'appartenir à la Nation of Islam... puis l'investissement de Brown contre le fléau des gangs.
Tout celà se conclut sur un coté plus sentimental, avec des digressions sur la vie de famille, et Jim Brown Junior qui porte comme un fardeau et un objectif inaccessible le nom de son champion de père.

samedi 10 octobre 2009

Donald Bogle

Dans ce post, les deux dernières partie du voyage de Ice T dans le soul cinema.

Et j'en profite pour faire un petit point sur ce grand historien du cinéma noir américain : Donald Bogle.

Il est l'auteur d'une étude magistrale sur l'histoire des films et des actrices et acteurs afro-américain : Tom, Coons, Mullattoes, Mammies and Bucks ; Bogle y expose sa théorie des 5 figures stéréotypées utilisées systématiquement par le cinéma hollywoodien l'Oncle Tom (respectueux du maître, voire heureux de son statut d'esclave ou de serviteur), le coon mangeur de pastèque, les yeux globuleux et la banjo comme greffé au corps (ce sont ces caricatures que l'on retrouve énormément dans les cartoons racistes de Tex Avery et de la Warner), la nounou grosse et criarde (immortalisée par Hattie Mac Danield dans Autant en Emporte le Vent -Hollywood ne s'y trompe pas et lui offre le premier oscar pour un Afro-Américain), la mulâtre avide de sexe et hésitante entre l'homme noire et l'homme blanc, et le black buck, le mâle noir violeur et violent. Ces 5 personnages sont présents dans Naissance d'une Nation, le film fondateur du style et du mode production hollywoodien.
Bogle recense quasiment tous les films, réalisateurs et acteurs. La Blaxploitation, et aujourd'hui les Spike Lee ou Van Peebles, ont eu tendance à jeter avec les stéréotypes négatifs, les acteurs qui les incarnait (ce que l'on peut comprendre) ; Donald Bogle au contraire les plébiscite pour avoir accompli un véritable travail d'acteur. Il rend de véritables hommages à tous ces actrices et acteurs qui ont dû surjouer, rouler des yeux, courber le dos et rentrer la tête dans leurs épaules, tous ces actrices et acteurs qui ont si bien investi les rôles que les Blancs exigeaient, si bien qu'ils ont créer -à leur corps défendant- des caricatures encore vivaces aujourd'hui.

Dans cette partie de Kiss my Baadasssss, Ice T s'intéresse à Superfly (et sa suite beaucoup moins réussie), nous montre une séquence haute en couleur deu documentaire musical Wattstax, et s'apesantit sur le premier slammeur de l'Histoire et ses films -mythiques autant qu'amateurs- j'ai nommé Monsieur "Dolemite" Rudy Ray Moore.

La dernière partie parle des deux égéries de la Blaxploitation, le match ultime entre Pam Grier et Tamara "Cleopatra" Dobson, de l'auteur de polar (entre autre Trick Baby, adapté sur grand écran en 1972) -et un peu aussi repris de justice et maquereau- Iceberg Slim, le film au mauvais goût Black Gestapo, le perché Top of the Heap..

Kiss My Baadasss !

Et si on reprenait depuis le début ?!?
La Blaxploitation, c'est quoi ? Rapidement d'abord, c'est la contraction des mot "black" et "exploitation" (terme qui désignait des films de série B -voire Z). Voilà grosso modo le concept posé.
En moins d'une décennie, près de 400 films vont voir le jour sur les grands écrans US. Allant d'excellents films à de véritables navets, ces productions relèvent de tous les genres : horreur, western, comédie, chronique sociale, drame, pornographique, dessin animé, super hero movie, brûlot militant, action, peplum, arts martiaux, Women In Prison, guerre...

Des acteurs et des films vont incarner plus que tout la Blaxploitation: Fred Williamson, Pam Grier (Régis Dubois fait une très bonne bio de l'égérie de la Blax' sur son blog) Jim Brown, Shaft et sa BO mythique (j'en ai déjà parler ici), Cleopatra Jones contre les trafiquants de drogue qui déciment le ghetto, Blacula et son vampire shakespirien,... Si les producteurs ont vite vu qu'un véritable marché avait été laissé en friche pendant un demi siècle, et se ruent sur ce phénomène, la philosophie générale de ce courant réside dans des personnages principaux afro-américains, des personnages qui "gagnent à la fin", qui défient le racisme et les insitutions, qui règlent les problèmes de la communauté (et qui, c'est vrai, peuvent être habillé en pimp, se trimballer des bitches et conduire des voitures de luxe).

Et quoi de mieux pour illustrer tout ça qu'une bonne vidéo ? Dans une émission télé de 94, le rappeur Ice T revient sur le phénomène (en anglais, mais on comprend assez bien) qui a imposé les Noirs dans le cinéma américain et influencé, on le voit dès les premières images, le hip hop américain dans ses extrêmes bling bling comme dans ses positions militantes... Il passe en revue quelques films majeurs, avec des témoignages de Melvin Van Peebles, Gordon Parks, Rudy Ray Moore, l'écrivain incontournable Iceberg Slim et l'excellent et magistral historien du cinéma afro-américain Donald Bogle...