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mardi 16 avril 2013

The Grasshopper

Avec The Grasshopper et 100 Rifles, Jim Brown participe aux premières scènes d'amour interracial de l'histoire hollywoodienne...

THE GRASSHOPPER - Jerry Paris (1969)

Christine Adams (Jacqueline Bisset) est une jeune et jolie Canadienne de 19 ans qui rejoint Los Angeles pour retrouver son fiancé Eddie et "faire quelque chose" de sa vie. Mais le jeune banquier la déçoit vite, et elle repart pour Las Vegas. Elle trouve d'abord du travail en tant que danseuse dans une revue sexy.
Christine semble trouver le calme dans les bras de Tommy Marcott (Jim Brown), un ancien joueur de football, officiellement co-direction d'un casino, officieusement comme argument publicitaire. Ils se marient.
Un soir, Christine est battue et violée par Dekker (Ramon Bieri), un patron de casino. Tommy lui écrase la figure, mais il est viré et le couple fuit vers L.A. pour parer à une probable vengeance...
Ce thème sera repris énormément repris dans la blaxploitation, à l'image de Miss Melody Jones, Black Starlet et Mahogany.
Même s'il figure en deuxième place au générique, Jim Brown n'apparaît que pendant un tiers du film. Le personnage principal est tenu par l'actrice franco-britannique Jacqueline Bisset qui interprète à la perfection une jeune femme "moderne" insatiable, bercée de rêves et d'insouciance, en quête d'un bonheur factice... The Grasshopper est un film assurément progressiste (sur l'homosexualité, la place des femmes et la "ligne de couleur") qui n'a étonnemment pas réussi à marquer les esprits sur le long terme.

Si l'on doit retenir une chose, c'est la relation sexuelle entre les deux acteurs principaux. Ainsi, à sept mois d'intervalle, Jim Brown fait sauter le tabou quasi-ultime au cinéma, celui de la relation sexuelle interraciale (à fortiori consentie). La scène d'amour de The Grasshopper est moins cependant moins torride que celle de 100 Rifles, mais aussi que les autres scènes sexy du film.
Par ailleurs, le plus étonnant finalement est que Brown est présenté comme apaisant pour l'actrice principale, il représente l' "homme moderne" parfait (à la fois protecteur et tendre) ; et c'est finalement ce personnage en lui-même qui est rare pour un Noir dans les films de l'époque. Poitier (par exemple dans Guess Who's Coming to Diner) représentait partiellement ce confort et cette stabilité familiales, mais justement la sexualité en moins.

mardi 4 décembre 2012

Deliver Us From Evil

Avec ce dernier long métrage, on peut conclure d'Horace Jackson qu'il est un précurseur du cinéma néo-réaliste impulsé par le Killer of Sheep de Charles Burnett...

DELIVER US FROM EVIL - Horace Jackson (1977)

Chris Townes (Renny Roker) est considéré comme un asocial ; il se débat dans des boulots dégradants avec des supérieurs blancs qui le harcèlent. Après un passage par l’hôpital psychiatrique, Chris tente de maîtriser sa rage.
Sa première rencontre avec Mindy (Marie O'Henry) est catastrophique, mais il harcèle la jeune femme, tente de la protéger d'un gang de dealers, s'intéresse à Joey (Danny Martín) le jeune handicapé dont Mindy s'occupe.
Chris n'est pas amoureux d'elle, mais il s'accroche à elle comme à une bouée...
 Trois ans après Tough !, le remake du film de Truffaut Les 400 coups, et six ans après le très bon The Bus Is Coming, Horace Jackson livre son dernier film puis disparaît de la circulation ou tout de moins du monde du cinéma.
Sur Deliver Us From Evil, parfois titré plus sobrement Joey, il est à la fois producteur, réalisateur et scénariste. Et il est difficile de résumer l'histoire, tant le script est d'une part riche et à vocation didactique et philosophique et, d'autre part, que les invraisemblances sont parfois criantes.


En cette fin des 70s (synonyme d’essoufflement du mouvement des droits civiques, de l'échec relatif du Black Power, et d'un processus de moyennisation de la Communauté), dresse un bilan des plus sombres de la vie d'un afro-américain lambda, thème abordé par Top of the Heap. A travers la tension psychique qui anime le héros, entre son envie de vivre et sa rage face aux obstacles d'une société moderne aux multiples violences, il interroge le salariat, le racisme, la drogue, l'omniprésence de la religion, l'éducation... Ces questions, Jackson les pose à la Communauté afro-américaine elle-même comme le rappelle le refrain récurrent : "Look what we're doing to ourselves !"

Le casting composé essentiellement d'amateurs pose, plus que dans les autres projets de Jackson, un problème dans le rythme du film. Seul Renny Roker, déjà présent sur Tough !, est un acteur confirmé ; celles et ceux qui lui donnent la réplique ont un jeu relativement pauvre.
Citons tout de même quelques comédiennes et comédiens déjà aperçus comme Marie O'Henry (Three the Hard Way, Dr. Black, Mr. Hyde, The Glove), Marc Hannibal (The Grasshopper, Amazons Against Superman), Gloria Delaney (Black Girl, The Human Tornado, A Piece of the Action, Blue Collar, Penitentiary, Crossroads), ou encore Loretta King, Maurice Emanuel, Larry Kinley Jr., Irene Stokes et Chuck Wells qui devient par la suite chef machiniste.