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lundi 7 juin 2010

Dr. Black, Mr. Hyde

Ultime déclinaison blax des grands personnages de l'univers fantastique après Blackentstein et Blacula...

DR. BLACK, MR. HYDE - William Crain (1956)
Le docteur Henry Pride (Bernie Casey) est un brillant scientifique qui travaille sur un sérum révolutionnaire, avec comme partenaire le Docteur Worth (Rosalind Cash). En guise de test, Pride injecte le produit à un rat et une patiente mourante d'un hopital de Watts... malgré les résultats peu probants, le Dr. Pride s'inocule le sérum à lui-même. Les effets ne tardent pas à se faire sentir : sa peau blanchit tandis que ses traits deviennent difformes. Il s'attaque alors à des prostitués...
Les Lieutenants Jackson et O'Connor (Ji-Tu Cumbuka & Milt Kogan) enquêtent dans le milieu des pimps et des dealers pour trouver l'auteur des mystérieux massacres.
Le film est produit par Charles Walker, pour le moins éclectique dans ses occupations : il joue dans A Piece of the Action, signe le scénario de Mean Johnny Barrows, végète dans des dizaines de séries et apparaît brièvement dans A Thin Line Between Love and Hate, Set It Off, Trippin', La famille Foldingue et Soul Plane.
Il est réalisé par William Crain, auteur quatre ans auparavant de Blacula. La comparaison s'arrête là : le scénario est bâclé, les décors simplistes (le laboratoire se limite à une pièce blanche flanquée d'un bureau de quelques flacons et d'une cage de rats), les effets spéciaux idem, quant au final il tient de King Kong mais en ultra-cheap ; c'est clair Crain compose avec son budget rachitique.
La musique de Johnny Pate n'agrémente les séquences que parcimonieusement. Dommage car elle impose à bon escient une ambiance pesante ou un peu d'énergie à grands coups de pédale wah-wah.

Reste une tête d'affiche assez solide pour porter le film presqu'entièrement, en la personne de Bernie Casey. Les seconds rôles typiques des films soul sont confiés à des actrices et acteurs déjà habitué au genre : assistante pour Rosalind Cash, inspecteur pour Ji-Tu Cumbuka (Up Tight !, Top of the Heap, Blacula, Mandingo, Ebony, Ivory and Jade, Moving, Harlem Nights), barman pour Sam Laws (Cool Breeze, Hitman, Sweet Jesus, Preacherman, Truck Turner, Darktown Strutters, The Bingo Long Traveling...), prostitués pour Marie O'Henry (Three the Hard Way et Deliver Us From Evil) et Cora Lee Day (The Human Tornado, Passing Through, Daughters of the Dust, Tina), pimp pour Stu Gilliam (The Mack, The Meteor Man), docteur hindou pour Rai Tasco (Black Starlet, The Black Gestapo, To Sleep with Anger, Sprung et The Green Mile) et garde pour Bob Minor.

vendredi 10 avril 2009

Cleopatra Jones

Toujours sous la forme de plusieurs films, une héroïne a égalé le statut légendaire de Shaft, le détective de Harlem : la belle et athlétique Cleopatra Jones, honteusement retitré en VF Dynamite Jones...

CLEOPATRA JONES - Jack Starrett (1973)

Cleopatra Jones (Tamara Dobson) est une agent spéciale qui lutte contre la drogue, de la Turquie et ses champs de pavots aux rues des ghettos noirs inondées par l'héroïne. Mais elle marche un peu sur les plates-bandes de Mommy (Shelley Winters), la vieille marraine du milieu.
Avec l'aide de flics véreux, Mommy monte un coup pour discréditer le petit ami de Cleo, Reuben (Bernie Casey), un éducateur qui gère un centre pour ancien toxicos. Cleo revient vite à Los Angeles pour aider son homme tandis que Mommy lâche alors contre elle tous ses sbires...
Immortalisée par la top model Tamara Dobson, Cleopatra Jones s'impose comme un film culte, à mettre dans la liste des "films à voir pour débuter dans la blaxploitation". Le film revêt une importance presque historique, puisque Tamara Dobson y incarne une des premières héroïnes non seulement afro-américaines, mais surtout du cinéma d'action US. Et elle excelle dans le rôle de James Bond Woman afro !
Le réalisateur Jack Starrett (Slaughter) qui officie derrière la caméra et nous offre une course débridée en Chevrolet Corvette, des bastons pas trop mal réglées, des fusillades mémorables et un final musclé dans une casse avec broyeurs de voitures et compagnie... Les effets spéciaux pas acceptables, et tout cela forme au final un film jubilatoire et vraiment génial, sur une partition de J.J. Johnson.

Le scénario est signé Max Julien -artisan d'un autre titre incontournable : le mythique The Mack- écrit d'abord ce scénario en pensant que le rôle irait à une autre égérie de la Blaxplotation : Vonetta McGee, sa femme, qui aurait eu là un premier rôle de poids qui lui a toujours échappé, dommage !

Mention spéciale à Shelley Winters pour son interprétation sublime de la perverse dealeuse. Pour le reste, le petit monde qui gravite autour de notre super-héroïne aussi est bien attachant : Bernie Casey (tick... tick... tick..., Hitman, Black Gunn, Cornbread, Earl and Me, Dr. Black, Mister Hyde, I'm Gonna Git You Sucka), la jolie Brenda Sykes (The Liberation of L.B. Jones, Honky, Black Gunn, Mandingo, Drum), Esther Rolle Nothing But a Man, Don't Play Us Cheap, Driving Miss Daisy, Rosewood)... Quant au pimp Doodlebug Simkins, il est incarné -forcément !- par Antonio Fargas. Caro Kenyatta et Albert Popwell seront les seuls rescapés dans la séquelle Cleopatra Jones and the Casino of Gold (ce dernier apparaît aussi dans le deuxième épisode de la série Shaft : The Killing).
D'autres jouent leur propres rôles comme le DJ Frankie Crocker dans son propre rôle et surtout Don Cornelius, le pape de Soul Train.
Du coté des cascades, elles sont confiées, bien que non-crédités au générique, à Eddie Smith et Bob Minor.

lundi 16 mars 2009

Black Samson

Acteur et cascadeur, Charles Bail débute dans la réalisation avec Black Samson...

BLACK SAMSON - Charles Bail (1974)

Samson (Rockne Tarkington) tient un bar, il fait le service et corrige les clients qui importunent les danseuses. Armé de son bâton et flanqué de son lion Hoodoo, Samson protège aussi les habitants du quartier.
Mais la famille Nappa ambitionne d'inonder ce quartier de ses produits stupéfiants, en particulier  Johnny (William Smith) soucieux de prouver à son oncle Joe (Tito Vandis) ses qualités de chef.
Johnny Nappa multiplie les coups bas pour arriver à ses fins : coups de pression, infiltration d'une danseuse à sa solde, enlèvement de la petite amie de Samson, Leslie (Carol Speed)...
L'ancien joueur de football Rockne Tarkington (vu dans peu de films soul excepté The Great White Hope, Melinda et Black Starlet) prête son physique impressionnant à la déclinaison blaxploitation du mythe de Samson (sauf qu'il ne tire pas sa force de son superbe afro, mais de son bâton). D'abord acteur et cascadeur, Charles Bail se lance dans la réalisation, sans grand génie pour la mise en scène ou la direction d'acteur, il récidive cependant l'année suivante avec la coproduction Warner/Shaw Cleopatra Jones and the Casino of Gold. Les séquences de bagarres sont heureusement bien orchestrées et Bail mobilise tout un pool de cascadeurs afro-américains parmi les meilleurs tels Bob Minor, Tony Brubaker, Peaches Jones, Marvin Walters, Gene LeBell, Terry Leonard, Ernest Robinson... mais aussi blancs comme Hank Calia, Nick Dimitri,Charlie Picerni, Wayne King Sr., Phil Adams. Si bien que plus de la moitié du casting est l'auteur de ses propres cascades.
Quant à l'équipe technique, beaucoup de similitudes entre ce Black Samson, Black Starlet et Sweet Jesus, Preacherman : le chef décorateur Ed Cosby, Henning Schellerup (directeur de la photographie des deux premiers et réalisateur du troisième, ainsi que de deux autres films obscurs :  The Black Bunch et The Black Alley Cats).

Black Samson est donc un blaxploitation assez typique avec son héros quasi-invincible protégeant ses frères et sœurs de la drogue et de la mafia italo-américaine. Si plusieurs réflexions sur le racisme et la pauvreté fusent, l'ensemble n'est que prétexte à dérouler le script et à provoquer bastons et courses poursuites (agrémentées de courtes scènes de danse topless). La scène finale enchaîne une bonne course-poursuite -avec le bâton de Samson dépassant par l'ouverture du toit !- et l'aide de dizaines d'habitants venus prêter main forte à leur héros ; très intéressante image de la solidarité communautaire pas si fréquente que ça dans les films blax.

Habitué des rôles de méchant dans la blaxploitation : Hammer, une apparition dans The Thing With Two Heads, Sweet Jesus, Preacherman, Boss Nigger, William Smith s'avère le meilleur personnage de ce film et campe à la perfection un méchant raciste et misogyne. Son homme de main est joué par Joe Tornatore (Sweet Sweetback's Baadasssss Song, Cleopatra Jones, Top of the Heap...) et son oncle pragmatique par Tito Vandis (A Piece of the Action).
Carol "Abby" Speed incarne la petite amie du héros et l'on peut reconnaître dans les rues des seconds couteaux tels Damu King (Shaft, Top of the Heap, Black Girl, Sweet Jesus..., The Black Godfather, Blackjack), Marilyn Joi (Hammer, Coffy, Detroit 9000, Hitman, Black Starlet, The Candy Tangerine Man, Black Samurai), Junero Jennings (The Mack, Slaughter's Big Rip-Off, Three the Hard Way,...), Ken Bell (The Black Godfather) et le vieil acteur Napoleon Whiting (débutant dans les années 50, il fut longtemps cantonné aux rôle de serviteurs et autre Pullman porter).