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mardi 26 mars 2013

...tick... tick... tick...

Dans ...tick... tick... tick... Et la violence explosa, Jim Brown décroche son premier rôle de flic : celui d'un shérif dans un patelin de Sud profond. Excellent film !

...TICK... TICK... TICK... - Ralph Nelson (1970)

John Little (George Kennedy) est le shériff de Colusa, une petite bourgade typique du vieux Sud. Cependant, son mandat touche à sa fin et son remplaçant ne fait pas l'unanimité : Jimmy Price (Jim Brown) est un Noir, élu par la majorité des habitants, essentiellement afro-américains.
Il prend ses fonctions avec suscitant d'un coté la défiance de la population blanche et d'un autre les espoirs de la communauté noire...
A mi-chemin entre In the Heat of the Night et The Klansman, ce tick... tick... tick... est un très bon film qui annonce la déferlante de production avec des Afro-Américains.
Ralph Nelson consacre deux autres de ses réalisations aux Afro-Américains : Lilies of the Field dans les années 60 et, à la fin des années 70, A Hero Ain't Nothin' But a Sandwich. Ici il propose une réalisation classique mais percutante, agrémentée de la partition de Jerry Styner (The Zebra Killer). On ressent la moiteur oppressante, les corps qui suintent, la tension raciale est palpable. La scène d'ouverture est de ce point de vue un cas d'école.
Quant à Jim Brown, il confirme ses talents d'acteurs et construit peu à peu son personnage de héros viril prenant le pas sur les autres protagonistes par son charisme froid autant que ses talents physiques.

Par contre, on est un peu déçu par le peu d'action (et de violence, comme le suggère le titre français). Ainsi la tension si bien représentée tout au long de film retombe un peu trop rapidement sans arriver à l'explosion annoncée (et attendue pour le plaisir sadique du spectateur). Cependant, la volonté Ralph Nelson était probablement de donner la primauté à la solidarité et l'entraide multiraciale qu'à un dénouement violent ; cette position est respectable.

La distribution est intéressante puisqu'elle mixe des acteurs "WASP" fort connus comme George Kennedy, Don Stroud (qui retrouve Brown sur Slaughter's Big Rip-Off), Clifton "Pepper" James, Fredric March, Mills Watson...
Mais aussi une réunion d'actrices et acteurs afro-américains de différentes générations tels Bernie Casey, Janet MacLachlan (Up Tight! , Halls of Anger, Sounder), Roy Glenn (Carmen Jones, Porgy and Bess, A Raisin in the Sun, Guess Who's Coming to Dinner), Dino Washington (Dolemite et Disco Godfather) et Bill Walker qui fait office de dinosaure avec plusieurs centaines d'apparitions ; débutant dans les années 40, il joue les servants ou les indigènes d'Afrique, on peut le remarquer dans les 70s dans Riot, A Great White Hope, A Piece of the Action et The Wiz.

samedi 16 mars 2013

The Dirty Dozen

Film culte par excellence, Les douze salopards franchit les frontières pour devenir un classique, vu par plusieurs générations et télédiffusé annuellement. Après Rio Conchos, c'est le film qui lance Jim Brown...

THE DIRTY DOZEN - Robert Aldrich (1967)

Angleterre, 1944. A la veille du débarquement, le Major Reisman (Lee Marvin) se voit confier une périlleuse mission top-secrète : prendre la tête d'une escouade de 12 criminels (Charles Bronson, Jim Brown, Donald Sutherland, Telly Savalas, John Cassavetes...). En échange de leur liberté, ces hommes sont chargés de tuer des officiers nazis réunis dans un manoir français, en prévision de Débarquement...
Ce film est devenu un classique, inspirant jusqu'à Tarantino dans son Inglorious Basterds. Pourtant, dans les années 60, rendre héroïques des repris de justice, des parias et des salauds n'était pas dans l'air du temps, et la violence du film fut dénoncée par les critiques.

Soldat parmi douze autres, l'acteur Jim Brown est néanmoins révélé dans ce film. Et déjà, on peut voir qu'il préfigure les nouveaux rôles des Afro-Américains qui précèdent puis explosent lors de la vague blaxploitation : il est un héros viril, un homme moralement et physiquement droit, le "tough guy" guidé par ses valeurs et inflexible face au racisme ! En somme, il est l'anti-Poitier. Alors que certains des 12 salopards font de la figuration, Jim Brown fait parti des personnages les plus utilisés (aux cotés de Charles Bronson, Telly Savalas, Donald Sutherland ou John Cassavetes), il a quelques scènes où il apparaît seul et il peut même lui arriver de diriger le groupe...
Cependant quelques clichés ont la vie dure puisque cet intrépide héros meurt sous les balles nazies et l'ultime verrou psychologique n'est pas franchit : la sexualité. Alors que des prostitués sont offertes aux hommes pour les récompenser de leur travail, Brown n'apparaît dans aucun plan de danse et de flirt !

Quelques acteurs, blancs, réapparaîtront dans des films afro-américains et blax en particulier : Ernest Borgnine (qui incarne le coach Angelo Dundee dans The Greatest, et jouera avec Brown dans Ice Station Zebra et The Split), George Kennedy (tick... tick... tick...) et Robert Phillips (Slaughter, Detroit 9000, Shaft - The Capricorn Murders, I Escaped from Devil's Island, The Slams, Mean Johnny Barrows, Cry freedom). Et bien sûr Lee Marvin qui en pleine vague blaxploitation tiendra le premier rôle dans The Klansman.