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mardi 20 août 2013

OdC - 1991 Version rap


1991 VERSION RAP -
Olivier Carrie & Hélène Couturier
L'Œil du cyclone (1991)

Pendant près d'une décennie L'Œil du cyclone proposa sur Canal + une petite demi-heure hebdomadaire originale qui s'intéressait à des sujets essentiellement culturels. D'une semaine sur l'autre, on passait du western spaghetti ou de la blaxploitation, à " la télévision par les Aborigènes", de rétrospectives sur les performances de Jean-Louis Costes ou les projets de Jean-Christophe Averty (à qui l'on doit entre autres le sublime Les verts pâturages)... Tout était possible !

Dans une des premières émissions, les rapeurs Lionel D, MC Solaar, Dee Nasty et Iam viennent faire un bilan de l'année 91...
Je vous propose un extrait du chanteur MC Solaar, fort populaire à l'époque et précurseur d'un rap français alors à ses débuts. Il est intéressant de voir comme tout en essayant de s'éloigner du grand frère US (en évoquant Gainsbourg par exemple) et en professant un l'implantation du rap dans tout l'hexagone. Mais il revient vite aux Etats-Unis en discutant de la place des Noirs dans les films et du nouveau phénomène cinématographique qui s'impose cette année-là : les urban movies réalisés par des Afro-Américains. Solaar évoque Spike Lee, les films New Jack City, Boyz N the Hood et Jungle Fever ou encore le Burn Hollywood Burn de Public Ennemy...


vendredi 7 juin 2013

She Hate Me

Dernière collaboration en date de Jim Brown et Spike Lee. Celui-ci dynamite les codes de la comédie romantique ; il multiplie les pistes, mélange les genres et, comme à son habitude, questionne notre société...

SHE HATE ME - Spike Lee (2004)


Après le suicide du professeur Shiller, John Henry "Jack" Armstrong (Anthony Mackie) est accusé par son supérieur de délit d'initié et viré.
Le salut financier lui vient de son ex-fiancée ; Fatima et sa nouvelle compagne Alex (Kerry Washington & Dania Ramirez) lui proposent 10000$ chacune pour les mettre enceinte. Fatima va même lui trouver 18 lesbiennes pour être le géniteur de leurs enfants, et pour la même somme. Il accepte mais se pose rapidement des questions éthiques.
En parallèle, la police enquête sur le délit d'initié et tente de confondre John Henry. Tout se gâte encore plus lorsque Simona Bonasera (Monica Bellucci), la fille d'un parrain de New-York (John Turturro) postule pour l'insémination in vivo...
J'avais longtemps laissé ce DVD sur une étagère, imaginant un sombre nanard ; la présence de Monica Bellucci que j’exècre n'y étant pas pour rien. En plus, ce film a été écrasé sous une avalanche de critiques ultra-négatives (et les recettes au box-office s'apparentent à un véritable échec). En fait, j'ose à peine l'écrire, mais j'ai trouvé ce film excellent. Empli d'humour, regorgeant de saynètes incroyables, de rencontres improbables et de dialogues succulents, servi par une mise en scène plus ou moins étrange mais presque toujours sublime, et par la musique de Terence Blanchard.
Bien sûr, il y a une forte part de goût dans ce jugement ; et il faut bien avouer que le scénario est parfois brouillon, part dans tous les sens, ouvre des pistes qu'il ne referme pas et multiplie les personnages sans leur offrir de réelle consistance. Ces points reflètent bien la réalité de ce film et peuvent se muer en critiques, mais elles en renforcent pour moi la qualité.
Lien
Encore peu connu à ce moment-là (il n'avait joué que des petits rôles dans 8 Mile ou The Manchurian Candidate), Anthony Mackie se voit offrir son premier rôle et s'en tire plutôt bien (par la suite, il jouera dans Million Dollar Baby, The Man, 2Pac dans Notorious, Desert Flower, Night Catches Us, Louis, Real Steel...). Pêle-mêle, citons Kerry Washington (Little Man, Ray, I Think I Love My Wife, The Last King of Scotland, Miracle at Santa Anna), Lonette McKee, Dania Ramirez, Chiwetel Ejiofor, Paula Jai Parker, Kim Director, Q-Tip, Lemon... Plus étonnante est la présence de Jamel Debbouze, d'autant plus qu'il joue le personnage bafouillant et rigolo qu'on lui connaît de ce coté de l'Atlantique.
Comme pour marquer son amour du cinéma, Lee n'hésite pas à embaucher l'acteur allemand David Bennent, qui joua dans le grand classique Le tambour.
Bien sûr, Spike Lee s'adjoint les services de ces acteurs ou techniciens fétiches : Jim Brown, Joie Lee sa sœur, Rick Aiello et surtout John Turturro, tout simplement génialissime en mafieu de la vieille école (dont la présence et les scènes nécessitent à elles seules de voir ce film !). Isiah Whitlock Jr. reprend son rôle de l'agent Amos Flood qu'il avait déjà incarné dans The 25th Hour (c'est peut-être l'œuvre de Michael Genet, scénariste de ces deux films, ainsi que du très bon Talk To Me).
C'est le dernier film de Lee dans lequel jouera Ossie Davis, réalisateur précurseur, acteur de talent et homme au grand cœur qui décède l'année suivante.

mardi 4 juin 2013

Jim Brown All American

A partir de 1998, Spike Lee commence à réaliser des documentaires (comme 4 Little Girls et A Huey P. Newton Story). Il signe aussi une biographie du sportif du siècle : le footballeur et acteur Jim Brown, qu'il avait fait joué sur He Got Game...

JIM BROWN ALL AMERICAN - Spike Lee (2002)

Le documentaire commence par une rencontre avec l'équipe de football des Ravens et les stars venues les encourager : Jim Brown, le légendaire boxeur Joe Frazier et le non moins légendaire joueur de baseball Hank Aaron.
Rapidement, Spike Lee revient à une narration linéaire -qu'il confie à Jim Brown lui-même. De nombreux intervenants apportent leurs visions du personnage : sa famille -sa soeur Karen, sa femme Monique, son ex-femme Kim, ses fils- et d'autres personnalités comme Melvin VanPeebles, le spécialiste Donald Bogle, les actrices et acteurs Fred "The Hammer" Williamson, Sheila Frazier, Leon Isaac Kennedy, Bernie Casey, l'avocat médiatique Eddie Cochran...
D'abord sur l'enfance et l'adolescence dans une famille nombreuse et pauvre, dans ses premiers pas au lycée et dans le sport, son vécu de la ségrégation même lorsqu'il était reconnu (en particulier lorsqu'il sortait avec un Blanche).
Témoignage de ses entraîneurs et autres profs de sport, d'anciens joueurs, de journalistes, d'Oliver Stone (qui parle du joueur avec une emphase qui n'est pas feinte), ou de l'ancien joueur (lui aussi acteur de la blax') Bernie Casey.
Cette partie dure une bonne heure, mais -même si comme moi ce sport et ses interminables retransmissions télévisées vous est totalement étranger- la succession de vidéos de la star en action et les témoignages sportifs ou sociaux rendent ce passage très intéressant et présentent un Jim Brown sympathique, bagarreur et m'as-tu-vu.
Dès ses débuts, Jim Brown cherche des moyens pour essayer d'aider la Communauté afro-américaine. Il cofonde par exemple la Negro Industrial and Economic Union pour promouvoir l'économie afro-américaine. Sur un terrain plus politique, il apporte son soutien à Mohammed Ali qui refusait de s'engager pour la guerre du Vietnam.

Bien entendu, la reconversion du footballeur en acteur aux rôles virils est abordée. Contacté par la Columbia, il tourne son premier film, un western, Rio Conchos. Vient ensuite le culte The Dirty Dozen qui le fait définitivement reconnaître comme acteur puis 100 Rifles aux cotés de Burt Reynolds et Raquel Welsh (qui témoigne et n'a pas gardé un grand souvenir du footballeur)
Ce qui permet une intéressante discussion autour de la "virilité noire", et forcément une transition toute trouvée pour aborder la blaxploitation et en particulier Slaughter.
Dans la dernière partie, Spike Lee s'intéresse à la vie privée mouvementée de Jim Brown.
D'abord, les embrouilles avec Richard Pryor (et des extraits de spectacle où le comique lui en met plein la tête). L'envie -et le flair de Jim- pour produire Prince et son Purple Rain. Mais le projet avorte et les deux acteurs se brouillent...

Ensuite, le documentaire aborde les accusations de viol, et de violences conjugales, les rapports mensongers du FBI qui l'accuse d'appartenir à la Nation of Islam... puis l'investissement de Brown contre le fléau des gangs.
Tout celà se conclut sur un coté plus sentimental, avec des digressions sur la vie de famille, et Jim Brown Junior qui porte comme un fardeau et un objectif inaccessible le nom de son champion de père.

samedi 1 juin 2013

He Got Game

Lee surfe sur la surexpostion mondiale du basketball et comme beaucoup d'autres (on pense à Space Jam ou The Sixth Man) se plie à la mode. Le résultat est magistral...
Ce film marque aussi le début d'une collaboration avec la légende du football et ancienne star de la blaxploitation : Jim Brown.

HE GOT GAME - Spike Lee (1998)

Jake Shuttlesworth (Denzel Washington) est en prison pour meurtre... Mais le directeur, sous les ordres du gouverneur, lui offre un permission d'une semaine avec à la clé une libération totale. Sa mission : convaincre son fils Jesus (Ray Allen), un basketteur prometteur, de rejoindre la Big State University et d'y intégrer l'équipe de basket.
Y arriver confine au miracle. D'une part parce que le jeune prodige des parquets est courtisé par tous les coachs du pays, "conseillé" par sa petite amie Lala, son oncle Bubba, son pote Big Time Willie (Rosario Dawson, Bill Nunn & Roger Smith Guenveur)... Tous les procédés sont bons pour recruter Jesus !
D'autre part Jake était en prison pour le meurtre de sa femme, la mère de Jesus...
6 ans après Malcolm X, Spike Lee et Denzel Washington se retrouvent pour un drame social avec en toile de fond le trouble milieu du baskettball universitaire. Le sujet semble moins percutant que la biographie du leader assassiné, pourtant le réalisateur new-yorkais livre un film presque parfait (s'il n'y avait pas quelques longueurs) et Denzel Washington est tout simplement brillant

Lee mutiplie les segments, alterne les ambiances et les contrastes comme le présent et les flash-back, il enrobe ses personnages de ses travelling si personnels et fait la part belle aux dialogues. La mise en scène est splendide, le montage parfait, la direction d'acteurs est au niveau. Pour preuve la performance de Ray Allen, jeune basketteur des Bucks de Milwaukee choisi par Lee en personne ; ce dernier mise beaucoup sur le réalisme et tient absolument à décrocher un joueur en activité pour tenir le rôle de Jesus et, après de nombreuses auditions, il insiste pour faire des essais avec Ray Allen.

He Got Game est un drame, un film sombre qui dresse un tableau bien négatifs des rapports humains et de la cupidité.
Comme d'habitude, en tout cas dans les meilleurs films du maître Lee, il y a peu de personnages "bons" ; tous sont traversés d'envies, de névroses, d'égoïsme comme d'altruisme... Toutes et tous essaient ici d'influencer le jeune Jesus selon les bénéfices qu'ils espèrent en tirer. Et s'il ne prend pas position, comme à son habitude, pour un de ses caractères Spike Lee dresse un tableau sans concession sportif et si dénonciation il y a, elle est systémique.
Encore une fois, il est presque risible de voir, dans les commentaires sur diverses plate-formes, comme certains ne voient Spike Lee que sous la lorgnette ethnique, et arrivent à trouver des passages racistes dans chacun de ses films. A l'opposé de ces faux procès improbables, He Got a Game compte parmi ses meilleurs projets.
Spike Lee décroche des caméos de Michael Jordan, Scottie Pippen, Shaquille O'Neal et d'autres moins connu.

Il s'appuie toujours sur sa garde rapprochée : pour ce qui de la partie technique et artistique on retrouve le directeur artistique Wynn Thomas, le monteur Barry Alexander Brown, les chefs opératrice Ellen Kuras et Malik Hassan Sayeed, la directrice de casting Aisha Coley...
Pour la distribution, si le casting s'étoffe de la présence de Milla Jovovich et Rosario Dawson, on retrouve toujours la bande chère à Spike Lee : Thomas Jefferson Byrd, John Turturro, Roger Guenveur Smith, Bill Nunn, Lonette McKee, la petite Zelda Harris, Joseph Lyle Taylor, Hill Harper, Arthur J. Nascarella...

vendredi 28 octobre 2011

The Original Kings of Comedy

L'année même où il sort Bamboozled, Spike Lee réalise pour MTV un docu-spectacle sur la tournée des stars du stand-up Bernie Mac, Cedric the Entertainer, Steve Harvey et D.L. Hughley...

THE ORIGINAL KINGS OF COMEDY - Spike Lee (2000)



Spike Lee réalise donc un nouveau documentaire qui suit Cedric the Entertainer, Bernie Mac, D.L. Hughley et Steve Harvey lors des deux dernières dates -à Charlotte- de leur tournée intitulée Kings of Comedy.
Steve Harvey est le maître de cérémonie... Il introduit ses trois acolytes et livre de plus courtes prestations, mais entre chaque comiques. Il livre entre autre un sketch tendre sur la "old school", pas celle du hip hop mais des soul men et women des années 60 et 70 aux chansons d'amour immortelles.
D.L. Hughley se lance dans une fantastique improvisation, taillant un costards à plusieurs membres du public.

Mais ce sont surtout Cedric the Entertainer et Bernie Mac qui enflamment le public et offrent chacun une prestation talentueuse.
Le premier évoquent la différence entre les Noirs qui "espèrent" et les Blancs qui "souhaitent" et rebondit sur l'actualité, évoquant entre autre l'éventualité d'un président noir.
La partie de Bernie Mac se présente plutôt comme une succession d'anecdotes personnelles et d'auto-dérision ; il se lance dans une dissection du terme "mother fucker" et une longue tirade totalement génialissime dans laquelle il l'emploie plus d'une trentaine de fois.
Le budget de production était très faible, et l'exploitation en salle rapporte plus de dix fois la mise, avec environ 38 millions de dollars. Mais l'alchimie entre ces bêtes de scène et le public dépasse largement les bilans compatbles. S'il y a une seule chose à retenir de ce show, c'est la communion avec le public, l'ambiance et la ferveur que l'on ne retrouve nulle part ailleurs que dans les salles -de spectacles mais aussi de cinéma- afro-américaines. Le public est hilare, se lève, hurle, danse avec la musique... En France, la fin des années 2000 verront éclore une tentative de décliner cette tradition proprement afro-américaine : le Comedy Club de Jamel Debbouze, où les jeunes artistes sont en interaction directe avec le public.

Spike Lee est entouré de plusieurs de ses proches : ses directeur artistique et monteurs quasi-attitrés, respectivement Wynn Thomas et Barry Alexander Brown, ainsi qu'un chef opérateur, Malik Hassan Sayeed, avec qui il collabore quelques fois (Crooklyn, Clockers, Girl 6, He Got Game).

mardi 11 octobre 2011

4 Little Girls

A partir de 1997, en parallèle de ses films, Spike Lee commence à réaliser des documentaires. Il concrétise ainsi un vieux projet datant de ses études en cinéma : faire un film sur l'attentat de Birmingham en 1963. Dix ans plus tard, Spike Lee a acquis une certaine renommée, et le projet aboutit alors sous la forme de ce documentaire, produit par 40 Acres And A Mule Filmworks, sa boîte de production, et la chaîne HBO.

4 LITTLE GIRLS - Spike Lee (1997)


Birmingham, en Alabama, est l'exemple type de la ségrégation et de la vie des Noirs dans cette ville du Sud où se côtoie le racisme ordinaire quotidien et les attentats visant la communauté afro-américaine.
Dans ce contexte le SCLC et le CORE appellent à des campagnes pour l'inscription sur les listes électorales ou encore contre la ségrégation dans les établissements scolaires de Birmingham. L'église de la 16ème rue est un point de ralliementt pour les jeunes manifestants, les fidèles baptistes et les militants pour les Droits Civiques.
Le 15 septembre, à 10h22, une bombe explose et Birmingham, Alabama, et tue quatre petites filles de 11 à 14 ans : Denise McNair, Carole Robertson, Cynthia Wesley et Addie Mae Collins.
Les vingt dernières minutes sont consacrés au procès du principal accusé "Dynamite Bob" Chambliss, tandis qu'en conclusion certains rappellent que 22 églises noires ont été incendiées dans le Sud en 1994.

Spike Lee alterne les témoignages des familles, personnalités et images d'archives : on croise aussi bien Bill Cosby et Ossie Davis que Martin Luther King ou Jesse Jackson. Il revient sur des évènements marquants comme le lynchage à coup de chaînes du pasteur baptise de la ville, Fred Shuttleswoth, la manifestation et la grève des écoliers, les boycotts...

Spike réussit le tour de force d'interviewer des hommes politiques et responsables institutionnels de l'époque, dont certains n’atténuent leur racisme encore vivace que parce qu'ils connaissent l'impact des caméras. A l'image de George Wallace, le Gouverneur d'Alabama haranguant les foules au son de "Segregation now, segregation tomorrow and segregation for ever !" (et dont la photo ci-dessous montre qu'il n'a pas renoncer au decorum sudiste) et du commissaire Eugene "Bull" Connor qui dirigeait la police de Birmingham et réprimait férocement les manifestations pour les Droits Civiques, tout en laissant des civils Blancs lyncher les Afro-Américains.
La très belle chanson Birmingham Sunday, interpétée par Joan Baez, ouvre ce docu. Le propos est pédagogique, mesuré et partisan ; mais il souffre par moment d'un rythme trop lent, essentiellement du à l'indécision de Spike Lee de traiter des quatre petites filles et leur famille sur un plan personnel et empathique et la volonté d'offrir un propos politique global.

On retrouve Sam Pollard, le complice de Spike Lee, qui assure comme toujours le montage et co-produit ce documentaire.



mardi 13 septembre 2011

Tales From the Hood

Après une comédie sur un groupe de musique (Fear of a Black Hat), Rusty Cundieff change totalement de genre avec ses Contes de la crypte revisités à la sauce "black".

TALES FROM THE HOOD - Rusty Cundieff (1995)


Trois gangstas de South Central (Joe Torry, Samuel Monroe Jr. & De'aundre Bonds) débarquent dans l'entreprise de pompes funèbres de Monsieur Simms (Clarence Williams III) pour mettre la main sur de la dope qu'il aurait récupérer. Le vieux croque-mort leur raconte toutes sortes d'histoires sur les macchabées présents dans sa morgue.
Celle d'un flic afro-américain témoin impuissant du meurtre d'un militant, Martin Moorehouse (Tom Wright)...
Ou encore celle du petit Walter (Brandon Hammond) arborant des traces de coup, infligés par un mystérieux monstre, d'un politicien ambitieux et sans scrupule -ancien klansman- qui vit dans une maison (dont le propriétaire originel a pendu ses esclaves après l'abolition). Il conclut par l'anecdote concernant Crazy K (Lamont Bentley), membre de gang, emprisonné et "rééduqué" par le Docteur Cushing (Rosalind Cash)...
Rélalisé par le prometteur Rusty Cundieff, le film est produit par Spike Lee via sa société 40 acres and a mule pour un budget sommaire d'à peine 6 millions, il en rapporte 11.
Le film se décompose donc en quatre historiettes distinctes : "Rogue cop revelation", "Boys do get bruised", "KKK comeuppance" et "Hard core convert". Pour un fan de films d'horreur, le résultat paraîtra probablement sans grand intérêt, plutôt cheap (en particulier le dernier segment) et trop hésitant. Mais c'est bien en tant que film d'horreur afro-américain qu'il faut l'appréhender. La violence et le surnaturel sont au service du propos : contre la drogue et les guerres de gang fratricides, les politiciens au racisme apparemment policé, les violences domestiques...

Ce qui est proprement incroyable c'est surtout le casting concocté par Roby Reed et Tony Lee. Les trois jeunes n'ont pas percé véritablement, se contentant au mieux de quelques films durant les années 90 : Joe Torry dans House Party, Talkin' Dirty After Dark, Strictly Business, Poetic Justice, House Party 3, Fled, Sprung et Hair Show, Samuel Monroe Jr. dans Menace II Society, Don't Be a Menace... et Set It Off, et De'aundre Bonds dans Get on the Bus, The Wood. Brandon Hammond ne connaîtra une carrière que jeune, jouant les gamins dans Menace II Society, Waiting to Exhale, Space Jam et Soul Food.
Pour le reste se sont des actrices et acteurs confirmés et reconnus qui tiennent des rôles plus ou moins brefs : David Alan Grier -utilisé à contre-emploi, dans un registre d'homme violent qu'on lui connaît peu-, Paula Jai Parker, Tom Wright, Clarence Williams III, Roger Guenveur Smith, Tim Hutchinson, Bobby McGee, Ricky Harris, T'Keyah Crystal Keymáh, Lamont Bentley et Anthony Griffith (qui jouait Eldridge Cleaver dans Panther). La génération de la blaxploitation est également représentée, avec un de ses grandes actrices : Rosalind Cash (Melinda, Amazing Grace, Dr. Black, Mr. Hyde, The Monkey Hu$tle, Cornbread, Earl and Me et Death Drug) qui joue là son dernier film. Il y aussi Art Evans qui débuta dans Claudine, Amazing Grace, Leadbelly et Youngblood, végète dans des séries dans les 80s des films plus moderne comme School Daze, CB4 et The Great White Hype)
Coté équipe technique, on décèle la marotte de Cundieff et Lee : employer des Afro-Américains à tous les niveaux. Les costumes sont assurés par Tracey White, les cascades par Eddie L. Watkins, Preston L. Holmes comme "production consultant" et Dawn Gilliam comme scripte (rôle qu'elle tient aussi sur Boyz n the Hood, Fear of a Black Hat, Tina, Poetic Justice, Sister Act 2, Vampire in Brooklyn et Men of Honor).