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lundi 24 février 2014

One Last Deal - Superfly Documentary


ONE LAST DEAL (2003)

Sorti sur le DVD, ce petit documentaire revient sur le phénomène Superfly, un grand classique pour plusieurs générations. Des participants au film viennent apporter leurs visions et leurs anecdotes : l'acteur Julius Harris, le scénariste Philip Fenty (qui écrit aussi Superfly T.N.T. et réalise The Baron) et le producteur atypique Sig Shore qui débuta en distribuant aux Etats-Unis Les 400 coups et Hiroshima Mon Amour, puis un excellent film italien pré-blaxploitation, basé sur la vie de Patrice Lumumba : Black Jesus.
D'autres personnalités, tels le producteur Warrington Hudlin et l'acteur John Amos, témoignent de l'impact de la blaxploitation et du nouvel héros afro-américain qu'impose le genre...


jeudi 2 février 2012

My Baby's Daddy

Petite comédie au casting alléchant mais qui s'avère poussive et sans invention...

MY BABY'S DADDY - Damon "Coke" Daniels (2004)

Lonnie, G et Dominic (Eddie Griffin, Anthony Anderson & Michael Imperioli) sont amis depuis l'enfance, et ils deviennent père en même temps.
Lonnie est un gars simple et un peu timide, à la colle avec l’exubérante Rolonda (Paula Jai Parker). G délaisse ses rêves de briller sur le ring pour travailler dans le commerce de sa belle-famille. Dominic est un producteur concentré sur son travail qui ne s'aperçoit pas que sa copine (Joanna Bacalso) est en couple avec une femme.
Bref, la vie est terne pour les trois amis qui ont du mal à devenir père...
Réalisé par Damon "Coke" Daniels (Who Made the Potatoe Salad ? et Gangsta Rap : The Glockumentary), le film n'est pas très couteux et le succès est mitigé avec seulement 17 millions de recettes. Il faut bien avouer qu'il ne répond pas aux attentes. Dommage car le calibre des acteurs, la multitude de persos secondaires (de Method Man à John Amos, en passant par les Sklar Brothers et Tommy "Tiny" Lister) pouvait faire espérer bien mieux, à l'image du petit dessin animé introductif qui aurait pu être réutilisé à certains moments.

Eddie Griffin et Anthony Anderson sont des comédiens au potentiel comique confirmé, quant à Michael Imperioli (que j'avais adoré dans The Sopranos), il est un des acteurs blancs fétiches de Spike Lee et participe à Jungle Fever, Malcolm X, Clockers et Girl 6 ; ce qui vaut pour moi comme une bonne carte de visite. Mais l'alchimie ne prend pas avec ce trio. Imperipoli ne paraît pas à son aise, Anderson est assez décevant. Griffin arbore heureusement son air de benêt qui lui sied si bien.
Si tout ne fonctionne pas comme on l'aurait souhaité, on rigole cependant de temps en temps et la prestation de Method Man -si insipide dans How High- est pour le coup assez réussi et apporte un brin de folie, toute comme d'ailleurs la survoltée Paula Jai Parker.

Le film ne se prête pas à de grandes analyses, cependant il faut pointer un véritable progrès qui semble pourtant invisible : il y a encore 10 ans, ce genre de grosse comédie n'aurait pas divisé ainsi les rôles principaux. En effet, le trio est composé de deux Afro-Américains et un Blanc (en l’occurrence Italo-Américain) et l'intrigue est clairement placée dans un "monde" afro... Ce simple fait montre l'évolution peut-être imperceptible mais réelle de la représentation des Noirs dans les films de grands studios ; réalisateur et producteurs sont toutefois Afro-Américains ce qui a presque toujours facilité cette visibilité et cette représentation plus positive.
Niveau casting, il y a aussi Marsha Thomason (Black Knight et The Haunted Mansion), Quancetia Hamilton (Bogus et Exit Wounds) et l'adolescent Bobb'e J. Thompson...

jeudi 28 avril 2011

Sweet Sweetback's Baadasssss Song

Sorti le 31 mars 1971 au Grand Circus Theater de Detroit, ce film est le fruit d'un véritable combat de Melvin Van Peebles et son équipe contre les studios hollywoodiens, le racisme et la ségrégation et la censure...


SWEET SWEETBACK'S BAADASSSSS SONG
Melvin Van Peebles (1971)

Sweetback (Melvin Van Peebles) travaille dans un club libertin, où il fait le spectacle et donne de sa personne. Son surnom, il le tient de ses précoces prouesses sexuelles. Son patron, Beatle (Simon Chuckster), le "prête" à deux flics qui cherche un Noir à coffrer quelques jours... le contrôle devait être de routine, mais sur la route du commissariat, une émeute éclate et les deux inspecteurs arrêtent Mu-Mu (Hubert Scales), le chef d'un groupe d'activistes. Dans un coin sombre, ils le passent à tabac ; mais Sweetback ne se résout pas à être le témoin passif de ces violences et tue les deux flics.
S'engage alors une cavale à travers la ville où Sweetback trouve de l'aide auprès d'anciennes conquêtes, d'un prêtre iconoclaste (West Gale) et d'autres membres de la communauté. Il cherche à gagner le Mexique, synonyme de liberté, et traverse les étendues désertiques, croisant sur sa route des Hell's Angels, des flics, des rednecks ou des hippies...

Accompagné de la mention "X", le film sort sur quelques écrans en avril 1971 ; Melvin Van Peebles en fera un argument publicitaire, apposant sur l’affiche : "Rated X by an all-white jury". La Bande Originale est composée par Van Peebles, et -précurseur en la matière- il en offre l’interprétation à un groupe funk : Earth, Wind and Fire. Non seulement il la commercialise, mais il se sert de la promotion du disque pour faire la publicité de son film (dont la classification "X" le place en dehors des circuits de promotions ordinaires). Et Sweetback devient le premier film à succès autoproduit par des Afro-Américains : pour un budget de production inférieur à 100 000 $, il compte plus de 10 millions de recette.

« Jusqu’à aujourd’hui, tous les films sur les noirs ont été réalisés suivant la façon de penser de la majorité anglo-saxonne. Dans leur rythme, leur discours, leur langage, ils ont été affadis pour plaire à une majorité, tout comme les restaurants chinois limitent la quantité d’épices pour plaire aux goûts des américains. Je veux que les spectateurs blancs aillent voir Sweetback de la même façon qu’ils iraient voir un film italien ou japonais. Ils doivent comprendre notre culture », explique Melvin Van Peebles dans son journal de tournage. Voilà donc la volonté affichée tout au long du film de créer une autre façon de filmer, une « touche » afro-américaine : surimpression de dessins (de style funky), jeu sur les contrastes, couleurs flashies et enseignes lumineuses défilent lors des plans urbains, mise en scène rythmée par la musique (les plans se superposent au son des percussions ou des cris du chanteur), réutilisation de plans sous différents angles... Van Peebles réussit en parti ce pari de créer un style puisqu'on retrouve dans les autres films des années 70 certaines de ces caractéristiques visuelles (toutefois sans le montage très "nouvelle vague").

Quant au personnage de Sweetback, c'est la représentation idéalisée de l’Afro-Américain : combatif, fier de ses racines et de son physique. Il est courageux sans être particulièrement surhumain. Il n’hésite pas à s’attaquer à des policiers -blancs- pour sauver un leader noir qui se fait tabasser sous ses yeux. La mort des agents est toujours lente et agonisante : frappés à coup de menottes en guise de poing américain, étranglement et queue de billard enfoncée dans le coeur… Mais il n’utilise la violence que pour se défendre. Sweetback sacrifie plusieurs fois sa sécurité et son bien-être individuels pour sauver Mu-Mu, le leader noir.
Il est présenté comme un être particulièrement « sexué ». Dès les premières scènes du film, on le voit nu, arborant un corps d’athlète, sur lequel la caméra s’appesantit. A la conclusion d’une des scènes d’amour, on aperçoit même son sexe (chose incroyable aujourd'hui encore). Sa sexualité débordante lui permet d’une part d’en vivre et plus tard de se sortir de nombreuses situations périlleuses : coucher pour qu’une femme lui enlève les menottes, battre à un concours de « baise » la chef des Hell's Angels, coucher avec une hippy dans les fourrés pour échapper aux fouilles des policiers...

Le casting, c'est la communauté afro-américaine, pour la plupart des inconnus interrogés pour savoir s'ils ont vu Sweetback. Quelques actrices et acteurs apparaîtront dans ce qui deviendra la blaxploitation : West Gale (Dolemite et Disco Godfather), Rhetta Hughes (Don't Play Us Cheap), Lavelle Roby (Black Gunn)... Certains même dépasseront les limites du genre et connaitront une carrière conséquente, comme bien sûr son fils Mario (qui joue Sweetback jeune) qui devient acteur et réalisateur, et John Amos -associé à jamais à Kunta Kinte adulte dans la série Roots- qui joue pour Sidney Poitier dans Let's Do it Again, aux cotés d'Eddie Murphy dans Coming to America, ou même dans des blockbusters comme Die Hard 2. Ou encore Ed Rue joue dans une poignée de film dont Black Fist, et est crédité comme ingénieur du son sur Wattstax et House Party.
Quant aux acteurs blancs, Melvin va les chercher aussi dans les séries B, ches les non-syndiqués et autres parias de la grande distribution : Nick Ferrari (Slaughter's Big Rip-Off), Ron Prince (Hot Potato), Joe Tornatore (Sweet Jesus, Preacherman, Cleopatra Jones, Top of the Heap, Black Samson), John Allen (Mo'Money), Vincent Barbi (Black Belt Jones et Dolemite).

samedi 15 janvier 2011

Coming to America

Après le succès de son spectacle Eddie Murphy Raw et son incursion en tant que scénariste dans Beverly Hills Cop II, Eddie Murphy écrit ce scénario original et arrive à mener à bien son projet, réalisé par John Landis. La renommée d'Un prince à New-York sera mondiale.

COMING TO AMERICA - John Landis (1988)



Le Prince Akeem (Eddie Murphy) s'ennuie ferme dans son royaume de Zamunda. En plus, pour ses 21 ans, ses royaux parents (James Earl Jones & Madge Sinclair) ont prévu de lui faire épouser un fille qu'il n'a jamais vu. Avec son serviteur et ami Semmi (Arsenio Hall), ils décident de quitter le royaume et d'aller aux Etats-Unis, dans le Queens à New-York ; le Prince veut trouver une femme qui l'aime pour ce qu'il est, pas pour ce qu'il possède.
Ils prennent un appart glauque dans le Queens, et découvrent peu à peu l'Amérique. Rakeem un jour aperçoit la jolie Lisa, il en tombe amoureux. Pour l'approcher, Akeem et Semmi travaillent dans le fast-food de son père, Cleo McDowell (John Amos). Mais ils ne sont que de simples employés, et Lisa est fiancé avec le beau et prétentieux Daryll (Eriq La Salle)...
La notoriété de Murphy lui permet de postuler au scénario de ses films. Et l'on note une différence de taille puisque l'intrigue se situe dorénavant dans la communauté afro-américaine.
Rappellant l'influence de Pryor, Eddie Murphy et Arsenio Hall jouent plusieurs personnages secondaires (et comme Richard Pryor, dans Which Way Is Up ?, ils incarnent des vieux ou des pasteurs). La plus intéressante de ces incarnations étant un vieux Juif traînant au barbershop. A son père spirituel Pryor, Eddie Murphy emprunte aussi le nom de "Zamunda".

Réalisé par le très bon John Landis (à qui l'on doit des blockbusters tels The Blues Brothers, An American Werewolf in London, Trading Places, le mauvais Flic de Beverly Hills 3, et bien sûr les clips Thriller et Black or White du King of Pop, Michael Jackson), le film reste ambiguë. D'un coté, il s'inscrit dans une lignée d'un certain cinéma afro-américain, par des clins d'oeil appuyés et des marqueurs culturels forts, un casting plutôt impressionnant. Pourtant, il y a une persistance des traits particuliers aux stéréotypes hollywoodiens comme l'invisibilité des relations sexuelles et une représentation de l'Afrique et des Africains directement issue des pires fantasmes américains et plus généralement colonialistes.

Coté casting secondaire, on a droit à Eriq La Salle (Benton dans Urgences) qui interprète un savoureux jeune premier arrogant, une brève apparition de Cuba Gooding Jr. (pour son premier rôle sur grand écran), Paula Brown, Tanya Lynne Lee. Dans ces années-là, il n'y a quasiment pas de casting afro-américain sans Samuel L. Jackson, ce film ne fait donc pas exception.
L'on retrouve ensuite des stars de la vaque "soul cinema" : James Earl Jones, Madge Sinclair, John Amos (qui, dans la série Roots, incarna Kunta Kinte, surnom dont les vieux du barbershop affublent affectueusement le prince Akeem), et un -trop- court passage avec Calvin Lockhart.
Coté technique, ont aussi fait leurs classes dans les productions soul des années 70 : le montage est assuré par George Folsey Jr. (qui -comme pour Un fauteuil pour deux- produit le film), les coiffures par Robert L. Stevenson et le maquillage par Rick Baker (que l'on avait vu en gorille dans The Thing With Two Heads) qui permet de véritables transformations des deux comédiens principaux.
Martin Lawrence plancherait sur un remake, Return To Africa, dont le personnage central, un ouvrier du Queens, apprend qu'il est l'héritier d'un royaume africain...

jeudi 21 octobre 2010

Let's Do It Again

Après le succès d'Uptown Saturday Night, Poitier remet le couvert avec son complice Cosby et il signe là sa meilleure comédie.

LET'S DO IT AGAIN - Sidney Poitier (1975)

Clyde Williams et Billy Foster (Sidney Poitier & Bill Cosby) sont deux amis. Clyde est laitier et Billy est dans la manutention ; ils sont respectivement chef de la sécurité et trésorier de la paroisse dirigé par le révérend Elder Johnson (Ossie Davis). Et ils doivent réunir 55000 $ pour en empêcher la destruction.
Ils profitent d'un voyage à New Orleans avec leurs femmes (Denise Nicholas & Lee Chamberlin) pour mettre sur pied un plan burlesque. Avec 20000 $ déjà récolté pour l'église, ils misent sur un combat de boxe.
Ils utilisent l'hypnose pour rendre invincible un boxeur chétif et parient sur son improbable victoire et en profitent pour raffler la mise après avoir escroqué de gros bonnet concurrents : Kansas City Mack (John Amos) et Biggie Smalls (Calvin Lockhart)
Mais six mois plus tard, KCM et ses hommes retrouvent nos deux compères ; ils ont éventé la combine et les obligent à répéter leur numéro d'hypnose...
Poitier reprend et pousse à son meilleur niveau la recette qui avait si bien marché dans Uptown Saturday Night : des personnages principaux simples et au grand cœur, qui se retrouvent dans une arnaque qui les dépasse. Nos deux pieds-nickelés multiplient les péripéties (Sidney Poitier en costume typique de mac', c'est une image qui vaut son pesant d'or !) et le tandem fonctionne à merveille : le flegme exagéré de Poitier compense l'intarissable flot du désopilant Cosby (dont vous verrez un grand moment ci-dessous).

Le film marque durablement les consciences, à l'image de la légende du rap "east coast" Notorious Big, qui utilisa le nom de Biggie Small, en référence au le malfrat campé par Calvin Lockhart.
Servi par une pléiade d'acteurs géniaux (sans doute un des meilleurs casting avec Friday Foster) qui apportent beaucoup au succès du film, campent des personnages exhubérants et prouve par là-même leur grande qualité de composition : Calvin Lockhart, Ossie Davis, Denise Nicholas, John Amos.
Un peu plus effacé dans des rôles subalternes, on trouve Julius Harris, Lee Chamberlin, Mel Stewart, Paul E. Harris, Val Avery, Doug Johnson, Talya Ferro et Morgan Roberts. Les cascades sont assurés par une équipe de choc : Bob Minor bien entendu, Gene LeBell, Jophery C. Brown et Henri Kingi.
Enfin, le film bénéficie en plus d'un soudtrack endiablé signé Curtis Mayfield et interprété par les Staple Singers.
Autant d'argument qui en font une des meilleures comédies de la vague blaxploitation !