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dimanche 16 février 2014

Civil Brand

Petit détour par ce film relativement inconnu et plus pertinent qu'il n'y paraît...

CIVIL BRAND - Neema Barnette (2002)

Condamnée pour avoir tué son mari violent, Frances (LisaRaye) arrive à Whitehead,un établissement pénitentiaire pour femmes.
Elle se lie avec Lil' Momma et Wet (Lark Voorhies & Monica Calhoun) ; elles lui apprennent les règles, les clans à éviter, le travail forcé à l''atelier de couture et les pratiques du capitaine Deese (Clifton Powell) qui harcèle les détenues et leur extorque des faveurs sexuelles.
Entre leurs conditions de travail esclavagistes et les violences des gardiens, les détenues fomentent la résistance...
Le scénario est signé Preston A. Whitmore II (Fled, Crossover, This Christmas), et la réalisation est assuré par une quasi-inconnue : Neema Barnette. Le budget de production est maigre (un demi-million) et les recettes plus encore ; le film rapporte seulement 250000 $. Les critiques sont assez dures, mais il acquiert une certaine renommée auprès du public et décroches des prix dans plusieurs festivals afro-américains.

Ecartons rapidement le négatif : la narration de la rapeuse Da Brat (demi-sœur à la ville de LisaRaye) s'avère un effet complètement raté ; en plus son jeu est trop exagéré et le résultat confine des fois à la parodie. Cette impression est d'autant plus renforcée dans la catastrophique VF ! Dommage, sa prestation dans Carmen : A Hip Hopera laissait espérer...
Une fois posée cette erreur manifeste, le film est plutôt intéressant, donnant la place centrale à des femmes et à leurs problématiques spécifiques : violences conjugales, mère seule, viol, exploitation...

Le casting, dirigé par Monica R. Cooper, est limité à une vingtaine de membres, dont la plupart on tout de même une certaine expérience : Monica Calhoun et LisaRaye avaient préalablement joué ensemble dans The Players Club et Gang of Roses, la rapeuse MC Lyte, la Lisa de Sauvés par le gong : Lark Voorhies (How to Be a Player, How High), N'Bushe Wright (Fresh, Dead Presidents, Blade, A Woman Like That), Tichina Arnold (Big Momma's House, The Lena Baker Story, Dance Flick et surtout la série Everybody Hates Chris).
Coté masculin, Mos Def incarne le sympathique gardien tandis que Clifton Powell entre dans la peau du salopard, un registre à contre-emploi qu'il maîtrise totalement.
Pour l'anecdote, le décorateur Tommy Estridge débute sur deux classiques de la blaxploitation : Friday Foster et Dr. Black, Mr. Hyde.

mercredi 5 février 2014

Carmen : A Hip Hopera

On quitte les buddy movies pour un passage rapide par la case comédie musicale avec cette Carmen revisitée...

CARMEN : A HIP HOPERA - Robert Townsend (2001)

Derek Hill (Mekhi Phifer) est un petit flic en uniforme de Philadelphie, fiancé et à la vie toute tracée. Mais il rencontre Carmen Brown (Beyoncé Knowles) et plus rien ne sera jamais comme avant !
D'abord Derek hésite à l'arrêter, malgré l'ordre de son supérieur le Lieutenant Miller (Mos Def). Ensuite au lieu de l'emmener directement au commissariat, il accepte de la déposer chez elle pour prendre quelques affaires... et bien sûr la belle le fait succomber à ses charmes. Au matin, Derek est cueilli par Miller et envoyé en prison.
De son coté, Carmen et ses copines (Rah Digga & Joy Bryant) rencontrent la star du rap Blaze (Casey Lee), qui tombe sous le charme de Carmen et lui propose de l'accompagner à Los Angeles ; ses amies acceptent, elle refuse attendant la libération de Derek. Et lorsqu'il sort, les deux tourtereaux s'envolent pour L.A. mais les ennuis s'accumulent...
Dans la fin des années 80, les réalisateurs afro-américains étaient rares, ceux qui osaient avoir un avis sur la place des Noirs à Hollywood se comptaient sur les doigts d'une main. Robert Townsend en faisaient parti avec des films aussi réussis qu'Hollywood Shuffle et The Five Heartbeats (et les plus légers The Meteor Man et B*A*P*S). Mais la voie de l'indépendance n'est pas un chemin pavé de roses et Towsend s'est vu cantonné dans les années suivantes à réaliser pour des séries et films pour la télévision.
Ici, il est aux commandes d'une production MTV qui bénéficie d'un casting pour le moins alléchant, dont les trois principaux : Beyoncé, Mekhi Phifer et Mos Def !

L'opéra Carmen, lui-même tiré d'un roman, a été maintes fois adapté au cinéma. Mais, il n'avait pas eu de transposition dans un milieu afro-américain depuis l'intéressant Carmen Jones d'Otto Preminger avec Dorothy Dandridge et Harry Belafonte.
De Carmen, cet "hip hopéra" s'écarte un peu trop à mon sens : d'abord par le dénouement qui change donc l'esprit général par rapport à l’œuvre originale, ensuite par la BO -pas mauvaise- qui ne reprend aucun des thèmes majeurs (et ultra-connus) de Bizet. La réalisation efficace, mais sans génie, et Towsend ne parvient pas à faire de ce téléfilm autre chose qu'une succession de (plus ou moins bons) clips.

La prestation de Beyoncé, Mekhi Phifer et Mos Def est de bonne tenue. Les deux derniers s'en sortent même très bien dans les phases de jeu classique et préparent déjà leur reconversion de la musique vers les petits et grands écrans.
Mais les surprises de la distribution ne s'arrêtent pas là. Il y a Wyclef Jean en diseur de bonne aventure, le tout jeune Lil' Bow Wow qui fait ses premiers pas d'acteur ou encore la star de la blaxploitation Fred "The Hammer" Williamson toujours aussi athlétique !
Citons encore Michael Elliot (Like Mike, Brown Sugar, Just Wright), les B-girls Rah Digga et DaBrat (rapeuse de seconde zone et demi-sœur de l'actrice LisaRaye, avec qui elle joue dans Civil Brand), Casey Lee (pote des frères Wayans qui jouent plusieur fois à leurs cotés dans Don't Be a Menace, la série TV, White Chicks, Dance Flick) ou encore Joy Bryant pour son premier film (on la retrouvera au fil des ans dans des seconds rôles dans Showtime, Baadasssss !, Get Rich or Die Tryin et Welcome Home, Roscoe Jenkins...)

dimanche 13 mai 2012

Next Day Air

Dans la catégorie indie, ce Next Day Air est plutôt une réussite et joue autant sur la comédie que sur l'action...

NEXT DAY AIR - Benny Boom (2009)


Leo Jackson (Donald Faison) est un livreur de colis tête-en-l'air qui travaille dans l'entreprise "Next Day Air" de sa mère (Debbie Allen) ; il multiplie les erreurs, le mettant au bord du licenciement. Mais sa plus grosse boulette est de livrer par erreur une caisse d'une dizaine de 10 kilos de cocaïne pure à deux malfrats ratés : Brody et Guch (Mike Epps & Wood Harris) vont se mettre en quête de couper et revendre la marchandise.
Quant à Jesus (Cisco Reyes) qui devait recevoir le colis, il se lance sur la piste de Leo persuadé que celui-ci l'a arnaqué...
Doté d'un budget de seulement 3 petits millions de dollars, le film atteint les 10 millions au box office ; ce qui en fait un film plus que rentable. Les critiques l'ont accueilli de manières très différentes, d'aucun reprochant de n'avoir pas trouvé la voie entre comédie et action. Il est clair qu'il y a un fossé pas toujours cohérent entre les saynètes comiques et certaines scènes ultra-violentes (à l'image du final survolté), mais je préfère pour ma part m'arrêter sur les aspects positifs.

D'abord pour la réalisation, le budget minimal oblige le réalisateur à des astuces visuelles et à un effort dans le montage. Ainsi, on assiste plus à un film de fac tourné pour délirer qu'à un blockbuster hollywoodien, mais le résultat est pourtant à la hauteur et bien supérieur à certaines comédies d'action aux mirobolants budgets (comme par exemple The Adventure of Pluto Nash ou I Spy).
En plus, il faut signaler que pour un film avec des bad boys les dialogues sont plutôt bien ficelés et ne sont pas qu'une succession de "fuck". Benny Boom, le réalisateur, a même banni l'utilisation de "nigger", ce qui est assez rare pour le signaler.
Par ailleurs, les similitudes avec Half Baked sont troublantes : l'intrigue centrale des bras-cassés qui vendent la drogue qu'ils ont trouvé par hasard, ou encore l'inconnu qui dort sur leur canapé...

Forcément le générique n'aligne pas les grandes vedettes, mais la directrice de casting Robi Reed fait des miracles pour des cachets probablement peu élevés en dégotant Donald Faison et Mike Epps, ou encore en guest le rappeur et acteur Mos Def. Citons aussi Wood Harris, Omari Hardwick, Darius McCrary, Malik Barnhardt, Kevin Benton et Debbie Allen ; cette dernière débuta comme actrice à la fin de la blaxploitation (dans les téléfilms The Greatest Thing That Almost Happened, Roots 2, Ebony, Ivory and Jade et les films The Fish That Saved Pittsburgh et Fame puis se consacre surtout à la réalisation -essentiellement de séries. Le cascadeur Julius LeFlore -ici en charge de la coordination- commença dans la même période avec Drum ou A Piece of the Action.

lundi 9 avril 2012

Be Kind Rewind

Si l'on peut voir certaines similitudes entre Soyez sympas, rembobinez et Universal Remote, la qualité est ici au rendez-vous et le résultat est à la fois hilarant et émouvant...

BE KIND REWIND - Michel Gondry (2008)
Monsieur Fletcher (Danny Glover) est le propriétaire d'un vidéo-club d'un autre âge : il loue uniquement des VHS et refuse d'enlever des rayons les grands classiques rarement empruntés. Alors qu'il doit s'absenter quelques jours, il confie le magasin à son employé, Mike (Mos Def).
Jerry (Jack Black) est le fantasque et paranoïaque pote de Mike. Suite à un accident incroyable, Jerry est "magnétisé" et au contact des VHS, le film disparaît des bandes. Madame Kimberley (Mia Farrow) veut louer Ghostbuster, les deux amis vont tenter de donner le change en retournant eux-mêmes le film...
En outre, M. Fletcher risque de perdre son magasin et son appartement (où serait né Fats Waller) s'il ne dégage pas de meilleurs bénéfices...
Produit pour 20 millions de dollars, cette comédie étonnante en rapporte plus de 30 à travers le monde, et reçoit en sus des critiques positives et bienveillantes.
C'est peu dire comme cette comédie est atypique. L'intrigue parfaitement surréaliste et l'univers est ancré dans le réel en le sublimant et le rendant magique. Tout en rendant hommage à de nombreux blockbusters, la magie s'opère à travers la mise en scène de la vie -imaginée- de Fats Waller.

Outre Ghostbuster, les fantasques héros rejouent Rush Hour 2, RoboCop, 2001: A Space Odyssey, Boyz N the Hood, Driving Miss Daisy, When We Were Kings, Carrie... et des dizaines d'autres films sont évoqués par les personnages, par des plans sur leurs jaquettes ou dans la listes de films sweded : de Stormy Weather à House Party en passant par Who's the Man ? ou Friday.
Le résultat est un vrai patchwork de toute sorte de références culturelles rarement mélangées : il y en a pour les geeks fan des films d'action des 90s, pour les fans de jazz, les aficionados des comédies burlesques, les amoureux des VHS ou des films muets...
Gondry -auteur de Block Party- évoque, souvent par l'absurde, les problématiques liées à la couleur dans le cinéma US ; la scène où Jack Black débarque naïvement en blackface au milieu de ses voisins afro-américains est aussi juste qu'hilarante !

Le casting est à l'image du film : éclectique ! Il rassemble le rappeur Mos Def, le comédien -souvent lourdaud- Jack Black, le dinosaure Danny Glover, des guests de qualité comme Mia Farrow, Sigourney Weaver et Kid Creole (chanteur rare sur les écrans, il apparaît dans Identity Crisis).
Au fur et à mesure que l'intrigue se noue, les amateurs, les habitants du quartier où se déroule le tournage ou encore des techniciens -à l'image de Irv GoochMalcolm X, Crooklyn, Clockers et Summer of Sam de Spike Lee)- envahissent l'écran, symbolisant l'aventure collective de la production du film dans le film.
Par ailleurs participent aussi Booker T. Jones et Steve Cropper, respectivement le pianiste/organiste et le guitariste du mythique groupe soul Booker T. & the M.G.s (qui avait signé la BO de Up Tight !).

dimanche 26 février 2012

Block Party

Avec ce véritable OVNI dans la galaxie des comédies afro-américaines, Dave Chappelle et Michel Gondry réussissent un film drôle et authentique...
BLOCK PARTY - Michel Gondry (2005)


Le comédien Dave Chappelle, star de la télé dans le culte Chappelle's Show et aux apapritions cinématographiques remarquées (The Nutty Professor, Half Baked, Blue Streak, Undercover Brother) organise un énorme concert à Brooklyn ; un concert gratuit et dans la rue où les plus grandes stars du hip hop et de la soul viennent jouer sans cachet à la clé...
Le film en lui-même est original et frais (rappelant Wattstax ou Soul to Soul), mais c'est plus généralement le projet qui est incroyable et magique. Tout vient de Dave Chappelle qui contacte le réalisateur atypique Michel Gondry avec l'idée saugrenue d'organiser une block party, un concert de hip hop à l'ancienne, dans la rue.
Le budget est minime, et le film se paye le luxe de quadrupler la mise, avec près de 13 millions de dollars au box office. Depuis il a assuré son succès en vidéo. Le réalisateur français Michel Gondry est épaulé par sa sa directrice de la photo Ellen Kuras (qui travaille avec lui sur Eternal Sunshine of the Spotless Mind et Be Kind Rewind), elle a aussi opéré sur plusieurs films et documentaires de Spike Lee (4 Little Girls, Summer of Sam, He Got Game, Bamboozled, Jim Brown: All American, A Huey P. Newton Story et 25th Hour.

Les séquence sont de trois ordres et s'entrecroisent habilement. D'une part, il y a le concert bien sûr avec les prestations de Chappelle lui-même et de grands noms du hip hop et de la soul : Mos Def, Erykah Badu, Kanye West, The Roots, Dead Prez, Jill Scott, Talib Kweli, Big Daddy Kane... ainsi que The Fugees qui se reforment pour l'occasion. Ils sont tous visiblement motivés par le projet et offrent d'incroyables performances, accompagnés de musiciens et même d'une fanfare. Le seul crève-cœur est indubitablement l'absence de sous-titres pour les chansons !
D'autre part, Chappelle nous convie dans les coulisses de l'évènement, aussi bien dans la logistique que lors des discussions off avec les artistes.
Mais le plus intéressant reste le concept original des invitations que Dave Chappelle délivre en personne ; il retourne dans sa bourgade natale, dans l'Ohio pour inviter une fanfare locale, rencontre les commerçants de son quartier de résidence, sillonne les rues de Brooklyn armé de son mégaphone, discute avec les habitants de tous horyzons et offre les places pour le concert, assurant par là même le succès de sa Block Party.

Si l'ambiance est à la fête, Chappelle tient aussi à insuffler un aspect politique à son projet, en lui-même idéologiquement intéressant. En témoignent entre autres la présence du groupe Dead Prez qui se revendiquent révolutionnaires ou encore un pladoyer pour la libération des prisonniers politiques repris par la foule le poing levé et slamé par Fred Hampton Jr. le fils d'un des leaders des Black Panthers, militant lui aussi.


vendredi 9 décembre 2011

Showtime

2002 : sale année pour les entrées engrangées par les films d'Eddie Murphy. Pourtant ce Showtime est le moins raté...


SHOWTIME - Tom Dey (2002)



Deux flics que tout oppose -Trey Sellars (Eddie Murphy) qui rêve de paillettes et de gloire et l'inspecteur Mitch Preston (Robert De Niro)- un vieux policier consciencieux, deviennent les héros d'une émission de téléréalité intitulée Showtime qui les suit dans leurs enquêtes.
La collaboration Murphy-De Niro fleure bon la commande hollywoodienne. Leurs rôles sont effectivement formatés et le ressort de leur duo est sans surprise : De Niro jouant le grognon et Murphy le bouffon. Les résultats d'exploitation s'en ressentent, puisque le public semble bouder cette comédie d'action qui sent le réchauffé ; les recettes n'atteignent pas le budget de production, et l'année 2002 commence sous de bien mauvais auspices pour Murphy (viendront de véritables gouffres financiers comme The Adventures of Pluto Nash et I Spy)

Le casting noir est peu développé mis à part Zaid Farid (Bowfinger et Life) et Kadeem Hardison (I'm Gonna Git You Sucka, White Men Can't Jump, Panther, The 6th Man, Vampire in Brooklyn, School Daze) et Freez Luv (House Party 3, Dangerous Minds, Baby Boy, The Hustle, Love and a Bullet, The Cookout 2). En guest le rappeur Mos Def et l'avocat médiatique Johnnie Cochran.
Lien

vendredi 28 octobre 2011

Bamboozled

Voilà un film de Spike Lee -plus ou moins oublié et politiquement très incorrect- mais qui fait pour moi parti de ses meilleures productions. Titré The Very Black Show en Français, le film est quasiment entièrement tourné en caméra digitale donnant une impression de docu (on retrouve même un montage et des effets parfois très proche du Sweet Sweetback... de Melvin Van Peebles) 


BAMBOOZLED - Spike Lee (2000)
 
Pierre Delacroix (Damon Wayans) est un scénariste afro-américain ; il travaille pour une chaîne de télé et se voit refuser son dernier show jugé "pas assez black" par son patron. Il prépare alors un projet explosif : ressusciter le concept de minstrel show (spectacle où des acteurs blancs noircis au cirage interprétaient des numéros clownesques, de mauvais tours de claquettes et débitaient des sortes de "blagues") ; mais là, les deux acteurs principaux seront des Afro-Américains maquillés en noir. Rebaptisés Mantan (Savion Glover) et Sleep’n Eat (Tommy Davidson) deviennent les héros de Mantan : the New Millenium Minstrel Show où ils reprennent les sketchs , postures, danses et stéréotypes les plus éculés de la tradition raciste des minstrel shows.
Contrairement à l'idée du créateur Pierre Delacroix, le public est au rendez-vous et le show devient pour les Afro-Américains comme pour les Blancs un véritable succès (chaque spectateur est noirci et déclare au présentateur "I'm a nigger").
Un final magistral montage d’extraits de vieux minstrel show, de films avec Stepin Fetchit, Mantan Moreland et autres Autant en emporte le vent, Song of the South ou The Jazz Singer, et de cartoons racistes (dont nous avons déjà parlé). Un final qui exprime et symbolise une violence inouïe pour des millions de Noirs asservis, puis mis au ban de la société et parallèlement caricaturés, animalisés et infantilisés dans les films, shows ou cartoons durant tous le XXème siècle. Les deux publicités censées sponsoriser l'émission sont plus vraies que natures et complètement tordante (ci-dessous).
Dans ce film Jada Pinckett-Smith occupe l’unique rôle positif et l'incarne à merveille. Et l'on peut sourire quand on sait la réputation de misogynie faite à Spike Lee qui donne en réalité aux femmes des rôles majeurs dans ces histoires... Le producteur campé par Michael Rapaport est parfait en "spécialiste des afro-américains" exalté aux multiples photos de sportifs noirs mais aux préjugés bien ancrés. Quant à Damon Wayans il interprète un personnage profond, ambigüe plus dramatique que comique et s'en sort plutôt bien dans ce registre.
Thomas Jefferson Byrd, acteur qui revient dans de nombreux films de Lee, fait lui aussi une performance énorme dans le rôle du chauffeur de salle, Honeycutt. A signaler enfin le rappeur Mos Def (Civil Brand, Showtime, Block Party, Be Kind Rewind, Next Day Air) ou le révérend Al Sharpton et Johnny Cochran dans leurs propres rôles...