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mercredi 15 février 2012

Beauty Shop

Le personnage de Queen Latifah avait été soigneusement intégré à Barbershop 2 : Back in Business préparant la sortie de ce produit dérivé sans grand intérêt...

BEAUTY SHOP - Bille Woodruff (2005)


Gina Norris (Queen Latifah), une coiffeuse de Chicago, a déménagé à Atlanta pour permettre à sa fille de prendre des cours de piano. Elle est obligé de travailler pour un patron infect et mégalo, Jorge (Kevin Bacon). Mais, lassée de ses ordres incohérents et de son mépris, elle démissionne. Elle parvient à racheter un salon tombé en désuétude et le retape... Elle ouvre rapidement le Gina's Beauty Shop qui va connaître un succès fulgurant.
Mais lorsqu'elle commence à récupérer des clientes de son ancien boss Jorge, celui-ci est prêt à employer tous les moyens pour contribuer à sa perte...
Devancé sur le créneau par Nora's Hair Salon, Hair Show puis The Salon, ce Beauty Shop bénéficie d'un coup de pouce efficace puisqu'il est présenté comme le spin-off des Barbershop. Il bénéficie d'un budget de production conséquent (et de guests blancs, comme Kevin Bacon et Andie MacDowell, élargissant le public potentiel) et, en comparaison des autres, il engrange de conséquents bénéfices.
Difficile donc de ne pas faire la comparaison avec les deux Barbershop. Et justement, on est en droit d'être un peu déçu. La réalisation Bille Woodruff (spécialisé dans les clips) est tout à fait ordinaire, le scénario est quasiment inexistant et l'essentiel repose sur des dialogues censés être pétillants. Mais là où les discussions et engueulades des mecs du Barbershop étaient bien senties et diverses, les conversations de ces dames se limitent malheureusement aux mecs, à leur physique et les grands sujets de désaccord portent sur la chirurgie esthétique.
En plus, beaucoup de personnages sont justes transposés au féminin, telles "la-blanche-qui-sait-mieux-coiffer-les-noires".

Heureusement le casting concocté par Victoria Thomas et Kim Coleman tient la route. Spécialement Queen Latifah, qui porte réellement le film par sa performance pêchue et son omniprésence à l'écran. Débutant vraiment dans Amistad, Djimon Hounsou a gagné ensuite ses galons avec Gladiator ou Blood Diamond ; c'est étonnant de le voir là, mais sa performance est plutôt bonne (dernièrement, il prêtait sa voix à T'Challa, la Panthre Noire). A part Hounsou et Omari Hardwick (Next Day Air, Sparkle), ce sont surtout aux actrices que le casting fait la par belle : la comédienne Sheryl Underwood (I Got the Hook Up, Bulworth), Della Reese (plutôt incontournable dans les séries TV, elle se fait rare au cinéma, n'apparaissant que dans Harlem Nights, The Distinguished Gentleman et A Thin Line Between Love and Hate), LisaRaye (The Players Club, The Wood, Civil Brand, Gang of Roses), Keshia Knight Pulliam (Madea Goes to Jail), Alfre Woodard, Sherri Shepherd, Paige Hurd...

mardi 29 mars 2011

Bulworth

Voilà une comédie pour le moins étonnante, qui plonge dans le quotidien et les luttes afro-américaines du point de vue d'un sénateur blanc dépressif...

BULWORTH - Warren Beatty (1998) 

Le sénateur démocrate Jay Billington Bulworth (Warren Beatty) est en campagne pour sa réélection. Mais il est surtout dans une période dépressive intense. Tandis qu'il contracte une assurance-vie de 10 millions de dollars (en échange de son rejet d'une loi sur les aides sociales), il passe un contrat sur sa propre tête.
Mais, dans une église afro-américaine, il répond tout d'un coup avec une sincérité teintée de cynisme à l'assistance médusée... Captivée par son franc-parler, Nina (Halle Berry) et ses amies veulent participer à sa campagne et le sénateur Bulworth les suit dans un club hip-hop. A partir de là, il rappe lors de ses discours auprès des industries pharmaceutiques et hurle "Socialism !", accuse de racisme les producteurs hollywoodiens, dénonce la collusion média/politique/trusts...
Bulworth reprend -par ces facéties et la compagnie de Nina- goût à la vie tout en se plaisant à dire la vérité. Mais le contrat sur sa tête n'est pas annulé...

Warren Beatty est ici scénariste, réalisateur, producteur et interprète. On n'atteint pas la précision et le niveau politique de Reds, sa grande fresque biographique sur le le plus bolchévique des Américains, John Reed. Mais Warren Beatty se sort très bien de ce film qui aurait pu être une énième comédie libérale paternaliste.
Initialement produit par la Fox, on comprend largement que cette boîte de production, plutôt enclin aux thèses réacs, ait freiné des quatre fers lors de la sortie du film, en en limitant au maximum la distribution ; et les bénéfices arrivent à peine à compenser le budget initial. A mon goût, ce film est une des comédies les plus pertinente de cette décennie : on rit, on vibre et on réfléchit. Une alchimie finalement assez rare...

Le personnage peut paraître teinté de paternalisme ; mais à y regarder de près, l e déroulement des évènement bat en brèche cette hypothèse et donne un caractère plus probable et réaliste aux évolutions du personnage principal. Autant dire qu'il part de loin, et sa récente conversion progressiste ne comble pas des années de socialisation dans un milieu blanc, riche et dominant. Les personnages noirs eux font office de remise sur les rails de la réalité : pauvreté, racisme, habitats insalubres et délinquance mais aussi instruction, solidarité, résistance...
Or les références politiques et culturelles traduisent un véritable intérêt pour la communauté afro-américaine, ses modes de vie et ses luttes. Et la bande-originale résume bien le "métissage" des tendances dont ce nourrit ce film : une partition originale signée du grand Ennio Morricone, mais aussi des hits endiablés de Public Ennemy, Dr. Dre, Wu Tang Clan ou Cypress Hill.

Les seconds rôles sont pléthores : Halle Berry, Don Cheadle, Thomas Jefferson Byrd, Michael Clarke Duncan, John Witherspoon, Helen Martin, Sheryl Underwood, Barry Shabaka Henley, Lee Weaver, Wendell Pierce, James Pickens Jr., Armelia McQueen, Myra J., Isaiah Washington, Ariyan A. Johnson... Coté casting blanc, on a tout de même droit à Paul Sorvino, mais aussi William Baldwin et Larry King.
Plus surprenante est la présence du militant, philosophe et universitaire Amiri Baraka, qui fait de brèves apparitions mais tient une place très particulière.

lundi 28 mars 2011

I Got the Hook Up

Alors que Who's the Man ? revêtait un coté bon enfant et pouvait se laisser voir avec nostalgie, cette comédie signée Master P peine à faire sourire...

I GOT THE HOOK UP - Michael Martin (1998)


Black et Blue (Master P & Anthony Johnson) sont deux petits revendeurs avec leur camionnette, véritable caverne d'Ali Baba remplie de téléviseurs, chaînes stéréos et autre matériel audio-visuel. Ils reçoivent par erreur une cargaison de téléphones portables qu'ils revendent sans attendre et qui leur rapporte un max.
Mais les téléphones présentent des défauts surprenants et leurs "clients" se retournent contre eux, en particulier le gangster T-Lay (Tommy "Tiny" Lister) qui rate une affaire importante à cause de ces dysfonctionnements. Pour rajouter à leurs soucis, le FBI enquête sur ce trafic...

Le budget de production est ridicule (à peine 3,5 million de dollars) et le film rapporte trois fois plus. Si l'on rit, c'est incontestablement de la pauvreté du scénario et de la composition des personnages. Ce pourrait être un véritable film bis si tout cela n'était que du second degrés ; mais on peut en douter, d'autant plus vu les autres films écrits et joués par Master P.
"Mother Fucker", "Nigger" et "bitches" composent l'essentiel des dialogues, la misogynie dégouline, et l'image des Afro-Américains est catastrophique (ce qui est d'autant plus regrettable que le réalisateur Michael Martin et les scénaristes sont précisément afro-américains).

Anthony Johnson tient pour la première fois le haut de l'affiche, et autant dire que face à son alter-ego rappeur Master P on voit qu'il est acteur. Dommage que ce soit dans ce piètre film à peine comique qu'il tienne un premier rôle. Les autres personnages sont largement pompés sur Friday, et l'on retrouve Tommy "Tiny" Lister, John Witherspoon et même Ice Cube. Plusieurs autres rappeurs font d'ailleurs de brèves apparitions, à l'image de Snoop Doggy Dogg.
Deux acteurs sont rescapés de l'ère "blaxploitation". D'abord, Will Gill Jr. (qui joue un bref rôle dans Friday Foster). Mais surtout Helen Martin, dont c'est malheureusement le dernier film ; cette grande dame accompagna plusieurs générations d'acteurs et réalisateurs, avec une carrière de près de 50 ans et des participations à de prestigieux films soul tels que Cotton Comes to Harlem et dans les années 80 et 90 à toute sorte de comédies urbaines (Hollywood Shuffle, House Party 2, Beverly Hills Cop 3, Don't Be A Menace... et Bulworth) .