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lundi 28 mai 2012

Something Like a Business

Deuxième essai raté pour Russ Parr, avec cette comédie parfois drôle mais qui a du mal à susciter de l'intérêt...

SOMTHING LIKE A BUSINESS - Russ Parr (2010)


A la mort de son oncle (David Alan Grier) qui était à la tête d'un réseau d'escort girls, c'est au tour de JoJo (Kevin Hart) de reprendre l'entreprise familiale.
Lui qui a toujours vécu sous la protection de cet oncle fantasque, Jojo doit maintenant s'habituer aux codes du métier, reconstruire son équipe, faire face à la concurrence de Sexy Silk (Clifton Powell) et composer avec la police...
Avec Love for Sale, Russ Parr laissait présager mieux que cette comédie assez commune qu'on a l'impression d'avoir déjà vu et revu. Bien sûr le petit budget et le format, un peu sous forme de successions de sketches, forcent à de nombreuses lourdeurs ! Mais certains moments sont quand même hilarant, comme la parodie de Denzell Washington dans Training Day.
Cependant, même si le réalisateur est afro-américain, certaines caricatures interrogent, à l'image des tough guys se jetant sur un régime de bananes... Pour ma part, Russ Parr ne trouve pas vraiment sa voix, et l'on a du mal à différencier le premier et le second degré.

Outre Kevin Hart, Clifton Powell et Kym Whitley qui reviendront aux cotés de Russ Parr dans 35 and Ticking, le casting est assez impressionnant, alignant Keith David, David Alan Grier, Tasha Smith, J. Anthony Brown, Chris Spencer, John Salley, Tracey Cherelle Jones, Earthquake, Lester Speight...

mardi 8 mai 2012

The Players Club

Je profite de la chronique sur The Janky Promoters pour réparer un oubli : The Players Club le seul film d'Ice Cube en tant que réalisateur...

THE PLAYERS CLUB - Ice Cube (1998)



Diana Armstrong (LisaRaye) est une jeune fille indépendante ; elle quitte la maison familiale pour suivre ses études, tout en élevant seule son fils. Elle rencontre Tricks et Ronnie (Adele Givens & Chrystale Wilson) qui l'incitent à travailler dans le club de striptease de Dollar Bill (Bernie Mac). Diana étudie le jour et danse la nuit, en évitant au maximum de traîner dans les histoires louches de ses collègues.
Lorsque sa cousine Ebony (Monica Calhoun) débarque en ville quatre ans plus tard, Diana doit la prendre sous son aile. Ebony est embauchée à son tour au club, mais se trouve vite confronter à l'alcool, à l'argent facile et elle n'a pas la force de caractère de Diamond pour y résister.
Le budget est minime (5 millions de dollars) mais aligne une incroyable liste d'acteurs et actrices afro-américains : Jamie Foxx, Bernie Mac, LisaRaye, Faizon Love, Tommy "Tiny" Lister, Michael Clarke Duncan, Monica Calhoun, Anthony J. Johnson, Badja Djola, Alex Thomas, Terrence Howard, Charlie Q. Murphy, Oren Williams, Jossie Thacker, Adele Givens, Samuel Monroe Jr., Chrystale Wilson, Clyde Jones, Tracey Cherelle Jones... ainsi que les rapeurs Luther "Luke" Campbell et Master P.
Enfin Ice Cube s'adjoint les services de quelques "anciens" tels John "Kunta" Amos, Judyann Elder (Melinda et le téléfilm A Woman Called Moses) et Dick Anthony Williams (Up Tight !, The Lost Man, The Mack, Slaughter's Big Rip-Off et Five on the Black Hand Side).
Ces castings pléthoriques ne sont pas toujours gage de qualité ; cependant ici chacun est utilisé avec parcimonie, faisant du liant entre les différentes histoires qui se télescopent.

C'est le seul film d'Ice Cube comme réalisateur (il porte aussi les casquettes de producteur, scénariste et acteur). Il prend la bonne décision en ne reprenant pas plus tard la caméra, car ses talents pour la réalisation sont assez limités. Par contre, il est accompagné des professionnels consacrés du moment : le chef opérateur Malik Hassan Sayeed, les maquilleuses Debra Denson et Stacye P. Branche, la directrice de casting Kim Hardin (Monica R. Cooper), la monteuse Suzanne Hines ou encore les cascadeurs William Washington, April Weeden-Washington, Eddie L. Watkins et Big Daddy Wayne.

En plus, son scénario tient la route. Entre action, drame, humour et charmes, on ne s'ennuie pas et même on réfléchit ; en effet, Ice Cube propose derrière une apparente légèreté des thèmes pertinents. D'abord, mettre une femme au premier plan est plutôt une gageure et reste rare encore en cette fin des 90s ; ce personnage principal (confié à LisaRaye qui débute au cinéma) est en plus celui d'une femme forte et indépendante.
En outre, Ice Cube filme les séquences de strip avec une certaine retenue, et aborde de front certains sujets comme le marché du sexe, les violences faites aux femmes et même le viol.
Ensuite, on peut aussi imaginer qu'en utilisant à contre-emploi Dick Anthony Williams (habitué aux rôles de mac rutilant dans les 70s) comme un père de famille protecteur pas très heureux de savoir sa fille danser dénudée, Ice Cube pose un regard critique sur l'apologie des pimps dans les produits culturels afro-américains, de la blaxploitation aux urban films. Enfin, et sans dévoiler la fin en partie tragique, il se donne un -petit- rôle plutôt positif en posant les limites de l'acceptable.

Certaines scènes sont tout simplement jubilatoires comme cette danseuse fessant un flic en lui faisant hurler "I'm Black and I'm proud !" (et je ne résiste pas à vous la faire partager) :

vendredi 6 janvier 2012

Bringing Down the House

Ni Steve Martin ni Queen Latifah ne ressortent grandi de ce mauvais Bronx à Bel Air...

BRINGING DOWN THE HOUSE -
Adam Shankman (2003)




Peter Sanderson (Steve Martin) est un avocat d'affaire ambitieux, bourreau de travail et plutôt coincé qui cache à ses collègues que sa femme l'a quitté. Il s'autorise cependant une folie : il chate avec Charlene Morton (Queen Latifah) et les deux cyber-tourtereaux se rencontrent enfin. Or Charlene n'est ni juriste, ni bardée de diplômes et surtout c'est une Afro-Américaine, échappée de prison en sus !
Elle compte sur Peter pour l'aider à prouver son innocence et est prête à utiliser tous les moyens pour s'assurer son soutien...
Si certain petit film que l'on aborde négativement peuvent s'avérer plus sympathique que prévu, j'avais regardé celui-ci avec l'à-priori positif de l'hilarant Bowfinger avec Steve Martin et Eddie Murphy et la déception fut d'autant plus grande ! Le film a pourtant été un succès inattendu, en quintuplant les bénéfices par rapport au coût de production (165 millions de dollars contre 33). La BO est signé du compositeur aux multiples thèmes cultes de Mission impossible à Mannix en passant par Starsky & Hutch : Lalo Schifrin (on lui doit aussi dans la période blax les BOF de Golden Needles, Hit ! et Enter the Dragon).
De facture assez classique sur la forme, le film a l'apparence sur le fond d'un prêche pour la tolérance... Or tout fonctionne sur des préjugés racistes, c'est à dire une différenciation entre Blancs et Noirs et l'attribution à chacun de stéréotypes. Je suis d'ailleurs fort étonné que Queen Latifah, qui co-produit par ailleurs, ait décroché pour l'occasion la récompense annuelle de la NAACP ?!? Celle-ci se retrouve quand même dans le costume d'une mammy, la nounou traditionnelle des films sur le Vieux Sud et une figure récurrente des productions hollywoodienne raciste !

Si l'on accroche au genre, le duo Martin/Latifah peut faire sourire ; pour ma part le plus amusant est probablement Eugene Levy, dont le rôle de pervers libineux est assez drôle.
Relégués à quelques rôles subalternes, les Noirs sont peu présents dans le casting, citons Jernard Burks (The Preacher's Wife, Down to Earth, Starsky & Hutch, Four Brothers), Tracey Cherelle Jones (Don't Be a Menace..., The Players Club, Baby Boy), Sundy Carter (State Property, Boss'n Up, Soul Plane, Next Day Air), Steve Harris (Sugar Hill, Diary of a Mad Black Woman), et le rappeur chrétien Deezer D (Cool as Ice, CB4, Fear of a Black Hat, The Great White Hype, Bones).
Lien

lundi 21 mars 2011

Don't Be a Menace...

Deux jeunes Wayans se lancent dans un projet intéressant : une parodie déjantée et hilarante des films urbains des années 90.

DON'T BE A MENACE TO SOUTH CENTRAL
WHILE DRINKING YOUR JUICE IN THE HOOD
Paris Barclay (1996)

Ashtray (Shawn Wayans) est confié à son père (qui semble plus jeune que lui) pour lui apprendre à être un homme.
Accompagné de Loc Dog (Marlon Wayans), Preach, le prêcheur afro-centriste fanatique des femmes blanches et Crazy Legs, paralysé suite à un drive-by, qui rêve de devenir danseur, Tray se rend à une party où il tombe amoureux de Dashiki, une jolie jeune mère de sept enfants (de pères différents). Elle tombe enceinte quelque minutes après leur premier rapport...
Tray ne sait pas s'il doit quitter le ghetto avec sa bien-aimée ou rester glander au quartier avec ses potes. En attendant de prendre un décision, il continue sa petite vie faite de visites à sa grand-mère (Helen Martin), de parties de pêche avec son jeune père ou de sorties avec Loc Dog, Crazy Legs et Preach.

Ce film se présente comme une parodie des films sur le ghetto La trame de reprend celles de Boyz N the Hood (avec le prénom détourné "Tre" en "Ashtray" qui veut dire "cendrier" : une blague qui donne le ton de l'humour Wayans) et Menace II Society, mais l'on retrouve des pastiches des scènes les plus marquantes de la période de Juice à Dead Presidents, en passant par Poetic Justice, New Jack City ou même Jungle Fever.
L'humour de Shawn et Marlon Wayans, il faut adhérer, c'est sûr. Pour celles et ceux qui ne connaissent pas c'est un peu du Zucker-Abraham-Zucker afro-américain et on leur doit la série des Scary Movie. Je suis plutôt bon public pour ce qui concerne les comédies, donc pour moi ce film est vraiment tordant.
Sa force est de mettre un focus sur les pires stéréotypes du genre "movie in the hood" et de les caricaturer à outrance. Certains acteurs reprennent même des rôles qu'ils jouaient dans les films originaux tels que Omar Epps (dans Higher Learning) ou Toshi Toda (l'épicier de la mythique scène d'ouverture de Menace II Society).

Les parodies se succèdent et sont toutes réussies, à la fois lourdingues et pertinentes, comme la scène du drugstore où l'épicière coréenne et son mari suivent partout Tray et Loc-Dog alors qu'un Blanc se sert allègrement dans les rayons et la caisse, ou encore lorsque la mère de Tray affirme : "Désolé, les femmes noires positives n'ont pas leur place dans ces films".

La famille Wayans est représésentée dans toutes ses composantes : Shawn et Marlon bien sûr, les architectes du projet, Keenen Ivory qui scande "message !" à chaque passage moraliste, mais aussi Kim, le neveu Damien Dante...
La directrice de casting Jaki Brown met aussi le grappin sur Bernie Mac et deux stars blax' : Antonio Fargas et l'increvable Helen Martin qui joue les grand-mère depuis 30 ans (en commençant pas Cotton Comes to Harlem jusqu'à Bulworth, en passant par A Hero Aint'...)