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lundi 26 mars 2012

I Think I Love My Wife

Quatre ans après Head of State, Chris Rock réalise son second long métrage : Je crois que j'aime ma femme.

I THINK I LOVE MY WIFE - Chris Rock (2007)

Richard Cooper (Chris Rock) est un père de famille apparemment comblé : il a un travail qui lui rapporte un confortable salaire et est marié à la jolie et intelligente Brenda (Gina Torres), ils ont ensemble deux enfants et un belle maison dans la banlieue new-yorkaise.
Mais Richard s'ennuie ferme dans cette vie pépère où, en plus, il ne couche plus avec sa femme, se contentant de fantasmer sur toutes les filles qu'il croise... Alors quand la plantureuse Nikki (Kerry Washington), une amie de jeunesse, débarque dans son bureau et dans sa vie, les questionnements affluent...
Remake d'un film scénarisé et réalisé par Eric Rohmer en 1972 : L'amour l'après-midi, l'adaptation et le scénario sont signés Chris Rock et son partenaire Louis C.K. (avec qui il collabore sur Pootie Tang et Down to Earth). Produit pour 11 millions de dollars, il en rapporte 27 millions (également partagés entre les recettes en salle et l'exploitation ultérieure en DVD). L'accueil a cependant été relativement mitigé pour ce qui est des critiques.

Pour ma part, Chris Rock réalise et écrit des comédies un peu à la marge des productions habituelles. Il y a toujours un coté décalé et un mélange de styles assez étonnant ; il va là où on ne l'attend pas, évitant ici les blagues grivoises lorsqu'il évoque avec humour les fantasmes de son personnage ou ses péripéties sexuelles avec sa femme... Ainsi de la comédie romantique classique qu'on pourrait attendre, il bascule finalement dans la comédie de mœurs.
Il garde un de ses effets préférés : la voix off qui lui permet de poser un regard extérieur, et parfois mordant, sur les situations.

Hormis quelques films (comme les deux derniers volets de Matrix et Hair Show), Gina Torres enchaîne les séries et quelques rôles récurrents dans 24 ou Alias ; elle tient parfaitement son rôle de femme amoureuse mais désabusée.
Kerry Washington joue déjà avec Chris Rock dans Bad Company, et traîne sa jolie frimousse dans Ray, She Hate Me, Little Man, The Last King of Scotland, Lakeview Terrace, Miracle at St. Anna, Mother and Child, For Colored Girls et Night Catches Us.
Il y a aussi quelques caméos : Wendell Pierce (A Rage in Harlem, Waiting to Exhale, Get on the Bus, Bulworth, Brown Sugar, The Fighting Temptations, Ray, Night Catches Us), Andre B. Blake (Boomerang, Who's the Man ?, Hair Show), Orlando Jones (Woo, Double Take, Drumline, Biker Boyz, House of D), Cassandra Freeman (Inside Man) et Michael Kenneth Williams (la série The Wire, Miracle At Santa-Anna).
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vendredi 10 février 2012

Hair Show

Deux ans après Barbershop, Hair Show inaugure une courte mais dense mode des salons de beauté/coiffure...

HAIR SHOW - Leslie Small (2004)


Peaches (Mo'Nique) est coiffeuse à Baltimore, elle est retrouvé par des agents des impôts qui lui réclament 50 000 $ d'arriérés qu'elle doit payer sous 60 jours ! Elle profite de l'anniversaire de sa sœur Angela (Kellita Smith) qu'elle n'a pas vu depuis 6 ans, après un héritage qui tourne à la faveur d'Angela, pour se rendre à Los Angeles où cette dernière est propriétaire d'un salon à Beverly Hills.
Les retrouvailles sont plutôt froides, mais les deux frangines s'unissent contre Marcella (Gina Torres), une rivale qui veut mettre la main sur le salon, et pour remporter une compétition de coiffure...
Comparé à The Salon, Beauty Shop et leur pendant masculin Barbershop, le film est un véritable gouffre financier et ne parvient pas à trouver un public (du moins dans les salles obscures). On note forcément quelques similitudes avec la flopée de ces productions : le/la méchante qui veut racheter le salon, le collègue homosexuel, les guests... On évite toutefois les prêchi-prêcha sur la tolérance et le/la collègue blanc qui sait coiffer les Afro-Américains ce qui est plutôt un point positif.
L'ensemble est longuet, inégal et relativement standard, tant au niveau scénaristique que de la réalisation de Leslie Small (une des rares cinéastes féminines il faut le signaler).
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Mo'Nique est une comédienne qui s'est d'abord illustrée sur les planches et à la télévision ; elle décroche quelques seconds rôles (dans 3 Strikes, Two Can Play That Game, Baby Boy, Half Past Dead ou Soul Plane) avant de tenir ici le haut de l'affiche. C'est incontestablement une actrice pleine de potentiel comme le prouve, dans la mesure du possible, sa prestation.
Le casting est dirigé par Monica Swann (créditée sur de nombreuses séries afro-américaines emblématiques comme The Fresh Prince of Bel-Air, elle collabore à New Jack City, The Great White Hype, Fat Albert, Roll Bounce, Phat Girlz ou Get Rich or Die Tryin'). Elle fait appel à des seconds couteaux de petite renommée tels Joe Torry, David Ramsey, Gina Torres, Andre B. Blake, John Salley, Mari Morrow, Niecy Nash, Don Franklin et Kimberly Brooks, ainsi que plusieurs présents aussi sur le "concurrent" Beauty Shop : Bryce Wilson, Reagan Gomez-Preston et Joyful Drake. Quelques acteurs confirmés font des caméos (James "Uncle Phil" Avery, Vivica A. Fox et Tommy "Tiny" Lister) ainsi que des personnalités comme la tenniswoman Serena Williams, le comédien Bruce Bruce et le rapeur E-40.

mercredi 16 février 2011

Who's the Man ?

Les années 90 ont été marquées aussi par l'explosion du hip-hop , de toutes ses formes de disciplines, et le cinéma n'a pas échappé à la vague...

WHO'S THE MAN ? - Ted Demme (1993)


Dr. Dre et Ed Lover travaillent dans un barbershop ; mais ils sont de piètres coiffeurs et leur patron Nick Crawford (Jim Moody) les incite à se recycler... dans la police. Ils réussissent leur concours et intègrent la police de New-York.
Leurs méthodes sont originales et laxistes ; mais lorsque Nick meurt dans l'explosion de son salon, les deux compères investissent leur fonction et essaient de mettre la main sur les meurtriers...

Dr. Dre et Ed Lover avaient fait de brèves apparitions dans Juice, ils se retrouvent ici en haut de l'affiche de ce film resté relativement confidentiel.
Autant le dire, le scénario est faible et les acteurs principaux ne brillent pas par leur jeu.

A posteriori, le film ne tient que comme une trace de l'âge d'or du rap US. Pour les allergiques, il suffit de passer sa route. Pour les amateurs de film hip-hop choral ce film vaut le détour, sans nourrir toutefois de grands espoirs...
Le nombre d'acteurs de métier est plutôt limité ; on reconnaît la "gueule" de Badja Djola, Bernie Mac, Randy Frazier, Jim Moody et Linque Ayoung. Mais l'on s'amuse surtout à traquer les apparitions de dizaines de rappeurs dont, parmi les plus connus, Ice T (qui avait débuté dans le culte New Jack City), KRS-One, Kris Kross, Naughty By Nature, Queen Latifah, Kool G. Rap, Eric B., Stretch, Pete Rock, Busta Rhymes...

jeudi 14 janvier 2010

Boomerang

Grâce à la présence et au scénario d'Eddie Murphy, Reginald Hudlin décroche un budget de 40 millions de dollars qu'il utilise à merveille pour cette comédie romantique révolutionnaire pour l'époque (puisque des relations amoureuses d'Afro-américains).

BOOMERANG - Reginald Hudlin (1992)



Marcus Graham (Eddie Murphy) est responsable de la publicité dans une firme de cosmétique. C'est aussi un dragueur insatiable, doublé d'un machiste patenté qui discute de ses conquêtes avec ses collègues et amis (Martin Lawrence & David Alan Grier).
Mais sa vie sentimentale et professionnelle bascule lorsque débarque une nouvelle patronne, Jacqueline Broyer (Robin Givens). Ils couchent ensemble et Marcus semble tomber amoureux d'elle (d'autant qu'elle a des pieds parfaits). Mais c'est Jacqueline qui se joue de lui et profite d'un imper sur la campagne de pub de la top-model Strangé (Grace Jones) pour le mettre sur la touche.
Aidé par Angela (Halle Berry), Marcus tente de se venger...

Dès les premières minutes le personnage de Murphy et ses acolytes tranchent avec les précédents films. Effectivement, ils parlent le plus librement du monde de leurs sexualités et l'on assiste aux premières scènes d'amour d'Eddie après 10 ans de carrière. Rare sont les acteurs à se prévaloir d'une telle chasteté ! Mais pour avoir ce rôle de séducteur, il doit écrire lui même le scénario avec Reginald Hudlin (auréolé du succès de House Party).
La force du film réside dans la complexité de ses personnages principaux. En effet, une fois posée la virilité et le succès de Murphy, les rôles s'inversent et le bourreau des cœurs devient la victime de l'intriguante Robin Givens. D'ailleurs la volonté de ne pas tomber dans le manichéisme fait verser l'intrigue dans les bons sentiments et le romantisme à peu de frais ; seul petit hic de cette très agréable comédie.

Le casting dirigé par Aleta Chappelle est tout simplement énorme, mélangeant à l'envie les étoiles comme les seconds couteaux du cinéma afro-américain des 40 dernières années.
Il fait la part belle à des rôles subalternes représentatifs du cinéma soul comme le père fondateur Melvin Van Peebles, l'incomparable Leonard Jackson (Five on the Black Hand Side, Ganja & Hess, Car Wash, The Color Purple), l'ancienne sex-symbol Eartha Kitt (elle apparaît déjà dans Friday Foster), Bebe Drake, Alyce Webb (débutante dans le mythique Cotton Comes to Harlem), Grace Jones... par là, Hudlin et Murphy posent leur production dans les pas des anciens ; volonté réaffirmée avec force avec la participation du père spirituel du cinéma noir engagé : Melvin Van Peebles.

Est aussi représentée la jeune génération : Martin Lawrence et David Alan Grier (qui ont travaillé quasiment tout le film en impro avec Murphy), Robin Givens, Tisha Campbell, Chris Rock, John Canada Terrell (un des rôles principaux de She's Gotta Have It), John Witherspoon, Lela Rochon (qui sort tout juste d'une autre relation cinématographique avec Murphy dans Harlem Nights), Daryl Mitchell, Irv Dotten, Gene Allen et des caméos en vendeur à la sauvette des deux frères Hudlin, Reginald le réalisateur et Warrington le producteur.
Le DVD propose quelques scènes coupées dont celle ci-dessous, et bien sûr les commentaires de Hudlin. Et le film se regarde amplement une deuxième fois avec ceux-ci : le choix des acteurs, les secrets de tournage (et les retouches d'Eartha Kitt à ses répliques qu'elle juge des fois trop vulgaires), les fou-rires en plateau...