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samedi 28 juillet 2012

Shaft - The Enforcers

Quatre mois après le troisième volet des aventures cinématographiques de John Shaft dans Shaft in Africa, le premier épisode de la déclinaison TV est diffusée sur CBS : Les justiciers.


SHAFT - Episode 1
THE ENFORCERS - John Llewellyn Moxey (1973)

Juan Otero, fraîchement acquitté du meurtre d'un policier, et son avocat Dawson sont retrouvés noyés. Contacté par la femme de ce dernier, inquiète de sa disparition, John Shaft (Richard Roundtree) enquête sur cette sombre affaire.
Il met rapidement à jour une organisation réactionnaire qui rend la justice à sa manière. Mais ses membres jouissent de places influentes, et Shaft aura bien besoin de l'aide de son ami flic, Al Rossi (Eddie Barth)...
Ce pilote est piloté par Allan Balter et William Read Woodfield, scénaristes et producteurs de la série culte Mission : Impossible et réalisé par John Llewellyn Moxey (qui fera aussi Ebony, Ivory and Jade, le spin off télévisé du film de Cirio H. Santigo).
Ce premier épisode du désormais célèbre détective de Harlem est décevante sur le fond comme sur la forme.
Le personnage de John Shaft est édulcoré, il abandonne ses mauvaises manières et troque son cuir pour des vestons proprets. Le scénario et les rares scènes d'action le rapproche d'une très ordinaire série policière. Seule la musique de Johnny Pate (déjà compositeur de Shaft in Africa) et quelques déambulations urbaines en caméra embarquée nous rappelle l'ambiance soul du film original.

Niveau casting, Eddie Barth est le seul à revenir dans les 7 épisodes (il jouait déjà un petit rôle de mafieux dans Shaft). Robert Culp (comparse de Bill Cosby dans la série I Spy et le polar Hickey & Boggs) et Richard Jaeckel (aux côtés de Jim Brown dans The Dirty Dozen et Pacific Inferno) font office de guests.
De même pour Richard Lawson, découvert dans Scream Blacula Scream, il joue dans Fox Style et Sugar Hill, le rôle titre dans Black Fist, puis après une traversée du désert il rebondit dans How Stella Got Her Groove Back, The Last Stand, Guess Who, I'm Through with White Girls..., Love for Sale, For Colored Girls.

dimanche 22 avril 2012

Love For Sale

Retour aux comédies romantiques, même si celle-ci est un peu différente dans son propos...

LOVE FOR SALE - Russ Parr (2008)
 
Trey et Vince (Jackie Long & Jason Weaver) sont des livreurs de repas à domicile ; ils débarquent dans une party pour leur travail que Trey fait à merveille alors que Vince est obnubilé par les jeunes filles...
Malgré son professionnalisme, Trey rencontre la ravissante Keiley (Mya) et la propriétaire de la maison Katherine (Melyssa Ford). Il tombe amoureux de la première -qui a déjà un copain, balèze de surcroit- et la seconde le paye pour des "livraisons spéciales"...
Cette comédie -tout aussi romantique que dramatique- est plutôt déroutante. On commence par une scène de party tout ce qu'il y a d'ordinaire avec son cortège de maillots de bain, d'alcool et de jeunes mâles mugissant... mais le héros est vite confronté à un problème plus sérieux, et rarement abordé : la prostitution masculine.
Cet indie est donc une bonne surprise, les personnages y sont dépeints avec une certaine complexité -rare dans ce genre de comédie à petit budget- et même les éléments comiques ne tombent pas dans les caricatures outrancières des 90s. De ce point de vue Love For Sale est une résussite.
Cependant, la réalisation de Russ Parr (The Last Stand, Something Like a Business et 35 and Ticking) est ordinaire et l'ensemble manque de rythme. Dommage !

Le casting rassemble à nouveau Jackie Long et Jason Weaver (qui jouaient des cousins dans ATL). Bien que sexy et émouvante, le rôle de cougar de Melyssa Ford (Three Can Play That Game, Good Hair) n'est pas très crédible tant celle-ci est encore jeune...
Clifton Powell est hilarant, comme souvent. Signalons encore Essence Atkins (How High, Deliver Us from Eva, Preacher's Kid, Dance Flick ou encore les séries Half & Half et Are We There Yet ?), Angell Conwell (The Wash, Soul Plane, Frankenhood, Perfect Combination), Big Daddy Kane (The Meteor Man, Posse, Block Party, Dead Heist, Just Another Day) et un rescapé de la blaxploitation : Richard Lawson.

jeudi 5 avril 2012

I'm Through with White Girls (The Inevitable Undoing of Jay Brooks)

Souvent, les comédies se divisent en deux catégories, celles en qui l'on met beaucoup d'espoir et qui nous déçoivent (et elles sont légions) et celles qu'on aborde avec beaucoup d'appréhension et qui s'avèrent de grande qualité. C'est le cas de ce film indépendant réalisé par une femme...

I'M THROUGH WITH WHITE GIRLS
(THE INEVITABLE UNDOING OF JAY BROOKS)

- Jennifer Sharp (2007)


Jay Brooks (Anthony Montgomery) est un jeune dessinateur dans le vent, il séduit les femmes, c'est certain. Mais il ne sort qu'avec des Blanches et, dès que les choses deviennent sérieuses, les quitte sous le prétexte des différences culturelles.
Persuadé lui-même que les femmes blanches sont le problème de son instabilité, Jay se lance dans l' "Operation Brown Sugar" visant à trouver une femme afro-amériacaine. Non seulement la recherche est difficile mais en plus Jay rencontre par hasard Catherine Williamson (Lia Johnson), une romancière atypique qui se qualifie d'Halfrican-Canadian. Et Jay comprend que son problème relève plus de la peur de s'engager que de la couleur de peau...Film indépendant empruntant à She's Gotta Have It et Jungle Fever, où le comique bien présent s'accompagne de questionnements sur l'amour et l'engagement, les couples mixtes et les différences culturelles. Bien sûr cet indie ne bénéficia pas des grands réseaux de diffusion, et n'a a fortiori pas connu d'exploitation à l'international. Il décroche cependant plusieurs prix dans des festivals de cinéma afro-américain.

Première réussite, on évite les écueils du genre. D'abord pas de blagues sexistes, pas de vulgarité gratuite ni de poitrines dénudées pour appâter les spectateurs. Ensuite les personnages sont assez complexes et pas monolithiques et caricaturaux comme bien souvent dans les comédies romantiques.
Anthony Montgomery et Lia Johnson s'en sortent très bien dans leurs personnages atypiques et une véritable alchimie opère entre ; on ne peut que regretter qu'ils ne soient pas souvent à l'affiche.
La comédie a du rythme et le tournage, bouclé en 24 jours, en caméra épaule donne du punch. Il y de bonnes trouvailles visuelles et ainsi, alliées au sujet et à son traitement inédits, Jennifer Sharp propose un film agréable, intelligent et drôle.

Lamman Rucker est le seul à connaître une carrière conséquente, essentiellement dans les films de Tyler Perry.
Le reste du casting n'aligne pas les stars, les actrices et acteurs n'ont que quelques films à leur actif tels Kellee Stewart (Guess Who), Esther Scott (Boyz n the Hood, One Eight Seven, Dreamgirls, The Pursuit of Happyness), Johnny Brown (The Wiz, Body and Soul, Life et des dizaines de séries black), Susan Dalian (The Brothers, Undisputed), Dionne Phillips (He Got Game), Jimmy Walker Jr. (Black Dynamite). Sharp offre aussi des rôles à deux figures secondaires de la blaxploitation : Richard Lawson (Scream Blacula Scream, Sugar Hill et Black Fist) et Ann Weldon (Alabama's Ghost, Youngblood, le téléfilm Roots et A Woman Called Moses).

mercredi 22 février 2012

Guess Who

Black/White fut un incontestable succès commercial, mais un épouvantable "hommage" à Guess Who's Coming to Dinner !

GUESS WHO - Kevin Rodney Sullivan (2005)

Theresa (Zoe Saldana) doit profiter de leur 25 ans de mariage de ses parents pour le présenter son petit ami, Simon (Ashton Kutcher). Mais celui-ci Blanc, et le père de Theresa, Percy Jones (Bernie Mac), risque d'être tatillon sur la question.
Il prend d'abord le chauffeur de taxi (Mike Epps) pour son gendre, puis a du mal à cacher sa surprise. Pour faire bonne impression, Simon s'embourbe dans des mensonges, et la relation entre les deux hommes vire au cauchemar...
Un carton ! C'est peu pour qualifier le succès d'exploitation de ce film ; il rapporte plus de 100 millions. Pourtant, à mon sens, si le début est prometteur, l'ensemble du film s'avère lourdaud. On se lasse vite de l’engrenage des mornes péripéties. Assumé comme le remake du film de 1967 Guess Who's Coming to Dinner, avec Sidney Poitier, il n'y arrive pas à la cheville. Malgré tous les reproches que l'on peut faire à l'original, il traitait du racisme dans une société ségréguée...

Ici, sous prétexte de "renverser" les préjugés, on nous fait finalement le coup d'un pseudo-"racisme anti-blanc" qui serait le miroir du racisme ordinaire (contre les Afro-Américains mais généralement les minorités). C'est oublié un peu vite que le racisme tant qu'il n'est qu'un sentiment personnel est regrettable et condamnable, mais lorsqu'il est une réalité sociale et politique -comme la ségrégation et son cortège de lois discriminatoires- il prend une toute autre importance ! Ainsi du point de vu comique comme politique, cette adaption moderne est en deçà de son modèle Guess Who's Coming to Dinner !

Longtemps cantonné au soutien des acteurs principaux dans de grosses productions comme Ocean's Eleven, Head of State, Charlie's Angels : Full Throttle ou Bad Santa, Bernie Mac décroche enfin un premier rôle dans Mr. 3000. Il tournera ensuite dans Pride et Transformers ; il décède en 2008, après avoir tourné son ultime film : Soul Men. Zoe Saldana est alors assez peu connue, elle a depuis conquis ses jalons de grande actrice après le succès d'Avatar et de Colombiana.
Souvent les Blancs sont des pépites, succuleusement crétins ou machiavéliques. Ici, Ashton Cutsher joue sans conviction et son personnage est sans âme, juste un jeune premier insignifiant...
Etonnemment Mike Epps n'est pas crédité au générique, où apparaissent Richard T. Jones, Denise Dowse, Nadine Ellis et deux anciens de la blaxploitation : Hal Williams qui débute dans Cool Breeze et Richard Lawson (Scream Blacula Scream, Black Fist et Sugar Hill, il joue en 2007 dans l'excellent I'm Through with White Girls... puis dans Love For Sale et For Colored Girls).

mercredi 26 mai 2010

Black Fist

On sort momentanément de la thématique soul/épouvante pour s'attarder sur ce film qui offre la vedette à Richard Lawson (dont j'ai parlé à plusieurs reprises dans les derniers billets.
Bogard, Black Streetfighter, Poing d'acier, Le combattant ou bien encore Get Fisk... Les retitrages sont nombreux pour ce film qui surfe sur la mode cinématographique naissante des combats de rues.

BLACK FIST - Timothy Galfas (1975)
Leroy Fisk (Richard Lawson) est un jeune Afro-Américain au chômage. Pour survivre et offir un avenir à sa femme enceinte, Florence (Annazette Chase), Leroy se lance dans des combats de rue. Il perd son premier combat, mais entre tout de même dans l'écurie de Logan (Robert Burtt) qui pourvoit largement à ses besoins.
Pressé de toutes parts, racketté par Heineken le flic ripou (Dabney Coleman), Leroy veut raccrocher mais accepte un dernier combat pour 20.000 $.
Mais Logan et Heineken, n'entendent pas la chose de cette façon...

Ultra-violence et scénario tenant sur une feuille OCB petit format, ce Black Fist est de facture assez bonne au regard du ridicule budget dont disposait le réalisateur, le quasi-inconnu Timothy Galfas ; dans les dernières minutes du film, Galfas tente même une approche très nouvelle vague cheap.....

Composée en deux parties bien -voire trop- distinctes : d'un coté l'éternelle ascencion d'une p'tite frappe qui veut survivre, puis la chute vertigineuse et la vengeance. Black Fist n'en reste pas moins très agréable à regarder lorsqu'on aime le genre.
Richard Lawson trouve enfin un premier rôle dans un film soul. Pour le reste du casting on retrouve des actrices et acteurs familiers, aussi bien les seconds rôles noirs comme Annazette Chase (The Mack, Truck Turner, Sounder 2,...), Stephanie Faulkner (The Bus Is Coming, Cooley High et JD's Revenge), Ed Rue (très petite filmographie, bien qu'on le croise dans Sweet Sweetback's Baadasssss Song, et comme ingénieur son sur Wattstax ou le plus récent House Party), et Philip Michael Thomas (le Ricardo Tubbs de Miami Vice) dans un petit rôle de pimp. A leur cotés, des Blancs habitués des rôles de flics véreux, de gros bras ou de mafieux tels que Morris Buchanan, Nicholas Worth, l'imposant H.B. Haggerty. Coté cascades, c'est Tony Brubaker qui est aux commandes.

dimanche 23 mai 2010

Sugar Hill

Fort du succès de Blacula et Abby, l'AIP tente de transformer l'essai avec ce très convainquant et agréable Sugar Hill (titré en français Les Zombies de Sugar Hill).

SUGAR HILL - Paul Maslansky (1974)

Langston, un patron de night-club, est assassiné par Fabulous (Charles P. Robinson) et ses hommes de main racistes, alors qu'il refusait le chantage du gangster blanc Morgan.
Pour le venger, sa fiancée, Diana "Sugar" Hill (Marki Bey) cherche de l'aide auprès de Mama Maîtresse (Zara Cully), une prétresse vaudou. Cette dernière invoque une divinité vaudou, le puissant Baron Samedi (Don Pedro Colley) appuyé par son armée de zombies. Sugar et les zombies vont chasser et exécuter les hommes de main de Morgan.
L'inspecteur Valentine (Richard Lawson), un ex de Sugar, enquête sur ces meurtres étranges...
C'est le seul long métrage de Paul Maslansky, plus connu pour être le producteur des Police Academy... ce qui ne laisse pas présager un film impérissable. Pourtant, c'est un réjouissant petit film de zombies.
Les effets spéciaux (de Roy L. Downey) y sont plutôt sommaires, à l'image des zombies aux yeux exhorbités. Ou pire, la scène la plus marrante du film avec l'attaque de la patte de poule.

Finalement assez proche dans l'idée générale à JD's Revenge, on reste dans un univers moderne et urbain où se rajoute du surnaturel. Au niveau de la base du scénario, on est pour le coup totalement dans le film blax', typé AIP, où les Afro-Américains -vivants ou zombies- se vengent de la violence de "the Man", l'homme riche blanc (à l'image d'une sympathique scène où Sugar jette un gangster aux cochons et lance : "I hope they're into white trash", ou du trophée emporté à la fin par le Baron Samedi -mais je n'en dis pas plus).


Les seconds rôles sont assez savoureux en particulier le détonnant Baron Samedi offert par Don Pedro Colley (Joshua dans The Legend of Nigger Charley). Le rôle de Richard Lawson (Scream Blacula Scream, Black Fist, il joue plus tard dans How Stella Got Her Groove Back, The Last Stand, Guess Who, I'm Through with White Girls..., Love for Sale, For Colored Girls) est plus classique : l'ex-amant policier qui enquête sur les meurtres de son ex-maîtresse... Dommage, on ne revoit pas la très convaincante Marki Bey en "Supernatural Voodoo Woman" (chanson-titre interprétée par The Originals) dans d'autres production soul. Par contre, on recroise les seconds rôles come Charles P. Robinson, Zara Cully ou Tony Brubaker.

vendredi 23 avril 2010

Scream Blacula Scream

Voici la séquelle du cultissime Blacula. Voilà l'exemple type des films qui creusèrent la tombe de la Blaxploitation ; l'AIP produit une réussite, en l'occurence Blacula, et hop, ni une ni deux, tout le monde se lance dans la production du deuxième. Cool Breeze a marché ? Coffy aussi ? Allez hop y a plus qu'à mettre Pam Grier à coté du vampire noire et le tour est joué, on a Scream Blacula Scream.

SCREAM BLACULA SCREAM
Bob Kelljan (1973)


Des adeptes de vaudou viennent de perdre leur prêtresse. Son fils Willis (Richard Lawson) réclame la succession, tandis que les autres membres lui préfèrent Lisa Fortier (Pam Grier). L'ambitieux et colérique Willis se lance alors dans l'invocation de Blacula (William Marshall), l'ancien prince Mamuwalde devenu vampire. Blacula mord Willis qui devient à son tour vampire.
Jamais rassasié, Mamuwalde erre la nuit à la recherche de victimes, dont il se fait une petite armée dans son manoir.
Il rencontre Lisa, qui possède toute une collection d'objets lui ayant apartenu. Mamuwalde décèle en elle des pouvoirs vaudous très puissants. Alors que Willis, de son coté, prépare malgré tout sa vengeance contre sa rivale...
On retrouve l'idée de plonger l'humaniste Mamuwalde dans la vie nocturne scène géniale ou Mamuwalde corrige deux macros qui se moquent de sa cape et veulent son argent (ce qui donne un dialogue assez savoureux entre avec la diction lyrique d'acteur classique face aux deux pimps -dont Bob Minor- à l'accent typiquement afro).
Mais le film est poussif, Pam Grier n'est pas mise en avant et se retrouve dans un rôle de potiche, la qualité du soundtrack n'est pas au rendez-vous... Bref, si vous n'êtes ni fan des films d'horreur de second ordre, ni inconditionnel de la Blaxploitation ou de Pam Grier, vous pouvez passer votre chemin.

Coté casting, Richard Lawson (acteur de nombreuses séries et d'un second rôle dans Sugar Hill et le premier de Black Fist), Lynne Moody (la femme de Tom dans Roots), Bernie Hamilton (on le croise dans le troisième volet des enquêtes de Mr. Tibbs : The Organization, dans Hammer ou encore Bucktown), Arnold Williams (qui fait des apparitions dans Cotton Comes to Harlem, Accros the 110th Street ou le James Bond empreint de soul : Live and Let Die), une apparition du cascadeur Richard Washington (Sheba Baby, Dr. Black, Mr. Hyde, Drum, voire même des blockbusters comme Die Hard III), James Kingsley (Cooley High). Joan Torres et Raymond Koenig resignent le scénario de ce volet, tandis que le montage est assuré par Fabien D. Tordjmann (JD's Revenge) et le casting par Joe Scully.