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lundi 30 juillet 2012

Shaft - The Kidnapping

L'enlèvement transplante Shaft dans un cadre bucolique...

SHAFT - Episode 4
THE KIDNAPPING - Alexander Singer (1973)

John Shaft (Richard Roundtree) est à la une des journaux, cette fois il est célébré comme un héros pour avoir démantelé une organisation mafieuse.
Mais à trop attirer l'attention, le détective afro-américain devient la cible d'un complot : trois malfrats, apparemment noirs, kidnappent la femme d'un banquier, Elliot Williamson (Paul Burke), et exigent 250 milles dollars que seul Shaft doit livrer.
Victime d'une excès policier, Shaft se doit absolument apporter la rançon, mais aussi se cacher des policiers du shérif Bradley (Frank Marth)...
La scène d'ouverture est tirée de Shaft's Big Score, avec la course poursuite en hélicoptère. Accroche facile mais réussie, cependant cet artifice masque difficilement la poussivité de cet épisode. L'idée du gang de malfrats se faisant passer pour des noires pourraient être acceptable, mais les pérégrinations campagnardes de notre détective citadin sont d'une lenteur plombante. Quant à l'amitié avec le gentil blanc du coin, c'est d'un sentimentalisme qu'on attend surtout pas dans cette série !

On se console à peine avec la belle Jayne Kennedy (Lady Sings the Blues, Let's Do It Again, The MuthersDeath Force et Body and Soul), la femme de l'acteur Leon Isaac Kennedy ; elle ne fait qu'une brève et inutile apparition.
Coté équipe technique, on retrouve quelques noms importants du cinéma afro-américain : le directeur de la photographie Michel Hugo (Trouble Man et The Spook Who Sat by the Door) et le monteur et producteur George Folsey Jr. (Hammer, Black Caesar, J.D.'s Revenge, The Blues Brothers, Coming to America et Bulletproof). Coté blanc, il y a Tim Scott (In the Heat of the Night, Guess Who's Coming To Dinner, Kid Vengeance, Roots 2).

jeudi 21 octobre 2010

Let's Do It Again

Après le succès d'Uptown Saturday Night, Poitier remet le couvert avec son complice Cosby et il signe là sa meilleure comédie.

LET'S DO IT AGAIN - Sidney Poitier (1975)

Clyde Williams et Billy Foster (Sidney Poitier & Bill Cosby) sont deux amis. Clyde est laitier et Billy est dans la manutention ; ils sont respectivement chef de la sécurité et trésorier de la paroisse dirigé par le révérend Elder Johnson (Ossie Davis). Et ils doivent réunir 55000 $ pour en empêcher la destruction.
Ils profitent d'un voyage à New Orleans avec leurs femmes (Denise Nicholas & Lee Chamberlin) pour mettre sur pied un plan burlesque. Avec 20000 $ déjà récolté pour l'église, ils misent sur un combat de boxe.
Ils utilisent l'hypnose pour rendre invincible un boxeur chétif et parient sur son improbable victoire et en profitent pour raffler la mise après avoir escroqué de gros bonnet concurrents : Kansas City Mack (John Amos) et Biggie Smalls (Calvin Lockhart)
Mais six mois plus tard, KCM et ses hommes retrouvent nos deux compères ; ils ont éventé la combine et les obligent à répéter leur numéro d'hypnose...
Poitier reprend et pousse à son meilleur niveau la recette qui avait si bien marché dans Uptown Saturday Night : des personnages principaux simples et au grand cœur, qui se retrouvent dans une arnaque qui les dépasse. Nos deux pieds-nickelés multiplient les péripéties (Sidney Poitier en costume typique de mac', c'est une image qui vaut son pesant d'or !) et le tandem fonctionne à merveille : le flegme exagéré de Poitier compense l'intarissable flot du désopilant Cosby (dont vous verrez un grand moment ci-dessous).

Le film marque durablement les consciences, à l'image de la légende du rap "east coast" Notorious Big, qui utilisa le nom de Biggie Small, en référence au le malfrat campé par Calvin Lockhart.
Servi par une pléiade d'acteurs géniaux (sans doute un des meilleurs casting avec Friday Foster) qui apportent beaucoup au succès du film, campent des personnages exhubérants et prouve par là-même leur grande qualité de composition : Calvin Lockhart, Ossie Davis, Denise Nicholas, John Amos.
Un peu plus effacé dans des rôles subalternes, on trouve Julius Harris, Lee Chamberlin, Mel Stewart, Paul E. Harris, Val Avery, Doug Johnson, Talya Ferro et Morgan Roberts. Les cascades sont assurés par une équipe de choc : Bob Minor bien entendu, Gene LeBell, Jophery C. Brown et Henri Kingi.
Enfin, le film bénéficie en plus d'un soudtrack endiablé signé Curtis Mayfield et interprété par les Staple Singers.
Autant d'argument qui en font une des meilleures comédies de la vague blaxploitation !

mardi 17 août 2010

Lady Sings the Blues

Dans cet été bien rempli, le fort beau billet de Culture Street sur Billie Holiday m'incite à publier cette fiche sur la très réussie biographie de la chanteuse ; un projet Motown piloté par Berry Gordy et une première et très convaincante prestation de Diana Ross.

LADY SINGS THE BLUES - Sidney J. Furie (1972)

Suite à son viol sordide, la jeune Eleanora (Diana Ross) arrive à New-York où elle retrouve sa mère (Virginia Capers), une employée de maison qui n'a pas grand chose à lui offrir ; elle lui trouve un travail dans un bordel de Harlem. Eleanora fait le ménage pour un maigre salaire, puis se prostitue finalement.
Mais ce dont elle rêve c'est de chanter dans le club d'en face. Un soir, elle quitte le bordel et arrive à imposer au patron du nightclub, Jerry (Sid Melton), de l'auditionner. Convaincu, il l'engage... sous le nom de Billie Holiday.
Ses prestations ne convainquent pas le public (qui préfère les filles nues), mais lui permettent de faire ses classes, au côté de Piano Man (Richard Pryor) qui l'accompagnera pendant le reste de sa carrière. Coté sentimental, elle s'énamoure d'un jeune dandy Louis McKay (Billy Dee Williams).
Rapidement, des musiciens -blancs- lui proposent de les suivre en tournée à travers le pays ; c'est le début de la gloire, mais aussi des mélanges explosifs de drogues et d'alcool conjugués à une dépression accrue...

Le scénario est basé essentiellement sur l'autobiographie de Billie Holiday (ce qui n'est en rien synonyme de réalité, puisque celle-ci serait déjà plutôt édulcorée, quant à la dureté de sa jeunesse en particulier). Mais les grands moments marquants de sa vie sont habilement amenés, à l'image de sa découverte du Sud et de ses trop célèbres lynchages (qui lui inspirent son émouvant "Strange Fruits"), de son internement, du Carnegie Hall...
Dès le générique, l'on sent une ambiance pesante, noire, soutenue par la musique orchestrale du compositeur français Michel Legrand. A l'image de sa vie, le film recèle une tension tragique tout du long... on souffre pour et avec Billie Holliday.
Le film raconte la vie d'un personnage, mais raconte aussi une époque et un point de vue, celui d'une jeune Afro-Américaine à la voix hors-norme au destin à la fois commun et particulier.

Gordy fait plus que réussir son pari d'imposer dans un grand biopic sa femme, égérie des Supremes. Il remporte un grand succès, aussi bien financier qu'auprès du public et des critiques ; il obtient en sus 5 nominations aux Oscars (ce que se fait rarement alors pour un film noir), dont une pour la meilleure actrice.
Il faut dire que tous les moyens sont là ; la réalisation est léchée. Les séquences musicales s'appuient sur un certain nombres de pros (Paul Hampton, la chanteuse Yvonne Fair, le vieil acteur et musicien Jester Hairston...), ainsi que la partition et la direction d'orchestre de Michel Legrand. Enfin, les acteurs de qualité sont au rendez-vous (un casting de Joe Scully). Billie Dee Williams interprète à la perfection un dandy amoureux, Richard Pryor joue là un de ses rôles "traditionnels" qui -à mon avis- lui vont à merveille (loin des mimiques de ces comédies des années 80) ; mais aussi Virginia Capers, Scatman Crothers et Sid Melton, ainsi que quelques gueules croisées ça ou là telles que Jayne Kennedy, Isabel Sanford (Guess Who's Coming To Dinner, Hickey and Boggs, Soul Soldier puis  Original Gangtsas et Sprung), Tracee Lyles, Norman Bartold ou Lynn Hamilton.