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jeudi 15 août 2013

OdC - Blaxploitation


BLAXPLOITATION - Doloik Dury
L'Œil du cyclone (18/01/1997)

Pendant près d'une décennie L'Œil du cyclone proposa sur Canal+ une petite demi-heure hebdomadaire originale qui s'intéressait à des sujets essentiellement culturels. D'une semaine sur l'autre, on passait de la carte blanche aux rapeurs, en 1991, pour parler politique et culture (tel MC Solaar évoquant le cinéma afro-américain) à " la télévision par les Aborigènes", de rétrospectives sur les performances de Jean-Louis Costes ou les projets de Jean-Christophe Averty (à qui l'on doit entre le sublime Les verts pâturages)... Tout était possible !

Et le 18 Janvier 1997 L'Œil du cyclone s'intéresse à la blaxploitation, explorant les films les plus connus tels Sweet Sweetback..., Dolemite ou Blacula comme les plus obscurs, par exemple Black Gestapo et Abar, the First Black Superman. A voir...

lundi 19 novembre 2012

Honky

Comme Street Sister, Honky traite entre autre de la problématique des relations interraciales...

HONKY - William A. Graham (1971)
A Atlanta, le timide Wayne Divine (John Neilson) -un lycéen blanc issu d'une famille modeste- tombe amoureux de son contraire féminin : la jolie Sheila Smith (Brenda Sykes), une jeune fille afro-américaine qui n'a pas froid aux yeux et dont les parents (William Marshall & Amentha Dymally) appartiennent à la bourgeoisie noire.
Les deux ados semblent filer le parfait amour, mais pour pimenter leur vie de lycéens et améliorer leur argent de poche, ils se mettent à dealer de l'herbe puis, griser par leur amour et leur envie de transgression, partent dans un road movie périlleux...
Déclinaison "moderne" de l'impossible romance entre deux jeunes que tout oppose, Honky n'est pas une production blaxploitation au sens strict. Pourtant sorti en 71 (la même année que Shaft et Sweet Sweetback...), le scénario et le casting collent à la période.

Le film débute comme une histoire d'amour gentillette et kitch, voire ennuyeuse,  avec pâquerettes, famille canard s'ébrouant dans une mare et de hippies tolérants (avec en fond sonore la chanson composée par Quincy Jones). Pourtant rapidement, il se transforme sans crier gare en drame intense et pessismiste...
William A. Graham réussit incontestablement son entrée dans le cinéma (lui qui réalisait des séries à succès depuis les années 50) et récidive avec l'excellent Together Brothers et le très mauvais Sounder, Part 2.

La distribution fait la part belle à des actrices et acteurs afro-américains. Au premier rang desquels la pétillante Brenda Sykes qui décroche là sa première et unique tête d'affiche ; apparu dans de petits rôles sur The Liberation of L.B. Jones et Skin Game, elle joue dans quelques films blax comme  Black Gunn, Cleopatra Jones, Mandingo et Drum...
Mais les seconds rôles sont presque plus impressionnants. Ainsi, se succèdent dans de courtes scènes William Marshall avant que celui-ci ne devienne l'emblêmatique Blacula, Lincoln Kilpatrick (The Lost Man, Soul Soldier, The Omega Man, Brother John, Cool Breeze, Together Brothers, Uptown Saturday Night) et Glynn Turman.

Malheureusement, on ne trouve qu'une copie VHS affreusement recadrée (où la plupart des personnages sont tronqués et le générique n'est même pas visible en entier).

samedi 15 mai 2010

Abby

Plagiat presqu'assumé de L'exorciste, Warner fera pression sur l'AIP de Samuel Z. Arkoff pour empêcher la sortie du film ; sur la longueur, la major a gagné le procès et le film est tombé si ce n'est dans l'oubli, tout du moins est-il devenu invisible...

ABBY - William Girdler (1974)


Bishop Garnet Williams (William Marshall) découvre lors de fouilles archéologiques au Nigeria un objet fantastique et libère par inadvertance le démon un démon sexuel : Eshu.
Aux Etats-Unis, où sa belle-fille Abby (Carol Speed), chaste et pieuse est possédée par le démon et va changer de comportement, pour devenir un monstre lubrique.
Son mari le révérend Emmett (Terry Carter) fait d'abord appel à son ami le détective Cass Potter (Austin Stoker), puis à son père qui hate son retour du Niger en espérant contrecarrer les projets du démon.
Mais Abby disparaît et écume les clubs en se dégottant des amants (et de la chair fraîche).

Le scénario était propice à une débauche de mauvaises scènes gores et/ou de tenues légères... Il n'en est rien ; le petit budget restreint les effets spéciaux qui se limitent à quelques tâches de sang, baves aux lèvres, la voix gutturale d'Abby et des inserts de la tête du démon. Quant aux scènes de nudité inutiles, elles sont évitées. Le scénario est bancal et bâclé (telle la malédiction se propageant sans explication). Gridler maîtrise son petit budget, en le compensant par des trouvailles techniques. Par contre, la musique de Robert O. Ragland (qui avait déjà signé la BOF de The Thing With Two Heads et Trouble Man) rythme bien le film et se fait la part belle lors des très bonnes scènes dans les clubs.
Pas de grands discours ni de dénonciation du racisme ici, mais on peut tout de même y voir un questionnement sur la place de la religion dans la communauté afro-américaine et une remise en cause de la pruderie évangéliste, et de la négation de la sexualité féminine.

Terry Carter (le régulier de Foxy Brown ou encore le gentil prof de Brother on the Run), Carol Speed (The Big Bird Cage, The Mack, Black Samson, Disco Godfather...), Juanita Moore... William Girdler reconduira une partie de l'équipe sur The Zebra Killer et Sheba Baby tels que Austin Stoker (Virgil dans la série Roots, et surtout le rôle-titre dans Assault on Precinct 13), Charles Kissinger, Charles Broaddus, Joan Ray, Mary Minor, le scénariste Gordon Cornell Layne, et le clan Asman : William L. (directeur de la photo), Bub le monteur et l'ingé son John.

vendredi 23 avril 2010

Scream Blacula Scream

Voici la séquelle du cultissime Blacula. Voilà l'exemple type des films qui creusèrent la tombe de la Blaxploitation ; l'AIP produit une réussite, en l'occurence Blacula, et hop, ni une ni deux, tout le monde se lance dans la production du deuxième. Cool Breeze a marché ? Coffy aussi ? Allez hop y a plus qu'à mettre Pam Grier à coté du vampire noire et le tour est joué, on a Scream Blacula Scream.

SCREAM BLACULA SCREAM
Bob Kelljan (1973)


Des adeptes de vaudou viennent de perdre leur prêtresse. Son fils Willis (Richard Lawson) réclame la succession, tandis que les autres membres lui préfèrent Lisa Fortier (Pam Grier). L'ambitieux et colérique Willis se lance alors dans l'invocation de Blacula (William Marshall), l'ancien prince Mamuwalde devenu vampire. Blacula mord Willis qui devient à son tour vampire.
Jamais rassasié, Mamuwalde erre la nuit à la recherche de victimes, dont il se fait une petite armée dans son manoir.
Il rencontre Lisa, qui possède toute une collection d'objets lui ayant apartenu. Mamuwalde décèle en elle des pouvoirs vaudous très puissants. Alors que Willis, de son coté, prépare malgré tout sa vengeance contre sa rivale...
On retrouve l'idée de plonger l'humaniste Mamuwalde dans la vie nocturne scène géniale ou Mamuwalde corrige deux macros qui se moquent de sa cape et veulent son argent (ce qui donne un dialogue assez savoureux entre avec la diction lyrique d'acteur classique face aux deux pimps -dont Bob Minor- à l'accent typiquement afro).
Mais le film est poussif, Pam Grier n'est pas mise en avant et se retrouve dans un rôle de potiche, la qualité du soundtrack n'est pas au rendez-vous... Bref, si vous n'êtes ni fan des films d'horreur de second ordre, ni inconditionnel de la Blaxploitation ou de Pam Grier, vous pouvez passer votre chemin.

Coté casting, Richard Lawson (acteur de nombreuses séries et d'un second rôle dans Sugar Hill et le premier de Black Fist), Lynne Moody (la femme de Tom dans Roots), Bernie Hamilton (on le croise dans le troisième volet des enquêtes de Mr. Tibbs : The Organization, dans Hammer ou encore Bucktown), Arnold Williams (qui fait des apparitions dans Cotton Comes to Harlem, Accros the 110th Street ou le James Bond empreint de soul : Live and Let Die), une apparition du cascadeur Richard Washington (Sheba Baby, Dr. Black, Mr. Hyde, Drum, voire même des blockbusters comme Die Hard III), James Kingsley (Cooley High). Joan Torres et Raymond Koenig resignent le scénario de ce volet, tandis que le montage est assuré par Fabien D. Tordjmann (JD's Revenge) et le casting par Joe Scully.

mardi 20 avril 2010

Blacula

Comme le titre l'indique, Blacula est l'adaptation du classique Dracula à la sauce Blaxploitation. Le film pâtit de son titre qui laisse présager une mauvaise série Z ; pourtant Le Vampire Noir est un film très sympathique. C'est le premier succès de la rencontre entre la blax' et l'horreur.

BLACULA - William Crain (1972)


1780, Mamuwalde (William Marshal) et sa femme Luva (Vonetta McGee), viennent plaider en Europe pour la fin de l'esclavage. Leur hôte transylvanien -le Comte Dracula en personne- est un raciste de la pire espèce doublé d'un vampire. Luva est tuée par Dracula ; Mamuwalde, lui, est enfermé dans un cercueil, après avoir été mordu par le Comte.Deux cents ans plus tard, un couple de gays Américains rachète le château de Dracula et rapatrie aux Etats-Unis tout un tas de vieilleries dont un cercueil... Ils seront les deux premières victimes de Blacula !
Dans ses pérégrinations nocturnes dans le monde moderne, il rencontre Tina, la réincarnation de son amour éternel, Luva. Malheureusement, elle est une amie de Gordon (Thalmus Rasulala) un docteur un peu suspicieux quant aux traces de morsure sur tout un tas de gens dans la ville... La police aimerait bien coller tous ces morts sur le dos des Black Panthers, mais Gordon soupçonne Mamuwalde...Un film très correct. Bien sûr les effets spéciaux sont grossiers et les situations parfois parodiques, mais l'ambiance reste parfaite pour qui aime les films soul. La B.O. de Gene Page et l'interprétation par The Hues Corporation (qui apparaissent aussi lors d'une scène dans un cabaret) apportent une plus-value au film. Le générique est bien trouvé, simple et graphiquement parfait.
Et puis, dans cette période, il fallait faire de Blacula un vampire spécial, pas vraiment un grand sadique assoiffé de sang. Les astuces scénaristiques (de Raymond Koenig et Joan Torres) arrivent à ce challenge, en proposant un prince africain humaniste, perdu dans des Etats-Unis en pleine effervescence et dont la seule raison de vivre est sa femme.
A ce titre le choix de l'acteur de théâtre, le shakespearien William Marshall était un vrai pari ; pari réussi tant dans le cœur du public (jusqu'à aujourd'hui, le film revêt une aura légendaire) que du point de vue financier. En outre, il reçoit aussi le Saturn Awards du meilleur film d'horreur, lors de leur première édition.

William Crain récidive quelques années plus tard dans l'adaptation de grands classiques avec un film plutôt moyen : Dr. Black, Mister Hyde.
Coté casting, il faut vraiment appuyer sur la performance de William Marshall. Vonetta McGee et Thalmus Rasulala confirme leur implantation dans la Blaxploitation naissante en signant chacun leur deuxième film d'ampleur. C'est aussi le début des grandes collaborations : Bob Minor et Gene LeBell aux cascades (et souvent dans un petit rôle), Joe Scully comme directeur de casting, et une myriade de seconds rôles : la chanteuse Denise Nicholas (The Soul of Nigger Charley, Let's Do It Again et A Piece of the Action), Ji-Tu Cumbuka et Ketty Lester (ces deux derniers jouent ensemble dans Up Tight !), Lance Taylor Sr. , Emily Yancy...
A noter enfin les premiers pas du cascadeur blanc Georges Fisher qui fera une carrière bien remplie et que l'on peut recroiser dans Menace II Society, House Party 2 ou Posse.