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dimanche 20 mai 2012

Our Family Wedding

La guerre des pères est une comédie assez classique sur un couple mixte et leurs parents intolérants...

OUR FAMILY WEDDING - Rick Famuyiwa (2010)


Lucia Ramirez et Marcus Boyd (America Ferrera & Lance Gross) sont amoureux et comptent se marier au plus vite. A la faveur d'un diner, ils l’annoncent à leurs parents, mexicano-américains pour l'une et afro-américain pour l'autre. La rencontre provoque vite des étincelles entre les deux pères (Forest Whitaker & Carlos Mencia).
C'est plus pour ce qu'il n'est pas (une comédie lourdingue exacerbant les préjugés culturels) que pour ce qu'elle est que cette comédie est d'abord sympathique, puisqu'elle évite les écueils des stéréotypes là où d'autres y tombent à pieds joints (comme les très similaires Guess Who et Jumping the Broom). Ainsi la tension entre les deux familles est plus due aux caractères des intransigeants des pères qu'aux différences culturelles des deux tourtereaux.

Le réalisateur afro-américain Rick Famuyiwa (The Wood, Brown Sugar ou encore le scénario de l'excellent Talk to Me) propose donc une comédie agréable et sans véritable prétention et offre un rôle comique Forest Whitaker peu habitué à ce genre-là.
Le principal personnage féminin est confié America Ferrera, celle qui sera à jamais Ugly Betty.On retrouve aussi Regina King et Charles Q. Murphy et des seconds couteaux plus ou moins connus : Lance Gross (Meet the Browns, The Last Fall), Anna Maria Horsford (Friday, Set It Off, Nutty Professor II: The Klumps, Lockdown, How High, Justice, Friday After Next), Shondrella Avery (Trippin', Deja Vu, The Secret Life of Bees), Ella Joyce (Set It Off, Who Made the Potatoe Salad ?, Preacher's Kid) et l'ancêtre Sy Richardson qui débute dans le troisième volet des aventures de Dolemite : Petey Wheatstraw et joue dans plusieurs films afro-américains indépendants comme My Brother's Wedding, To Sleep with Anger et The Glass Shield de Charles Burnett, ou encore Posse et All About Us...

jeudi 29 mars 2012

This Christmas

This Christmas se place dans la lignée des comédies dramatiques qui prennent pour toile de fond une famille nombreuse réunie pour un évènement important, et qui s'appuie sur un casting alléchant...

THIS CHRISTMAS - Preston A. Whitmore II (2007)


Pour la première fois depuis 4 ans, la famille Whitfield se retrouve pour fêter Noël chez leur mère Ma'Dere (Loretta Devine).
Chacun a un secret inavouable, à commencer par Ma'Dere qui vit officieusement depuis des années avec Joe (Delroy Lindo) ; tous ses enfants le savent sauf Quentin (Idris Elba) qui hait le nouvel amour de sa mère et cache de son coté des ennuis avec des gangsters. Le couple de sa fille Lisa avec Devean (Keith Robinson & Regina King) bat de l'aile, tandis que son autre fille Kelli (Sharon Leal) semble se complaire dans le célibat.
Enfin Claude (Columbus Short) rentre de l'armée paré de son joli uniforme mais ses secrets vont faire prendre une tournure imprévue à la réunion de famille...

Preston A. Whitmore II réalisateur, producteur et scénariste (The Walking Dead, Fled, Civil Brand, Lockdown ou Crossover). Avec un budget limité, il livre une comédie agréable, au casting conséquent, bien filmée et qui recueille des critiques globalement positives ainsi qu'un bon succès financier (50 millions de dollars au box office).

This Christmas est une de ces tragi-comédies qui dépeint une famille, dans ses joies quotidiennes, ses contradictions, ses conflits et ses jalousies. On pense à Soul Food ou Kingdom Come, et il faut bien avouer que This Christmas soutient la comparaison. La réalisation est bien maîtrisée, de facture assez classique certes mais agrémentée de certains plans plus osés et néanmoins réussis. On passe du hui-clos de la maison de Ma'Dere aux ambiances urbaines dans les rues ou les clubs, accompagné par la musique jazzy de Marcus Miller.

La force comme les faiblesses du film résident dans son casting important (dirigé par Kim Hardin) et par les multiples personnages -pour la plupart bien interprétés- que Whitmore sait mettre en valeur captant les sentiments de chacune et chacun en plan serré et offrant des scènes chorales tout en donnant sa place à chaque acteur. Pourtant à trop créer et entremêler les histoires, le film perd parfois de son intérêt et survole certaines situations ou personnages qui auraient mérité qu'on s'y attarde...
Le casting offre des rôles aux actrices et acteurs confirmés tels Regina King, Loretta Devine, Columbus Short, Mekhi "Dr. Pratt" Phifer, Keith Robinson, Haskell V. Anderson III (dont le premier film était le cheap et fun Brotherhood Of Death), Laz Alonso, Sharon Leal, Brandon T. Jackson, Ricky Harris et Lauren London. Mais les producteurs piochent aussi dans le milieu musical en offrant des places importantes au chanteur RnB Chris Brown, au DJ britannique Idris Elba et au rappeur David Banner.
Mention spéciale pour un acteur très charismatique que j'aime beaucoup mais que l'on voit trop peu : Delroy Lindo (il collabore plusieurs fois avec Spike Lee -sur Malcolm X, Crooklyn et Clockers, incarne un premier rôle dans le téléfilm Soul of the Game et s'abonne aux films d'action avec Romeo Must Die, Heist ou Domino).

jeudi 12 janvier 2012

Daddy Day Care

Avec École paternelle, Eddie Murphy confirme sa réorientation de carrière vers des films familiaux (il joue la même année dans une production Disney : The Haunted Mansion)...

DADDY DAY CARE - Steve Carr (2003)


Charlie Hinton (Eddie Murphy) est un cadre à l'emploi du temps surchargé qui trouve peu de temps pour sa femme Kim (Regina King) et son fils, qu'ils inscrivent dans une école privée hors-de-prix... Mais Charlie est licencié, tandis que Kim retrouve un poste d'avocate ; il reste donc à la maison pour s'occuper de son fils.
Avec son pote Phil (Jeff Garlin) lui aussi licencié, Charlie a l'idée de devenir monter leur propre crèche ; le succès est au rendez-vous, les enfants affluent et Charlie et Phil s'adjoignent les services de Marvin (Steve Zahn), un autre collègue fan de Star Trek...
La reponsable de l'école privée (Anjelica Huston), soucieuse de la concurrence, les dénonce à la protection de l'enfance...
Malgré une composition sobre d'Eddie Murphy (on aurait pu s'attendre à pire avec ce genre de comédie), ce film est sans intérêt : scénario prévisible, réalisation plate, bons sentiments à tous les étages, gags enfantins... Il rapporte pourtant plus de 164 millions de dollars (pour un budget déjà élevé de 60 millions) et incitera les producteurs à sortir une séquelle : Daddy Day Camp avec Cuba Gooding Jr. , qui ferait passer l'original pour un chef d’œuvre !
Même critique que pour Bustin Loose ou Major Payne en ce qui concerne les enfants, qui jouent comme des pieds et sont insupportables ! Mais on évite le remake "black" d'Un flic à la maternelle... En plus, il y a dix ans, un tel film mettant en scène un trio multiraLiencial aurait à coup sur vu le Noir interprété le
comique de la troupe ; alors qu'ici il est de loin le plus ordinaire des personnages.

La famille Hinton compose les seuls Afro-Américains du film, avec Eddie Murphy, Regina King (Boyz N' the Hood, Poetic Justice, Friday, A Thin Line Between Love and Hate, Down to Earth, Ray, This Christmas...) et Damani Roberts (Welcome Home, Roscoe Jenkins). Au niveau du casting blanc, Jeff Garlin et Steve Zahn (qui joue avec Martin Lawrence dans National Security), les deux compères d'Eddie sont amusants et on apprécie Anjelica "Morticia Addams" Huston en directrice pince-sec.

jeudi 17 novembre 2011

Down To Earth

Sept ans après CB4, Chris Rock occupe enfin le premier rôle comique qu'il mérite dans Les pieds sur Terre...

DOWN TO EARTH - Chris & Paul Weitz (2001)



Lance Barton (Chris Rock) est coursier, mais son rêve c'est de triompher sur la scène de l'Appollo, mais il est pris d'un tract phénoménal lorsqu'il participe à des auditions en public... En rentrant chez lui à vélo après un nouvel échec, son attention est détournée par la jolie Sontee (Regina King)... percuté par un poid lourd, il meurt !
Au ciel, King et Keyes (Chazz Palminteri & Eugene Levy) se rendent compte que son heure n'était pas venue et donne la possibilité à Lance de prendre le corps d'un autre, en l’occurrence Charles Wellington III, un homme d'affaire blanc aussi richissime qu'odieux...
Le film est un remake assumé d'Heaven Can Wait -réalisé en par Warren Beatty en 78- et le scénario est adapté par Chris Rock et ses complices Ali LeRoi, Louis C.K. et Lance Crouther (ces deux derniers sont respectivement le réalisateur et l'acteur principal de Pootie Tang).

Chris Rock triomphait déjà sur les planches et dans le Saturday Night Live, tandis qu'il accumulait les petits rôles dans Le flic de Beverly Hills II, I'm Gonna Git You Sucka, Boomerang, Panther. Son premier rôle dans CB4 et sa composition dramatique dans New Jack City traduisent ces capacités d'acteurs de cinéma, et L'arme fatale 4 le fait connaître au niveau mondial. Down To Earth vient transformer l'essai et marques les débuts d'une décennie bien remplie...
Bons ou mauvais, les films de Chris Rock reflètent vraiment ce que l'acteur veut produire, puisqu'il se trouve (avec une petite bande autour de lui) être producteur et scénariste, voire réalisateur.
Son talent comique est exploité à fond et sa prestation d'acteur n'est pas en cause, mais le film fonctionne péniblement : le choix de laisser Chris Rock lorsqu'il est dans peau du vieux milliardaire blanc désamorce la plupart des situations qui en découlent ; quoi d'étonnant de voir Chris Rock scander du Snoop Dogg ou demander qu'on lui installe B.E.T. ? Au contraire des rares scènes où le rondouillard chauve se déchaine sur du rap...

Au niveau du casting afro-américain, Regina King (Boyz n the Hood, Poetic Justice, Friday, A Thin Line Between Love and Hate, Enemy of the State, Daddy Day Care, Ray...) et Frankie Faison (Do the Right Thing, Coming to America, Showtime, White Chicks, Meet the Browns et la série The Wire) tiennent deux rôles importants. On croise aussi Laz Alonso, Arnold Pinnock, Jernard Burks, Reginald Footman, Brother Eden Douglas, Tisha Campbell, Telma Hopkins et ses complices de longue date Ali LeRoi, Wanda Sykes, Mario Joyner et Robin Montague.
Coyé blanc, citons Chazz Palminteri, Eugene Levy (Like Mike, Bringing Down the House, The Man) et la cougar Jennifer Coolidge (Pootie Tang, Soul Men).

mercredi 16 mars 2011

A Thin Line Between Love and Hate

La première et unique réalisation de l'acteur comique Martin Lawrence qui s'en tire plutôt pas mal...

A THIN LINE BETWEEN LOVE AND HATE
Martin Lawrence (1996)



Darnell (Martin Lawrence) est un dragueur impénitent, mais lorsqu'il aperçoit Brandi (Lynn Whitfield), il est persuadé que ce sera la dernière. Brandi est un femme riche, indépendante, et surtout qui se refuse à lui. Le challenge n'en excite que plus son intérêt.
Or, une fois son objectif atteint, Darnell se rend compte qu'il est amoureux de son amie d'enfance Mia (Regina King). Ulcérée d'être mis sur la touche, brandi va harceler Darnell à tous les instants...
Les producteurs George Jackson et Doug McHenry (New Jack City, House Party 2 et House party 3) sont toujours sur de bonnes affaires : le film rapporte plus de 30 millions de dollars, pour un budget d'à peine 8 millions.
Cette comédie romantique n'a rien d'extraordinaire mais se laisse regarder agréablement. Moins percutant que Boomerang (avec lequel on peut trouver de nombreux rapports), le machisme tout puissant est battu en brèche, de même que les caricatures dans lesquelles est souvent cantonné Martin Lawrence (et dans lequel il sombre plus encore avec Black Knight ou Big Momma's House 2).
Justement, sa composition est plutôt sobre, évitant les pitreries auquel les réalisateurs blancs le aiment à l'employer. Et c'est comme ça qu'on l'aime en somme : déployant ses talents d'acteur sans excès outrancier. En sus, c'est une des premiers films où Martin a des relations sexuelles, qui plus est représentées à l'écran. Et comme d'habitude, l'on remarque que pour les acteurs Afro-Américains, comiques de surcroit, il leur faut participer au scénario ou, comme ici, réaliser leur propre film pour exercer ce droit.

Le casting est exclusivement afro-américains. On reconnaît Faizon Love, Regina King, Miguel A. Núñez, Bobby Brown, Michael "Bear" Taliferro, Tracy Morgan, Tommy "Tiny" Lister, Della Reese. Et aussi l'acteur de la blaxploitation Roger E. Mosley (Hitman, The Mack, Darktown Strutters, Sweet Jesus Preacherman, Leadbelly, Drum, il campe aussi Sonny Liston dnas la biographie de et avec Mohamed Ali The Greatest).

vendredi 4 mars 2011

Friday

Alors que s'achève avec House Party 3 une trilogie initialement représentant la jeunesse du début des années 80, l'année suivante une nouvelle trilogie du même genre voit le jour...

FRIDAY - F. Gary Gray (1995)


Le jour se lève sur South Central, un vendredi comme un autre pour la famille Jones ; sauf pour Craig (Ice Cube). Il a perdu son job la veille et son père (John Witherspoon) le somme d'en trouver un nouveau. Au lieu de se démener dans ce sens, Craig passe la journée à glander avec son pote Smokey (Chris Tucker), dont le surnom vient de son appétence à fumer de l'herbe.
Leur activité favorite consiste à regarder passer les jolies joggeuses ou la voisine arrosant ses parterres, et de fumer. En prime, les deux "homies" s'embarquent dans des embrouilles, et le caïd du coin Deebo (Tommy "Tiny" Lister) leur réclame 200$ avant la fin de la soirée. Un vendredi finalement pas comme les autres...
La BO est d'enfer pour qui aime le rap west coast, avec des titres devenus cultes de Dr. Dre, Cypress Hill, Ice Cube lui-même, 2LiveCrew...
Grace à cette BO extraordinaire et une promo appuyée sur un casting détonnant, cette comédie a engrangé les entrées et les bénéfices : pour un budget de 3,5 millions de dollars, elle en rapporte dix fois plus... Ce qui donnera aux producteurs l'envie de sortir encore deux suites.
Ce film -pourtant classique pour ma génération- m'a difficilement tiré quelques sourires. Je n'y ai trouvé que peu d'intérêt et j'ai été réfractaire à l'humour souvent misogyne (et finalement pas assez lourdingue pour être du second degré) et aux mimiques de Chris Tucker. Encore moins au jeu outrageant -que j'espère imposé- à John Witherspoon.
Ice Cube débute sa longue carrière carrière après deux rôles plutôt dramatiques dans Boyz N the Hood et The Glass Shield.
A noter que ce film marque la première apparition sur grand écran de Michael Clarke Duncan (acteur au physique impressionnant, abonné aux seconds rôles dont le plus connu reste La Ligne Verte) mais il n'est pas crédité au générique.
Par ailleurs le casting -signé Jaki Brown- rassemble des gueules bien connues : Bernie Mac, Tommy "Tiny" Lister, Reynaldo Rey, Nia Long, Paula Jai Parker, Faizon Love, Terri J. Vaughn...

vendredi 25 juin 2010

Boyz N the Hood

Au même titre que Mario VanPeebles et son remarquable New Jack City, John Singleton signe un premier film qui marque le renouveau du cinéma afro-américain fait par, pour et avec des Afro-Américains.

BOYZ N THE HOOD - John Singleton (1991)


Reva (Angela Bassett) est la mère du jeune Tre, qu'elle se sent incapable d'élever. Elle le confie à son père, Furious Style (Laurence Fishburne) pour « en faire un homme ». Furious va s'occuper de Tre, lui inculquer des valeurs, le faire participer aux tâches et le forger pour vivre dans South Central. Un jour, son ami Darin "Doughboy", 10 ans, est envoyé en maison de correction pour un vol.
7 ans plus tard, lorsqu'il sort, une fête est donné en son honneur. Tout le monde a bien changé dans le quartier : Tre et Ricky (Cuba Gooding Jr. & Morris Chestnut) se préparent pour l'université, ce dernier grace à une bourse qu'il essaie de décrocher.
Les ambûches ne manquent pas, et Tre, Darin (Ice Cube) et Ricky se trouvent au prise avec la violence des gangs, de la police raciste et du déterminisme social...
Boyz N the Hood est projeté lors du Festival de Cannes, en 1991 : il est ovationné, et quelques mois plus tard se voit consacrer avec deux nominations aux Oscars en tant que "Meilleur réalisateur" et "Meilleur scénario", inédites dans ces catégories pour un Afro-Américain. Il faut dire que BNtH est une réussite technique, accompagnée par une BO -parfois très sirupeuse- de Stanley Clarke. Singleton signe là un premier film qui fait date et marque une certaine renaissance du cinéma afro-américain. C'est sur le propos que je reste plus circonspect.

Furious et Tre sont la représentation de l’Afro-Américain de la classe moyenne, habitant des quartiers résidentiels gangrenés par le chômage, la violence la drogue et les brutalités policières… Ils sont marqués par le modèle de la réussite individuelle, essentiellement par les études, le travail, le maintien de soi et l'idéologie du nationalisme noir. La longue tirade que Furious inflige à Tre et Ricky en est le parfait exemple : « faut se battre pour conserver notre quartier tel qu’il est, il faut rester black, c'est pour ça il faut faire du fric black, il faut faire comme les Juifs, les Italiens, les Mexicains et les Coréens font. […] Pourquoi est-ce qu'il y a un marchand d'armes à tous les coins de rue dans les quartiers noirs ? Je vais vous dire pourquoi. Pour la même raison qu'il y a un magasin d'alcool à tous les coins de rue dans les quartiers noirs. Pourquoi ? Parce qu'ils veulent qu'on s'entretue. Le meilleur moyen de tuer un peuple c'est de lui enlever le moyen de se reproduire."
Anne Crémieux analyse très justement : « ce discours séparatiste accuse un pouvoir indéterminé, qui se résume en un pronom. « ils », désignant l'extérieur, le reste de la société qui a intérêt pour des raisons financières telles que la spéculation immobilière à contrôler et même à exterminer le peuple noir. Cependant, si la cause se mesure à l'échelle de toute la société et dépasse même les frontières du pays par voie aérienne et maritime, la solution se mesure à l'échelle de l'individu. Furious Styles a un discours politique global, mais il fait appel à une résistance individuelle par la réflexion personnelle. Il ne cherche pas à organiser la révolution, ni même la contestation. Il a la démarche d'un pasteur, non d'un révolutionnaire." C’est d’ailleurs ce rôle que lui attribut Ricky en le comparant à un prédicateur ou Darin qui le qualifie "du genre Malcolm X-Farrakhan".
Un film très moraliste dans l'ensemble, mais qui reflète en même temps une option possible pour la classe moyenne noire des années 90, désabusée par le militantisme et tournée vers la conquête de l'american dream. En même temps, tout en y souscrivant, Singleton montre que certains en sont exclus à travers le destin tragique de Darin...

Enfin, il faut signaler un casting particulièrement réussi, en particulier quant à la performance de Laurence Fishburne. Il révèle aussi Cuba Gooding Jr, Chris Tucker et le rappeur Ice Cube. Dommage pour les deux brèves apparitions d'Angela Bassett (Betty Shabbazz dans Malcolm X, puis Panther) qui méritait mieux, mais ces films ne brillent pas par la place accordée aux femmes. A noter aussi l'expertise de Bob Minor en tant que coordinateur des cascades et le casting dirigé par Jaki Brown.