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lundi 6 mai 2013

Three The Hard Way

L'année précédent Take a Hard Ride, Brown, Kelly et Williamson étaient réunis pour la première dans un film explosif...

THREE THE HARD WAY
Gordon Parks Jr. (1974)

Jimmy Lait (Jim Brown) est un producteur de musique. Son quotidien feutré prend un nouveau tour lorsque son ami House (Junero Jennings) s'échappe d'une mystérieuse prison où les Afro-Américains servent de cobayes. Ce témoin gênant est supprimé, tandis que ses assassins capturent  la compagne de Jimmy, Wendy (Sheila Frazier).
L'aide de Jagger, puis de l'expert en arts martiaux Mister Keyes (Fred Williamson & Jim Kelly), ne sera pas superflue pour Jimmy.
Entre fusillades et bastons, les trois amis mettent à jour un complot visant à empoisonner l'eau avec un produit tuant exclusivement les Afro-Américains. Ce projet fou est entretenu par Monroe Feather (Jay Robinson) et son organisation paramilitaire raciste...
Après le controversé mais cultissime Superfly, Gordon Parks Jr. livre selon moi un des meilleurs films d'action de la blaxploitation, et concentre tout ce qui fait l'attrait de ces black action movies si particulier, dont les mélodies accrocheuses de The Impressions.
D'abord, le trio d'acteurs bien utilisés (à contrario du gâchis, 10 plus tard, de One Down, Two to Go). La première scène où apparaît Jim Kelly, victime d'un coup monté, est vraiment énormissime ! Et on il renouvelle son désormais classique car wash fighting (comme dans Black Belt Jones). Le numéro de duettiste de Brown et Williamson fonctionne bien lui aussi.
Avec une telle réunion, c'est bien sûr l'action qui prime. Et on est plus que servi dans ce domaine avec une diversité des décors qui rivalise avec la surenchère dans les explosions... La réalisation est bien  maîtrisée avec tout le panel du genre (fusillades, kung-fu, courses poursuites, explosions...) et qui assume la surenchère avec un final magistral où nos trois durs Brown, Williamson et Kelly prennent d'assaut la base paramilitaire !
Le budget était donc au rendez-vous et très bien utilisé par Parks Jr. dont on excuse les quelques erreurs au montage tant l'ensemble est jubilatoire.
Pour ce qui est du montage justement, Three The Hard Way a connu trois versions différentes (qui sont détaillées par Foxy Bronx sur son site), entre pour des raisons de censure et de classement "R". Ici les captures d'écran viennent du quadruple DVD édité par Warner et comportant des sous-titres français. Toutes les conditions sont donc réunies pour vous procurer ce film !
Le scénario est léger et prétextes aux scènes susmentionnées. Mais tellement jouissif : un complot raciste et un poison ciblant exclusivement les Noirs ! Les deux hommages parodiques Undercover Brother et Black Dynamite reprennent d'ailleurs cette trame complotiste, et Malcolm D. Lee va jusqu'à nommer son méchant Feather...

La distribution est réussie, et en particulier les seconds rôles afro-américains comme la magnifique Sheila Frazier, habituée à tourner pour la famille Parks (Superfly et The Super Cops), Charles Mc Gregor (Come Back, Charleston Blue, Across 110th Street, Gordon's War, Blazing Saddles, Aaron Loves Angela, That's the Way of  the World, The Baron), les moins connus Junero Jennings (The Mack, Slaughter's Big Rip-Off, Black Samson) et Marie O'Henry (Dr. Black, Mr. Hyde, Joey, The Glove) et les cascadeurs Jophery C. Brown et Bob Minor.

mercredi 21 septembre 2011

Across 110th Street

Produit par United Artists, Meurtres dans la 110ème rue est incontestablement un des meilleurs films classé comme "blaxploitation", il diffère cependant de la plupart des autres production du genre par une réalisation conséquente et un casting génial.

ACROSS 110th STREET - Barry Shear (1972)



Déguisés en flics, trois petites frappes -Jim Harris, Joe Logart et Henry Jackson (Paul Benjamin, Ed Bernard & Antonio Fargas)- organisent un braquage qu'ils espèrent parfait ; mais il tourne mal et se finit dans un bain de sang. Le trio s'enfuit avec 300000 $, laissant sur le carreau 7 cadavres.
Or, ces trois bras cassés se sont attaqués à un trop gros poisson : la mafia de New-York. Nick Di Salvio (Tony Franciosa) est sur leurs traces et leur sort paraît scellé...
D'un autre coté, le lieutenant Pope (Yaphet Kotto), un jeune gradé afro-américain, se retrouve en charge de l'enquête. Il va devoir composer avec son collègue italo-américain, le capitaine Frank Mattelli (Anthony Quinn), un vieux briscard aux méthodes et aux idées importées de l'Alabama...
Barry Shear est jusqu'alors un prolixe réalisateur de série TV, Across the 110th est un des rares longs métrages auquel il s'attèle. Pourtant, il réussit là un des meilleurs films estampillé "blaxploitation", un polar réaliste filmé avec une certaine crudité, accompagné d'une BOF mythique ; il réunit en outre réunit un casting incroyable. La même année, Fouad Said produit un autre polar moins connu mais tout aussi réussi : Hickey & Boggs avec Bill Cosby et Robert Culp.
La réalisation offre un style haletant, de jolies plongées et des déambulations dans Harlem (où le bon déroulement du tournage fut monnayer avec un mac de New-York crédité au générique : K.C. qui offre les mêmes services pour Superfly et That's the Way of the World).

La chanson éponyme qui sert de générique est interprété par Bobby Womack, l'interprétation de la partition est confiée à J.J. Johnson & His Orchestra. Ce titre a dépassé largement l'audience du film (fort respectable toutefois), devenant un véritable tube. Il faut préciser que la musique présentée sur disques -et réutilisé dans Jackie Brown et American Gangster- est sensiblement différente de la musique originale, inédite à ce jour : dans le film les instrumentaux sont bien plus pêchus et moins sirupeux, les percussions plus présentes et des chœurs lancent le refrain. Plus généralement, la plupart des instrumentaux sont retravaillés, et certains ne sont carrément pas édités.

On ressent la tension raciale aussi bien chez les malfrats que dans les rangs de la police. Ainsi le film arrive à retranscrire l'émergence des revendications égalitaires de la communauté noire, à travers le combat de Pope pour obtenir le respect de ses collègues, de la mafia afro pour s'émanciper de ses mentors historiques ou des individus "lambda" -incarnés par le trio de braqueurs- qui ont les rêves et aspirations de tout un chacun...

Yaphet Kotto et Anthony Quinn forment le duo antinomique parfait. Kotto dans un style sobre incarne l'incorruptible tandis que Quinn excelle dans la composition du vieux flic raciste et légèrement ripou. Cependant, c'est Paul Benjamin qui se révèle comme le véritable héros du film, un héros anonyme, un Noir "qui ne compte pas". Antonio Fargas joue un des autres braqueurs qui aime les beaux costumes et les filles, préfigurant les rôles qu'il enchaîne dès lors et qui se concrétisent avec celui d'Huggy-les-bons-tuyaux dans Starsky et Hutch. Citons aussi en vrac Gloria Hendry (actrice sous-employée qui joue dans les plus grands titres blax : Black Caesar, Live and Let Die, Slaughter's Big Rip-Off, Hell Up in Harlem, Black Belt Jones et Savage Sisters), Ed Bernard (Shaft, Together Brothers, la série The Whithe Shadow), Paul Harris (The Mack, Let's Do it Again, The Slams et Truck Turner où il tient son rôle le plus important), Charles McGregor (Superfly, Blazing Saddles, Three the Hard Way, Take a Hard Ride, Aaron Loves Angela et The Baron), Adam Wade (Shaft, Come Back, Charleston Blue, Claudine), Arnold Williams (Cotton Comes to Harlem, Live and Let Die, Scream Blacula Scream), Richard Ward (The Cool World, Black Like Me, Nothing But a Man, The Learning Tree, Brother John, Mandingo) et Gilbert Lewis (Cotton Comes to Harlem, Gordon's War, Body and Soul).
D'autres franchissent la décennie 70 et réapparaissent plus tard tels Gerry Black (habitué des séries, il joue dans des films plus récents comme Blankman et First Sunday), Clebert Ford (Trick Baby, Greased Lightning puis New Jack City, A Rage in Harlem, Malcolm X, Ghost Dog), Norma Donaldson (Willie Dynamite puis House Party, The Five Heartbeats et Poetic Justice).

samedi 20 novembre 2010

Which Way is Up ?

Le couple Schultz/Pryor reprend du service pour la troisième fois en 2 ans.

WHICH WAY IS UP ?
- Michael Schultz (1977)

Leroy Jones (Richard Pryor) est un ramasseur d'oranges. Il vit tant bien que mal avec sa famille -dont son père, sa femme Annie Mae (Margaret Avery) et leur fils- dans un petit village d'ouvriers agricoles, afro-américains et latinos. Un jour, le syndicat Juarez lance une grève dont Leroy devient le chef de file par accident.
Mr. Mann, le propriétaire de la plantation ne voit pas d'un bon œil les grèves ouvrières ; avec ses hommes de mains, il force Leroy à partir pour Los Angeles, sous le nom de Rufus Jones. Là-bas, il croise la route d'une jolie militante Vanetta (Lonette McKee), dont il tombe raide amoureux. ils se marient et ont un enfant ensemble.
Obligé de rentrer dans son village, il apprend que le fils d'Annie Mae n'est pas de lui, mais du révérend Lenox Thomas. il décide alors de se venger en mettant enceinte la femme du pasteur Sister Sarah (Marilyn Coleman).
La lecture ci-dessus donne toute la mesure de l'indigence du scénario. Conjuguée à la réalisation d'une platitude incroyable, ce film peut être qualifié d'ennuyeux. Un film caricatural, grossier et misogyne.
Le duo de Michael Schultz à la réalisation et de Pryor en personnage principal marque le pas avec ce film (alors que Greased Lightning pouvait laisser espérer une alliance plus subtile entre sujet intéressant et ton humoristique).

Le film ne tient quasiment que par les prestations de Richard Pryor. Il joue ici trois -voire quatre personnages- : le personnage principal (tour à tour ouvrier puis cadre), son père et un pasteur.
Grimaces, postiches, changements de voix et de registre, Pryor se donne à fond avec le talent qu'on lui connaît mais cela ne suffit pas à susciter l'intérêt, tout juste à sourire de temps en temps.

Il faut tout de même le noter, les trois actrices conquises à un moment par Pryor sont peut-être le seul véritable rayon de soleil du film. Découverte dans Sparkle (puis survivant après la blax' dans The Cotton Club, Round Midnight, Men of Honor, Jungle Fever, Malcolm X, She Hate Me ou ATL), Lonette Mc Kee irradie par sa beauté cet sa combativité, Marilyn Coleman est géniale en femme prude qui se dévergonde, et la palme va à Margareth Avery (surtout lorsque celle-ci tente par tous les moyens de réveiller la libido de son mari).
On croise aussi un habitué des comédies black : Otis Day (qui apparaît parfois sous le nom de DeWayne Jesse). Et tout un tas de secondes gueules de la blax' comme Gloria Edwards, Tanya Lynne Lee (School Daze), Eddie Smith, Morgan Roberts, Paul Mooney...

vendredi 5 novembre 2010

Car Wash

Car Wash est probablement le film qui marque le mieux la déclinaison de la vague de la blaxploitation : la transformation d'un phénomène cinématographique qui s'intéressait à tous les genres pour se cantonner -à partir de la fin des années 70 et pendant dix ans- à des comédies apolitiques et pleine de bons sentiments.

CAR WASH - Michael Schultz (1976)


Une journée "ordinaire" au Dee-Luxe Car Wash de Los Angeles . On y suit les péripéties des employés : Floyd et Lloyd (Darrow Igus et DeWayne Jesse) les danseurs ratés, le très efféminé Lindy (Antonio Fargas), le p'tit chef Earl (Leonard Jackson), Abdullah (Bill Duke) le militant black muslim qui refuse qu'on l'appelle Duane, Lonnie (Ivan Dixon), ancien prisonnier toujours gardé à l'oeil par la police locale, T.C. le dessinateur de comic à la coupe afro sublime qui tente de gagner des places pour inviter la belle serveuse d'en face, Mona (Tracy Reed). Le patron paternaliste est au prise avec son fils Irwin qui cite à tout bout de champ le "petit livre rouge" du Président Mao qu'il arbore sur son tee-shirt, veut "se rapprocher de la classe ouvrière" et passe l'autre moitié de son temps à se défoncer dans les chiottes.
Les clients se succèdent, au premier rang desquels le pasteur haut en couleurDaddy Rich et ses soeurs Willson (Richard Pryor & The Pointers Sisters).
Michael Schultz s'était illustré avec les bons Together for Days et Honeybaby, Honeybaby, ainsi que l'excellent Cooley High. Il débute avec Car Wash -produit par Universal- une grande série de comédies (telles que Greased Lightning, Which Way Is Up? et Bustin' Loose) en collaboration avec Richard Pryor. Malgrès un succès en salle en demi-teinte et des critiques plutôt négatives, le film de Schultz remporte deux prix à au 30ème Festival de Cannes en 77 : le mérité "Prix de la meilleure partition musicale" (pour Norman Whitfield) et le "Grand Prix de la Commission Supérieure Technique du cinéma français" dont j'ignorais totalement l'existence.

Le scénario de Joel Schumacher est intéressant au début mais peine à trouver un réel souffle. De plus, le ton est loin d'être militant : le scénario préfère le paternalisme du patron ou père de famille entré dans le droit chemin, alors qu'il traite durement les militants avec le ridicule Irwin ou le dangereux et radical Abdullah.
Cependant, pointer le caractère plutôt réactionnaire du film n'empêche pas forcément de sourire -voire de rire- pendant le film : à l'image de cette scène avec un gamin vaumissant dans la voiture de sa mère maniérée (campée par Lorraine Gary, la mère dans les trois premiers volets des Dents de la mer) ou encore de la caricature du fils à papa maoïste ou même des frasques d'Antonio Fargas en travesti.
Le film s'appuie surtout sur une pléiade de seconds rôles : Ren Woods (qui débute dans Sparkle et s'illustre en Fanta dans la série TV Roots), Richard Pryor, l'excellent acteur et réalisateur Ivan Dixon qui joue là son dernier rôle sur grand écran, le dinosaure du cinéma afro-américain Clarence Muse, Tracy Reed, le petit Erin Blunt, Leonard Jackson, DeWayne Jesse, les Pointer Sisters, Bill Duke, Leon Pinkney, le cascadeur et acteur habitué des petits rôles d'Amérindiens ou d'indigènes sud-américains Henry Kingi, Lauren Jones, Pepe Serna, le DJ Jay Butler, Jason Bernard, Sarina C. Grant, le joueur de football Otis Sistrunk, Leon Pinkney, Arthur French, Darrow Igus...