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mardi 21 juin 2011

Life

Perpète réunit les deux acteurs comiques de l'année 1999, Eddie Murphy et Martin Lawrence (respectivement quatre et deux films cette année-là), et la collaboration s'avère plus que fructueuse...

LIFE - Ted Demme (1999)


Dans une prison du Mississipi, pendant que deux jeunes prisonniers rebouchent deux tombes, le vieux Willie Long (Obba Babatundé) leur conte la vie des deux macchabées. Tout débute en 1932, lorsque Rayford Gibson (Eddie Murphy), une petite frappe au bagou inaltérable, et Claude Banks (Martin Lawrence), un employé de banque fraîchement embauché, se trouvent obligé de convoyer de la gnole pour le compte d'un gangster de Harlem. Les deux hommes partagent peu de choses : une vie et des ambitions différentes,
Lors d'une étape, Winston (Clarence Williams III) leur meurt mystérieusement dans les bras, après avoir escroqué Ray au poker. Le mobile est tout trouvé et la justice des Blancs du Sud ne cherche pas plus loin : les deux compères sont condamnés à perpétuité dans un bagne du Mississipi.Certes l'humour est présent, mais pas celui dans lequel s'illustrent le plus souvent Eddie Murphy et Martin Lawrence (c'est d'ailleurs la volonté affirmée de Ted Demme, à qui l'on doit le petit film Who's the Man ?). Les deux acteurs ont joué pour la première fois ensemble dans Boomerang, et c'est à ce genre de comédies que l'on peut comparer Life : une comédie pertinente où se mêle à la fois l'humour, les sentiments, le drame et la solidarité. On suit les deux personnages principaux pendant 70 ans, un vieillissement rendu crédible par le bon jeu de Martin et Eddie, et grâce aux maquillages perfectionnistes de Rick Baker (nominé aux Oscars).

J'ai un faible pour les reconstitutions historiques et les films en costumes d'époque. Et on peut dire que ce film nous fait voyager, du Harlem by night au Sud profond, jusque dans les rêves de Ray. Le tout sur une BO réussit, signée de Wycleef Jean, l'ex-Fugees.

Même si le réalisateur est Blanc, c'est bien d'une histoire d'Afro-Américains dont il s'agit, une histoires sur, avec et du point de vue des Afro-Américains. Le parallèle avec l'esclavage paraît évident ; on peut même, en poussant un peu, y voir une parabole sur la ségrégation : travail gratuit, poursuite des évadés par des Blancs et des chiens, directeur de la prison représenté comme un directeur de plantation -avec sa famille bien proprette qui assiste frétillante aux activités de détenus et sa fille qui accouche d'un enfant métisse...

Enfin, dernier point essentiel : cette comédie historique rassemble un casting incroyable qui investit des seconds rôles touchant, campés avec précision et dignité. On peut citer pêle-mêle Bernie Mac, Anthony Anderson (Romeo Must Die, Exit Wounds, Kingdom Come, Cradle 2 the Grave, Big Momma's House, Barbershop), Barry Shabaka Henley, Miguel A. Núñez Jr.,
Bokeem Woodbine, Lisa Nicole Carson, Clarence Williams III, Michael "Bear" Taliferro, Sanaa Lathan, Zaid Farid (Bowfinger), Guy Torry, Armelia McQueen, William B. Taylor, Ernie Banks, le funkman Rick James.
L'équipe des cascadeurs est aussi étoffée avec les dinosaures Tony Brubaker et Jophery C. Brown et la nouvelle génération Big Daddy Wayne, Eric Chambers et Jalil Jay Lynch

samedi 17 juillet 2010

Soul Men

Avant un mois de vacances pour le blog, je finis cette saison par le dernier film du regretté Isaac Hayes...

SOUL MEN - Malcolm D. Lee (2008)

Les années 70 : un trio de chanteurs soul -The Real Deal- explose au box-office. Mais Marcus Hooks en devient vite le leader jusqu'à faire une carrière solo tandis que les deux autres memebres tombent dans l'anonymat.
20 ans plus tard, Floyd Henderson (Bernie Mac) apprend le décès de l'ancien leader du groupe.
Flairant le bon coup financier d'un retour sur le devant de la scène, il essaie de remonter le groupe.
Louis Hinds (Samuel L. Jackson), repris de justice, est devenu garagiste. Il accepte la réunification du groupe à contre-coeur.
Les deux compères traversent le pays de la côte ouest à New York, pour un concert au mythique théâtre Appollo. Le voyage est long et les vieilles rancœurs ressurgissent. On apprend vite la cause de leur animosité : il y a 20 ans, Floyd a couché avec Odetta, la femme de Louis. Outre l'ambiance explosive, Floyd et Louis doivent se remettre sérieusement au travail pour revenir au niveau.
Pensant retrouver Odetta, ils découvrent Cleo (qui pourrait être la fille de Floyd) et l'entraînent dans l'aventure comme nouvelle chanteuse de The Real Deal...
Ereinté par la critique et avec moins de 13 millions de dollars de recettes, le film est un flop. Plutôt lourdingue et graveleux, avec un scénario d'une banalité déconcertante, le film ne tient finalement que par son casting (encore faut-il aimer les facéties de Bernie Mac) et la présence de guests comme Isaac Hayes ou Millie Jackson.
Le film est surtout vendu comme le dernier de Bernie Mac et Isaac Hayes, qui meurent à un jour d'intervalle en août 2008, quelques mois avant la sortie. Il est remonté pour l'occasion, selon Malcolm D. Lee (mais l'on ne voit le "Black Moses" que quelques instants).
Par moment, un style très blax' avec des traveling sur des façades, motels et autres cinémas aux enseignes lumineuses, ou encore le design et la façon de filmer les voitures. La B.O.F. tient le rythme ; c'est le moins que l'on puisse attendre de Stanley Clarke, le compositeur afro-américain, habitué des productions blacks (Boyz N the Hood, Poetic Justice, Panther, Undercover Brother,...)

Film très décevant donc, surtout de la part de Malcolm D. Lee, qui nous avait habitué à bien mieux -même dans l'humour un peu gras- avec l'hilarant Undercover Brother et même Welcome Home, Roscoe Jenkins.