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lundi 1 juillet 2013

Golden Needles

Titré en français Les 7 aiguilles d'or ou encore L'aventurière de Hong-Kong, ce troisième film du duo Robert Clouse/Jim Kelly est incontestablement le plus décevant...

GOLDEN NEEDLES - Robert Clouse (1974)

Il existe une antique statuette dont les sept aiguilles qui y sont fichées peuvent rendre un sexuellement ultra-performant, ou provoquer une mort instantanée. Elles sont connu sous le nom de "Golden Needles of Extasy". A Macao, Felicity (Elizabeth Ashley) doit acheter la statuette, mais se la fait ravir par plus offrant... Elle engage alors un aventurier vaguement mercenaire, Dan Mason (Joe Don Baker), pour la récupérer.
Et lorsque tout capote, Dan retourne à Los Angeles pour réclamer l'aide de son ami afro-américain : Jeff (Jim Kelly)...
Distribué par l'AIP de Samuel Z. Arkoff, on retrouve la même équipe de production que sur le fameux Enter the Dragon : Paul Heller et Fred Weintraub alliés au réalisateur Robert Clouse et au compostieur Lalo Schifrin. Ainsi que Jim Kelly qui respectait ainsi un contrat de trois long métrage qui le liait à la Warner. La tentative est toujours ici de fusionner les conventions du cinéma d'action américain et asiatique, challenge dont Kelly semble être l'ambassadeur.
Pourtant Golden Needles ne tient pas la comparaison, à coté d'Enter the Dragon et de Black Belt Jones. C'est un film de série B moyen, ni exécrable ni brillant. Le scénario relève du nanar total (une statuette aux vertues aphrodisiaques) et Clouse ne parvient pas dynamiser sa mise en scène, excepté peut-être la poursuite finale à travers les ruelles de Hong Kong...
En plus la seule scène de Jim Kelly est, elle, particulièrement mal filmée. Et de façon plus générale, la présence de Kelly -dont l'afro caractéristique est ici complété par un hideuse moustache- est trop sporadique pour retenir sa prestation. Dommage !

Salué pour sa performance dans Walking Tall, Joe Don Baker  cabotine dans ce film sans ambition (on le retrouvera dans de nombreux James bond et on le retiendra surtout ici pour son flic humaniste dans Panther).
On peut reconnaître Burgess Meredith, le Pingouin du flashy Batman de 66, et les plus anodins Clarence Barnes (Truck Turner) et Tony Lee (Cleopatra Jones and the Casino of Gold).

mardi 5 mars 2013

Slaughter

A l'instar de Pam Grier ou Fred Williamson, l'ancien footballeur Jim Brown incarne dans Massacre un des héros quasi-mythiques de la blaxploitation (et de l'AIP) !

SLAUGHTER - Jack Starrett (1972)

Les parents de Slaughter (Jim Brown) meurent dans l'exploision de leur voiture ; l'ancien Green Beret tente de retrouver la piste des assassins. Une amie de son père est la deuxième victime ; elle a le temps, avant de succomber, d'avertir Slaughter d'un rendez-vous dans un aéroport.
Slaughter s'y rend, tue le meurtrier, en blesse un autre, tandis que le troisième s'enfuit. Mais le Trésor enquêtait sur le macchabée, et l'ancien héros de guerre a court-circuité leur enquête ; A.W. Price (Cameron Mitchell) lui propose d'abandonner toutes poursuites, si celui-ci collabore avec le gouvernement pour poursuivre l'enquête et dénicher les véritables coupables.
Slaughter embarque pour l'Amérique du Sud. Accueilli par Kim (Marlene Clark) et chaperonné par Harry (Don Gordon), Slaughter doit trouver un ordinateur où sont stockées des données sur l'organisation mafieuse de Mario Felice et son ambitieux lieutenant Dominique Hoffo (Rip Torn).
Voilà un grand classique du cinéma soul produit -bien entendu- par Samuel Z. Arkoff, Don Williams (par ailleurs co-scénariste) et Monroe Sachson. C'est un film d'action tout ce qu'il y a de plus musclé signé Jack Starett (qui nous offre une autre héroïne incontournable l'année suivante avec Cleopatra Jones). On s'ennuie peu, et Starett pose une patte très personnelle, utilisant des grandes focales pour filmer certaines scènes d'action ; il tourne un très bon final avec un fusillade monstre et une poursuite en voiture à travers des villages latinos dont le violent dénouement est jubilatoire.
Étonnamment, ce grand classique du cinéma soul est finalement peu empreint -exceptés Jim Brown, Marlene Clark et le soundtrack de Luchi De Jesus- de ce que qui caractérise le genre : casting majoritairement afro-américain, décors urbains, fond social, pimps et dealers... Sa séquelle Slaughter's Big Rip Off sera de ce point de vue beaucoup plus conforme aux canons de la blaxploitation.

Par contre, les seconds rôles blancs sont tous succulents : Rip Torn d'abord dans une composition de mafieux ambitieux et raciste, ensuite Don Gordon qui joue le comparse bougon de Slaughter. En somme, des seconds rôles que tiennent habituellement les Afro-Américains : les méchants et les faire-valoir... Rajouter à ça la plantureuse Stella Stevens qui offre ses charmes à la caméra et au héros, et voilà la recette de ce classique.

vendredi 28 décembre 2012

The Zebra Killer

En moins d'un an le réalisateur William Gridler sort trois films rattachés au courant blaxploitation. Abby et Sheba Baby pour les plus connus, mais le premier est Quand la ville tremble...


THE ZEBRA KILLER - William Girdler (1974)

Le lieutenant Frank Savage (Austin Stoker) officie dans la police de  Louisville, dans le Kentucky. Avec son partenaire Marty Williams (Hugh Smith) se retrouve en charge d'une affaire épineuse : un tueur psychopathe qui laisse près de ses victimes blanches des messages signés "Mac".
Mais le tueur (James Pickett) brouille les rares pistes puisqu'il office grimmé en Noir...

Avec l'aide de son complice scénariste Gordon C. Layne, William Gridler s'inspire de faits divers réels (une série d’assassinats de Blancs en Californie) et réalise une pure pépite du cinéma bis.
Il s'entoure des producteurs David Sheldon (dont la liste des films parle pour lui : The Thing with Two Heads, Blacula, Black Mama, White Mama, Slaughter, Black Caesar, Coffy, Slaughter's Big Rip-Off, Hell Up in Harlem, Bamboo Gods and Iron Men, Foxy Brown, Sugar Hill, Golden Needles, Truck Turner, Cooley High, Friday Foster,...) et Philip Hazelton (Hammer et Bucktown) ainsi que du réalisateur Arthur Marks.

Ce film possède de véritables qualités -la composition de James Pickett et les scènes de meurtres halletantes- mais il est rempli d'incohérence temporelle, d'oublis scénaristiques (une relation semble préexister entre le tueur et le flic), mal finalisé et monté à la va-vite (avec un sortie précipitée pour coller à l'actualité). Il bénéficier de différents titres plus ou moins accrocheurs comme Panic City ou Combat Cops.

The Zebra Killer est aussi souvent présenté comme une déclinaison blaxploitation de L'inspecteur Harry. En tout cas Austin Stoker en adopte la non-chalance, le coté désabusé et les méthodes musclées. Le film repose sur un autre pilier : le jeu parfait de James Pickett en tueur psychopathe sévissant grimmé en black face, perché et flippant (grâce aussi à la musique de Jerry Styner, le compositeur de tick... tick... tick...).
A ce jour, il n'y a pas de réédition en copie correcte et on doit se contenter d'une copie très moyenne qui tourne sur le net.

Gridler s'entoure d'une bande d'acteurs mineurs présents sur Abby et Sheba Baby (Charles Kissinger, Mary Minor, Joan Ray, Mike Henry, Bill Wilson...). Il décroche tout de même un caméo de D'Urville Martin et donne un rôle à Juanita Moore (Cabin in the Sky, Up Tight, !, Skin Game, Fox Style, The Mack, Thomasine & Bushrod).

vendredi 9 juillet 2010

Truck Turner

Truck Turner & Cie (pour la version française) est le deuxième film du "Black Moses".

TRUCK TURNER - Jonathan Kaplan (1974)

Une ancienne gloire du football, Mac "Truck" Turner (Isaac Hayes) exerce à présent comme chasseur de prime, avec son ami Jerry (Alan Weeks). Coté perso, Truck attend la sortie de prison de sa copine, Annie (Annazette Chase).
Coté boulot, les deux compères doivent mettre la main sur mac réputé : Richard L. "Gator" Johnson (Paul E. Harris). Il leur échappe une première fois ; mais leur seconde rencontre tourne court et ils tuent Gator.
Dorinda (Nichelle Nichols) reprend d'une main de fer le "cheptel" du pimp décédé. Et en plus de ça, elle pose un contrat sur la tête de Truck Turner. Tous les malfrats de la ville se mettent à ses trousses, et en particulier le pimp Harvard Blue (Yaphet Kotto).A regarder ce Truck Turner, on regrette vraiment qu'Isaac Hayes n'ait pas eu plus de rôles durant la vague des films soul. Parce que ces personnages sont plus que convainquant. Truck est cool, il est plutôt naturel, pas vraiment frimeur et ne collectionne pas les conquêtes. En même temps, il n'hésite pas à distribuer des gifles et à faire parler son flingue. Bref, un héros tout ce qu'il y a de plus attachant.

Jonathan Kaplan (qui avait réalisé l'année précédente The Slams avec Jim Brown) connaît son affaire, il alterne les scènes légères et musclées, et insuffle un vrai rythme à son film. Il utilise judicieusement les grandes focales (ce qui donne des plans comme ci-contre), nous offre de belles courses-poursuites en voiture, des fusillades mémorables, et des réunions de pimps géniale (en particulier lors de l'enterrement de Gator, avec le défilé de souteneurs haut en couleur et les prostitués en deuil, mais en dentelles). Tout celà appuyé par la B.O. de Hayes.
Le scénar est signé par Oscar Williams (scénariste de Black Belt Jones, et réalisateur de The Final Comedown, Five On the Black Hand Side, Hot Potato et Death Drug) et Michael Allin (Enter the Dragon).

Autre ingrédient au rendez-vous : le foisonnement de têtes connues. D'abord j'ai envie d'évoquer deux acteurs que j'affectionne particulièrement Scatman Crothers et Esther Sutherland, des seconds rôles au physique inrattable
Bien sûr, il faut noter aussi les bonnes prestations de Yaphet Kotto (assez proche de son personnage de méchant dans Live and Let Die, l'année précédente) et Nichelle Nichols (Star Trek), les passages de Stan Shaw, Sam Laws, Jac Emil, Earl Jolly Brown, des cascadeurs Eddie Smith et Henry Kingi, et coté "withey" de Dick Miller, Charles Cyphers, Lisa Farringer (jolie blonde cantonnée à des rôles légers comme dans Cleopatra Jones, Coffy ou Foxy Brown),

dimanche 23 mai 2010

Sugar Hill

Fort du succès de Blacula et Abby, l'AIP tente de transformer l'essai avec ce très convainquant et agréable Sugar Hill (titré en français Les Zombies de Sugar Hill).

SUGAR HILL - Paul Maslansky (1974)

Langston, un patron de night-club, est assassiné par Fabulous (Charles P. Robinson) et ses hommes de main racistes, alors qu'il refusait le chantage du gangster blanc Morgan.
Pour le venger, sa fiancée, Diana "Sugar" Hill (Marki Bey) cherche de l'aide auprès de Mama Maîtresse (Zara Cully), une prétresse vaudou. Cette dernière invoque une divinité vaudou, le puissant Baron Samedi (Don Pedro Colley) appuyé par son armée de zombies. Sugar et les zombies vont chasser et exécuter les hommes de main de Morgan.
L'inspecteur Valentine (Richard Lawson), un ex de Sugar, enquête sur ces meurtres étranges...
C'est le seul long métrage de Paul Maslansky, plus connu pour être le producteur des Police Academy... ce qui ne laisse pas présager un film impérissable. Pourtant, c'est un réjouissant petit film de zombies.
Les effets spéciaux (de Roy L. Downey) y sont plutôt sommaires, à l'image des zombies aux yeux exhorbités. Ou pire, la scène la plus marrante du film avec l'attaque de la patte de poule.

Finalement assez proche dans l'idée générale à JD's Revenge, on reste dans un univers moderne et urbain où se rajoute du surnaturel. Au niveau de la base du scénario, on est pour le coup totalement dans le film blax', typé AIP, où les Afro-Américains -vivants ou zombies- se vengent de la violence de "the Man", l'homme riche blanc (à l'image d'une sympathique scène où Sugar jette un gangster aux cochons et lance : "I hope they're into white trash", ou du trophée emporté à la fin par le Baron Samedi -mais je n'en dis pas plus).


Les seconds rôles sont assez savoureux en particulier le détonnant Baron Samedi offert par Don Pedro Colley (Joshua dans The Legend of Nigger Charley). Le rôle de Richard Lawson (Scream Blacula Scream, Black Fist, il joue plus tard dans How Stella Got Her Groove Back, The Last Stand, Guess Who, I'm Through with White Girls..., Love for Sale, For Colored Girls) est plus classique : l'ex-amant policier qui enquête sur les meurtres de son ex-maîtresse... Dommage, on ne revoit pas la très convaincante Marki Bey en "Supernatural Voodoo Woman" (chanson-titre interprétée par The Originals) dans d'autres production soul. Par contre, on recroise les seconds rôles come Charles P. Robinson, Zara Cully ou Tony Brubaker.

samedi 15 mai 2010

Abby

Plagiat presqu'assumé de L'exorciste, Warner fera pression sur l'AIP de Samuel Z. Arkoff pour empêcher la sortie du film ; sur la longueur, la major a gagné le procès et le film est tombé si ce n'est dans l'oubli, tout du moins est-il devenu invisible...

ABBY - William Girdler (1974)


Bishop Garnet Williams (William Marshall) découvre lors de fouilles archéologiques au Nigeria un objet fantastique et libère par inadvertance le démon un démon sexuel : Eshu.
Aux Etats-Unis, où sa belle-fille Abby (Carol Speed), chaste et pieuse est possédée par le démon et va changer de comportement, pour devenir un monstre lubrique.
Son mari le révérend Emmett (Terry Carter) fait d'abord appel à son ami le détective Cass Potter (Austin Stoker), puis à son père qui hate son retour du Niger en espérant contrecarrer les projets du démon.
Mais Abby disparaît et écume les clubs en se dégottant des amants (et de la chair fraîche).

Le scénario était propice à une débauche de mauvaises scènes gores et/ou de tenues légères... Il n'en est rien ; le petit budget restreint les effets spéciaux qui se limitent à quelques tâches de sang, baves aux lèvres, la voix gutturale d'Abby et des inserts de la tête du démon. Quant aux scènes de nudité inutiles, elles sont évitées. Le scénario est bancal et bâclé (telle la malédiction se propageant sans explication). Gridler maîtrise son petit budget, en le compensant par des trouvailles techniques. Par contre, la musique de Robert O. Ragland (qui avait déjà signé la BOF de The Thing With Two Heads et Trouble Man) rythme bien le film et se fait la part belle lors des très bonnes scènes dans les clubs.
Pas de grands discours ni de dénonciation du racisme ici, mais on peut tout de même y voir un questionnement sur la place de la religion dans la communauté afro-américaine et une remise en cause de la pruderie évangéliste, et de la négation de la sexualité féminine.

Terry Carter (le régulier de Foxy Brown ou encore le gentil prof de Brother on the Run), Carol Speed (The Big Bird Cage, The Mack, Black Samson, Disco Godfather...), Juanita Moore... William Girdler reconduira une partie de l'équipe sur The Zebra Killer et Sheba Baby tels que Austin Stoker (Virgil dans la série Roots, et surtout le rôle-titre dans Assault on Precinct 13), Charles Kissinger, Charles Broaddus, Joan Ray, Mary Minor, le scénariste Gordon Cornell Layne, et le clan Asman : William L. (directeur de la photo), Bub le monteur et l'ingé son John.

dimanche 25 avril 2010

The Thing With Two Heads

La même année que Blacula, Lee Frost -un habitué du cinéma bis, des louffoqueries et des filles dénudées- écrit, produit et réalise cet ovni, étrange cocktail de film fantastique ultra-cheap et de blaxploitation. Il fera une autre incursion remarquée dans la Blaxploitation avec le très critiqué Black Gestapo.

THE THING WITH TWO HEADS
Lee Frost (1972)



Maxwell Kirshner (Ray Milland) est un spécialiste des transplantations. En proie à des problèmes dans son hopital. Il engage le Docteur Fred Williams (Don Marshall), spécialiste des techniques anti-rejet, mais lorsqu'ils se rend compte qu'il est Afro-Américain, il l'engage seulement comme laborantin.
Max Krishner est atteint d'un cancer généralisé, et ne dispose que de quelques semaines... Il veut transplanter son génie dans un autre corps. C'est sur un condamné à mort, Jack Moss (Roosevelt Grier), que va s'opérer l'expérience.
L'opération est un succès médical, mais la cohabitation entre le docteur raciste et le condamné à mort s'avère compliquée. Alors que la moitié-Krishner dort, la moitié-Jack Moss en profite pour s'échapper et tente de prouver son innocence, aidé par le docteur Williams.

Le titre, la jaquette comme le synopsis n'annonce pas le film du siècle, ni même de l'année 72. Pour ça, on n'est pas trompé sur la marchandise. Pourtant, ce petit film est assez étonnant. Le coté "bis" est bien présent -à l'image du gorille à deux têtes se promenant dans les rues ou les poursuites en voitures- et les effets spéciaux plutôt grossiers respirent le budget rétréci ; on oscille entre comédie et film fantastique.
Seulement, à y regarder de près il y a plus de fond que dans certains films blax' apparemment plus sociaux. D'abord, certaines scènes -comme l'incursion dans la course de motocross- sont totalement savoureuses tellement elles sont improbables ! Comme souvent dans les films d'horreur, la simplicité apparente du scénario recèle des points de vue affutés sur la société. Difficile de ne pas voir dans le film la dénonciation de la peine de mort, de la justice à deux vitesses et du racisme.

Film à très petit budget, la plupart des techniciens, producteurs et autres jouent de petits rôles, à l'image du réalisateur Lee Frost, du scénariste Wes Bishop et de Rick Baker. Ce dernier est en charge des effets spéciaux et du maquillage et joue l'improbable gorille ; il devient un des grands maquilleurs d'Hollywood avec de gros blockbusters à son actif comme Star Wars, Coming To America, Gorille dans la brume, Men in Black, X-Men III... Il décroche le premier Oscar de la catégorie en 1984, est nominé maintes fois et le remporte à nouveau en 1997 pour son travail sur The Nutty Professor. Par ailleurs, on retrouve William Smith (habitué des rôles de méchants blancs, comme dans Sweet Jesus, Preacherman, Boss Nigger ou Black Samson) et le rôle-titre qui échoit au cousin de l'égérie de la blaxploiation Pam Grier : Rosey (qui avait joué dans le téléfilm Carter's Army).

jeudi 22 avril 2010

Blacula

Comme le titre l'indique, Blacula est l'adaptation du classique Dracula à la sauce Blaxploitation. Le film pâtit de son titre qui laisse présager une mauvaise série Z ; pourtant Le Vampire Noir est un film très sympathique. C'est le premier succès de la rencontre entre la blax' et l'horreur.

BLACULA - William Crain (1972)


1780, Mamuwalde (William Marshal) et sa femme Luva (Vonetta McGee), viennent plaider en Europe pour la fin de l'esclavage. Leur hôte transylvanien -le Comte Dracula en personne- est un raciste de la pire espèce doublé d'un vampire. Luva est tuée par Dracula ; Mamuwalde, lui, est enfermé dans un cercueil, après avoir été mordu par le Comte.Deux cents ans plus tard, un couple de gays Américains rachète le château de Dracula et rapatrie aux Etats-Unis tout un tas de vieilleries dont un cercueil... Ils seront les deux premières victimes de Blacula !
Dans ses pérégrinations nocturnes dans le monde moderne, il rencontre Tina, la réincarnation de son amour éternel, Luva. Malheureusement, elle est une amie de Gordon (Thalmus Rasulala) un docteur un peu suspicieux quant aux traces de morsure sur tout un tas de gens dans la ville... La police aimerait bien coller tous ces morts sur le dos des Black Panthers, mais Gordon soupçonne Mamuwalde...Un film très correct. Bien sûr les effets spéciaux sont grossiers et les situations parfois parodiques, mais l'ambiance reste parfaite pour qui aime les films soul. La B.O. de Gene Page et l'interprétation par The Hues Corporation (qui apparaissent aussi lors d'une scène dans un cabaret) apportent une plus-value au film. Le générique est bien trouvé, simple et graphiquement parfait.
Et puis, dans cette période, il fallait faire de Blacula un vampire spécial, pas vraiment un grand sadique assoiffé de sang. Les astuces scénaristiques (de Raymond Koenig et Joan Torres) arrivent à ce challenge, en proposant un prince africain humaniste, perdu dans des Etats-Unis en pleine effervescence et dont la seule raison de vivre est sa femme.
A ce titre le choix de l'acteur de théâtre, le shakespearien William Marshall était un vrai pari ; pari réussi tant dans le cœur du public (jusqu'à aujourd'hui, le film revêt une aura légendaire) que du point de vue financier. En outre, il reçoit aussi le Saturn Awards du meilleur film d'horreur, lors de leur première édition.

William Crain récidive quelques années plus tard dans l'adaptation de grands classiques avec un film plutôt moyen : Dr. Black, Mister Hyde.
Coté casting, il faut vraiment appuyer sur la performance de William Marshall. Vonetta McGee et Thalmus Rasulala confirme leur implantation dans la Blaxploitation naissante en signant chacun leur deuxième film d'ampleur. C'est aussi le début des grandes collaborations : Bob Minor et Gene LeBell aux cascades (et souvent dans un petit rôle), Joe Scully comme directeur de casting, et une myriade de seconds rôles : la chanteuse Denise Nicholas (The Soul of Nigger Charley, Let's Do It Again et A Piece of the Action), Ji-Tu Cumbuka et Ketty Lester (ces deux derniers jouent ensemble dans Up Tight !), Lance Taylor Sr. , Emily Yancy...
A noter enfin les premiers pas du cascadeur blanc Georges Fisher qui fera une carrière bien remplie et que l'on peut recroiser dans Menace II Society, House Party 2 ou Posse.