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dimanche 26 février 2012

Block Party

Avec ce véritable OVNI dans la galaxie des comédies afro-américaines, Dave Chappelle et Michel Gondry réussissent un film drôle et authentique...
BLOCK PARTY - Michel Gondry (2005)


Le comédien Dave Chappelle, star de la télé dans le culte Chappelle's Show et aux apapritions cinématographiques remarquées (The Nutty Professor, Half Baked, Blue Streak, Undercover Brother) organise un énorme concert à Brooklyn ; un concert gratuit et dans la rue où les plus grandes stars du hip hop et de la soul viennent jouer sans cachet à la clé...
Le film en lui-même est original et frais (rappelant Wattstax ou Soul to Soul), mais c'est plus généralement le projet qui est incroyable et magique. Tout vient de Dave Chappelle qui contacte le réalisateur atypique Michel Gondry avec l'idée saugrenue d'organiser une block party, un concert de hip hop à l'ancienne, dans la rue.
Le budget est minime, et le film se paye le luxe de quadrupler la mise, avec près de 13 millions de dollars au box office. Depuis il a assuré son succès en vidéo. Le réalisateur français Michel Gondry est épaulé par sa sa directrice de la photo Ellen Kuras (qui travaille avec lui sur Eternal Sunshine of the Spotless Mind et Be Kind Rewind), elle a aussi opéré sur plusieurs films et documentaires de Spike Lee (4 Little Girls, Summer of Sam, He Got Game, Bamboozled, Jim Brown: All American, A Huey P. Newton Story et 25th Hour.

Les séquence sont de trois ordres et s'entrecroisent habilement. D'une part, il y a le concert bien sûr avec les prestations de Chappelle lui-même et de grands noms du hip hop et de la soul : Mos Def, Erykah Badu, Kanye West, The Roots, Dead Prez, Jill Scott, Talib Kweli, Big Daddy Kane... ainsi que The Fugees qui se reforment pour l'occasion. Ils sont tous visiblement motivés par le projet et offrent d'incroyables performances, accompagnés de musiciens et même d'une fanfare. Le seul crève-cœur est indubitablement l'absence de sous-titres pour les chansons !
D'autre part, Chappelle nous convie dans les coulisses de l'évènement, aussi bien dans la logistique que lors des discussions off avec les artistes.
Mais le plus intéressant reste le concept original des invitations que Dave Chappelle délivre en personne ; il retourne dans sa bourgade natale, dans l'Ohio pour inviter une fanfare locale, rencontre les commerçants de son quartier de résidence, sillonne les rues de Brooklyn armé de son mégaphone, discute avec les habitants de tous horyzons et offre les places pour le concert, assurant par là même le succès de sa Block Party.

Si l'ambiance est à la fête, Chappelle tient aussi à insuffler un aspect politique à son projet, en lui-même idéologiquement intéressant. En témoignent entre autres la présence du groupe Dead Prez qui se revendiquent révolutionnaires ou encore un pladoyer pour la libération des prisonniers politiques repris par la foule le poing levé et slamé par Fred Hampton Jr. le fils d'un des leaders des Black Panthers, militant lui aussi.


dimanche 13 février 2011

Sister Act 2 : Back in the Habit

On ne change pas un concept gagnant à Hollywood : les producteurs remettent donc le couvert avec un bien terne deuxième opus...

SISTER ACT 2 :
BACK IN THE HABIT
- Bill Duke (1993)


Deloris Van Cartier (Whoopi Goldberg) triomphe à Las Vegas ; mais les nonnes du couvent de St Francis, dépêchées par la Mère Supérieure (Maggie Smith) la convainque de réintégrer l'établissement comme professeur.
Deloris -rebaptisée Sœur Marie Clarence- se retrouve d'abord désarmé devant sa classe de trublions menée par Rita Louise Watson (Lauryn Hill)... En plus, un homme d'affaire sans scrupule veut faire fermer StFrancis, le détruire et y construire des garages. Sœur Marie Clarence va tout faire pour résoudre ces deux problèmes.
Comment Bill Duke se retrouve-t'il sur ce projet ? Mystère. Toujours est-il que l'on aurait pu attendre mieux du réalisateur de A Rage in Harlem et de Hoodlum.
Or, rien ne relève le niveau. Ni Whoopi, ni les nonnes, ni le méchant... En plus, les films sur les jeunes et leur prof sont souvent d'une platitude insoutenable ; on n'y échappe pas ici avec la phase où la classe se fout de tout, puis la prof se fait accepter puis donne une raison de vivre à chacun des ses élèves !
Finalement, le premier opus s'avère plus convaincant quand celui-ci nous sert du réchauffé mâtiné de films pour ados.

On se console avec la découverte de la petite Lauryn Hill... et un caméo de Bill Duke en balayeur agacé par le black muslim junior (ce qui prête encore plus à sourire quand on se rappelle que Duke faisait ses premiers pas dans un rôle presque similaire dans Car Wash).