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dimanche 22 avril 2012

Love For Sale

Retour aux comédies romantiques, même si celle-ci est un peu différente dans son propos...

LOVE FOR SALE - Russ Parr (2008)
 
Trey et Vince (Jackie Long & Jason Weaver) sont des livreurs de repas à domicile ; ils débarquent dans une party pour leur travail que Trey fait à merveille alors que Vince est obnubilé par les jeunes filles...
Malgré son professionnalisme, Trey rencontre la ravissante Keiley (Mya) et la propriétaire de la maison Katherine (Melyssa Ford). Il tombe amoureux de la première -qui a déjà un copain, balèze de surcroit- et la seconde le paye pour des "livraisons spéciales"...
Cette comédie -tout aussi romantique que dramatique- est plutôt déroutante. On commence par une scène de party tout ce qu'il y a d'ordinaire avec son cortège de maillots de bain, d'alcool et de jeunes mâles mugissant... mais le héros est vite confronté à un problème plus sérieux, et rarement abordé : la prostitution masculine.
Cet indie est donc une bonne surprise, les personnages y sont dépeints avec une certaine complexité -rare dans ce genre de comédie à petit budget- et même les éléments comiques ne tombent pas dans les caricatures outrancières des 90s. De ce point de vue Love For Sale est une résussite.
Cependant, la réalisation de Russ Parr (The Last Stand, Something Like a Business et 35 and Ticking) est ordinaire et l'ensemble manque de rythme. Dommage !

Le casting rassemble à nouveau Jackie Long et Jason Weaver (qui jouaient des cousins dans ATL). Bien que sexy et émouvante, le rôle de cougar de Melyssa Ford (Three Can Play That Game, Good Hair) n'est pas très crédible tant celle-ci est encore jeune...
Clifton Powell est hilarant, comme souvent. Signalons encore Essence Atkins (How High, Deliver Us from Eva, Preacher's Kid, Dance Flick ou encore les séries Half & Half et Are We There Yet ?), Angell Conwell (The Wash, Soul Plane, Frankenhood, Perfect Combination), Big Daddy Kane (The Meteor Man, Posse, Block Party, Dead Heist, Just Another Day) et un rescapé de la blaxploitation : Richard Lawson.

vendredi 23 mars 2012

Three Can Play That Game

Six ans après le désormais classique Two Can Play That Game, Shanté Smith revient sur les écrans pour apprendre Comment garder son homme...

THREE CAN PLAY THAT GAME - Samad Davis (2007)

Shanté Smith (Vivica A. Fox) a mis à profit son expertise dans les relations amoureuses et a monté sa propre entreprise à Atlanta où elle dispense ses conseils en tant que professionnelle.
Byron Thompson (Jason George) est le lauréat d'une émission de télé-réalité ; sa petite amie (Jazsmin Lewis) qui lui est toute dévouée le surprend dans les bras d'une autre femme, sa nouvelle chef (Kellita Smith). Elle consulte Shanté pour reconstruire son couple...
Vivica A. Fox reprend du service et endosse à nouveau les habits de Shanté Smith et l'on pourrait s'attendre au pire avec cette tardive séquelle visiblement un peu cheap (le budget ne dépasse pas le million de dollars). Or, avec un casting beaucoup moins développé que son prédécesseur et une réalisation trop conventionnelle (ainsi que quelques plans totalement ratés et décadrés), on évite l'ennui complet. L'histoire simplissime est bien rythmée et les quiproquos amoureux peuvent même prêter à sourire.

Pour la petite dizaine d'acteurs principaux, les producteurs misent sur des actrices connues telles Jazsmin Lewis (How to Be a Player, Barbershop, Deliver Us from Eva, Baadasssss !, Barbershop 2), Kellita Smith (House Party 3, Kingdom Come, Hair Show, King's Ransom, Roll Bounce, Gang of Roses 2: Next Generation), Terri J. Vaughn (Sister Act 2, Friday, Don't Be a Menace..., Daddy's Little Girls) et Melyssa Ford (Love for Sale, Good Hair).
Coté masculin, les deux protagonistes principaux sont peu connus. Le premier, Jason George, est plutôt rare sur grand écran et collectionne par contre les rôles à la télé. Le second a un patronyme et une ressemblance qui ouvrent quelques portes puisqu'il s'agit de Tony Rock, le frère de Chris (qui d'ailleurs a un rôle récurrent dans Everybody Hates Chris) ; seul L. Warren Young aligne une certaine expérience avec entre autres The Fighting Temptations, Diary of a Mad Black Woman, Daddy's Little Girls et The Lena Baker Story). Mais pour le reste ce ne sont que des actrices et acteurs quasiment inconnus qui viennent compléter le casting.

vendredi 14 octobre 2011

Good Hair

Chris Rock laisse momentanément de coté sa série Everybody Hates Chris, ses films et autres shows pour produire et présenter ce documentaire plutôt inédit sur les cheveux afros.

GOOD HAIR - Jeff Stilson (2009)



Le projet est assez ambitieux, et touche à différents domaines : esthétique, culture, politique et économie.
Chris Rock introduit le sujet par une question de sa fille "Papa, pourquoi je n'ai pas de beaux cheveux ?" Et plusieurs actrices font ce constat d'un violence symbolique forte que résume Melyssa Ford sur ce qu'elle pensait dans son enfance : "les beaux cheveux étaient ceux des Blancs". Tout en posant ce lourd constat, Rock l'évacue rapidement pour s'intéresser aux techniques et produits pour changer ses cheveux. Et il explore les techniques (lissage, tissage...) et les filières industrielles internationales, interroge des femmes anonymes et des stars, met en avant les dangers sanitaires de certaines pratiques...
En parallèle, il suit les préparatifs d'un concours national où des coiffeurs s'affrontent dans sur un ring dans un show digne des spectacles de catch...
Cet incursion documentaire est plutôt réussie, et connait un relatif succès de diffusion. On suis sans ennui les 95 minutes du programme, grace à une alternance bienvenue entre témoignages de stars, archives, visite d'usines ou laboratoire, reportage sur le vif dans les salons et barbershops... Les passages autour du concours sont à mon goût trop longs, mais dans l'ensemble le documentaire se laisse regarder avec intérêt. Produit par Nelson George (Strictly Business et CBLien4) et Chris Rock, c'est ce dernier qui fait la narration. Il s'adjoint les services du compositeur Marcus Miller (dont la filmographie parle pour lui : House Party, Boomerang, Above the Rim, A Low Down Dirty Shame, The Great White Hype, The Sixth Man, The Ladies Man, The Brothers, Two Can Play That Game, Deliver Us from Eva, Head of State, I Think I Love My Wife, This Christmas...).

Le documentaire a été critiqué pour ne pas être assez politique et ne pas se centrer sur les causes qui poussent les femmes afro-américaines à se conformer à une certaine vision de la beauté.
Tout en décortiquant chaque aspect, il n'est pas faux que Rock s'arrête souvent au milieu de l'explication. Ces critiques sont donc recevables, mais pas rédhibitoires. Car le documentaire n'est pas mauvais pour ce qu'il ne traite pas ; c'est bien ce qu'il montre qui est pertinent et relativement rare (d'autant plus par la notoriété de Rock et des autres protagonistes). Il ne recherche pas les causes de ce phénomène, mais plutôt aux stratégies individuelles pour s'y adapter, aux excès et aux dangers, et à la mane financière que représentent le marché capillaire afro-américain.
Il pointe différents problèmes : les risques pour la peau des lotions de défrisage, le quasi-monopole des sociétés blanches sur le commerce des soins capillaires afros, la mondialisation du phénomène et le "pillage" des cheveux d'Inde...

Des dizaines d'anonymes apparaissent. Plusieurs personnalités donnent leurs avis et témoignages personnels : les actrices Salli Richardson-Whitfield, Nia Long, Eve, Kerry Washington, Raven-Symoné, Meagan Good, Tracie Thoms, Melyssa Ford, Vanessa Bell Calloway, Sarah Jones... la rappeuse Sandra Denton et son accolyte Cheryl James (de Salt-N-Pepa) et leurs alter ego masculins : Ice T, KRS-One et T-Pain.

Des professionnels apportent leur expertise et ouvrent les portes de leurs usines et de leurs salons. Tandis que la poétesse Maya Angelou et le révérend Al Sharpton apportent une réflexion plus politique ; ce dernier propose d'ailleurs une conclusion tenant compte du problème général et des réponses individuelles : "Une fois qu'on a réalisé et identifié qui nous étions, alors ça devient personnel. Je suis donc libre d'être qui je veux quoi qu'il arrive. Donc pour moi mes cheveux défrisés sont aussi africains qu'un afro, parce que tout ça vient de la culture noire."