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mardi 7 décembre 2010

D.C. Cab

Voilà une de ces comédies au casting fleuve que n'aurait pas réniée Michael Schultz...

D.C. CAB - Joel Schumacher (1983)


Avec le fol espoir de monter son affaire, le jeune Albert Hockenberry (Adam Baldwin) débarque à Washington avec l'espoir de se faire embaucher comme chauffeur de taxi par un ami de son défunt père : le débonnaire Harold.
Albert décroche rapidement son autorisation pour conduire, mais il se rend vite compte que les employés d'Harold (Mr. T, Otis Day, Gary Busey, les Barbarians Brothers...) n'aident pas à la santé de l'entreprise par leur manque de motivation et de solidarité...
Mais Albert est pris en otage ; c'est l'occasion pour ses collègues de se serrer les coudes et de travailler de concert...
Après les laveurs de voiture (puisqu'il faut se rappeler que Schumacher est aussi le scénariste de Car Wash), il s'intéresse à une autre profession : celle des chauffeurs de taxis. Et le film se présente vraiment comme une déclinaison appauvrie de Car Wash dans sa première partie (si ce n'est une équipe d'employés multi-ethnique).
Heureux passage tout de même : la scène d'ouverture, comme tirée d'un Dolemite, qui met en scène des clowns/zombies/chauffeurs. Agréablement étonnant !

Malgrès la prégnance de Mr. T sur l'affiche, il ne tient qu'un rôle parmi d'autres. C'est d'ailleurs le sort des Afro-Américains dans le film, pas plus mal servis que dans les autres production du style. On est par contre atterré par un racisme anti-asiatique hallucinant. Rajoutez à ça la démotivation des salariés cause des problèmes d'un patron des plus sympathiques et des répliques bien réacs, tel Mr. T répondant "Then go get a job in a bakery !" à une prostitué qui dit qu'elle a besoin d'argent (à noter donc le subtil jeu de mot sur "bread", utilisé comme "oseille"). Voilà bien qui donne une idée de l'idéologie de l'Amérique livrée au libéralisme des années Reagan.

On croise quelques seconds couteaux emblématique de cette période charnière entre les films soul et new-jack, tels que Jim Moody, Denise Gordy, J.W. Smith, Whitman Mayo (acteur essentiellement de séries TV qui débute dans The Black Klansman et joue un petit rôle dans Boyz N the Hood), ainsi que les cascadeurs Tony Brubaker et Eddie Smith.
Otis Day (qui participe là à son dernier film),
Coté withey ou latino, on peut citer Max Gail, Gary Busey (la gueule de méchant des 80s, en particulier dans L'arme fatale), Paul Rodriguez et les jumeaux David et Peter "Barbarian" Paul.
Grosse cerise sur le (petit) gateau : la resplendissante Irene Cara, vedette d'Aaron Loves Angela, Sparkle, et des séries TV Roots et Fame, apparaît dans son propre rôle.

mardi 24 août 2010

Mahogany

Unique film de Berry Gordy en tant que réalisateur, ce producteur de génie reprend le duo qui avait si bien marché dans Lady Sings the Blues : sa chanteuse de femme Diana Ross et l'éternel dandy Billy Dee Williams.

MAHOGANY - Berry Gordy (1975)


Tracy Chambers (Diana Ross) fait des études pour être une styliste ; tandis que sa tante Florence (Beah Richard) les lui confectionne. Tracy habite dans les quartiers noirs et pauvres de Chicago, c'est là qu'elle rencontre Brian Walker (Billy Dee Williams), un juriste qui milite pour faire respecter les droits des Afro-Américains.
En parallèle de ses études, Tracy travaille comme secrétaire et femme-à-tout-faire dans une agence de mode. Un jour, un photographe (Anthony Perkins) la remarque et lui demande de poser ; sa patronne ne voit pas d'un bon oeil la promotion des Noirs. en outre, ses croquis ne trouvent pas preneur...
Tandis que Brian se lance dans une campagne électorale, Sean -le photographe- propose un boulot à Tracy... à Rome. Elle y devient un célèbre mannequin, multipliant publicités et couvertures de magazine sous le nom de Miss Mahogany.

On ne retrouve pas la force de Lady Things the Blues, dans cette comédie romantique. Pari perdu de ce point de vue, puisqu'il est incontestable que le maitre en affaire Berry Gordy espérait rééditer le succès tant artistique que commercial du biopic sur Billy Hollyday (il en reprend d'ailleurs l'architecture sous forme de flashback). Pour l'aspect financier, par contre le bilan positif, doublé d'excellents chiffres de vente pour la Bande Originale (signée Michael Masser) et en particulier la chanson "Do You Know Where You're Going To" interprétée par Diana Ross.
Sans être mauvaise, la réalisation de Berry Gordy est plate et sans relief. Il se contente de suivre les protagonistes, sauf peut-être au milieu du film avec un clip tout en fondu et à la gloire de sa femme splendide.
L'affrontement en toile de fond entre la philosophie individualiste et la volonté de réussite personnelle de Mahogany/Diana Ross, et le combat politique et collectif représenté par Brian/Dee Williams reste trop superficiel à mon goût (et se cantonne à des poncifs mielleux). Cependant, le film s'avère sévère et sans concession sur le milieu de la mode.

Le duo Ross/Dee Williams fonctionne toujours très bien. C'est surtout les acteurs secondaires qui attirent l'attention, et spécifiquement, le personnage de Sean le photographe infect et névrosé qui est un de ces salauds qu'on adore détester ; il est interprété par Anthony Perkins, l'inquiétant et mythique Norman Bates de Psychose.
Par ailleurs, il faut noter la présence de la trop rare Beah Richard (In the Heat of the Night, Guess Who's Coming to Dinner et The Great White Hope) qui est resplendissante ici, de Lenard Norris (The Spook Who Sat by the Door), de Pemon Rami (qui joue dans Three Tough Guys et travaille comme casteur de figurant sur ce film ainsi que Cooley High et The Monkey Hustle) et du Français Jean-Pierre Aumont.

mercredi 26 mai 2010

Black Fist

On sort momentanément de la thématique soul/épouvante pour s'attarder sur ce film qui offre la vedette à Richard Lawson (dont j'ai parlé à plusieurs reprises dans les derniers billets.
Bogard, Black Streetfighter, Poing d'acier, Le combattant ou bien encore Get Fisk... Les retitrages sont nombreux pour ce film qui surfe sur la mode cinématographique naissante des combats de rues.

BLACK FIST - Timothy Galfas (1975)
Leroy Fisk (Richard Lawson) est un jeune Afro-Américain au chômage. Pour survivre et offir un avenir à sa femme enceinte, Florence (Annazette Chase), Leroy se lance dans des combats de rue. Il perd son premier combat, mais entre tout de même dans l'écurie de Logan (Robert Burtt) qui pourvoit largement à ses besoins.
Pressé de toutes parts, racketté par Heineken le flic ripou (Dabney Coleman), Leroy veut raccrocher mais accepte un dernier combat pour 20.000 $.
Mais Logan et Heineken, n'entendent pas la chose de cette façon...

Ultra-violence et scénario tenant sur une feuille OCB petit format, ce Black Fist est de facture assez bonne au regard du ridicule budget dont disposait le réalisateur, le quasi-inconnu Timothy Galfas ; dans les dernières minutes du film, Galfas tente même une approche très nouvelle vague cheap.....

Composée en deux parties bien -voire trop- distinctes : d'un coté l'éternelle ascencion d'une p'tite frappe qui veut survivre, puis la chute vertigineuse et la vengeance. Black Fist n'en reste pas moins très agréable à regarder lorsqu'on aime le genre.
Richard Lawson trouve enfin un premier rôle dans un film soul. Pour le reste du casting on retrouve des actrices et acteurs familiers, aussi bien les seconds rôles noirs comme Annazette Chase (The Mack, Truck Turner, Sounder 2,...), Stephanie Faulkner (The Bus Is Coming, Cooley High et JD's Revenge), Ed Rue (très petite filmographie, bien qu'on le croise dans Sweet Sweetback's Baadasssss Song, et comme ingénieur son sur Wattstax ou le plus récent House Party), et Philip Michael Thomas (le Ricardo Tubbs de Miami Vice) dans un petit rôle de pimp. A leur cotés, des Blancs habitués des rôles de flics véreux, de gros bras ou de mafieux tels que Morris Buchanan, Nicholas Worth, l'imposant H.B. Haggerty. Coté cascades, c'est Tony Brubaker qui est aux commandes.