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mercredi 22 janvier 2014

Bad Boys

La même année que Money Train débarque un duo exclusivement afro-américain qui vient révolutionner les buddy movies à l'ancienne... 

BAD BOYS - Michael Bay (1995)


Mike Lowery et Marcus Burnett (Will Smith & Martin Lawrence) sont deux policiers de Miami. Ils sont coéquipiers et amis depuis des années malgré leurs vies opposées : Mike a hérité d'une coquette fortune et s'adonne au métier de policier par passion (qu'il partage aussi entre le design, les voitures et les filles), tandis que Marcus est un père de famille ordinaire.
Ils enquêtent sur un braquage au sein même des locaux de la police de 100 millions de dollars d'héroïne.

La drogue a été volé par un ancien flic, rapidement éliminé par le cerveau de l'affaire : Fouchet (Tchéky Karyo) ; mais une témoin gênante va trouver refuge auprès de Marcus, qu'elle prend pour Mike, tandis que ce dernier part vivre avec Theresa Burnett (Theresa Randle) pour accréditer la méprise...

Produit par Jerry Bruckheimer (Le flic de Beverly Hills et sa séquelle, Crimson Tide, Enemy of the State, Bad Company, Remember the Titans, Bad Boys II, Glory Road, Déjà vu, puis dans des séries policières incontournables comme Cold Case, FBI - Portés disparus et Les experts) pour moins de 20 millions de dollars, Bad Boys explose littéralement le box office mondial et en rapporte plus de 140 ! Il propulse Michael Bay et Will Smith au rang des personnalités incontournables d'Hollywood.
Le réalisateur Michael Bay signe là son premier long métrage et son talent est évident, tant pour rythmer une histoire, filmer les explosions et les courses de voitures, faire des plongées et contre-plongées sur Miami au crépuscule...

Le résultat est toutefois mitigé. Incontestablement réussi sur le plan de l'action, le film a tout du buddy movie ordinaire pour l'aspect comique. C'est exactement le même ressort que dans L'arme fatale avec le vieux flic rangé, limite coincé, et le jeune premier insouciant et fougueux ; avec une différence de taille tout de même ! Ainsi, dans L'arme fatale le rôle le plus "avantageux" (celui du séducteur) était confié au Blanc et celui du comique à ses dépends au Noir. Ici le duo est afro-américain et va dans le sens d'une certaine normalisation dans le cinéma hollywoodien de la place des Noirs, qui ne sont plus seulement utilisés dans les rôles de comiques et de faire-valoirs du personnage blanc.
En tout cas, Will Smith (après un petit rôle dans Made in America) fait une entrée fracassante, assez éloigné de son rôle de l'époque : The Fresh Prince of Bel-Air.
Idem pour Martin Lawrence qui jouait jusque là de petits rôles (Do the Right Thing, House Party, Talkin' Dirty After Dark, House Party 2 et Boomerang), mais il aura du mal à s'extraire de ce rôle de flic blablateur et malchanceux, sauf lorsqu'il réalise son seul et unique film : A Thin Line Between Love and Hate.

La VF du film est pour le moins déroutante puisque Will Smith perd "sa" voix du Prince de Bel-Air : Greg Germain, qui reprend sa place sur Bad Boys II. Pour l'heure,c'est Jacques Martial qui double Smith et Thierry Desroses assure la voix de Lawrence.

Au niveau de la distibution, on peut signaler de petits rôles pour Theresa Randle, Michael "Bear" Taliferro ou encore John Salley (Eddie, Bad Boys II, Black Dynamite). Du coté des cascades on retrouves professionnels méconnus mais récurrents comme Henry Kingi et son fiston Jr., Manny Perry et Kenny Endoso (qui fit ses armes comme acteur et cascadeur dans Blazing Saddles et The Zebra Force).


jeudi 14 avril 2011

Life

Perpète réunit les deux acteurs comiques de l'année 1999, Eddie Murphy et Martin Lawrence (respectivement quatre et deux films cette année-là), et la collaboration s'avère plus que fructueuse...

LIFE - Ted Demme (1999)


Dans une prison du Mississipi, pendant que deux jeunes prisonniers rebouchent deux tombes, le vieux Willie Long (Obba Babatundé) leur conte la vie des deux macchabées. Tout débute en 1932, lorsque Rayford Gibson (Eddie Murphy), une petite frappe au bagou inaltérable, et Claude Banks (Martin Lawrence), un employé de banque fraîchement embauché, se trouvent obligé de convoyer de la gnole pour le compte d'un gangster de Harlem. Les deux hommes partagent peu de choses : une vie et des ambitions différentes,
Lors d'une étape, Winston (Clarence Williams III) leur meurt mystérieusement dans les bras, après avoir escroqué Ray au poker. Le mobile est tout trouvé et la justice des Blancs du Sud ne cherche pas plus loin : les deux compères sont condamnés à perpétuité dans un bagne du Mississipi.Certes l'humour est présent, mais pas celui dans lequel s'illustrent le plus souvent Eddie Murphy et Martin Lawrence (c'est d'ailleurs la volonté affirmée de Ted Demme, à qui l'on doit le petit film Who's the Man ?). Les deux acteurs ont joué pour la première fois ensemble dans Boomerang, et c'est à ce genre de comédies que l'on peut comparer Life : une comédie pertinente où se mêle à la fois l'humour, les sentiments, le drame et la solidarité. On suit les deux personnages principaux pendant 70 ans, un vieillissement rendu crédible par le bon jeu de Martin et Eddie, et grâce aux maquillages perfectionnistes de Rick Baker (nominé aux Oscars).

J'ai un faible pour les reconstitutions historiques et les films en costumes d'époque. Et on peut dire que ce film nous fait voyager, du Harlem by night au Sud profond, jusque dans les rêves de Ray. Le tout sur une BO réussit, signée de Wycleef Jean, l'ex-Fugees.

Même si le réalisateur est Blanc, c'est bien d'une histoire d'Afro-Américains dont il s'agit, une histoires sur, avec et du point de vue des Afro-Américains. Le parallèle avec l'esclavage paraît évident ; on peut même, en poussant un peu, y voir une parabole sur la ségrégation : travail gratuit, poursuite des évadés par des Blancs et des chiens, directeur de la prison représenté comme un directeur de plantation -avec sa famille bien proprette qui assiste frétillante aux activités de détenus et sa fille qui accouche d'un enfant métisse...

Enfin, dernier point essentiel : cette comédie historique rassemble un casting incroyLienable qui investit des seconds rôles touchant, campés avec précision et dignité. On peut citer pêle-mêle Bernie Mac, Anthony Anderson (Romeo Must Die, Exit Wounds, Kingdom Come, Cradle 2 the Grave, Big Momma's House, Barbershop), Barry Shabaka Henley, Miguel A. Núñez Jr.,
Bokeem Woodbine, Lisa Nicole Carson, Clarence Williams III, Michael "Bear" Taliferro, Sanaa Lathan, Zaid Farid (Bowfinger), Guy Torry, Armelia McQueen, William B. Taylor, Ernie Banks, le funkman Rick James.
L'équipe des cascadeurs est aussi étoffée avec les dinosaures Tony Brubaker et Jophery C. Brown et la nouvelle génération Big Daddy Wayne, Eric Chambers et Jalil Jay Lynch

lundi 14 février 2011

Sister Act 2 : Back in the Habit

On ne change pas un concept gagnant à Hollywood : les producteurs remettent donc le couvert avec un bien terne deuxième opus...

SISTER ACT 2 :
BACK IN THE HABIT
- Bill Duke (1993)



Deloris Van Cartier (Whoopi Goldberg) triomphe à Las Vegas ; mais les nonnes du couvent de St Francis, dépêchées par la Mère Supérieure (Maggie Smith) la convainque de réintégrer l'établissement comme professeur.
Deloris -rebaptisée Sœur Marie Clarence- se retrouve d'abord désarmé devant sa classe de trublions menée par Rita Louise Watson (Lauryn Hill)... En plus, un homme d'affaire sans scrupule veut faire fermer StFrancis, le détruire et y construire des garages. Sœur Marie Clarence va tout faire pour résoudre ces deux problèmes.
Comment Bill Duke se retrouve-t'il sur ce projet ? Mystère. Toujours est-il que l'on aurait pu attendre mieux du réalisateur de A Rage in Harlem et de Hoodlum.
Or, rien ne relève le niveau. Ni Whoopi, ni les nonnes, ni le méchant... En plus, les films sur les jeunes et leur prof sont souvent d'une platitude insoutenable ; on n'y échappe pas ici avec la phase où la classe se fout de tout, puis la prof se fait accepter puis donne une raison de vivre à chacun des ses élèves !
Finalement, le premier opus s'avère plus convaincant quand celui-ci nous sert du réchauffé mâtiné de films pour ados.

On se console avec la découverte de la petite Lauryn Hill... et un caméo de Bill Duke en balayeur agacé par le black muslim junior (ce qui prête encore plus à sourire quand on se rappelle que Duke faisait ses premiers pas dans un rôle presque similaire dans Car Wash).