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vendredi 23 avril 2010

Scream Blacula Scream

Voici la séquelle du cultissime Blacula. Voilà l'exemple type des films qui creusèrent la tombe de la Blaxploitation ; l'AIP produit une réussite, en l'occurence Blacula, et hop, ni une ni deux, tout le monde se lance dans la production du deuxième. Cool Breeze a marché ? Coffy aussi ? Allez hop y a plus qu'à mettre Pam Grier à coté du vampire noire et le tour est joué, on a Scream Blacula Scream.

SCREAM BLACULA SCREAM
Bob Kelljan (1973)


Des adeptes de vaudou viennent de perdre leur prêtresse. Son fils Willis (Richard Lawson) réclame la succession, tandis que les autres membres lui préfèrent Lisa Fortier (Pam Grier). L'ambitieux et colérique Willis se lance alors dans l'invocation de Blacula (William Marshall), l'ancien prince Mamuwalde devenu vampire. Blacula mord Willis qui devient à son tour vampire.
Jamais rassasié, Mamuwalde erre la nuit à la recherche de victimes, dont il se fait une petite armée dans son manoir.
Il rencontre Lisa, qui possède toute une collection d'objets lui ayant apartenu. Mamuwalde décèle en elle des pouvoirs vaudous très puissants. Alors que Willis, de son coté, prépare malgré tout sa vengeance contre sa rivale...
On retrouve l'idée de plonger l'humaniste Mamuwalde dans la vie nocturne scène géniale ou Mamuwalde corrige deux macros qui se moquent de sa cape et veulent son argent (ce qui donne un dialogue assez savoureux entre avec la diction lyrique d'acteur classique face aux deux pimps -dont Bob Minor- à l'accent typiquement afro).
Mais le film est poussif, Pam Grier n'est pas mise en avant et se retrouve dans un rôle de potiche, la qualité du soundtrack n'est pas au rendez-vous... Bref, si vous n'êtes ni fan des films d'horreur de second ordre, ni inconditionnel de la Blaxploitation ou de Pam Grier, vous pouvez passer votre chemin.

Coté casting, Richard Lawson (acteur de nombreuses séries et d'un second rôle dans Sugar Hill et le premier de Black Fist), Lynne Moody (la femme de Tom dans Roots), Bernie Hamilton (on le croise dans le troisième volet des enquêtes de Mr. Tibbs : The Organization, dans Hammer ou encore Bucktown), Arnold Williams (qui fait des apparitions dans Cotton Comes to Harlem, Accros the 110th Street ou le James Bond empreint de soul : Live and Let Die), une apparition du cascadeur Richard Washington (Sheba Baby, Dr. Black, Mr. Hyde, Drum, voire même des blockbusters comme Die Hard III), James Kingsley (Cooley High). Joan Torres et Raymond Koenig resignent le scénario de ce volet, tandis que le montage est assuré par Fabien D. Tordjmann (JD's Revenge) et le casting par Joe Scully.

dimanche 4 avril 2010

Cooley High

Au rang des chroniques sociales, un des meilleurs films de cette époque reste Cooley High. L'on prête souvent à ce long métrage d'être le pendant black de American Graffitti de Georges Lucas.


COOLEY HIGH - Michael Schultz (1975)


Cochise, Preach (Lawrence Hilton-Jacobs & Glynn Turman), Pooter et leurs copains sont élèves au Collège Cooley, à Chicago. Pour eux, c'est le temps des filles, des sorties en bande, des boums et des bagarres.
Habitués à sécher les cours malgrès les remontrances de leur prof d'histoire (Garrett Morris), Cochise et Preach se retrouve un soir dans une voiture volée et croisent les flics : la course poursuite commence. Et les emmerdes aussi...
Ce film aux abords un peu légers est pourtant une véritable chronique sociale qui dépeint le quotidien de la jeunesse des ghettos dans les années 60. Le film alterne des scènes classiques de teen movies, des passages comiques et des moments tragiques.
Il aborde tout à la fois avec humour et sérieux les problèmes liées à l'adolescence -des garçons-, à la violence, à la précarité...
Le scénario est d'Eric Monte (à qui l'on doit aussi celui du dessin animé The Nine Lives of Fritz the Cat), et la chaîne ABC s'en inspira pour créer sa série What's happening !!

Un pur film de la blaxploitation du point de vue de sa pléïade d'acteurs de petits seconds rôles : Garrett Morris (qui joue aussi dans Car Wash (il végète ensuite dans des séries et quelques films, puis retrouvera des seconds rôles dans les années 2000 avec Black Rose of Harlem, How High, The Salon, Who's Your Caddy ?, The Longshots), Joseph Carter Wilson, Stephanie Faulkner (The Bus Is Coming et JD's Revenge où elle retrouve Glynn Turman), Lynn Caridine, Steven Williams -le capitaine Fuller de 21 Jump Street- et Nathaniel Reed (les deux derniers seront l'année suivante dans Monkey Hustle), Colostine Boatwright (The Spook Who Sat By the Door), James Kingsley (Scream Blacula Scream).
C'est aussi la première apparition à l'écran de Robert Towsend (futur réalisateur de l'excellent Hollywood Shuffle). Bien sûr aussi à quelques techniciens récurrents, avec un coté familial : le mixeur Bill Pellak, le monteur Christopher Holmes, Lauren Jones (la femme de réalisateur) ; on s'aperçoit que l'équipe technique comme les acteurs rempilent pour The Monkey Hustle.

La musique originale est composée par Freddie Perren, mais l'on retiendra surtout le choix de titres-phares de la Motown : Baby love (des Suprêmes) pour la scène d'ouverture, The Temptations, Smokey Robinson & The Miracles, The Four Tops...