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jeudi 8 mars 2012

Last Holiday

On avait laissé de coté les comédies romantiques, nous y voilà replonger avec Vacances sur ordonnance...

LAST HOLIDAY - Wayne Wang (2006)


Georgia Byrd (Queen Latifah) est une employée tout ce qu'il y a de plus ordinaire ; une mère célibataire, timide et besogneuse, cuisinière à ses heures... Alors qu'elle fricote avec un collègue, Sean (LL Cool J), elle se cogne malencontreusement et tombe dans les pommes. Mais les radios qui s'avéraient de routine dévoilent de nombres tumeurs au cerveau.
Elle vend tous ses biens pour s'offrir un somptueux voyage dans un luxueux hôtel d'Europe, où elle se fait passer pour une riche femme d'affaire
Elle fréquente et se joue de politiciens et d'hommes importants. Et surtout, elle rencontre, sympathise puis cuisine avec le chef français Didier (Gérard Depardieu).
On prend réellement plaisir à voir évoluer Queen Latifah, vraiment touchante dans ce rôle de femme ordinaire, normale mais pas banale. Sa prestation donne une profondeur au film, qui sans elle et son personnage sur mesure se serait avéré des plus patauds.

Pour le reste, c'est une comédie romantique tout ce qu'il y a de plus classique, plutôt sympathique et légère. Bien sûr, la présence de notre "Depardiou" national -forcément en chef français- rajoute un petit plus (dans un anglais des plus haché et bien souvent même "en Français dans le texte").
LienComme à son habitude, LL Cool J (Black Rebel, Woo, Kingdom Come, Deliver Us from Eva...) campe le bon gars placide et sans histoire, aimant et attentionné... et sa prestation est comme trop souvent assez fade. Il y a aussi l'acteur fétiche de Spike Lee dans ses débuts (School Daze, Do the Right Thing, Mo' Better Blues, Malcolm X) : Giancarlo Esposito, et la jeune Chloe Bailey (The Fighting Temptations, Gospel Hill, Meet the Browns).

vendredi 18 mars 2011

Bogus

Pur produit des cerveaux financiarisés d'Hollywood, la recette semble prometteuse : un grand réalisateur, une actrice noire en vogue, un enfant angélique et un Français mondialement connu. Pourtant...

BOGUS - Norman Jewison (1996)



Albert (Haley Joel Osment) vit avec sa mère et une troupe de cirque qui joue à Las Vegas. Alors que sa mère meurt dans un accident de voiture, il est confié à sa "marraine" -Harriet Franklin (Whoopi Goldberg)- qu'il n'a jamais vu et qui, elle, ne soupçonne même pas son existence.
Durant le voyage, il s'invente un ami magicien français nommé Bogus (Gérard Depardieu) qui l'accompagne dans sa nouvelle vie...

Comment le même réalisateur peut produire des films aussi différents qualitativement que In the Heat of the Night, Bogus et Hurricane Carter ? Toujours est-il que Norman Jewison livre là un film sans grand intérêt qui s'avère aussi un véritable gouffre financier puisqu'il rapporte seulement 4 millions pour un budget, relativement important, de 30 millions.
On ne dénombre pas les passages mièvres sur la famine en Ethiopie, l'enfant qui sommeille en chaque adulte... Tout cela finissant en apothéose par un ballet improbable de Whoopi et Depardieu massacrant Mon manège à moi.

En outre, idéologiquement, on pourrait discourir des heures sur le personnage de Whoopi, présenté comme raciste et égoïste (elle-même adoptée, elle a du mal à accepter de devenir la tutrice d'un gamin blanc). En plus, là où bien souvent son talent peut s'exprimer (comme dans Jumpin' Jack Flash ou Sister Act), on la sent restreinte dans son jeu et hésitante entre le comique exubérant et la compassion maternante... Gérard Depardieu ne relève pas le niveau et propose une interprétation attendue et calibrée en magicien/pédopsychiatre français.
Pour être complet, nottons que Julia L. Walker, la coiffeuse en titre Whoopi, est toujours de la partie, et Bob Minor est crédité comme coordonnateur des cascades.