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vendredi 7 juin 2013

She Hate Me

Dernière collaboration en date de Jim Brown et Spike Lee. Celui-ci dynamite les codes de la comédie romantique ; il multiplie les pistes, mélange les genres et, comme à son habitude, questionne notre société...

SHE HATE ME - Spike Lee (2004)


Après le suicide du professeur Shiller, John Henry "Jack" Armstrong (Anthony Mackie) est accusé par son supérieur de délit d'initié et viré.
Le salut financier lui vient de son ex-fiancée ; Fatima et sa nouvelle compagne Alex (Kerry Washington & Dania Ramirez) lui proposent 10000$ chacune pour les mettre enceinte. Fatima va même lui trouver 18 lesbiennes pour être le géniteur de leurs enfants, et pour la même somme. Il accepte mais se pose rapidement des questions éthiques.
En parallèle, la police enquête sur le délit d'initié et tente de confondre John Henry. Tout se gâte encore plus lorsque Simona Bonasera (Monica Bellucci), la fille d'un parrain de New-York (John Turturro) postule pour l'insémination in vivo...
J'avais longtemps laissé ce DVD sur une étagère, imaginant un sombre nanard ; la présence de Monica Bellucci que j’exècre n'y étant pas pour rien. En plus, ce film a été écrasé sous une avalanche de critiques ultra-négatives (et les recettes au box-office s'apparentent à un véritable échec). En fait, j'ose à peine l'écrire, mais j'ai trouvé ce film excellent. Empli d'humour, regorgeant de saynètes incroyables, de rencontres improbables et de dialogues succulents, servi par une mise en scène plus ou moins étrange mais presque toujours sublime, et par la musique de Terence Blanchard.
Bien sûr, il y a une forte part de goût dans ce jugement ; et il faut bien avouer que le scénario est parfois brouillon, part dans tous les sens, ouvre des pistes qu'il ne referme pas et multiplie les personnages sans leur offrir de réelle consistance. Ces points reflètent bien la réalité de ce film et peuvent se muer en critiques, mais elles en renforcent pour moi la qualité.
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Encore peu connu à ce moment-là (il n'avait joué que des petits rôles dans 8 Mile ou The Manchurian Candidate), Anthony Mackie se voit offrir son premier rôle et s'en tire plutôt bien (par la suite, il jouera dans Million Dollar Baby, The Man, 2Pac dans Notorious, Desert Flower, Night Catches Us, Louis, Real Steel...). Pêle-mêle, citons Kerry Washington (Little Man, Ray, I Think I Love My Wife, The Last King of Scotland, Miracle at Santa Anna), Lonette McKee, Dania Ramirez, Chiwetel Ejiofor, Paula Jai Parker, Kim Director, Q-Tip, Lemon... Plus étonnante est la présence de Jamel Debbouze, d'autant plus qu'il joue le personnage bafouillant et rigolo qu'on lui connaît de ce coté de l'Atlantique.
Comme pour marquer son amour du cinéma, Lee n'hésite pas à embaucher l'acteur allemand David Bennent, qui joua dans le grand classique Le tambour.
Bien sûr, Spike Lee s'adjoint les services de ces acteurs ou techniciens fétiches : Jim Brown, Joie Lee sa sœur, Rick Aiello et surtout John Turturro, tout simplement génialissime en mafieu de la vieille école (dont la présence et les scènes nécessitent à elles seules de voir ce film !). Isiah Whitlock Jr. reprend son rôle de l'agent Amos Flood qu'il avait déjà incarné dans The 25th Hour (c'est peut-être l'œuvre de Michael Genet, scénariste de ces deux films, ainsi que du très bon Talk To Me).
C'est le dernier film de Lee dans lequel jouera Ossie Davis, réalisateur précurseur, acteur de talent et homme au grand cœur qui décède l'année suivante.

samedi 9 juin 2012

Le prochain Tarantino...

Tarantino aime la blaxploitation et le cinéma bis, c'est connu.Après l'ode à Pam Grier dans Jackie Brown, le projet Grindhouse et une sorte de remake d'Inglorious Bastards (de 1978, avec Fred Williamson), il s'attaque au western...

Produit par Reginald Hudlin, Django Unchained met en vedette un chasseur de prime et un esclave (Christoph Waltz & Jamie Foxx) qui collaborent contre un propriétaire terrien machiavélique joué (par Leonardo DiCaprio). Ce casting impressionnant sera complété par Samuel L. Jackson et Kerry Washington, RZA (après les désistements de Kurt Russell et Sacha Baron Cohen).

La sortie française est annoncée pour le 16 janvier 2013, un mois après les Etats-Unis.
On a hâte !

lundi 26 mars 2012

I Think I Love My Wife

Quatre ans après Head of State, Chris Rock réalise son second long métrage : Je crois que j'aime ma femme.

I THINK I LOVE MY WIFE - Chris Rock (2007)

Richard Cooper (Chris Rock) est un père de famille apparemment comblé : il a un travail qui lui rapporte un confortable salaire et est marié à la jolie et intelligente Brenda (Gina Torres), ils ont ensemble deux enfants et un belle maison dans la banlieue new-yorkaise.
Mais Richard s'ennuie ferme dans cette vie pépère où, en plus, il ne couche plus avec sa femme, se contentant de fantasmer sur toutes les filles qu'il croise... Alors quand la plantureuse Nikki (Kerry Washington), une amie de jeunesse, débarque dans son bureau et dans sa vie, les questionnements affluent...
Remake d'un film scénarisé et réalisé par Eric Rohmer en 1972 : L'amour l'après-midi, l'adaptation et le scénario sont signés Chris Rock et son partenaire Louis C.K. (avec qui il collabore sur Pootie Tang et Down to Earth). Produit pour 11 millions de dollars, il en rapporte 27 millions (également partagés entre les recettes en salle et l'exploitation ultérieure en DVD). L'accueil a cependant été relativement mitigé pour ce qui est des critiques.

Pour ma part, Chris Rock réalise et écrit des comédies un peu à la marge des productions habituelles. Il y a toujours un coté décalé et un mélange de styles assez étonnant ; il va là où on ne l'attend pas, évitant ici les blagues grivoises lorsqu'il évoque avec humour les fantasmes de son personnage ou ses péripéties sexuelles avec sa femme... Ainsi de la comédie romantique classique qu'on pourrait attendre, il bascule finalement dans la comédie de mœurs.
Il garde un de ses effets préférés : la voix off qui lui permet de poser un regard extérieur, et parfois mordant, sur les situations.

Hormis quelques films (comme les deux derniers volets de Matrix et Hair Show), Gina Torres enchaîne les séries et quelques rôles récurrents dans 24 ou Alias ; elle tient parfaitement son rôle de femme amoureuse mais désabusée.
Kerry Washington joue déjà avec Chris Rock dans Bad Company, et traîne sa jolie frimousse dans Ray, She Hate Me, Little Man, The Last King of Scotland, Lakeview Terrace, Miracle at St. Anna, Mother and Child, For Colored Girls et Night Catches Us.
Il y a aussi quelques caméos : Wendell Pierce (A Rage in Harlem, Waiting to Exhale, Get on the Bus, Bulworth, Brown Sugar, The Fighting Temptations, Ray, Night Catches Us), Andre B. Blake (Boomerang, Who's the Man ?, Hair Show), Orlando Jones (Woo, Double Take, Drumline, Biker Boyz, House of D), Cassandra Freeman (Inside Man) et Michael Kenneth Williams (la série The Wire, Miracle At Santa-Anna).
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jeudi 15 mars 2012

Little Man

Keenen Ivory dirige un fois encore ses frères Marlon et Shawn dans une comédie assez moyenne...

LITLLE MAN - Keenen Ivory Wayans (2006)

Calvin "Baby Face" Sims (Marlon Wayans) est un gangster tout ce qu'il y a de plus normal, à ceci prêt qu'il mesure moins d'un mètre.
Vanessa et Darryl (Kerry Washington & Shawn Wayans) sont un couple en plein doute, Darryl rêve d'un enfant alors que Vanessa donne la priorité à sa carrière.
Dès sa sortie de prison, Calvin et son pote Percy (Tracy Morgan) monte un casse dans une bijouterie et vole un énorme diamant. Avec la police aux trousses, les deux bandits se réfugient dans une épicerie, Calvin glisse le diamant dans le sac d'une passante qui s'avère être Vanessa. Pour le récupérer, il se fait passer pour un bébé abandonné sur leur pallier...
Ce film a trop été éreinté par la critique pour être complètement mauvais... Par ailleurs, il existe un public pour ce genre de film, et quand on est prêt à déposer son cerveau en insérant le DVD, on peut passer un bon moment devant les gags non-stops. Bien sûr, il y a du "caca-prout" et des allusions sexuelles bien lourdingues.
L'on n'est pas face à du grand cinéma, et finalement ce n'est pas ce qu'on demande à un film d'un Wayans.

Comme d'habitude, le casting regorge de seconds couteaux consacrés, de John Witherspoon à Kerry Washington, en passant par Tracy Morgan et David Alan Grier.
Du coté des acteurs blancs aussi, on retrouve la bande Wayans : Dave Sheridan et Kelly Coffield Park (les séries TV In Living Color et My Wife and Kids, Scary Movie, College Road Trip), Brittany Daniels (White Chicks) et Lochlyn Munro (Scary Movie, White Chicks, Daddy Day Camp et Dance Flick).

vendredi 14 octobre 2011

Good Hair

Chris Rock laisse momentanément de coté sa série Everybody Hates Chris, ses films et autres shows pour produire et présenter ce documentaire plutôt inédit sur les cheveux afros.

GOOD HAIR - Jeff Stilson (2009)



Le projet est assez ambitieux, et touche à différents domaines : esthétique, culture, politique et économie.
Chris Rock introduit le sujet par une question de sa fille "Papa, pourquoi je n'ai pas de beaux cheveux ?" Et plusieurs actrices font ce constat d'un violence symbolique forte que résume Melyssa Ford sur ce qu'elle pensait dans son enfance : "les beaux cheveux étaient ceux des Blancs". Tout en posant ce lourd constat, Rock l'évacue rapidement pour s'intéresser aux techniques et produits pour changer ses cheveux. Et il explore les techniques (lissage, tissage...) et les filières industrielles internationales, interroge des femmes anonymes et des stars, met en avant les dangers sanitaires de certaines pratiques...
En parallèle, il suit les préparatifs d'un concours national où des coiffeurs s'affrontent dans sur un ring dans un show digne des spectacles de catch...
Cet incursion documentaire est plutôt réussie, et connait un relatif succès de diffusion. On suis sans ennui les 95 minutes du programme, grace à une alternance bienvenue entre témoignages de stars, archives, visite d'usines ou laboratoire, reportage sur le vif dans les salons et barbershops... Les passages autour du concours sont à mon goût trop longs, mais dans l'ensemble le documentaire se laisse regarder avec intérêt. Produit par Nelson George (Strictly Business et CBLien4) et Chris Rock, c'est ce dernier qui fait la narration. Il s'adjoint les services du compositeur Marcus Miller (dont la filmographie parle pour lui : House Party, Boomerang, Above the Rim, A Low Down Dirty Shame, The Great White Hype, The Sixth Man, The Ladies Man, The Brothers, Two Can Play That Game, Deliver Us from Eva, Head of State, I Think I Love My Wife, This Christmas...).

Le documentaire a été critiqué pour ne pas être assez politique et ne pas se centrer sur les causes qui poussent les femmes afro-américaines à se conformer à une certaine vision de la beauté.
Tout en décortiquant chaque aspect, il n'est pas faux que Rock s'arrête souvent au milieu de l'explication. Ces critiques sont donc recevables, mais pas rédhibitoires. Car le documentaire n'est pas mauvais pour ce qu'il ne traite pas ; c'est bien ce qu'il montre qui est pertinent et relativement rare (d'autant plus par la notoriété de Rock et des autres protagonistes). Il ne recherche pas les causes de ce phénomène, mais plutôt aux stratégies individuelles pour s'y adapter, aux excès et aux dangers, et à la mane financière que représentent le marché capillaire afro-américain.
Il pointe différents problèmes : les risques pour la peau des lotions de défrisage, le quasi-monopole des sociétés blanches sur le commerce des soins capillaires afros, la mondialisation du phénomène et le "pillage" des cheveux d'Inde...

Des dizaines d'anonymes apparaissent. Plusieurs personnalités donnent leurs avis et témoignages personnels : les actrices Salli Richardson-Whitfield, Nia Long, Eve, Kerry Washington, Raven-Symoné, Meagan Good, Tracie Thoms, Melyssa Ford, Vanessa Bell Calloway, Sarah Jones... la rappeuse Sandra Denton et son accolyte Cheryl James (de Salt-N-Pepa) et leurs alter ego masculins : Ice T, KRS-One et T-Pain.

Des professionnels apportent leur expertise et ouvrent les portes de leurs usines et de leurs salons. Tandis que la poétesse Maya Angelou et le révérend Al Sharpton apportent une réflexion plus politique ; ce dernier propose d'ailleurs une conclusion tenant compte du problème général et des réponses individuelles : "Une fois qu'on a réalisé et identifié qui nous étions, alors ça devient personnel. Je suis donc libre d'être qui je veux quoi qu'il arrive. Donc pour moi mes cheveux défrisés sont aussi africains qu'un afro, parce que tout ça vient de la culture noire."