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samedi 19 février 2011

The Meteor Man

Troisième film pour Robert Towsend qui s'attaque au genre super-héroïque sous un angle décalé...

THE METEOR MAN – Robert Towsend (1993)


Jefferson Reed (Robert Towsend) est prof dans une école de Washington, une sorte de "monsieur-tout-le-monde", qui subit comme le reste de la communauté la violence des gangs.
Un soir, après avoir échapper aux plus dangereux, les Golden Lords, Jefferson est touché par une météore verte... Transféré à l'hopital, ses blessures guérissent miraculeusement. Et il se découvre des pouvoirs incroyables : il voit à travers les murs (et les vêtements), parlent aux chiens, lit un livre en le touchant, est à l'épreuve des balles et autres incongruités.
Avec son (Eddie Griffin) et ses parents, il développe ses pouvoirs, se confectionne un costume et chasse les trafiquants, rabibauche les Bloods et les Crips, harcèle les voleurs...

Voilà un film délicieusement "bis". Il est vraiment sans aucune prétention : les effets spéciaux sont ostentatoirement préhistoriques, l'histoire aussi simple qu'invraisemblable, le faible budget est compensé par une inventivité et une qualité de mise en scène certaines, et enfin les seconds rôles sont tous parfait dans leur rôle. Contrairement à d'autres films, et en particulier ceux de réalisateurs blancs, chaque personnage est caricaturé avec une bienveillance qui fait que l'on ne tombe jamais dans l'outrance.

C'est le casting proprement hallucinant qui retient toute l'attention, et pas seulement pour ses noms plus ou moins connus, mais parce que les personnages secondaires sont bien le cœur de cette comédie. La vieille garde est toujours à l'honneur : James Earl Jones qui arbore des coupes surréalistes et fétichise ses disques de Billie Holliday, Bill Cosby -véritable héros caché-, Marla Gibbs (qui débute dans Sweet Jesus Preacherman et Black Belt Jones), Marilyn Coleman (Willie Dynamite), Stu Gilliam (dont c'est le dernier film et qui joua dans The Mack et Dr. Black, Mr. Hyde).
Mais Towsend (et Ruth E. Carter, la directrice de casting) donne sa chance à la jeune génération : Eddie Griffin (qui incarnera un autre héros : Undercover Brother), Don Cheadle, Tommy "Tiny" Lister, Roy Fegan, Bobby McGee, Tommy Redmond Hicks (peu connu si ce n'est pour son rôle important dans She's Gotta Have It), Lela Rochon, Deborah Lacey, Faizon Love, Jenifer Lewis, John Witherspoon et Chris Tucker (qui n'est pas crédité et dont on entend juste la voix). Il y a aussi pas mal de rappeur, aujourd'hui classé "old school" : Big Daddy Kane, Anthony "Treach" Criss, B-Real et les Cypress Hill, Naughty By Nature...

jeudi 11 décembre 2008

Bulworth

Voilà une comédie pour le moins étonnante, qui plonge dans le quotidien et les luttes afro-américaines du point de vue d'un sénateur blanc dépressif...

BULWORTH - Warren Beatty (1998) 

Le sénateur démocrate Jay Billington Bulworth (Warren Beatty) est en campagne pour sa réélection. Mais il est surtout dans une période dépressive intense. Tandis qu'il contracte une assurance-vie de 10 millions de dollars (en échange de son rejet d'une loi sur les aides sociales), il passe un contrat sur sa propre tête.
Mais, dans une église afro-américaine, il répond tout d'un coup avec une sincérité teintée de cynisme à l'assistance médusée... Captivée par son franc-parler, Nina (Halle Berry) et ses amies veulent participer à sa campagne et le sénateur Bulworth les suit dans un club hip-hop. A partir de là, il rappe lors de ses discours auprès des industries pharmaceutiques et hurle "Socialism !", accuse de racisme les producteurs hollywoodiens, dénonce la collusion média/politique/trusts...
Bulworth reprend -par ces facéties et la compagnie de Nina- goût à la vie tout en se plaisant à dire la vérité. Mais le contrat sur sa tête n'est pas annulé...

Warren Beatty est ici scénariste, réalisateur, producteur et interprète. On n'atteint pas la précision et le niveau politique de Reds, sa grande fresque biographique sur le le plus bolchévique des Américains, John Reed. Mais Warren Beatty se sort très bien de ce film qui aurait pu être une énième comédie libérale paternaliste.
Initialement produit par la Fox, on comprend largement que cette boîte de production, plutôt enclin aux thèses réacs, ait freiné des quatre fers lors de la sortie du film, en en limitant au maximum la distribution ; et les bénéfices arrivent à peine à compenser le budget initial. A mon goût, ce film est une des comédies les plus pertinente de cette décennie : on rit, on vibre et on réfléchit. Une alchimie finalement assez rare...

Le personnage peut paraître teinté de paternalisme ; mais à y regarder de près, l e déroulement des évènement bat en brèche cette hypothèse et donne un caractère plus probable et réaliste aux évolutions du personnage principal. Autant dire qu'il part de loin, et sa récente conversion progressiste ne comble pas des années de socialisation dans un milieu blanc, riche et dominant. Les personnages noirs eux font office de remise sur les rails de la réalité : pauvreté, racisme, habitats insalubres et délinquance mais aussi instruction, solidarité, résistance...
Or les références politiques et culturelles traduisent un véritable intérêt pour la communauté afro-américaine, ses modes de vie et ses luttes. Et la bande-originale résume bien le "métissage" des tendances dont ce nourrit ce film : une partition originale signée du grand Ennio Morricone, mais aussi des hits endiablés de Public Ennemy, Dr. Dre, Wu Tang Clan ou Cypress Hill.

Les seconds rôles sont pléthores : Halle Berry, Don Cheadle, Thomas Jefferson Byrd, Michael Clarke Duncan, John Witherspoon, Helen Martin, Sheryl Underwood, Barry Shabaka Henley, Lee Weaver, Wendell Pierce, James Pickens Jr., Armelia McQueen, Myra J., Isaiah Washington, Ariyan A. Johnson... Coté casting blanc, on a tout de même droit à Paul Sorvino, mais aussi William Baldwin et Larry King.
Plus surprenante est la présence du militant, philosophe et universitaire Amiri Baraka, qui fait de brèves apparitions mais tient une place très particulière.