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dimanche 12 février 2012

Barbershop 2 : Back in Business

Comme à l'accoutumée, les producteurs semblent prendre pour adage qu' "on ne change pas une équipe qui gagne" et voilà donc le second et dernier volet de Barbershop.

BARBERSHOP 2 BACK IN THE BUSINESS
Kevin Rodney Sullivan (2004)



Le barbershop de Calvin (Ice Cube) prospère, les employés sont toujours là : la pétillante Terri, Dinka qui l'aime en cachette, Isaac le blanc, Ricky (Eve, Leonard Earl Howze, Troy Garity & Michael Ealy) ; Jimmy (Sean Patrick Thomas) a quitté le salon pour travailler auprès d'un élu local.
Les problèmes viennent du coté de Quentin Leroux (Harry Lennix) : l'homme d'affaire a décidé d'installer une antenne d'un géant de la coiffure, "Nappy Cutz", aux décors derniers cris et aux coiffeuses habillées sexy.
Onen apprend plus sur les débuts d'Eddie (Cedric the Entertainer) au barbershop dans les années 60, alors que le père de Calvin le tire d'un mauvais pas avec la police...
Le sous-titre aurait pu être "Barbershop versus the World Company", Ice Cube se bat toujours pour faire vire son barbershop mais cette fois là lutte est rude !
On retrouve avec plaisir l'équipe du premier opus. Et cette fois, l'action dépasse largement le cadre des murs du salon de coiffure. Le budget de production a triplé, mais les recettes sont toutefois moins importantes ; mais cela n'empêchera pas Ice Cube de produire un spin off et une série TV.

La réalisation est confié à un Afro-Américain : Kevin Rodney Sullivan, celui-ci n'a que quelques films à son actif (How Stella Got Her Groove Back et Guess Who) mais plusieurs séries télévisées. Le générique est particulièrement réussi (même si le rapport avec le film est plutôt ténu), mélangeant différentes coupes et photos d'Afro-Américains incontournables.

Le casting repose essentiellement sur la même équipe : Cedric the Entertainer, Jazsmin Lewis, Tom Wright, Sean Patrick Thomas, Michael Ealy, Eve, Leonard Earl Howze et le whitey" du groupe Troy Garity. La rappeuse/actrice Queen Latifah rejoint la bande, en tant qu'ancienne copine de Calvin et patronne d'un salon de beauté ; ce qui permettra l'année suivante de sortir un spin-off : Beauty Shop avec la même Queen Latifah (déjà auréolée de succès avec des titres aussi évocateur que Jungle Fever, Juice, House Party 2, Set It Off, Hoodlum, Sphere et Bringing Down the House).
Il y a d'autres nouveaux venus dont le nouveau "méchant" confié à Harry Lennix (The Five Heartbeats, Mo' Money, Clockers, Get on the Bus, les deux derniers Matrix, Ray), Kenan Thompson (qui incarne Fat Albert la même année) et Robert Wisdom.

jeudi 6 janvier 2011

Hollywood Shuffle

Avec ce Ticket pour Hollywood, Robert Towsend -qui débute en tant qu'acteur dans Cooley High- signe là sa première réalisation : une comédie particulièrement réussie et pertinente, ce qui commençait à manquer cruellement dans ces années 80 marquées par un recul de la représentation des Afro-Américain, circonscris à des rôles comiques insipides. Towsend vient dynamiter les stéréotypes...

HOLLYWOOD SHUFFLE - Robert Towsend (1986)

Bobby Taylor (Robert Towsend) rêve de devenir un acteur hollywoodien et répète pour ses auditions avec son petit frère. En attendant, il travaille dans un fast food, le Winky Dinky Dog, et ces collègues (John Witherspoon & Keenen Ivory Wayans) font tout pour le dissuader de devenir acteur.
Bobby passe des castings, croise un grand nombre d'actrices et acteurs en herbe, comme lui, et prêts à jouer tous les rôles. Mais ce sont surtout des rôles très stéréotypés que lui demandent les casteurs blancs, (et spécialement des rôles de sosie d'Eddie Murphy), une diction urbaine nasillarde et des tyrades empreintes de misogynie voire de racisme...
Bobby s'interroge beaucoup. Critiqués par ses collègues et amis, par sa grand-mère (Helen Martin) qui a connu la pire période pour les Noirs dans le cinéma d'Hollywood, tiraillés par ses rêves de gloire, ou anxieux de voir son frère admirer les pimps et les gangsters qu'on lui demande de jouer : il doit faire un choix.
Alors que la fin 70s et le début des 80s se sont accompagnés d'un recul certain dans les personnages donnés aux Noirs et les sujets traités, la période est marquée par la disparition quasi-complète des réalisateurs afro-américains. Ce double recul est un cercle vicieux que vient briser Robert Towsend. Dans la lignée des grands noms du cinéma afro-américain, il écrit, réalise et produit. Pour le scénario il est appuyé par Keenen Ivory Wayans. La famille est bien représentée et fait ses premiers pas devant ou derrière la caméra puis, outre Kennen Ivory, on retrouve Damon et la soeurette Kim. Et près d'une vingtaine d'actrices et d'acteurs de second plan se retrouvent aussi dans I'm Gonna Git You Sucka ou Dont Be A Menace...

Tout est pertinent et bien trouvé dans ce film prétention : les cours de "jive talking", les sosies d'Eddie Murphy, les changements de voix selon que les Noirs s'adressent à leurs à un collègue acteur, noir lui aussi, ou au casteurs blancs. Towsend s'essaie aussi -et avec succès- à des parodies de blockbusters ou de bisseries soul : Rambo, Mandingo, Indiana Jones, Amadeus, Dirty Harry, JD's Revenge... sont ainsi détournés avec un talent comique, un regard acéré et, en même temps, une sympathie non dissimulée.
Et le tout reste très léger, ni professoral, ni lourdement militant.

Il y a pléthore de gueules connues, et Towsend se délecte de multiplier les seconds rôles de toutes les grandes époques du cinéma : la blaxploitation bien sûr avec Helen Martin, David McKnight (le J.D. Walker de JD's Revenge), Franklyn Ajaye (Car Wash), Jesse Kitten (Mahogany), Steve James (The Education Of Sonny Carson, The Warriors ou encore Kung-Fu Joe dans I'm Gonna Git You Sucka), Le Tari (Brotherhood Of Death)... Mais aussi le vétéran des "all black cast", Nick Stewart qui joua dans Cabin In the Sky, Stormy Weather et Carmen Jones. La nouvelle génération est aussi représenté avec la famille Wayans, j'en ai parlé, mais aussi John Witherspoon, Jimmy Woodard, Paul Mooney, Nancy Cheryll Davis, Starletta DuPois...