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mercredi 31 juillet 2013

Funky Party

Après une carrière déjà fournie dans la southern soul, Clarence Reid devient Blowfly un précurseur du rap aux paroles sexuellement explicites et adepte des parodies salasses de tubes incontournables.
Pour en découvrir un peu plus sur cet étonnant auteur/compositeur indépendant, je vous recommande son site officiel blowflyofficial.com ainsi que cet article en français.

Je vous propose un clip pour le moins blaxploitation avec d'une part un sample de la BOF de Shaft et la présence dans la vidéo du "Black Moses" Isaac Hayes, de Rudy Ray Moore (lui aussi précurseur du rap et amateur d'humour grivois), Jim "Dragon" Kelly pourtant discret et avare en caméo et enfin Antonio "Huggy Bear" Fargas.


dimanche 16 septembre 2012

Wattstax

Le documentaire Wattstax a toute sa place dans la courte liste des films blaxploitation ouvertement militants...

WATTSTAX -  Mel Stuart (1973)

" On a tous quelque chose à dire, mais certains ne sont jamais entendus.Il y a plus de 7 ans, les gens de Watts ont fait front, et ont exigé d'être entendus. Un dimanche d'août dernier, au Colisée de Los Angeles, plus de 100 000 Noirs se sont rassemblés pour commémorer ce moment de l'histoire américaine. Pendant plus de six heures, le public a écouté, vibré, chanté, dansé, et crié le verbe vivant dans une expression pleine d'émotions de l'expérience noire. Voici le film de cette expérience, et de ce que certains ont à dire. "
Ce sont les mots d'introduction de Richard Pryor. Ils résument à perfection l'essence de ce film qui est plus qu'un simple concert. Wattstax, c'est le Woodstock afro-américain, un festival organisé par Stax Records (qui mobilise  ses artistes les plus en vue) dans le quartier de Watts, à Los Angeles, d'où partirent les émeutes dans les ghettos afro-américains en 1965.
Des Bar-Kays et leur Son of Shaft à Kim Weston, de  Jimmy Jones aux Staple Singers, en passant par The Dramatics (qui apparaissent dans l'allumé Darktown Strutters), The Emotions ou encore Rufus Thomas, magistral, qui joue avec le public, incitant des centaines de spectateurs à sauter les barrières pour venir danser puis les y renvoie en quelques secondes, provoquant des suées aux agents de sécurité !Ce sont les plus grands artistes de la firme qui défilent dans le Colisée de Los Angeles ; le clou du spectacle étant évidemment le "Black Moses" Isaac Hayes déboulant en limousine et introduit par Jesse Jackson.
Cependant Wattstax est plus qu'une simple compilation de titres live. C'est un film documentaire qui décortique la vie des Afro-Américains dans la période des 70s donnant la parole au public, à de jeunes acteurs originaires de Watts tels Ted Lange (second rôle durant la période blax, il sera connu dix ans plus tard comme Isaac de La croisière s'amuse), Erik Kilpatrick (Black Girl, la série The White Shadows, New Jack City, Deep Cover, Hoodlum) ou encore Fred Berry (qui connaîtra la gloire dans What's Happening !!).
Plusieurs sujets sont abordés, collant plus ou moins aux thèmes des chansons et illustrés par des sketches souvent hilarants de Richard Pryor. Inconnus et artistes évoquent les émeutes de 65, le racisme et le chômage qui frappe la Communauté, la religion, l'amour et les relations hommes/femmes...

Ce film possède une âme et transmet à la perfection l'ambiance, les préoccupations et les combats de l'époque pour les Noirs américains.

Nombre de personnalités afro-américaines participent à l'organisation (à l'image de Melvin Van Peebles, originaire de Watts, qui drive les techniciens et introduit The Staple Singers). Le pasteur Jesse Jackson, remplaçant de Martin Luther King à la tête de la SCLC, enflamme plusieurs fois le public en accueillant Isaac Hayes sur la scène ou en ouvrant le festival sur un vibrant discours conclu par le poème I am Somebody, repris par les spectateurs le poing levé.

Et le public justement est un personnage à part entière de ce documentaire. Les places pour assister aux réjouissances ont été distribuées pour un seul petit dollars permettant à 100 000 personnes de remplir le stade du Colisée. Les spectateurs -parmi lesquels on peut reconnaître Ossie Davis et Ruby Dee- sont fabuleusement filmés , s'amusant, vibrant au son des chansons et des discours, dansant, riant et partageant avec insouciance ce grand moment de culture populaire.

dimanche 26 août 2012

Shaft : Still The Man



SHAFT : STILL THE MAN - Kevin Gorman (2000)

En avance sur son temps, Gordon Parks avait fait un making of à son Shaft : Soul on Cinema.
Pour accompagner son spin off Shaft 2000, John Singleton reprend l'idée avec ce Still the Man. A mon sens, il s'en sert surtout pour souligner et expliquer les rapports avec la trilogie originale, et ce making of s'apparente plus à un bon coup de pub et un passage obligé à l'heure du DVD et des bonus...



mercredi 22 août 2012

Shaft 2000

30 ans après le premier film mettant en scène John Shaft, John Singleton s'attaque à une suite...


SHAFT - John Singleton (2000)


Un jeune noir (Mekhi Phifer) est retrouvé mort devant un bar branché de New York. John Shaft (Samuel L. Jackson) se retrouve sur l'affaire et arrête le principal suspect : Walter Wade Jr. (Christian Bale), le fils d'un riche promoteur immobilier. Excédé par les remarques racistes du jeune milliardaire, Shaft le frappe et se fait suspendre alors que Wade est libéré sous caution...

Deux ans plus tard, Shaft a été muté aux stups, dans un commissariat de Harlem. Avec son équipe, il mène un guerre contre les dealers. Mais lorsqu'il est informé du retour de Wade sur le sol américain, Shaft le cueille à sa descente de l'avion ; mais lorsque celui-ci est à nouveau libéré, Shaft démissionne sur les conseils de son oncle (Richerd Roundtree) et décide de faire les choses à sa manière !

D'autant que lors de son bref séjour en prison, Wade a fait la connaissance d'un caïd de Harlem : Peoples Hernandez (Jeffrey Wright). Les deux hommes trouvent vite leurs intérêts à s'allier pour empêcher se venger de Shaft...

On peut juger de deux points de vue ce film ; d'une part en tant que film policier d'action moderne. D'autre part, en tant que remake (ou plus exactement le spin-off) de Shaft, LE film emblématique de la blaxploitation, qui sauva la MGM de la faillite et qui rassembla les talents du réalisateur Gordon Parks, de l'acteur Richard Roundtree et du "Black Moses" Isaac Hayes.

En tant que film d'action, il n'y pas grand chose à reprocher :  courses poursuites à travers New York, bastons à main nue ou au couteau, méchants savoureusement allumés... Et là où l'on pouvait reprocher à la série TV Shaft d'avoir mis la pédale sur la violence, on a ici des fusillades bien sanguinolentes. Cependant, on aurait pu attendre mieux de John Singleton, capable de livrer un Boyz N the Hood comme un 2 Fast 2 Furious.
La réussite au box office est d'ailleurs éclatante, avec plus 100 millions de recette (pour un budget assez important de 46 millions).

Pour ce qui est de l'affiliation à la franchise originale, elle me laisse sur ma fin. Le "père" de Shaft, le photographe et réalisateur Gordon Parks, donne pourtant son onction au film, en faisant un rapide caméo dans un bar connu de Harle. Idem pour Richard Roundtree qui reprend le rôle du John Shaft "historique" qui vient prodiguer ses conseils à son neveu.
L'idée originale de Singleton était d'en faire son fils, et de mettre les deux en vedettes ; mais les producteurs ne l'ont pas suivi ; pas plus qu'ils n'ont accepté Don Cheadle comme acteur principal.
Samuel Jackson s'en tire finalement très bien et, légèrement plus violent que son prédécesseur, il en affiche la non-chalance et la classe. Il s'avère en plus un allié de John Singleton face aux producteurs prêts à dénaturer le personnage... Le résultat ne lui a pas plu et il refuse de rempiler pour d'autres opus (dont un devant être, semble-t'il, confié à Richard Roundtreer lui-même pour le réaliser !)

En somme, on passe un bon moment devant ce film d'action... si l'on parvient à oublier que nous sommes face à la version modernisée de Shaft ! Et j'imagine que les fans de films d'action regrettent, eux, les "hommages" à la blaxploitation.

Christian Bale campe un affreux petit arriviste mais est l'autre méchant lui fait de l'ombre : Jeffrey Wright, qui se fait remarquer dans son rôle de caïd
Pour le reste, ça fourmille de seconds rôles plus ou moins réussis : l'ex Miss America Vanessa Williams (Soul Food, Hoodlum, personnage central des dernières saisons de Desperates Housewives), Mekhi Phifer (à jamais associé au Docteur Pratt de Urgences), Ruben Santiago-Hudson (Coming to America, American Gangster et les séries Law & Order et Castle), Stu "Large" Riley (Woo, The Best Man, The Adventures of Pluto Nash), le rapeur Busta Rhymes (plutôt rare sur les écrans : Who's the Man ?), Gano Grills (Ghost Dog, Gangsta Cop, Bamboozled, Marci X), Sonja Sohn (Slam, la série géniale The Wire), Lanette Ware (Pootie Tang, Bad Company)  le rapeur Bonz Malone (Slam, Life et Brooklyn Babylon), le footballeur Lawrence Taylor...

lundi 16 juillet 2012

Soul on Cinema - Filming Shaft on Location



SOUL ON CINEMA
FILMING SHAFT ON LOCATION

Hugh A. Robertson (1971)


Pratique encore rare à l'époque, Gordon Parks prend soin de faire filmer le tournage de son Shaft. Bien lui en a pris, car on savoure avec intérêt ce making of de quelques scènes de bagarre et surtout d'un enregistrement avec Isaac Hayes qui joue sous les directives de Parks.
Ce documentaire est réalisé par le monteur de Shaft : Hugh A. Robertson. Monteur son sur The Cool World en 1964, il réalise Melinda avec Calvin Lockhart, Rosalind Cash, Vonetta McGee et Jim Kelly.

dimanche 11 juillet 2010

Truck Turner

Truck Turner & Cie (pour la version française) est le deuxième film du "Black Moses".

TRUCK TURNER - Jonathan Kaplan (1974)

Une ancienne gloire du football, Mac "Truck" Turner (Isaac Hayes) exerce à présent comme chasseur de prime, avec son ami Jerry (Alan Weeks). Coté perso, Truck attend la sortie de prison de sa copine, Annie (Annazette Chase).
Coté boulot, les deux compères doivent mettre la main sur mac réputé : Richard L. "Gator" Johnson (Paul E. Harris). Il leur échappe une première fois ; mais leur seconde rencontre tourne court et ils tuent Gator.
Dorinda (Nichelle Nichols) reprend d'une main de fer le "cheptel" du pimp décédé. Et en plus de ça, elle pose un contrat sur la tête de Truck Turner. Tous les malfrats de la ville se mettent à ses trousses, et en particulier le pimp Harvard Blue (Yaphet Kotto).A regarder ce Truck Turner, on regrette vraiment qu'Isaac Hayes n'ait pas eu plus de rôles durant la vague des films soul. Parce que ces personnages sont plus que convainquant. Truck est cool, il est plutôt naturel, pas vraiment frimeur et ne collectionne pas les conquêtes. En même temps, il n'hésite pas à distribuer des gifles et à faire parler son flingue. Bref, un héros tout ce qu'il y a de plus attachant.

Jonathan Kaplan (qui avait réalisé l'année précédente The Slams avec Jim Brown) connaît son affaire, il alterne les scènes légères et musclées, et insuffle un vrai rythme à son film. Il utilise judicieusement les grandes focales (ce qui donne des plans comme ci-contre), nous offre de belles courses-poursuites en voiture, des fusillades mémorables, et des réunions de pimps géniale (en particulier lors de l'enterrement de Gator, avec le défilé de souteneurs haut en couleur et les prostitués en deuil, mais en dentelles). Tout celà appuyé par la B.O. de Hayes.
Le scénar est signé par Oscar Williams (scénariste de Black Belt Jones, et réalisateur de The Final Comedown, Five On the Black Hand Side, Hot Potato et Death Drug) et Michael Allin (Enter the Dragon).

Autre ingrédient au rendez-vous : le foisonnement de têtes connues. D'abord j'ai envie d'évoquer deux acteurs que j'affectionne particulièrement Scatman Crothers et Esther Sutherland, des seconds rôles au physique inrattable
Bien sûr, il faut noter aussi les bonnes prestations de Yaphet Kotto (assez proche de son personnage de méchant dans Live and Let Die, l'année précédente) et Nichelle Nichols (Star Trek), les passages de Stan Shaw, Sam Laws, Jac Emil, Earl Jolly Brown, des cascadeurs Eddie Smith et Henry Kingi, et coté "withey" de Dick Miller, Charles Cyphers, Lisa Farringer (jolie blonde cantonnée à des rôles légers comme dans Cleopatra Jones, Coffy ou Foxy Brown),

jeudi 8 juillet 2010

Three Tough Guys

Isaac Hayes débuta sur grand écran en tant qu'acteur dans ce film policier. Originellement Uomini duri, ou bien Les Durs pour les écrans français, cette production franco-américano-italienne est un des petits bijoux de la blax' où deux icônes de l'époque jouent avec notre Lino Ventura national. Le titre Three Tough Guys tout comme l'affiche sont trompeurs sur la marchandise, puisqu'en fait de trois durs, on a plutôt droit à un excellent duo entre Isaac Hayes et Lino Ventura.

THREE TOUGH GUYS - Duccio Tessari (1974)



Le Père Charlie (Lino Ventura) célèbre la cérémonie funèbre pour un de ses anciens paroissiens, assassiné dans la rue. Ce prêtre pas très catholique va se lancer dans un enquête pour démêler les raisons de son assassinat.
Lee Stevens (Isaac Hayes), un ancien inspecteur aux manières expéditives, enquête lui sur le meurtre de son ancien équipier. Les deux histoire se rejoignent et Lee tire le prêtre d'un mauvais pas.
Les deux compères vont mener de concert leur enquête qui les mène sur la piste d'un braquage de banque et du gangster Joe Snake (Fred Williamson) et de sa petite amie Fay (Paula Kelly)


Ventura est génial , dès la fin de son premier prêche il distribue des baffes. Il hache l'anglais à merveille, se déplace à vélo, stocke des armes sous son Jesus en figues et les transporte dans son sac de golf. Un prêtre comme on en rêve ! Scène succulente où une prostituée vient raccoller Lino et le traite de raciste lorsqu'il refuse ses faveurs !
Première apparition sur grand écran du "Black Moses". Isaac Hayes est très convaincant et enchaînera l'année suivante un des gros succès du soul cinema : Truck Turner. Bien sûr, il assure la composition de la B.O. : magique !
Dommage pour le final, un peu cheap, d'autant plus que je trouve toujours réjouissante l'idée d'une fusillade dans une salle de jeu.

Quant à Fred Williamson, il est égal à lui-même si ce n'est qu'il n'a qu'un rôle très secondaire, plus encore que sa petite amie à l'écran Paula Kelly dans une très bonne composition ! On croise Nathaniel Reed et Pemon Rami (qui participent tout deux à Cooley High et The Monkey Hustle, ainsi que dans Mahogany pour le second), ou encore Bob Minor qui se fait corriger promptement par Ventura. Mais la distribution est italienne ou italo-américaine, dont certains acteurs que l'on que l'on peut recroiser dans d'autres productions blax', tels que William Berger (Superfly TNT), Thurman Scott (Across the 110th Street), Walter Scott (Buck and the Preacher et Black Eye)
Dino De Laurentiis produit ce petit trésor, tout comme le controversé et trop peu connu Mandingo, sa mauvaise séquelle Drum, et de nombreux blockbusters jusqu'à aujourd'hui. Luciano Vincenzoni assure le scénario (on lui doit aussi Et pour quelques dollars de plus et Le bon, la brute et le truand).

mercredi 24 décembre 2008

Shaft

"- Who's the black private dick
that's a sex machine to all the chicks ?
- Shaft !"
C'est sur cette chanson mythique de feu Isaac Hayes que débute le premier film du héros le plus représentatif du cinéma de blaxploitation : Shaft (titré Les nuits rouges de Harlem pour la sortie française).

SHAFT - Gordon Parks (1971)

John Shaft (Richard Roundtree) est un détective privé qui officie à Harlem. Il est engagé par Bumpy Jonas (Moses Gunn), un gros caïd qui fait dans la prostitution et la drogue, pour retrouver sa fille kidnappéé, semble-t'il, par Ben Buford (Christopher St. John) et ses hommes qui composent un groupe de militants "Black Power". Bien qu'il n'aime pas beaucoup les activités de Bumpy, Shaft accepte la mission contre un salaire plus que correct.
Il met à contribution son réseau d'indics et sa connaissance de Harlem pour retrouver Ben. Lorsqu'il met la main dessus, le groupe de militants et Shaft sont victimes d'une fusillade... Et, entre le témoignage de Ben et les informations de l'inspecteur Androzzi (Charles Cioffi), Shaft comprend que la fille de Bumpy a été en fait enlevée par la mafia, passablement énervée de voir le caïd local lui raffler ses parts de marché...
Alors que la MGM était au bord de la faillite, le salut vient d'un petit photographe moustachu qui a l'idée d'adapter un roman à succès d'Ernest Tidyman ; ce dernier co-écrit le scénario avec John D.F. Black (scénariste de séries, on lui doit aussi Trouble Man).
Gordon Parks a réalisé deux ans avant The Learning Tree, un drame biographique poignant, mais la consécration lui vient de ce film emblématique d'une époque, et annonciateur de la déferlante de productions afro-américaines : la blaxploitation !

On comprend aisément le succès tant communautaire que "grand public" de ce film. Le rythme est soutenu, l'action bien maîtrisée, l'intrigue tient la route et les personnages secondaires sont bien trouvés ; rajoutons à ça la musique, véritable personnage du film, envoutante et qui colle si parfaitement aux situations... et tous les ingrédients d'un bon polar sont réunis.
Ce qui en fait un film quasi-cathartique pour la jeunesse afro-américaine c'est que jusqu'alors les points positifs que je viens d'égrainer s'appliquaient à des héros blancs pour un public blanc. Or voilà que déboule un super héros afro-américain, qui vient de la rue et ne s'en laisse pas compter, un héros qui couche avec des femmes (et des Blanches !), aide la communauté, lutte et triomphe des mauvais Blancs...

La scène d'ouverture condense tout ce qui fera l'identité de la blaxploitation : héros intrépide aux manières de bad boy, déambulation urbaine avec son cortège de commerces et d'enseignes lumieuses (jusqu'à barbershop, commerce représentatif entre tous pour les Afro-Américains), musique omniprésente signée d'une star de la soul)...
Si le film n'est pas politique au premier chef, la nouvelle image des Afro-Américains qu'il véhicule est tout de même un fait politique, comme la traduction sur grand écran du slogan Black is beautiful !
Shaft est donc un grand classique de la blaxploitation et même du cinéma des 70s, facile d'accès pour se lancer dans la Blaxploitation avec une BO de rêve par Isaac Hayes, une intrique qui tient la route, un héros qui a la classe incarné par Richard Roundtree ; le rôle qui lui collera à la peau (dans trois autres films : Shaft's Big Score, Shaft in Africa et Shaft 2000 et une série TV de 7 épisodes). Outre Moses Gunn, déjà connu, le casting regorge d'actrices  et d'acteurs qui font leurs premiers pas dans la blaxploitation et qui réapparaîtrons souvent : Antonio Fargas, Tony King, Al Kirk, Ed Bernard, Tommy Lane, Lee Steele, Alan Weeks, Gertrude Jeannette... Christopher St. John quant à lui écrit, réalise et joue dans le très bon Top of the Heap.
A signaler aussi la présence Drew Bundini Brown, proche de Muhammad Ali ; entraineur et soigneur, il serait même l'auteur du célèbre "Float like a butterfly, sting like a bee", Jamie Foxx lui prête ses traits dans le Ali de Mickael Mann. Drew Bundini Brown eut sa petite carrière d'acteur : on le retrouve dans Aaron Loves Angela, The Greatest, Penitentiary III ou encore The color Purple de Spielberg.

Il existe un court documentaire sur le tournage de Shaft : Soul on Cinema, Filming Shaft on Location.

jeudi 21 août 2008

R.I.P. Soul Brother

Eh, oui, cet été, le grand Isaac Hayes nous a quitté.
Ça se passe de commentaire, ça fait juste un p'tit quelque chose au bide...

Alors...

Alors, on se replonge dans sa disco, on se rematte Shaft ou sa prestation cultissime dans Wattstax. Et puis on se remet un CD, et ça continue...


Isaac Hayes - Theme from Shaft