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mercredi 5 octobre 2011

CB4

Avec CB4, Chris Rock fait une entrée remarquée comme tête d'affiche...

CB4 - Tamra Davis (1993)



Albert (Chris Rock) est un jeune, issu la classe moyenne qui aspire à devenir un rappeur connu. Il rêve de jouer dans le club d'un gangster, Gusto (Charles Q. Murphy). Mais celui-ci se fait cueillir par les flics.
Albert a l'idée de "piquer" la vie de Gusto pour se faire une street credibility. Avec ses amis Otis et Euripides (Deezer D & Allen Payne), ils forment un groupe gangsta rap nommé CB4 (pour Cell Block 4 où le vrai Gusto est incarcéré).
Le groupe cartonne sur les ondes, se la pète dans des clips violents et séduisent des bitches... pendant ce temps, dans sa cellule Gusto jure de se venger.
C'est un projet d'importance dans la carrière de Chris Rock : d'une part c'est sa première tête d'affiche (il avait joué jusqu'alors de petits rôles dans Le flic de Beverly Hills II, I'm Gonna Git You Sucka, New Jack City, Hangin' with the Homeboys et Boomerang), mais c'est surtout sa première (co)production et son premier scénario, avec la complicité de Nelson George (qui avait signé le sympathique Strictly Business) et la réalisatrice Tamra Davis (Half Baked). Et l'essai est plutôt concluant ! En tant qu'acteur mais surtout comme artisan du projet qui s'avère une comédie bien sentie sur le gangsta rap et ses excès. Sans se prendre la tête, avec un empathie certaine pour le milieu hip hop qu'il caricature, Chris Rock démonte le rap business et son cortège de misogynie, de glorification de la violence et de la défonce...

Le casting est plutôt bien fait, sans toutefois aligner de grandes stars (même en devenir). Aux cotés de Chris Rock, on trouve Allen Payne et Deezer D un rappeur chrétien qui joue dans quelques films des 90s comme Cool as Ice, Fear of a Black Hat, The Great White Hype, Bones et Bringing Down the House. Charles Q. Murphy (le frère de) est de la partie, tout comme Khandi Alexander, Art Evans, Lance Crouther (premier rôle de Pootie Tang), Theresa Randle, Willard E. Pugh (Harpo dans The Color Purple), LaWanda Page, Richard Gant et Kenneth Menard (qui joue dans des films réalisés par Sidney Poitier : Buck and the Preacher et Stir Crazy).
Des vedettes font les louanges du groupe CB4 : l'actrice Halle Berry, le basketteur Shaquille O'Neal et les rappeurs Ice-T, Flavor Flav, Eazy-E ou Ice Cube.
Bob Minor dirige l'équipe des cascadeurs, parmi lesquels Melvin Jones qui débute dans Cleopatra Jones comme cascadeur et dans Sheba Baby comme acteur.

mercredi 16 février 2011

Who's the Man ?

Les années 90 ont été marquées aussi par l'explosion du hip-hop , de toutes ses formes de disciplines, et le cinéma n'a pas échappé à la vague...

WHO'S THE MAN ? - Ted Demme (1993)


Dr. Dre et Ed Lover travaillent dans un barbershop ; mais ils sont de piètres coiffeurs et leur patron Nick Crawford (Jim Moody) les incite à se recycler... dans la police. Ils réussissent leur concours et intègrent la police de New-York.
Leurs méthodes sont originales et laxistes ; mais lorsque Nick meurt dans l'explosion de son salon, les deux compères investissent leur fonction et essaient de mettre la main sur les meurtriers...

Dr. Dre et Ed Lover avaient fait de brèves apparitions dans Juice, ils se retrouvent ici en haut de l'affiche de ce film resté relativement confidentiel.
Autant le dire, le scénario est faible et les acteurs principaux ne brillent pas par leur jeu.

A posteriori, le film ne tient que comme une trace de l'âge d'or du rap US. Pour les allergiques, il suffit de passer sa route. Pour les amateurs de film hip-hop choral ce film vaut le détour, sans nourrir toutefois de grands espoirs...
Le nombre d'acteurs de métier est plutôt limité ; on reconnaît la "gueule" de Badja Djola, Bernie Mac, Randy Frazier, Jim Moody et Linque Ayoung. Mais l'on s'amuse surtout à traquer les apparitions de dizaines de rappeurs dont, parmi les plus connus, Ice T (qui avait débuté dans le culte New Jack City), KRS-One, Kris Kross, Naughty By Nature, Queen Latifah, Kool G. Rap, Eric B., Stretch, Pete Rock, Busta Rhymes...

dimanche 20 juin 2010

New Jack City

En 1971, Melvin Van Peebles avait lancé -à son corps défendant- la vague de la Blaxploitation avec son mythique Sweet Sweetback's Baadasssss Song. Vingt ans plus tard, et parallèlement à Spike Lee et son explosif Do the Rigth Thing, au Boyz N the Hood de John Singleton et à Juice de Ernest R. Dickerson, Mario Van Peebles (qui avait fait ses premiers pas dans le chef d'oeuvre avant-gardiste de son père) contribue lui aussi à asseoir une mode cinématographique : les "urban films", les films sur le ghetto et les problèmes sociaux des Afro-Américains.

NEW JACK CITY - Mario VanPeebles (1991)



Nino Brown (Wesley Snipes) et son gang des CMN -pour Cash Money Brothers- est la valeur montante du deal de cocaïne à New-York.
Scotty Appleton (Ice T) et son collègue Nick traquent la drogue dans la Grosse Pomme. Ils se servent de Pookie (Chris Rock), un petit junkie et dealer sans envergure pour infiltrer les CMN.
L'infiltration tourne court avec la mort de Pookie.
Appleton décide alors de rejoindre à son tour la bande de Nino ; il va s'y faire accepter et devenir un des plus proches de Nino Brown, déclenchant les jalousies. Mais ce dernier sombre peu à peu dans la paranoïa et la mégalomanie...

Le soundtrack fait partie des meilleurs du genre avec de grand nom du rap US. Bien entendu, certains -qui deviendront des grands voire des légendes du mouvement hip-hop- font leur apparition à l'écran tel Ice T bien sûr mais Fab 5 Freddy, ou Flavor Fav de Public Ennemy. L'ambiance "street credibiliy" traversera l'Atlantique puisque dans la VF le doublage d'Ice T est assuré par un certain Joey Starr.

Celà peut paraître insignifiant, mais Van Peebles renoue avec les scènes d'amour entre Afro-Américain. Depuis une décennie, on pouvait noter une régression de ce point de vue. Là où les héros de la blaxploitation, femmes ou hommes, assumaient leur sexualité et que les scènes sensuelles -y compris "inter-raciales"- étaient une avancée permise par le genre (malgrès les dérives voyeuristes) ; les années 80 marquent un véritable reflux, où les Noirs sont cantonnés à des rôles comiques et désexués tels les icones Eddy Murphy et Whoopie Goldberg, ou à l'inverse à des prédateurs sexuels (Danny Glover dans La Couleur Pourpre et Mister T dans Rocky III étant les meilleurs exemples) ; tandis que les corps enlacés ne sont plus montrés et par là, la sexualité noire niée. Or, on sait combien les préjugés sexuels ont été entretenus pour favoriser le racisme et la ségrégation. Cette réhabilitation -entamée en 86 par She's Gotta Have It de Spike Lee- est donc un des aspects positifs du film.

Mario VanPeebles réussit aussi l'exploit de ne pas présenter des personnages manichéens, et en particulier de créer -grâce aux talents de Wesley Snipes- un Nino Brown à la fois détestable et victime d'une société inégalitaire et raciste.

Là où son père et son Sweetback... avait été le succès indépendant de 1971, la première réalisation de Mario VanPeebles rapporte plus de 45.000.000 $ pour un budget de 8 millions et se révèle le plus gros succès indépendant de 1992.

Van Peebles redonne un rôle Tracy Camilla Johns (la Nola Darling de She's Gotta Have It), utilise aussi l'inusable second rôle Thalmus Rasulala (Blacula, Willie Dynamite, Friday Foster...), Bill Cobbs (Greased Lightning, A Hero Ain't Nothin'... et The Hitter) et Clebert Ford. Enfin, il donne sa chance au jeune Chris Rock (qui jouera une parodie de gangsta dans CB4 quelques années plus tard).
Il s'appuie sur une grosse équipe technique dont, entre autres, les cascadeurs Jeff Ward et David S. Lomax et le costumier Bernard Johnson (Don't Play Us Cheap, Claudine, Willie Dynamite et The Bingo Long Traveling All-Stars & Motor King).