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lundi 2 avril 2012

Daddy Day Camp

Daddy Day Care sauvait à peu près la face et s'avérait une gentille comédie familiale, Ecole Paternelle 2 est juste une atroce séquelle sans intérêt...

DADDY DAY CAMP - Fred Savage (2007)

La garderie de Charlie Hinton (Cuba Gooding Jr.) a gagné en renommée. Il décide de voir plus grand en reprenant le camp de Driftwood, où il allait étant enfant.
Mais les affaires marchent mal, les créanciers les pressent, les enfants sont insupportables et le camp concurrent de Lance Warner (Lochlyn Munro), les harcèlent. Charlie demande alors l'aide de son père (Richard Gant), un général des Marines...
Défoncé par la critique et boudé des spectateurs, le producteur à succès John Davis aurait pu s'éviter cette séquelle à son palmarès. Les acteurs du premier opus ont été entièrement remplacés, et il faut bien avouer que Cuba Gooding Jr. n'arrive pas à la cheville d'Eddie Murphy (pas plus que ses partenaires par rapport aux acteurs originaux). Certes l'arrivée de Richard Gant pimente légèrement l'action. Mais les gags les plus lourds se succèdent à grande vitesse...

S'il est incontestable qu'on est face à film médiocre, rien d'offensant n'est à noter spécifiquement quant à la représentation des Afro-Américains. On est toujours ici dans le phénomène de "normalisation" des personnages noirs à Hollywood...
Un complice des frères Wayans tient ici le rôle du méchant : Lochlyn Munro qui joue dans Scary Movie, Little Man, White Chicks et Dance Flick.

samedi 31 mars 2012

Norbit

Eddie Murphy n'avait pas tourné de comédie depuis The Haunted Mansion et Daddy Day Care ; le revoilà dans un film où il tient plusieurs rôles...

NORBIT - Brian Robbins (2007)



Norbit Albert Rice (Eddie Murphy) est recueilli, tout bébé, dans un orphelinat où il grandit tant bien que mal. Il s'y "marie" enfant avec la petite Kate, mais celle-ci quitte l'orphelinat. Adolescent chétif, il rencontre l'énormissime Rasputia qui le protège et l'invite dans sa famille, qui vit du racket organisé par son père (Terry Crews).
Adultes, Norbit et Rasputia (Eddie Murphy) se marient, surtout pour le pire. Jusqu'à ce que Kate (Thandie Newton) réapparaisse...
Encore une collaboration d'Eddie Murphy et le maquilleur de génie Rick Baker. Et c'est toujours là même rengaine à leurs propos : ils connaissent leur métier et y excellent, le premier en jouant trois rôles différents et le second en le grimant à merveille (d'ailleurs Rick baker, qui officiait déjà dans la blaxploitation avec perle bis The Thing with Two Heads, est de nouveau nominé aux Oscars pour son travail). Mais cela n'est définitivement pas suffisant pour faire un bon film ; et Norbit est TRES loin d'en être un.
Il est mal filmé, propose un scénario à la fois inepte et attendu, et les personnages principaux, spécifiquement ceux interprétés par Murphy, sont des caricatures outrancières, rappelant le coon et la mammy d'antan.

Cependant le film remporte un franc succès, et propose quelques personnages secondaires intéressant en particulier Eddie Griffin et Katt Williams qui incarnent deux ex-pimps caricaturaux à souhait. Charles Q. Murphy double son frère Eddie, et d'autres acteurs connus se côtoient : Terry Crews, Clifton Powell, Marlon Wayans, Lester Speight, Michael Colyar, Richard Gant et Cuba Gooding Jr. (qui, lui, joue comme un pied !).

dimanche 15 janvier 2012

The Fighting Temptations

Un des sous-genre les plus répandus dans cette décennie 2000, c'est la comédie romantique ! Ici, elle rassemble l'ancien jeune premier Cuba Gooding Jr. et la talentueuse et splendide Beyoncé...

THE FIGHTING TEMPTATIONS - Jonathan Lynn (2003)



Monte Carlo, Georgie. Tante Sally, grande adepte de la paroisse du révérend Lewis (Wendell Pierce) et animatrice de sa chorale, décède et lègue 150 000 $ à son neveu, Darrin Hill (Cuba Gooding Jr.). Ce dernier, qui vient juste d'être licencié, pour son accumulation de mensonges, voit dans cet héritage une opportunité de rebondir. Mais une fois revenu dans son village natal pour les obsèques de Tante Sally, Darrin apprend que celle-ci a conditionné son don : il doit remonter la chorale et lui faire gagner la "Gospel Explosion".
Il hérite donc d'une chorale sans talent dont les membres sont sous la coupe de la bigotte Paulina (Latanya Richardson), qui avait fait partir sa mère du village 20 ans auparavant ! Darrin va devoir agrandir la chorale et choisit comme soliste son ancienne amie d'enfance : Lilly (Beyoncé Knowles)...
Programmé pour cartonner, le film propose un casting conséquent (et en particulier le duo principal sur lequel je reviendrais plus bas) et une équipe technique alignant des professionnels reconnus : Lisa Reynolds officie aux effets spéciaux, Stacye P. Branche, Patrice Coleman et Joanetta Stowers aux maquillages, Mary Jane Fort et Tracey White aux costumes, tandis que le casting est dirigé par Robi Reed. Le tout étant co-produit par Loretha C. Jones et Tierre Turner (qui débuta comme très jeune acteur dans les classiques blax Cornbread, Earl and Me, Bucktown et Friday Foster).
Sur le papier, il y a donc presque tout pour faire un bon film grand public... Le succès commercial et critique sera pourtant mitigé. La scénario est assez banal et repose sur les ressorts amplement connus du héros égoïste et parvenu qui au contact des ses racines populaires (et de la jolie fille) devient altruiste. Mais il est plutôt bien mis en image, les habitants de villages et les membres de la chorale sont bien dépeints, les scènes musicales réussies et le happy end au rendez-vous.
Le problème est à chercher dans l'écart criant entre les deux têtes d'affiche : Beyoncé Knowles offre une très bonne prestation et une interprétation musicale magistrale, en particulier sur Fever où elle est tout bonnement envoutante. Cuba Gooding Jr. est quant à lui plutôt médiocre (certes moins que dans The Boat Trip ou Daddy Day Camp).

Deux acteurs secondaires viennent apporter la touche comique : l'incontournable Mike Epps (second couteau récurrent dans des dizaines de comédies dont Next Friday, Dr. Dolittle 2, All About the Benjamins, How High, Friday After Next, Guess Who, Roll Bounce, The Honeymooners, Welcome Home, Roscoe Jenkins, Talk to Me, Soul Men, Next Day Air, Very Bad Trip, The Janky Promoters, Lottery Ticket et 35 and Ticking) et le comique Steve Harvey (dont on peut avoir un aperçu du talent dans The Original Kings of Comedy), dont la présence à l'écran est trop limitée. Se croisent aussi LaTanya Richardson (Hangin' with the Homeboys, Juice, Malcolm X, All About Us, Mother and Child), Wendell Pierce (A Rage in Harlem, Waiting to Exhale, Get on the Bus, Bulworth, Brown Sugar, Ray, I Think I Love My Wife, Night Catches Us et il incarnera B.B. King dans un biopic qui devrait sortir cette année), la jeune Chloe Bailey (Last Holiday, Gospel Hill, Meet the Browns), Lou Myers, L. Warren Young, Faizon Love... Ainsi que deux dinosaures qui débutèrent dans la blaxploitation avec respectivement Cotton Comes to Harlem et Five on the Black Hand Side : la chanteuse Melba Moore et Sonny Jim Gaines.

vendredi 16 décembre 2011

The Boat Trip

Probablement le pire film que j'ai jamais chroniqué ici...

BOAT TRIP - Mort Nathan (2002)



Jerry et Nick (Cuba Gooding Jr. & Horatio Sanz) sont deux copains, aux vies amoureuses en berne. Ils décident de partir en croisière, qu'ils espèrent remplies de jolies filles. Mais suite à un problème à l'agence de voyage, Jerry et Nick se retrouve sur un paquebot luxueux vers une destination de rêve, mais c'est une croisière gay !
Les deux amis vont vite se faire passer pour des homos pour mieux draguer Gabriella la prof de danse (Roselyn Sanchez) et Inga (Victoria Silvstedt)...
Certains échecs au box office sont rassurants, la claque que prend ce navet en est un bon exemple. Déjà voir Victoria Silvstedt à l'affiche d'un film américain ne paraît pas comme un gage de qualité, et le mot est faible pour cette comédie pathétique qui transpire l'homophobie.

Excepté le chef op' Shawn Maurer (Like Mike, The Honeymooners et Black Dynamite), l'ensemble de l'équipe technique ont peu de films à leur actif, et peu de collaborations hollywoodiennes. Même la BOF sent le sapin, avec le très marqué années 80 Robert Folk (compositeur des Police Academy).

Comme de bien entendu tous les stéréotypes les plus éculés sur les homosexuels sont là, des strings en cuir à I Will Survive, en pensant la coach nordique lesbienne perverse... Et même si les deux personnages semblent ressortir de leur croisière avec moins d'à priori, le film est d'une homophobie rarement vue et, comble pour une comédie, absolument pas drôle !
Allez, si ! Le seul ressort marrant est la présence de Roger Moore, en vieux dragueur, ça ne suffit pas à relever le niveau. Inutile de préciser la déception de voir le talent (si prometteur une décennie auparavant dans Boyz N the Hood) de Cuba Gooding Jr. gâchée dans de si minables production (il y aura dans le même genre Daddy Day Camp), encore pour plus pour Vivica A. Fox et Richard "Shaft" Roundtree.
Dans le sillage de Gooding Jr., il y a sa maquilleuse : Stacye P. Branche (Fear of a Black Hat, House Party 3, A Thin Line..., Fled, Hoodlum, The Players Club, Men of Honor, The Brothers) qui incarne aussi Ella Fitzgerald dans le téléfim Soul of the Game.

samedi 15 janvier 2011

Coming to America

Après le succès de son spectacle Eddie Murphy Raw et son incursion en tant que scénariste dans Beverly Hills Cop II, Eddie Murphy écrit ce scénario original et arrive à mener à bien son projet, réalisé par John Landis. La renommée d'Un prince à New-York sera mondiale.

COMING TO AMERICA - John Landis (1988)



Le Prince Akeem (Eddie Murphy) s'ennuie ferme dans son royaume de Zamunda. En plus, pour ses 21 ans, ses royaux parents (James Earl Jones & Madge Sinclair) ont prévu de lui faire épouser un fille qu'il n'a jamais vu. Avec son serviteur et ami Semmi (Arsenio Hall), ils décident de quitter le royaume et d'aller aux Etats-Unis, dans le Queens à New-York ; le Prince veut trouver une femme qui l'aime pour ce qu'il est, pas pour ce qu'il possède.
Ils prennent un appart glauque dans le Queens, et découvrent peu à peu l'Amérique. Rakeem un jour aperçoit la jolie Lisa, il en tombe amoureux. Pour l'approcher, Akeem et Semmi travaillent dans le fast-food de son père, Cleo McDowell (John Amos). Mais ils ne sont que de simples employés, et Lisa est fiancé avec le beau et prétentieux Daryll (Eriq La Salle)...
La notoriété de Murphy lui permet de postuler au scénario de ses films. Et l'on note une différence de taille puisque l'intrigue se situe dorénavant dans la communauté afro-américaine.
Rappellant l'influence de Pryor, Eddie Murphy et Arsenio Hall jouent plusieurs personnages secondaires (et comme Richard Pryor, dans Which Way Is Up ?, ils incarnent des vieux ou des pasteurs). La plus intéressante de ces incarnations étant un vieux Juif traînant au barbershop. A son père spirituel Pryor, Eddie Murphy emprunte aussi le nom de "Zamunda".

Réalisé par le très bon John Landis (à qui l'on doit des blockbusters tels The Blues Brothers, An American Werewolf in London, Trading Places, le mauvais Flic de Beverly Hills 3, et bien sûr les clips Thriller et Black or White du King of Pop, Michael Jackson), le film reste ambiguë. D'un coté, il s'inscrit dans une lignée d'un certain cinéma afro-américain, par des clins d'oeil appuyés et des marqueurs culturels forts, un casting plutôt impressionnant. Pourtant, il y a une persistance des traits particuliers aux stéréotypes hollywoodiens comme l'invisibilité des relations sexuelles et une représentation de l'Afrique et des Africains directement issue des pires fantasmes américains et plus généralement colonialistes.

Coté casting secondaire, on a droit à Eriq La Salle (Benton dans Urgences) qui interprète un savoureux jeune premier arrogant, une brève apparition de Cuba Gooding Jr. (pour son premier rôle sur grand écran), Paula Brown, Tanya Lynne Lee. Dans ces années-là, il n'y a quasiment pas de casting afro-américain sans Samuel L. Jackson, ce film ne fait donc pas exception.
L'on retrouve ensuite des stars de la vaque "soul cinema" : James Earl Jones, Madge Sinclair, John Amos (qui, dans la série Roots, incarna Kunta Kinte, surnom dont les vieux du barbershop affublent affectueusement le prince Akeem), et un -trop- court passage avec Calvin Lockhart.
Coté technique, ont aussi fait leurs classes dans les productions soul des années 70 : le montage est assuré par George Folsey Jr. (qui -comme pour Un fauteuil pour deux- produit le film), les coiffures par Robert L. Stevenson et le maquillage par Rick Baker (que l'on avait vu en gorille dans The Thing With Two Heads) qui permet de véritables transformations des deux comédiens principaux.
Martin Lawrence plancherait sur un remake, Return To Africa, dont le personnage central, un ouvrier du Queens, apprend qu'il est l'héritier d'un royaume africain...

vendredi 25 juin 2010

Boyz N the Hood

Au même titre que Mario VanPeebles et son remarquable New Jack City, John Singleton signe un premier film qui marque le renouveau du cinéma afro-américain fait par, pour et avec des Afro-Américains.

BOYZ N THE HOOD - John Singleton (1991)


Reva (Angela Bassett) est la mère du jeune Tre, qu'elle se sent incapable d'élever. Elle le confie à son père, Furious Style (Laurence Fishburne) pour « en faire un homme ». Furious va s'occuper de Tre, lui inculquer des valeurs, le faire participer aux tâches et le forger pour vivre dans South Central. Un jour, son ami Darin "Doughboy", 10 ans, est envoyé en maison de correction pour un vol.
7 ans plus tard, lorsqu'il sort, une fête est donné en son honneur. Tout le monde a bien changé dans le quartier : Tre et Ricky (Cuba Gooding Jr. & Morris Chestnut) se préparent pour l'université, ce dernier grace à une bourse qu'il essaie de décrocher.
Les ambûches ne manquent pas, et Tre, Darin (Ice Cube) et Ricky se trouvent au prise avec la violence des gangs, de la police raciste et du déterminisme social...
Boyz N the Hood est projeté lors du Festival de Cannes, en 1991 : il est ovationné, et quelques mois plus tard se voit consacrer avec deux nominations aux Oscars en tant que "Meilleur réalisateur" et "Meilleur scénario", inédites dans ces catégories pour un Afro-Américain. Il faut dire que BNtH est une réussite technique, accompagnée par une BO -parfois très sirupeuse- de Stanley Clarke. Singleton signe là un premier film qui fait date et marque une certaine renaissance du cinéma afro-américain. C'est sur le propos que je reste plus circonspect.

Furious et Tre sont la représentation de l’Afro-Américain de la classe moyenne, habitant des quartiers résidentiels gangrenés par le chômage, la violence la drogue et les brutalités policières… Ils sont marqués par le modèle de la réussite individuelle, essentiellement par les études, le travail, le maintien de soi et l'idéologie du nationalisme noir. La longue tirade que Furious inflige à Tre et Ricky en est le parfait exemple : « faut se battre pour conserver notre quartier tel qu’il est, il faut rester black, c'est pour ça il faut faire du fric black, il faut faire comme les Juifs, les Italiens, les Mexicains et les Coréens font. […] Pourquoi est-ce qu'il y a un marchand d'armes à tous les coins de rue dans les quartiers noirs ? Je vais vous dire pourquoi. Pour la même raison qu'il y a un magasin d'alcool à tous les coins de rue dans les quartiers noirs. Pourquoi ? Parce qu'ils veulent qu'on s'entretue. Le meilleur moyen de tuer un peuple c'est de lui enlever le moyen de se reproduire."
Anne Crémieux analyse très justement : « ce discours séparatiste accuse un pouvoir indéterminé, qui se résume en un pronom. « ils », désignant l'extérieur, le reste de la société qui a intérêt pour des raisons financières telles que la spéculation immobilière à contrôler et même à exterminer le peuple noir. Cependant, si la cause se mesure à l'échelle de toute la société et dépasse même les frontières du pays par voie aérienne et maritime, la solution se mesure à l'échelle de l'individu. Furious Styles a un discours politique global, mais il fait appel à une résistance individuelle par la réflexion personnelle. Il ne cherche pas à organiser la révolution, ni même la contestation. Il a la démarche d'un pasteur, non d'un révolutionnaire." C’est d’ailleurs ce rôle que lui attribut Ricky en le comparant à un prédicateur ou Darin qui le qualifie "du genre Malcolm X-Farrakhan".
Un film très moraliste dans l'ensemble, mais qui reflète en même temps une option possible pour la classe moyenne noire des années 90, désabusée par le militantisme et tournée vers la conquête de l'american dream. En même temps, tout en y souscrivant, Singleton montre que certains en sont exclus à travers le destin tragique de Darin...

Enfin, il faut signaler un casting particulièrement réussi, en particulier quant à la performance de Laurence Fishburne. Il révèle aussi Cuba Gooding Jr, Chris Tucker et le rappeur Ice Cube. Dommage pour les deux brèves apparitions d'Angela Bassett (Betty Shabbazz dans Malcolm X, puis Panther) qui méritait mieux, mais ces films ne brillent pas par la place accordée aux femmes. A noter aussi l'expertise de Bob Minor en tant que coordinateur des cascades et le casting dirigé par Jaki Brown.