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jeudi 7 juin 2012

Comédies des 2000s : conclusion

La décennie de comédies afro-américaines s'ouvre sur un documentaire de Spike Lee sur quatre grands comiques réunis dans le spectacle The Original Kings of Comedy.
Force est de constater que les choses ont bien avancé depuis les années 70 et le phénomène de la blaxploitation puis le recul des 80s ; on assiste plutôt la confirmation de la tendance amorcée dans les années 90 qui va vers une "normalisation" des rôles afro-américains. Ainsi, bonnes ou mauvaises, ces comédies semblent avoir délaissé les bouffons noirs asexués. Et, si l'on retrouve ça et là quelques vieilles caricatures, et la recette facile du buddy movie inter-racial (Bronx à Bel Air, Showtime, National Security, I Spy et The Man), celà ne représente plus qu'une petite part des productions et des succès au box office.
Le nombre de films s'est considérablement accru, ainsi que la part des Afro-Américains dans la production ou la réalisation. Le sous-genre le plus prisé s'impose comme la comédie sentimentale.

Comédies sentimentales
A l'intérieur du genre "comédies", se développe un véritable sous-groupe très lucratif : la comédie romantique. Pas une année sans deux ou trois gros titres relevant de cette alchimie bien dosée entre humour et romance. Atteignant le rang de film culte, Two Can Play That Game ouvre la voie. Puis des dizaines se succèdent reprenant souvent les mêmes ingrédients, voire les mêmes acteurs : The Ladies Man, Kingdom Come, Bringing Down the House, The Fighting Temptations, Breakin' All the Rules, Are We There Yet ?, Guess Who, The Honeymooners, Last Holiday, Phat Girlz, Three Can Play That Game, Who Made the Potatoe Salad ?, The Perfect Holiday, This Christmas, Love For Sale, 

Quelques uns sortent du lot comme Deliver Us from Eva qui offre enfin un vrai rôle à Gabrielle Union, I Think I Love My Wife (remake par Chris Rock d'un film d'Eric Roehmer) ou le déjanté She Hate Me signé Spike Lee.

And Tyler Perry is coming...
Le phénomène de ces années 2000 est incontestablement Tyler Perry, acteur, réalisateur et scénariste. Il livre plus d'une dizaine de films dont la plupart sont des comédies dramatiques avec fil conducteur le personnage d'une grand-mère allumée autant que moraliste, Madea. Elle débarque dans Diary Of A Mad Black Woman puis revient à rythme quasi annuel dans Madea's Family Reunion, Meet the Browns, Madea Goes to Jail, I Can Do Bad All By Myself, Madea's Big Happy Family
Deuxième franchise à succès Why Did I Get Married ? et Why Did I Get Married Too ? rassemble Janet Jackson, Tasha Smith ou Michael Jay White.
La comparaison avec Spike Lee me paraît pertinente, et légèrement provocatrice quand on sait l'animosité qui règne entre les deux. Non pas que Perry en ait le talent (je pense au contraire qu'il en est loin d'en avoir la finesse et les qualité de cinéaste), mais leurs parcours pour percer dans l'industrie cinématographique montrent des similitudes. D'abord par les moyens de production : de petits films indépendants, mais avec des succès financier et d'estime (auprès de publics différents cependant). Ensuite, Perry fait évoluer ses films dans un petit monde bien délimité : la bourgeoisie afro-américaine, qu'il traite avec des angles de prédilection : les drames conjugaux, la violence, la famille, la maltraitance, la maladie...
Enfin comme Spike Lee, Tyler Perry s'adjoint une bande avec laquelle il travaille de façon presque continu : de la ribambelle d'actrices et d'acteurs connus (dont certains représentent un morceau de l'histoire artistique afro-américaine) jusqu'à certains figurants -en particuliers chanteurs et musiciens- en passant par une équipe technique resserrée.

Sport

Les années 2000 font aussi la part belle aux comédies sportives. Le basket se place bien en tête avec Juwanna Man, Like Mike et sa séquelle, The Cookout, Rebound, Frankenhood, Just Wright... mais l'on retrouve aussi le base ball avec Mr. 3000, le football -l' "américain" bien sûr pas le soccer- avec The Longshots (film très agréable sur fond de chômage et de crise industrielle, qui permet de découvrir la jeune Keke Palmer), le roller comme hobby de la jeunesse afro-américaine dans les très bons Roll Bounce et ATL, et même le golf avec Who's Your Caddy ?
Barbiers et coiffeuses...
Lancée par Ice Cube et son Barbershop, la mode des films de salon pour hommes ou femmes explosent (et retombe tout aussi rapidement).
En deux ans, plusieurs films sortent mettant en scène coiffeuses et barbiers : Hair Show, Barbershop 2 : Back in Business, Nora's Hair Salon, Beauty Shop, The Salon avec en tête d'affiches des actrices et acteurs banckable comme Mo'Nique, Ice Cube, Jenifer Lewis, Queen Latifah ou Vivica A. Fox.
Malgré leur redondance et leurs irrégularités, ces films mettent la loupe sur un lieu central de la socialisation afro-américaine. En 2009, Chris Rock consacre même un très bon documentaire sur les problématiques capillaires : Good Hair.

Les femmes arrivent enfin !
Si l'on excepte Whoopi Goldberg dans les 80s, les femmes n'avaient que des rôles subalternes dans les comédies black... et par là-même, bien que connues et talentueuses, les actrices afro-américaines étaient cantonnées aux rôles d'épouses et/ou de bombes sexuelles.
Avec les comédies sentimentales qui se développent, nombres d'actrices arrivent sur le devant de la scène : Gabrielle Union, Jada Pinkett Smith, Vivica A. Fox, Queen Latifah, Zoe Saldana, Mo'Nique... toutes ces excellentes actrices ont souvent commencé dans des seconds rôles plus ou moins dénudés, les années 2000 leur offrent des seconds rôles conséquents (mettant souvent en avant leur charme, mais ne les limitant pas à ça) et des premiers rôles forts et jusqu'alors inédits. The Longshots propose même de déconstruire les genres en donnant la vedette à une adolescente douée au football et qui s'impose dans une équipe de mecs !

C'est aussi le tour des réalisatrices. Bien qu'encore limité, le phénomène est notable. Et leur travail est indéniablement différent, proposant un autre regard sur la sexualité et une autre représentation des femmes. C'est le cas de Jennifer Sharp et Nnegest Likké, à qui l'on doit respectivement I'm Through with White Girls (The Inevitable Undoing of Jay Brooks) et Phat Girlz.
Dans un tout autre style, Kasi Lemmons réalise un très intéressant biopic avec Don Cheadle, avec en toile de fond les droits civiques et le black power : Talk To Me.

Hip hop comedies
Bien entendu, la représentation des femmes comme objet sexuel a toujours court, et spécifiquement dans les films hip hop, de The Wash à Soul Plane en passant par How High, The Cookout, Who's Your Caddy ?, The Janky Promoters ou Something Like a Business.
Le problème est que ces comédies, pourtant essentiellement réalisées et:ou produites par des Afro-Américains, concentrent tous les clichés racistes que Hollywood a pratiquement effacé de ses logiciels : le black buck à la sexualité insatiable, les coons fainéants à la démarche non-chalante, les tragic mulattoes aux charmes venimeux et les grosses mamas moralistes.
C'est de mon point de vue le pire constat (et la confirmation d'un processus entamé dans les années 90) : Hollywood a réussi à s'affranchir en parti des stéréotypes séculaires tant dénoncés par les associations antiracistes, les "autorisant" au réalisateurs afro-américains qu'ils produisent.
Cependant tous les projets issu du milieu du rap ne sont pas identiques. Ainsi, le plus abouti de ces films est aussi le moins couteux : Gangsta Rap : The Glockumentary, faux documentaire plus vrai que nature réalisé par Damon "Coke" Daniels.

Encore plus à la marge des comédies hip hop ordinaires, Michel Gondry et Dave Chappelle livrent l'excellent Block Party, sorte de making of d'un énorme concert gratuit réunissant les grands noms du rap US dans les rues de Brooklyn.

Eddie Murphy, valeur (moins) sûre...
Troisième décennie comme tête d'affiche pour Eddie Murphy ! D'un coté, il s'oriente vers des comédies familiales (Dr. Dolittle 2, Daddy Day Care, The Haunted Mansion, Imagine That) et d'un autre reste sur le registre qui a fait son succès, celui du héros aux longues tirades, aux multiples combines et tout de même au grand cœur (Showtime, The adventures of Pluto Nash, I Spy). Autant les premiers sont de relatifs succès (mérités de surcroit), autant ses comédies d'action -où il partage l'affiche avec De Niro ou Owen Wilson- sentent le réchauffé et se traduisent par des échecs cuisants (qui ne remboursent pas leur budget de production). Avec Norbit et Meet Dave, il récidive dans le genre ultra-lourdingue où il incarne plusieurs personnages... Il est à ce sujet intéressant de voir ce qu'en pense son doubleur français, le grand Med Hondo. Non chroniqué ici, le grand succès de Murphy de ces dernières années reste l'âne de Shreck.

Lien
Son "élève" Martin Lawrence marche dans ses pas en jouant dans des comédies d'action répétitives et rarement très inspirées, telles que Le chevalier black, National Security et Big Mamma. Dans ce dernier cas, le concept original -qui arrive à éviter les poncifs attendus- est vite effacé pour produire deux séquelles nullissimes (Big Momma's House 2 et Big Momma : Like Father, Like Son) qui pour le coup n'oublient aucun ingrédient de mauvais goût !
Heureusement, des films comme Welcome Home Roscoe Jenkins, College Road Trip ou Death at Funeral (et même Bad Boys II) viennent rappeler que Martin Lawrence peut jouer autre chose jouer des rôles comiques sans être le bouffons de service...

Parodies et remakes
Acheter un scénario de série ou de film étranger est une pratique répandue à Hollywood, ce phénomène touche aussi le cinéma afro-américain. D'une part, il y a les adaptations assez classiques de séries mythiques comme Starsky & Hutch, Fat Albert et moins connues comme I Spy et The Honeymooners. Bien sûr il y a aussi des remakes de films : Chris Rock s'attaque au réalisateur français Eric Rohmer avec I Think I Love My Wife, il joue aussi dans Death At A Funeral aux cotés de Martin Lawrence, Loretta Devine, Zoe Saldana, Danny Glover et bien d'autres. Kevin Rodney Sullivan propose Guess Who qui revisite, sous une forme inversée et pour le moins maladroite, la comédie culte avec Sideny Poitier : Guess Who's Coming to Dinner.
Signe des temps, il est intéressant de noter que The Honeymooners, Are We Done Yet ? ou encore I Think I Love My Wife sont des remakes où les personnages principaux blancs remplacés par des Afro-Américains.

Du coté des parodies, la famille Wayans est toujours à la manœuvre dans ce sous-genre avec Scary Movie et Scary Movie 2 de Keenen Ivory et Dance Flick de Damien Dante. Le talentueux réalisateur Gary Hardwick fait une tentative dans cette veine, avec l'inégal Universal Remote.
On trouve aussi un nombre conséquent de comédies qui reprennent les codes des soul movies ; c'est le cas du déjanté Pootie Tang, du très cool Undercover Brother et de la déclinaison juive de la blax avec l'étonnant The Hebrew Hammer.
Mention spéciale pour l'excellent Black Dynamite, véritable hommage à la blaxploitation qui dépasse largement le pastiche et reste le projet cinématographique afro-américain de cette dernière décennie !


2000
Bamboozled
Big Momma's House
The Ladies Man
The Original Kings of Comedy
Next Friday
Scary Movie
The Wash

2001
Black Knight
Down To Earth
Dr. Dolittle 2
How high
Kingdom Come
Pootie Tang
Scary Movie 2
Two Can Play That Game

2002
The adventures of Pluto Nash
All About the Benjamins
Barbershop
The Boat Trip
Friday After Next
I Spy
Juwanna Mann
Like Mike
Showtime
Undercover Brother

2003
Baadasssss ! How to Get the Man's Foot Outta Your Ass
Bad Santa
Bad Boys II
Bringing Down the House
Daddy Day Care
Deliver Us from Eva
The Fighting Temptations
The Haunted Mansion
Head of State
The Hebrew Hammer
National Security

2004
Barbershop 2 Back in Business
Breakin' All The Rules
The Cookout
Fat Albert
Hair Show
Mr. 3000
My Baby's Daddy
She Hate Me
Soul Plane
Starsky & Hutch
White Chicks

2005
Are We There Yet ?
Beauty Shop
Block Party
Diary Of A Mad Black Woman
Guess Who
The Honeymooners
Lil' Pimp
King's Ransom
The Man
Rebound
Roll Bounce
The Salon

2006
ATL
Big Momma's House 2
Last Holiday
Little Man
Madea's Family Reunion
Phat Girlz
Who Made the Potatoe Salad ?

2007
Are We Done Yet ?
Daddy Day Camp
Gangsta Rap : The Glockumentary
The Hustle
I'm Through with White Girls (The Inevitable Undoing of Jay Brooks)
I Think I Love My Wife
The Perfect Holiday
Norbit
Talk to Me
This Christmas
Three Can Play That Game
Universal Remote
Who's Your Caddy ?
Why Did I Get Married ?

2008
Be Kind Rewind
College Road Trip
First Sunday
Love For Sale
Meet Dave
Meet The Browns
The Longshots
Soul Men
Welcome Home, Roscoe Jenkins

2009
Black Dynamite
Dance Flick
Frankenhood
Good Hair (Documentaire)
Imagine That
I Can Do Bad All by Myself
The Janky Promoters
Madea Goes to Jail
Next Day Air

2010
Death At a Funeral 
Just Wright 
Lottery Ticket 
Our Family Wedding
Something Like a Business
Speed-Dating
Why Did I Get Married Too ?

2011
35 and Ticking 
Big Mommas : Like Father, Like Son 
Jumping the Broom
Madea's Big Happy Family 

mardi 5 juin 2012

Big Mommas : Like Father, Like Son

Dix ans après le premier volume -qui garde encore un peu de fraîcheur- le troisième volet, Big Mamma: de père en fils, vient confirmer l'essoufflement de la franchise...

BIG MOMMAS : LIKE FATHER, LIKE SON 
- John Whitesell (2011)

Malcolm Turner (Martin Lawrence) est toujours un agent turbulent du FBI. Lorsque son beau-fils Trent (Brandon T. Jackson) est témoin d’un meurtre, Malcolm le protège comme il le peut... c'est-à-dire en le transformant en jeune fille forte prénommée Charmaine tandis que lui-même reprend les habits de Big Momma.
Ainsi accoutrés, les deux hommes mènent leur enquête dans une école d’art pour jeunes filles, dont la promiscuité risque de mettre à nu la couverture de Trent et Malcolm...

Faut-il préciser que cet ultime volet est un gros navet sans intérêt ? Sans doute car les recettes sont imposantes : plus de 80 millions de dollars au box-office, presque trois fois le budget initial ! Le premier opus, Big Momma's House, passait encore pour une comédie légère mais rigolote. Le second, Big Momma's House 2 réalisé par John Whitesell, était non seulement inutile mais surtout affligeant. Ce Big Mommas : Like Father, Like Son du même réalisateur ne présente pas plus d'intérêt et suscite même l'inquiétude de voir la franchise perdurer après Martin Lawrence, avec Brandon T. Jackson en tête d'affiche.
Second couteau rondouillard qui apparaît dans les 90s (Fear of a Black Hat, The Meteor Man, Friday, Don't Be a Menace..., A Thin Line..., B*A*P*S, The Players Club, 3 Strikes, The Fighting Temptations, Animal, Who's Your Caddy ?, The Perfect Holiday), Faizon Love  est probablement le seul à apporter un peu d'humour et de fraîcheur à cette comédie ratée. Mais il n'est pourtant même pas crédité au générique !
Signalons quelques têtes connues comme Sherri Shepherd (Guess Who, Beauty Shop, Who's Your Caddy ?, Madea Goes to Jail, Precious, Think Like a Man), Marc John Jefferies (Friday After Next, Brown Sugar, The Haunted Mansion, Get Rich or Die Tryin', Notorious) et Mari Morrow(How to Be a Player, National Security, Hair Show, Pastor Brown, 35 and Ticking), ainsi que Ramsey Luke, un obscur second rôle qui apparaît dans les volets. 

vendredi 18 mai 2012

Lottery Ticket

Comédie où se succèdent actrices et acteurs connus...

LOTTERY TICKET - Erik White (2010)


Kevin Carson (Bow Wow) est un jeune homme légèrement introverti ; il travaille chez Foot Locker, vit chez sa grand-mère mystique (Loretta Devine) et n'arrive pas à sortir avec des filles...
Sa journée se passe bien mal, mais le soir Kevin et sa Grandma découvrent qu'ils ont gagné 370 millions de dollars au loto. Impossible de toucher leurs gains avant trois jours pour cause de week-end férié ! Et pour couronner le tout, Grandma se confie à Semaj (Charles Q. Murphy) un voisin pas très discret.
Le secret éventé, Kevin doit échapper -avec l'aide de son pote Benny (Brandon T. Jackson)- à ses voisins envieux qui veulent tous leur part du gâteau...
Voilà un de ces films qui peut attirer par son casting, mais déçoit à tous les coups au visionnage. Toujours est-il qu'il réalise un score pas si mauvais au box office, avec des recettes atteignant 24 millions. Déjà réunis dans le très agréable Roll Bounce, le duo composé de Bow Wow (Like Mike, All About the Benjamins, Hurricane Season) et Brandon T. Jackson (Ali, 8 Mile, This Christmas, Big Mommas: Like Father, Like Son) s'en tire plutôt bien ; le premier dans le rôle du looser introverti et le second dans celui du looser qui se croit super cool. Et la ribambelle de seconds rôles est impressionnante : se succèdent à l'écran Ice Cube, Loretta Devine, Terry Crews, Keith David, Mike Epps et Charles Q. Murphy, tous dans des seconds rôles bien calibrés, pour certains inattendus.
Mais la superposition de petites saynètes avec ces guests ne suffit pas à faire en faire un bon film. On rigole quelques fois, mais l'ensemble est trop inégal, et l'ambiance bling-bling est vite lassante, comme ces effets de ralenti sur des beats hip hop qui rappelle trop les clips de MTV (Eric White est en fait spécialisé dans ce genre-là, et Lottery Ticket est son seul film).
Quant à la pathétique représentation des femmes en créatures vénales, elle ne fait que plomber un peu plus ce film finalement moyen.

Pour le reste du casting, on croise maintes gueules de second plan : Chris Williams (Blankman, Major Payne, Friday After Next), Bill Bellamy (Who's the Man ?, Fled), Vince Green (Barbershop), Miko DeFoor (Soul Men), Malieek Straughter (Friday After Next)...

lundi 9 avril 2012

Be Kind Rewind

Si l'on peut voir certaines similitudes entre Soyez sympas, rembobinez et Universal Remote, la qualité est ici au rendez-vous et le résultat est à la fois hilarant et émouvant...

BE KIND REWIND - Michel Gondry (2008)
Monsieur Fletcher (Danny Glover) est le propriétaire d'un vidéo-club d'un autre âge : il loue uniquement des VHS et refuse d'enlever des rayons les grands classiques rarement empruntés. Alors qu'il doit s'absenter quelques jours, il confie le magasin à son employé, Mike (Mos Def).
Jerry (Jack Black) est le fantasque et paranoïaque pote de Mike. Suite à un accident incroyable, Jerry est "magnétisé" et au contact des VHS, le film disparaît des bandes. Madame Kimberley (Mia Farrow) veut louer Ghostbuster, les deux amis vont tenter de donner le change en retournant eux-mêmes le film...
En outre, M. Fletcher risque de perdre son magasin et son appartement (où serait né Fats Waller) s'il ne dégage pas de meilleurs bénéfices...
Produit pour 20 millions de dollars, cette comédie étonnante en rapporte plus de 30 à travers le monde, et reçoit en sus des critiques positives et bienveillantes.
C'est peu dire comme cette comédie est atypique. L'intrigue parfaitement surréaliste et l'univers est ancré dans le réel en le sublimant et le rendant magique. Tout en rendant hommage à de nombreux blockbusters, la magie s'opère à travers la mise en scène de la vie -imaginée- de Fats Waller.

Outre Ghostbuster, les fantasques héros rejouent Rush Hour 2, RoboCop, 2001: A Space Odyssey, Boyz N the Hood, Driving Miss Daisy, When We Were Kings, Carrie... et des dizaines d'autres films sont évoqués par les personnages, par des plans sur leurs jaquettes ou dans la listes de films sweded : de Stormy Weather à House Party en passant par Who's the Man ? ou Friday.
Le résultat est un vrai patchwork de toute sorte de références culturelles rarement mélangées : il y en a pour les geeks fan des films d'action des 90s, pour les fans de jazz, les aficionados des comédies burlesques, les amoureux des VHS ou des films muets...
Gondry -auteur de Block Party- évoque, souvent par l'absurde, les problématiques liées à la couleur dans le cinéma US ; la scène où Jack Black débarque naïvement en blackface au milieu de ses voisins afro-américains est aussi juste qu'hilarante !

Le casting est à l'image du film : éclectique ! Il rassemble le rappeur Mos Def, le comédien -souvent lourdaud- Jack Black, le dinosaure Danny Glover, des guests de qualité comme Mia Farrow, Sigourney Weaver et Kid Creole (chanteur rare sur les écrans, il apparaît dans Identity Crisis).
Au fur et à mesure que l'intrigue se noue, les amateurs, les habitants du quartier où se déroule le tournage ou encore des techniciens -à l'image de Irv GoochMalcolm X, Crooklyn, Clockers et Summer of Sam de Spike Lee)- envahissent l'écran, symbolisant l'aventure collective de la production du film dans le film.
Par ailleurs participent aussi Booker T. Jones et Steve Cropper, respectivement le pianiste/organiste et le guitariste du mythique groupe soul Booker T. & the M.G.s (qui avait signé la BO de Up Tight !).

jeudi 29 mars 2012

This Christmas

This Christmas se place dans la lignée des comédies dramatiques qui prennent pour toile de fond une famille nombreuse réunie pour un évènement important, et qui s'appuie sur un casting alléchant...

THIS CHRISTMAS - Preston A. Whitmore II (2007)


Pour la première fois depuis 4 ans, la famille Whitfield se retrouve pour fêter Noël chez leur mère Ma'Dere (Loretta Devine).
Chacun a un secret inavouable, à commencer par Ma'Dere qui vit officieusement depuis des années avec Joe (Delroy Lindo) ; tous ses enfants le savent sauf Quentin (Idris Elba) qui hait le nouvel amour de sa mère et cache de son coté des ennuis avec des gangsters. Le couple de sa fille Lisa avec Devean (Keith Robinson & Regina King) bat de l'aile, tandis que son autre fille Kelli (Sharon Leal) semble se complaire dans le célibat.
Enfin Claude (Columbus Short) rentre de l'armée paré de son joli uniforme mais ses secrets vont faire prendre une tournure imprévue à la réunion de famille...

Preston A. Whitmore II réalisateur, producteur et scénariste (The Walking Dead, Fled, Civil Brand, Lockdown ou Crossover). Avec un budget limité, il livre une comédie agréable, au casting conséquent, bien filmée et qui recueille des critiques globalement positives ainsi qu'un bon succès financier (50 millions de dollars au box office).

This Christmas est une de ces tragi-comédies qui dépeint une famille, dans ses joies quotidiennes, ses contradictions, ses conflits et ses jalousies. On pense à Soul Food ou Kingdom Come, et il faut bien avouer que This Christmas soutient la comparaison. La réalisation est bien maîtrisée, de facture assez classique certes mais agrémentée de certains plans plus osés et néanmoins réussis. On passe du hui-clos de la maison de Ma'Dere aux ambiances urbaines dans les rues ou les clubs, accompagné par la musique jazzy de Marcus Miller.

La force comme les faiblesses du film résident dans son casting important (dirigé par Kim Hardin) et par les multiples personnages -pour la plupart bien interprétés- que Whitmore sait mettre en valeur captant les sentiments de chacune et chacun en plan serré et offrant des scènes chorales tout en donnant sa place à chaque acteur. Pourtant à trop créer et entremêler les histoires, le film perd parfois de son intérêt et survole certaines situations ou personnages qui auraient mérité qu'on s'y attarde...
Le casting offre des rôles aux actrices et acteurs confirmés tels Regina King, Loretta Devine, Columbus Short, Mekhi "Dr. Pratt" Phifer, Keith Robinson, Haskell V. Anderson III (dont le premier film était le cheap et fun Brotherhood Of Death), Laz Alonso, Sharon Leal, Brandon T. Jackson, Ricky Harris et Lauren London. Mais les producteurs piochent aussi dans le milieu musical en offrant des places importantes au chanteur RnB Chris Brown, au DJ britannique Idris Elba et au rappeur David Banner.
Mention spéciale pour un acteur très charismatique que j'aime beaucoup mais que l'on voit trop peu : Delroy Lindo (il collabore plusieurs fois avec Spike Lee -sur Malcolm X, Crooklyn et Clockers, incarne un premier rôle dans le téléfilm Soul of the Game et s'abonne aux films d'action avec Romeo Must Die, Heist ou Domino).

samedi 3 mars 2012

Roll Bounce

Malcolm D. Lee revient avec une comédie très agréable sur une bande d'adolescents dans les années 70 : La fièvre du roller...

ROLL BOUNCE - Malcolm D. Lee (2005)


Eté 1978, à Chicago. Xavier "X" Smith (Bow Wow) est un jeune adolescent tout ce qu'il y a de plus normal : il vit avec son père Curtis (Chi McBride) et sa petite sœur, distribue les journaux pour gagner quelques sous qu'il dépense en sortie avec ses copains. Et comme l'ambiance à la maison est plutôt tendue, il s'évade en faisant du roller avec sa bande de copains : Junior, Mixed Mike, Naps et Boo (Brandon T. Jackson, Khleo Thomas, Rick Gonzalez & Marcus T. Paulk).
Mais leur patinoire est en réfection, et les ados sont obligés d'aller dans une autre plus huppée où ils sont méprisés par les employés comme par les autres patineurs, au premier rang desquels le champion Sweetness (Wesley Jonathan) et ses coéquipiers.
Produit par George Tillman Jr. et réalisé par Malcolm D. Lee (à qui l'on doit de bonnes comédies telles que Undercover Brother, Welcome Home, Roscoe Jenkins, Soul Men), le scénario est signé Norman Vance Jr. (Beauty Shop et Pride). Quant à la BOF, elle est co-écrite Stanley Clarke et Nile Rodgers, le premier compose pour nombre de succès afro-américain, le second est surtout connu comme le guitariste de Chic, le groupe à succès des 70s (il signe tout de même les BOF de Coming to America et Le flic de Beverly Hills III). Bref, l'alignement de ces grands noms devraient assurer un carton. Pourtant les recettes sont plutôt faiblardes (17 millions de dollars) et le public boude, dommage !
Car il faut dire que j'ai pas mal accroché (partant avec un à priori négatif). Tout d'abord, l'ambiance 70s est une vraie réussite, et l'on découvre vite que le roller ne sert que de toile de fond à une évocation nostalgique et sentimentale de cette époque. Malcolm D. Lee propose une réalisation léchée et des plans diversifiés, une minutie toute particulière pour restituer les décors et les objets courants de l'époque, et insuffle une âme à ses personnages.

Enfin le casting tape juste et, pour une fois, les jeunes acteurs donnent une vraie profondeur à leur personnage ; ainsi Bow Wow, Wesley Jonathan, Brandon T. Jackson et Khleo Thomas participent chacun à leur meilleur film à ce jour.
Quant aux adultes, ils font office de seconds rôles tantôt comiques, tantôt dramatiques. Chi McBride incarne le père du héros alors que Mike Epps et Charles Q. Murphy sont des éboueurs allumés.