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samedi 9 juin 2012

Le prochain Tarantino...

Tarantino aime la blaxploitation et le cinéma bis, c'est connu.Après l'ode à Pam Grier dans Jackie Brown, le projet Grindhouse et une sorte de remake d'Inglorious Bastards (de 1978, avec Fred Williamson), il s'attaque au western...

Produit par Reginald Hudlin, Django Unchained met en vedette un chasseur de prime et un esclave (Christoph Waltz & Jamie Foxx) qui collaborent contre un propriétaire terrien machiavélique joué (par Leonardo DiCaprio). Ce casting impressionnant sera complété par Samuel L. Jackson et Kerry Washington, RZA (après les désistements de Kurt Russell et Sacha Baron Cohen).

La sortie française est annoncée pour le 16 janvier 2013, un mois après les Etats-Unis.
On a hâte !

mardi 8 mai 2012

The Players Club

Je profite de la chronique sur The Janky Promoters pour réparer un oubli : The Players Club le seul film d'Ice Cube en tant que réalisateur...

THE PLAYERS CLUB - Ice Cube (1998)



Diana Armstrong (LisaRaye) est une jeune fille indépendante ; elle quitte la maison familiale pour suivre ses études, tout en élevant seule son fils. Elle rencontre Tricks et Ronnie (Adele Givens & Chrystale Wilson) qui l'incitent à travailler dans le club de striptease de Dollar Bill (Bernie Mac). Diana étudie le jour et danse la nuit, en évitant au maximum de traîner dans les histoires louches de ses collègues.
Lorsque sa cousine Ebony (Monica Calhoun) débarque en ville quatre ans plus tard, Diana doit la prendre sous son aile. Ebony est embauchée à son tour au club, mais se trouve vite confronter à l'alcool, à l'argent facile et elle n'a pas la force de caractère de Diamond pour y résister.
Le budget est minime (5 millions de dollars) mais aligne une incroyable liste d'acteurs et actrices afro-américains : Jamie Foxx, Bernie Mac, LisaRaye, Faizon Love, Tommy "Tiny" Lister, Michael Clarke Duncan, Monica Calhoun, Anthony J. Johnson, Badja Djola, Alex Thomas, Terrence Howard, Charlie Q. Murphy, Oren Williams, Jossie Thacker, Adele Givens, Samuel Monroe Jr., Chrystale Wilson, Clyde Jones, Tracey Cherelle Jones... ainsi que les rapeurs Luther "Luke" Campbell et Master P.
Enfin Ice Cube s'adjoint les services de quelques "anciens" tels John "Kunta" Amos, Judyann Elder (Melinda et le téléfilm A Woman Called Moses) et Dick Anthony Williams (Up Tight !, The Lost Man, The Mack, Slaughter's Big Rip-Off et Five on the Black Hand Side).
Ces castings pléthoriques ne sont pas toujours gage de qualité ; cependant ici chacun est utilisé avec parcimonie, faisant du liant entre les différentes histoires qui se télescopent.

C'est le seul film d'Ice Cube comme réalisateur (il porte aussi les casquettes de producteur, scénariste et acteur). Il prend la bonne décision en ne reprenant pas plus tard la caméra, car ses talents pour la réalisation sont assez limités. Par contre, il est accompagné des professionnels consacrés du moment : le chef opérateur Malik Hassan Sayeed, les maquilleuses Debra Denson et Stacye P. Branche, la directrice de casting Kim Hardin (Monica R. Cooper), la monteuse Suzanne Hines ou encore les cascadeurs William Washington, April Weeden-Washington, Eddie L. Watkins et Big Daddy Wayne.

En plus, son scénario tient la route. Entre action, drame, humour et charmes, on ne s'ennuie pas et même on réfléchit ; en effet, Ice Cube propose derrière une apparente légèreté des thèmes pertinents. D'abord, mettre une femme au premier plan est plutôt une gageure et reste rare encore en cette fin des 90s ; ce personnage principal (confié à LisaRaye qui débute au cinéma) est en plus celui d'une femme forte et indépendante.
En outre, Ice Cube filme les séquences de strip avec une certaine retenue, et aborde de front certains sujets comme le marché du sexe, les violences faites aux femmes et même le viol.
Ensuite, on peut aussi imaginer qu'en utilisant à contre-emploi Dick Anthony Williams (habitué aux rôles de mac rutilant dans les 70s) comme un père de famille protecteur pas très heureux de savoir sa fille danser dénudée, Ice Cube pose un regard critique sur l'apologie des pimps dans les produits culturels afro-américains, de la blaxploitation aux urban films. Enfin, et sans dévoiler la fin en partie tragique, il se donne un -petit- rôle plutôt positif en posant les limites de l'acceptable.

Certaines scènes sont tout simplement jubilatoires comme cette danseuse fessant un flic en lui faisant hurler "I'm Black and I'm proud !" (et je ne résiste pas à vous la faire partager) :

vendredi 20 janvier 2012

Breakin' All the Rules

Toujours une comédie romantique, toujours avec Gabrielle Union auquel s'ajoutent Jamie Foxx et Morris Chestnut qui proposent Rupture mode d'emploi...

BREAKIN' ALL THE RULES - Daniel Taplitz (2004)


Le jour de l'officialisation de leurs fiançailles, Quincy R. Watson (Jamie Foxx) se fait lamentablement plaqué par sa copine Helen (Bianca Lawson). Au fond du trou, il écrit un livre sur la façon de rompre. Et le bouquin devient se vend comme des petits pains, faisant de Quincy un spécialiste es rupture. Il dispense ses conseils à son ex-patron et son cousin Evan (Peter MacNicol & Morris Chestnut) ; ce dernier est empêtré dans une relation avec la splendide Nicky Callas (Gabrielle Union)...
Produit pour 10 petit millions de dollars, Breakin' All the Rules ne s'en tire pas trop mal en salle et les recettes remboursent les sommes engagées. Dans le genre des comédies romantiques, les navets sont souvent de mise, si bien que quand un film est amusant, pas trop mal film ni trop vulgaire, il sort immanquablement du lot. C'est le cas ici. Rien d'exceptionnel toutefois, le scénario est est simpliste, mais les interactions entre les personnages principaux peuvent s'avérer rigolotes.

Jamie Foxx a littéralement explosé avec sa composition magistrale dans Ali, il enchaîne ensuite des personnages plutôt classe dans des drames et des films d'action. Avec ce film il est plus proche de ses premiers rôles comiques dans The Great White Hype, Booty Call ou encore The Players Club. Gabrielle Union est toujours aussi craquante -mais elle est bien plus à son aise dans des des films où elle est tête d'affiche comme Deliver Us from Eva- et Morris Chestnut campe un de ses beaux gosses insipides desquels il a du mal à sortir... Il y a aussi Octavia Spencer (A Time to Kill, The 6th Man, Blue Streak, Big Momma's House, Bad Santa, Beauty Shop, Seven Pounds, The Soloist, The Help), Bianca Lawson (Bones et Save the Last Dance), Jennifer Esposito (He Got Game et Summer of Sam), Faune A. Chambers (Like Mike, White Chicks) et la chanteuse Heather Headley.

mercredi 23 mars 2011

Booty Call

En deux ans trois comédies romantiques assez similaires sortent sur les écrans et proposent une vision assez fraîches des relations amoureuses...

BOOTY CALL - Jeff Pollack (1997)



Rushon (Tommy Davidson) est un quadra romantique, il sort avec Nikki (Tamala Jones) depuis plusieurs semaines, mais les deux amoureux n'ont toujours pas consommé leur relation. Cette dernière propose un rendez-vous à Bunz, où ils devront chacun amener un ami.
Rushon invite donc son pote Bunz (Jamie Foxx), dragueur invétéré, et Nikki est accompagnée de Lysterine (Vivica A. Fox), une jeune femme très libérée. Une attirance sexuelle irrésistible relie les deux accompagnateurs, tandis que Rushon et Nikki ne parviennent toujours pas à conclure...
Rares sont les films à aborder la sexualité des Afro-Américains, si ce n'est Boomerang et She's Gotta Have It. Certes moins percutant, ce petit film (produit pour 7 milllions et qui en rapporte tout de même cinq fois plus) s'avère tout de même sympathique, traitant sans trop de lourdeur graveleuse de la sexualité de deux couples. Comme les films de Hudlin et de Lee, celui-ci ne se concentre pas uniquement sur ses héros masculins et donne une place au moins aussi importante aux femmes, à leurs désirs et leurs fantasmes.

Il y quelques longueurs, c'est sûr, mais aussi pas mal de trouvailles comiques, une réalisation parfois inspirée et une certaine humanité des personnages principaux. Enfin, les scènes de sexe sont plutôt rigolotes, en particulier entre les frasques de Vivica A. Fox qui aime faire l'amour alors que son amant lui déclame les "I am somedy !" de Jessie Jackson et "I have a dream" de Martin Luther King.

Le casting est sympathique -et plutôt restreint (comme les décors d'ailleurs) : Jamie Foxx, dont c'est le premier grand rôle, Tommy Davidson (tête d'affiche de Strictly Business mais assez rare sur les écrans, il semble abonné aux comédies romantiques puisqu'il joue l'année suivante dans Woo), Vivica A. Fox, Bernie Mac, Tamala Jones...

vendredi 11 mars 2011

The Great White Hype

Malgré ses succès House Party et Boomerang, Reginald Hudlin ne réalise pas ses films à la chaîne, et il livre avec La Couleur de l'arnaque une agréable comédie sur la boxe.

THE GREAT WHITE HYPE - Reginald Hudlin (1996)


James "The Grim Reaper" Roper (Damon Wayans) est un boxeur de talent qui accumule les victoires. Trop ! Il perd la gnaque et l'envie de se surpasser. Son manager -un charlatan sans scrupule qui se fait appeler Fred Sultan (Samuel L. Jackson)- essaie de trouver un adversaire à sa taille.
Dans sa recherche du combat choc, il met en place une confrontation contre un boxeur blanc. Il dégotte un ancien boxeur -qui gagna Roper des années auparavant- reconverti dans le heavymetal.
En parallèle, le journaliste sportif Mitchell Kane (Jeff Goldblum) rassemble des pièces pour prouver les malversations de Sultan...
Les hommages au cinéma afro-américain des années 70 sont légions. A commencer par le titre clin d'œil à The Great White Hope, la biographie de Jack Johnson -le premier champion du monde poids lourds afro-américain- mise en image par Martin Ritt et interprétée magistralement par James Earl Jones. Et la référence ne s'arrête pas là puisque l'idée de l'ex-champion blanc chargé de faire tomber l'invincible noir est directement importé de ce drame, et même de l'histoire de la boxe américaine. Au rayon des hommages dont s'amuse Reginald Hudlin, il y a aussi ce moment où Damon Wayans regarde Dolemite (tout comme Pops dans House Party), et la présence d'acteurs et de techniciens de l'époque : Albert Hall (qui débute dans Cotton Comes to Harlem, Willie Dynamite, puis joue plus récemment dans Malcolm X, Major Payne, Ali, Get on the Bus...), Art Evans, le directeur de la photo Ronald Víctor García qui signe beaucoup de films bis des années 70, et quelques blaxploitation comme Hot Potato et Abar, the First Black Superman), et même l'acteur blanc Corbin Bernsen qui fait ses classes dans Three the Hard Way.

D'ailleurs, plus que dans ses précédents films, Reginald Hudlin utilise à merveille les talents d'acteurs blancs dans des rôles sur mesure comme le journaliste arriviste campé par Jeff Goldblum ou le coach raciste à souhait interprété par John Rhys-Davies (acteur au dizaines de séries, qui joua un arabe dans Indiana Jones mais le geek que je suis le reconnait surtout comme Gimli dans Le Seigneur des anneaux).

Par ailleurs la dénonciation du racisme reste secondaire, c'est bien une critique humoristique du monde de la boxe auquel s'attache le film, avec ses financiers sans scrupule à la Don King, ses jeunes boxeurs broyés physiquement et psychologiquement, ses journalistes à scandale... Mais l'ensemble reste légers et le scénario est somme toute assez banal tout en atteignant sa cible : faire rire. De plus, Hudlin s'en tire très bien dans la mise en scène et le montage des scènes de combat sur le ring.

L'aspect le plus positif réside dans son casting aux petits oignons. Outre les acteurs évoqués plus haut, on retrouve Damon Wayans (présent la même année à l'affiche de Bulletproof), la valeur montante -juste après Pulp Fiction- Samuel L. Jackson et le débutant Jamie Foxx, la splendide Salli Richardson et la torride Robin Givens, ainsi qu'une panoplie de seconds couteaux comme Lamont Johnson, Jonathan P. Hicks, le rappeur Method Man, Anthony Johnson, Irv Dotten, Deezer D, Randy Harris...