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lundi 21 mars 2011

Don't Be a Menace...

Deux jeunes Wayans se lancent dans un projet intéressant : une parodie déjantée et hilarante des films urbains des années 90.

DON'T BE A MENACE TO SOUTH CENTRAL
WHILE DRINKING YOUR JUICE IN THE HOOD
Paris Barclay (1996)

Ashtray (Shawn Wayans) est confié à son père (qui semble plus jeune que lui) pour lui apprendre à être un homme.
Accompagné de Loc Dog (Marlon Wayans), Preach, le prêcheur afro-centriste fanatique des femmes blanches et Crazy Legs, paralysé suite à un drive-by, qui rêve de devenir danseur, Tray se rend à une party où il tombe amoureux de Dashiki, une jolie jeune mère de sept enfants (de pères différents). Elle tombe enceinte quelque minutes après leur premier rapport...
Tray ne sait pas s'il doit quitter le ghetto avec sa bien-aimée ou rester glander au quartier avec ses potes. En attendant de prendre un décision, il continue sa petite vie faite de visites à sa grand-mère (Helen Martin), de parties de pêche avec son jeune père ou de sorties avec Loc Dog, Crazy Legs et Preach.

Ce film se présente comme une parodie des films sur le ghetto La trame de reprend celles de Boyz N the Hood (avec le prénom détourné "Tre" en "Ashtray" qui veut dire "cendrier" : une blague qui donne le ton de l'humour Wayans) et Menace II Society, mais l'on retrouve des pastiches des scènes les plus marquantes de la période de Juice à Dead Presidents, en passant par Poetic Justice, New Jack City ou même Jungle Fever.
L'humour de Shawn et Marlon Wayans, il faut adhérer, c'est sûr. Pour celles et ceux qui ne connaissent pas c'est un peu du Zucker-Abraham-Zucker afro-américain et on leur doit la série des Scary Movie. Je suis plutôt bon public pour ce qui concerne les comédies, donc pour moi ce film est vraiment tordant.
Sa force est de mettre un focus sur les pires stéréotypes du genre "movie in the hood" et de les caricaturer à outrance. Certains acteurs reprennent même des rôles qu'ils jouaient dans les films originaux tels que Omar Epps (dans Higher Learning) ou Toshi Toda (l'épicier de la mythique scène d'ouverture de Menace II Society).

Les parodies se succèdent et sont toutes réussies, à la fois lourdingues et pertinentes, comme la scène du drugstore où l'épicière coréenne et son mari suivent partout Tray et Loc-Dog alors qu'un Blanc se sert allègrement dans les rayons et la caisse, ou encore lorsque la mère de Tray affirme : "Désolé, les femmes noires positives n'ont pas leur place dans ces films".

La famille Wayans est représésentée dans toutes ses composantes : Shawn et Marlon bien sûr, les architectes du projet, Keenen Ivory qui scande "message !" à chaque passage moraliste, mais aussi Kim, le neveu Damien Dante...
La directrice de casting Jaki Brown met aussi le grappin sur Bernie Mac et deux stars blax' : Antonio Fargas et l'increvable Helen Martin qui joue les grand-mère depuis 30 ans (en commençant pas Cotton Comes to Harlem jusqu'à Bulworth, en passant par A Hero Aint'...)

vendredi 4 mars 2011

Friday

Alors que s'achève avec House Party 3 une trilogie initialement représentant la jeunesse du début des années 80, l'année suivante une nouvelle trilogie du même genre voit le jour...

FRIDAY - F. Gary Gray (1995)


Le jour se lève sur South Central, un vendredi comme un autre pour la famille Jones ; sauf pour Craig (Ice Cube). Il a perdu son job la veille et son père (John Witherspoon) le somme d'en trouver un nouveau. Au lieu de se démener dans ce sens, Craig passe la journée à glander avec son pote Smokey (Chris Tucker), dont le surnom vient de son appétence à fumer de l'herbe.
Leur activité favorite consiste à regarder passer les jolies joggeuses ou la voisine arrosant ses parterres, et de fumer. En prime, les deux "homies" s'embarquent dans des embrouilles, et le caïd du coin Deebo (Tommy "Tiny" Lister) leur réclame 200$ avant la fin de la soirée. Un vendredi finalement pas comme les autres...
La BO est d'enfer pour qui aime le rap west coast, avec des titres devenus cultes de Dr. Dre, Cypress Hill, Ice Cube lui-même, 2LiveCrew...
Grace à cette BO extraordinaire et une promo appuyée sur un casting détonnant, cette comédie a engrangé les entrées et les bénéfices : pour un budget de 3,5 millions de dollars, elle en rapporte dix fois plus... Ce qui donnera aux producteurs l'envie de sortir encore deux suites.
Ce film -pourtant classique pour ma génération- m'a difficilement tiré quelques sourires. Je n'y ai trouvé que peu d'intérêt et j'ai été réfractaire à l'humour souvent misogyne (et finalement pas assez lourdingue pour être du second degré) et aux mimiques de Chris Tucker. Encore moins au jeu outrageant -que j'espère imposé- à John Witherspoon.
Ice Cube débute sa longue carrière carrière après deux rôles plutôt dramatiques dans Boyz N the Hood et The Glass Shield.
A noter que ce film marque la première apparition sur grand écran de Michael Clarke Duncan (acteur au physique impressionnant, abonné aux seconds rôles dont le plus connu reste La Ligne Verte) mais il n'est pas crédité au générique.
Par ailleurs le casting -signé Jaki Brown- rassemble des gueules bien connues : Bernie Mac, Tommy "Tiny" Lister, Reynaldo Rey, Nia Long, Paula Jai Parker, Faizon Love, Terri J. Vaughn...

dimanche 20 février 2011

CB4

Avec CB4, Chris Rock fait une entrée remarquée comme tête d'affiche...

CB4 - Tamra Davis (1993)


Albert (Chris Rock) est un jeune, issu la classe moyenne qui aspire à devenir un rappeur connu. Il rêve de jouer dans le club d'un gangster, Gusto (Charles Q. Murphy). Mais celui-ci se fait cueillir par les flics.
Albert a l'idée de "piquer" la vie de Gusto pour se faire une street credibility. Avec ses amis Otis et Euripides (Deezer D & Allen Payne), ils forment un groupe gangsta rap nommé CB4 (pour Cell Block 4 où le vrai Gusto est incarcéré).
Le groupe cartonne sur les ondes, se la pète dans des clips violents et séduisent des bitches... pendant ce temps, dans sa cellule Gusto jure de se venger.
C'est un projet d'importance dans la carrière de Chris Rock : d'une part c'est sa première tête d'affiche (il avait joué jusqu'alors de petits rôles dans Le flic de Beverly Hills II, I'm Gonna Git You Sucka, New Jack City, Hangin' with the Homeboys et Boomerang), mais c'est surtout sa première (co)production et son premier scénario, avec la complicité de Nelson George (qui avait signé le sympathique Strictly Business). Et l'essai est plutôt concluant ! En tant qu'acteur mais surtout comme artisan du projet qui s'avère une comédie bien sentie sur le gangsta rap et ses excès. Sans se prendre la tête, avec un empathie certaine pour le milieu hip hop qu'il caricature, Chris Rock démonte le rap business et son cortège de misogynie, de glorification de la violence et de la défonce...

Le casting est plutôt bien fait, sans toutefois aligner de grandes stars (même en devenir). Aux cotés de Chris Rock, on trouve Allen Payne et Deezer D un rappeur chrétien qui joue dans quelques films des 90s comme Cool as Ice, Fear of a Black Hat, The Great White Hype, Bones et Bringing Down the House. Charles Q. Murphy (le frère de) est de la partie, tout comme Khandi Alexander, Art Evans, Lance Crouther (premier rôle de Pootie Tang), Theresa Randle, Willard E. Pugh (Harpo dans The Color Purple), LaWanda Page, Richard Gant et Kenneth Menard (qui joue dans des films réalisés par Sidney Poitier : Buck and the Preacher et Stir Crazy).
Des vedettes font les louanges du groupe CB4 : l'actrice Halle Berry, le basketteur Shaquille O'Neal et les rappeurs Ice-T, Flavor Flav, Eazy-E ou Ice Cube.
Bob Minor dirige l'équipe des cascadeurs, parmi lesquels Melvin Jones qui débute dans Cleopatra Jones comme cascadeur et dans Sheba Baby comme acteur.