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mercredi 9 juillet 2014

Figures de la révolution africaine


FIGURES DE LA REVOLUTION AFRICAINE
De Kenyatta à Sankara
Saïd Bouamama (Zones, 2014)

Sociologue et enseignant à Lille, Saïd Bouamama est surtout, pour moi, un intellectuel militant qui allie la recherche universitaire et l'engagement politique. L'un et l'autre se nourrissant.
C'est aux révolutions africaines qu'il s'attaque dans son dernier ouvrage. Bouamama décrit les mouvements de libération nationale à travers leurs leaders et les débats stratégiques et tactiques qui les animent.
Dans un style très accessible (mais sans céder aux raccourcis simplistes), Saïd Bouamama rappelle brièvement les conditions de la colonisation européenne et la résistance qu'ont toujours rencontré les puissances coloniales, avec plus ou moins de réussite.
Outre les histoires individuelles et collectives que transmet l'auteur (j'avoue humblement que je ne connaissais pas Kwame Nkrumah ou Amílcar Cabral), c'est toute l'effervescence intellectuelle mondiale qui est frappante. D'abord avec ces allers-retours qui débutent par l'émergence de deux voies afro-américaines représentées par W.E.B. Dubois et Marcus Garvey, pronant respectivement le pan-négrisme et le panafricanisme, traversent l'Atlantique et influencent les futurs leaders africains qui en retour, une fois accumulées les expériences, viennent alimenter la pensée et l'action d'un Malcolm X.
Bouamama rend aussi un hommage particulier -et légitime- à Frantz Fanon. Il lui consacre évidemment un portait et développe sa pensée ; surtout, il valide ses théories au fur et à mesure de l'exposé des expériences révolutionnaires africaines, dont les succès comme les échecs se mesurent souvent à la prise en compte, ou non, des préconisations politiques de Fanon. Ceci  culmine avec la stratégie populaire des "zones libérées" du Guinéen Amílcar Cabral ou de la trop brève expérience sankariste au Burkina Faso.


Le livre est lisible en ligne, gratuitement, sur le site des éditions Zones. Quand les bourses le permettent, je ne saurais trop vous conseiller de l'acheter et le ranger dans votre bibliothèque.

mardi 8 juillet 2014

Un été studieux...

Depuis un an, c'est avec pas mal de difficultés que je tente de tenir à jour ce blog. Empêtré dans ma vie quotidienne bien -voire trop- remplie, il s'est avéré très dur de produire assez de chroniques pour alimenter les colonnes de Rated X. Pourtant les projets ne manquent pas et sont pour beaucoup bien entamés (comme un panorama de la représentation du soldat noir dans les films tout au long du XXème siècle ou une filmographie de Woodie Strode).
Pour l'été, et en attendant une rentrée que j'espère plus conséquente en publications, j'écrirai quelques posts sur quelques lectures que j'ai envie de partager...

mardi 17 septembre 2013

La scéance va débuter...

Eh oui ! La reprise se sera fait attendre... mais le temps de la vie hors internet n'est malheureusement pas extensible !

Toujours est-il que on réouvre Rated X - Blaxploitation & Black Cinema sur un patchwork de divers films et téléfilms avec des Afro-Américains.
Après une petite séance de remise à jour sur les comédies afro-américaines des 70s, 80s et 90s, on fera une pause aux rayons black action movies et dessins animés. Ensuite, on fera un rapide tour d'horizon depuis la 2nde Guerre Mondiale jusqu'à nos jours du "soldat noir" au cinéma à travers quelques films ou téléfilms comme le film de propagande The Negro Soldier, le téléfilm Carter's Army et l'excellent Miracle at St. Anna de Spike Lee.
Enfin, je publierai pêle-mêle quelques chroniques sur des soul movies, dont Superfly et ses suites...

samedi 23 juin 2012

...

Petite pause dans la publication des chroniques. Profitez-en pour vous replonger dans les comédies afro-américaines des années 2000, ou les rares mais très bonnes comédies françaises "noires".
Je reprends les publications à partir de mi-juillet, avec ce qui faisait la raison première de ce blog : la blaxploitation ! On commencera avec un dossier complet sur le détective privé mythique John Shaft (la trilogie des 70s, la série et le remake) puis différents soul movies. Pour la rentrée de septembre, je décortiquerai la filmo de deux stars de la blax : Jim Kelly et Jim Brown...
Stay Black !

vendredi 27 janvier 2012

Bravo Mme Pulvar !

Dans son billet du 26 janvier sur France Inter, Audrey Pulvar revient sur un article (retiré depuis) du magazine Elle sur le style supposé des femmes noires...



mardi 6 décembre 2011

Frantz Fanon, 50 ans après...

Frantz Fanon ! Ce nom retentit toujours pour les internationalistes comme un de ceux qui comptent, au rang de Che Guevarra, de Malcolm X ou de Patrice Lumumba. En France, s'il est évoqué par les médias, c'est pour être associé à Césaire (qui fut son professeur Lycée Victor Schoelcher) parce qu'anticolonialistes et noirs tout deux, ils n'auraient pas de divergences intellectuelles... Or Fanon n'est ni un théoricien et militant marxiste ordinaire, ni un adepte de la "négritude", il est un penseur singulier, trop peu connu et étudié. Il est mort voilà 50 ans et je ne pouvais passer à coté d'un billet spécifique (d'autant plus devant le peu d'intérêt que suscite cet anniversaire, dans la presse comme sur la toile).

Sa vie fut -trop- brève, mais ses écrits comme ses actes ont été une inspiration sur tous les continents pour les combattants de l'égalité.
Pour preuve, du Vénézuela aux Etats-Unis en passant par l'Algérie on commémore aujourd'hui, à travers la date anniversaire de sa mort, le penseur et le militant. Fanon est étudié dans nombre d'universités à travers le monde, sa pensée fait l'objet de colloques, elle alimente les débats sur l'identité, sur les conséquences psychologiques de l'aliénation et du racisme. Pourtant, comme le note le quotidien algérien El Watan, la pensée et les écrits de Fanon sont consciencieusement oubliées (la longueur des articles de wikipédia US ou français illustre les dégrès d'intérêt dans les deux pays). Pas vraiment étonnant dans une époque où l'étranger est un bouc émissaire pratique, des figures du musulman non-soluble dans la République au Rom qu'il faut expulser en passant par le Maoré incontrôlable qui revendique la baisse des prix des denrées de base...
Panther de Mario Van Peebles (1995) : sur le bureau du personnage principal
se trouve la version anglaise du livre Les damnés de la Terre.

Né en 1925 à Fort-de-France, Frantz Fanon quitte la Martinique pour rejoindre la Résistance en France, et plus précisément les forces gaullistes, à l'âge de 17 ans. Il se lance par la suite dans des études de médecines, à Lyon ; il publie son premier livre qui fait date encore aujourd'hui : Peau noire, masques blancs (1952). Dans ce court mais dense ouvrage, il y interroge et décortique les conséquences de la colonisation sur les rapports entre Noirs et Blancs, sur la façon dans les Antillais -et les Noirs en général- se construisent par rapport au Blanc, sans réclamer réparation mais en posant des questions pour construire l'avenir.
Il devient l'année suivante le Médecin-chef de l'hôpital psychiatrique de Blida, en Algérie, alors colonie française. La guerre de libération engagé par le FLN ne le laisse pas indifférent, il choisit son camp, celui du peuple algérien, celui de l'indépendance, celui de la liberté.
Son engagement est profond, intellectuel mais aussi physique : il démissionne de ses responsabilité, est expulsé et rejoint une section du FLN en Tunisie (où il est d'ailleurs enterré).
Il écrit dans El Moudjahid et deviendra même ambassadeur du Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA) au Ghana et essuiera plusieurs attentats fomentés dans divers pays où il se rend.

Fanon n'est pas un théoricien de la négritude, il refuse de participer à l'édifice du Noir comme entité "naturelle" ; il déconstruit l'oppression et les formes de dominations (économiques, idéologiques, linguistiques...) pour proposer un programme humaniste et internationaliste...
En 1961, avec Les damnés de la Terre, Fanon fait un exposé socio-psychologique des conséquences de la colonisation sur les colonisés, partant d'observations objectives alliées au paradigme marxiste et alimentées par la réalité des mouvements de libération, en particulier algérien. Se rajoute à son livre une préface très commentée de Jean-Paul Sartre. Or celle-ci est ambigüe. D'un coté elle aide à la diffusion et la notoriété du livre et des idées de Fanon, d'un autre l'aspect dithyrambique -et ultra-gauchiste- du texte de Sartre fait de l'ombre à la précision dialectique de l'auteur, à ce qui relève des constats de la production de la violence révolutionnaire par le système colonial (ce que fait Fanon) et la glorification mythifiée de la lutte armée (ce que fait Sartre).

L'année où sortent Les damnés de la Terre, il est fauché par une leucémie. L’hôpital de Blida porte aujourd'hui son nom, de même que des rues et des avenues en Martinique et en Algérie. Il est cité dans des chansons de LKJ, Rage Against the Machine, KRS-One, ou en France par La Rumeur, M.A.P. ou Casey. Sa pensée est encore vivante...


Ses écrits :
- L'expérience vécue du Noir, dans la revue Esprit, 1951.
- Peau noire, masques blancs, 1952.
- L'An V de la révolution algérienne 1959.
- Les Damnés de la Terre, La Découverte, 1961.
- Pour la révolution africaine, 1964.

samedi 4 septembre 2010

On s'habitue a tout ?

Allez pour bien commencer le week-end et entamer la rentrée du bon pied : un clip et après hop, on part en manif...
Le clip, c'est Mokless (de la Scred Connexion) qui l'a livré dans l'été, avec en vue la sortie d'un album solo "Le Poids des Mots" prévu pour le 20 Septembre.
La manif, c'est contre les délires sécuritaires et racistes de Sarkozy et son gouvernement et c'est partout en France (la liste est ci-dessous). Soyons nombreux ! Pour pas s'habituer à tout !


Mokless ( Scred Connexion ) On s'habitue a tout

- Agen : samedi 4 septembre, boulevard de la République/ place Jasmin, à 10h00.
...
- Aix-en-Provence : samedi 4 septembre, rassemblement place de la Rotonde, à 11h00 (à confirmer).

- Alès : samedi 4 septembre, devant le théâtre, à 17h00.

- Angers : samedi 4 septembre, rassemblement place du Général Leclerc devant le palais de Justice, à 10h30.

- Avignon : samedi 4 septembre, boulevard Limbert devant la préfecture, à 10h30.

- Beauvais : samedi 4 septembre, place Jeanne d’Arc, à 14h00.

- Bordeaux : samedi 4 septembre, rassemblement place de la République / ou / sur le parvis des droits de l’Homme, devant le palais de justice, à 10h30 (à vérifier).

- Bourg-en-Bresse : samedi 4 septembre, au carrefour des rues Charles Robin, Foch, et du Bd de Brou, 14h00.

- Bourges : samedi 4 septembre, manifestation devant le monument de la Résistance, place du 8 mai, à 11h00.

- Bressuire : samedi 4 septembre 2010, place Notre-Dame, 11h00 rassemblement citoyen, prises de paroles des organisations participantes, 11h30 défilé jusqu’à la sous-préfecture avec dépôt d’un communiqué commun.

- Brest : samedi 4 septembre, place de la Liberté, à 10h30.

- Cannes : samedi 4 septembre, rassemblement devant le monument aux morts et la mairie, à 14h30.

- Châteauroux : samedi 4 septembre, place de la République devant l’arbre des droits de l’Homme, à 17h00.

- Colmar : samedi 4 septembre, avenue de la République, devant l’entrée administrative de la Préfecture du Haut-Rhin, à 14h30.

- Dijon : samedi 4 septembre place Darcy, à 14h00.

- Grenoble : samedi 4 septembre, manifestation avec deux points de départ la gare de Grenoble (à 14h30) et la place du marché de la Villeneuve (à 14h00), point de jonction des deux cortèges est à la place André Malraux.

- Hénin-Beaumont : samedi 4 septembre 2010, rassemblement devant l’Hôtel de Ville d’Hénin-Beaumont à 16h30. Manifestation dans les rues du centre de la ville. Retour devant l’Hôtel de Ville pour rassemblement militant et festif qui fera alterner des prises de parole et des chansons républicaines.

- Le Havre : vendredi 3 septembre, manifestation devant la sous préfecture du Havre + départ en car pour aller manifester à Paris le 4 septembre.

- Lille : vendredi 3 septembre, rassemblement sur le Parvis des droits de l’Homme, à 18h00.

- Limoges : samedi 4 septembre, place de la République, à 14h00.- Lyon : samedi 4 septembre, place des Terreaux, à 14h00.

- Lyon : samedi 4 septembre, place Gabriel Péri, à 14h00.

- Mantes-la-Jolie : samedi 4 septembre, devant le palais de Justice, à 11h00.

- Marseille : samedi 4 septembre, rassemblement unitaire sur le Vieux Port, à 14h30.

- Montpellier : samedi 4 septembre, place de la Comédie, à 10h00.

- Metz : samedi 4 septembre, rassemblement place de la République, côté rue Winston Churchill, à 14h30.

- Mont-de-Marsan : samedi 4 septembre, place Saint Roch, à 11h00.

- Mulhouse : samedi 4 septembre, place de la Réunion, à 14h00.

- Nancy : samedi 4 septembre, manifestation place Stanislas, devant la préfecture, à 14h00.

- Nantes : samedi 4 septembre, place du Commerce, à 15h00.

- Nice : samedi 4 septembre, Place Garibaldi, à 14h00.

- Nîmes : samedi 4 septembre, rassemblement devant la médiathèque/Maison carrée, à 14h00.

- Orléans : samedi 4 septembre, place d’Arc, 15h00.

- Paris : samedi 4 septembre, place de la République, à 14h00.

- Pau : samedi 4 septembre, place de l’Hôtel de ville, à 11h00

- Périgueux : samedi 4 septembre, devant l’arbre de la Liberté (poste centrale), à 11h00.

- Poitiers : samedi 4 septembre, devant le palais de Justice, à 14h00.

- Reims : samedi 4 septembre, rassemblement devant la fontaine de la Solidarité, place d’Erlon, à 14h00.

- Rennes : samedi 4 septembre, place de la Mairie, à 14h00.

- Roanne : samedi 4 septembre, devant la sous-préfecture, à 10h00.

- Rodez : samedi 4 septembre, devant la préfecture, à 10h00.

- Rouen : samedi 4 septembre, à l’église Saint-Sever, à 14h00 (ou 14h30) (à vérifier).

- Saint-Denis de La Réunion : samedi 4 septembre, sur la place des droits de l’Homme Champ Fleuri, à 14h00.

- Saint-Brieuc : samedi 4 septembre, départ de la manifestation en haut de la rue Saint-Guillaume, près du manège, à 11h00.

- Saintes : samedi 4 septembre, rassemblement place Bassompierre, à 11h00.

- Strasbourg : samedi 4 septembre, place Kleber, à 16h00.

- Toulon : samedi 4 septembre 2010, manifestation place de la Liberté, à 10h00.

- Toulouse : samedi 4 septembre, manifestation esplanade des droits de l’Homme, place du Salin, à 10h30.

- Tourcoing : samedi 4 septembre 2010, rassemblement devant le Parvis de l’Hôtel de Ville de Tourcoing, à 11h00, avec prise de parole des organisations. Le défilé se poursuivra jusqu’au Parvis de l’église Saint-Christophe.

- Tours : samedi 4 septembre, place Jean Jaurès, à 15h00.

jeudi 17 juin 2010

Brav - Prolétariat

Ça faisait quelques temps que je n'avais pas mis de clips de rap, mais difficile de passer à coté de cette chanson de Brav (le complice de Tiers-Monde dans le groupe Bouchées Doubles).
Voilà tout est dans le titre. Bonne écoute et bon visionnage...
...en attendant l'album.

mardi 15 juin 2010

La "Soul Cat Collection" s'agrandit

C'est tout chaud ! Le Chat Qui Fume vient mettre en vente sa deuxième série de DVD blaxploitation.

Après l'édition de The Final Comedown et The Black Godfather, la "Soul Cat Collection" s'allonge de trois titres avec The Klansman, Darktown Strutters et Black Samouraï. Les DVD sont des Zone2 (lisibles sur nos lecteurs DVD européens) et truffés de bonus concoctés par Foxy Bronx, de trailers et autres extraits inédits. Le prix est modique (9,95€ par DVD, ou 39,95€ pour les cinq).
Alors, vite achetez !


D’Al Adamson (1977) avec Jim Kelly, Marylin Joy, Bill Roy, Roberto Contreras, Biff Yeager…

Bonus : court métrage Fred Williamson à New York / interview de Ron Van Clief / extrait de Velvet Smooth /extrait de Death Promise /10 bandes-annonces rares (Black Samson - Black Samouraï - Blind Rage - Ebony, Ivory And Jade - Savage Sisters - Sudden Death - Tatoo Connection - The Black Dragon's Revenge - The Guy From Harlem - Three The Hard Way - TNT Jackson) / bande-annonce du film / bonus caché.


De William Witney (1975) avec Trina Parks, Edna Richardson, Bettye Sweet, Shirley Washington, Roger E. Mosley, Christopher Joy...


Bonus : documentaire sur la Blaxploitation par Foxy Bronx (2ème partie) / 10 bandes-annonces rares (Abby - Black Angels - Black Bunch - Black Girl - Black Joy - Honey Baby Honey Baby - Hot Pants Holyday - Kenner - Super Dude - Thomasine And Bushrod) / extrait de Death Drug / galerie photos / bonus caché.



De Terence Young (1974) avec Richard Burton, Lee Marvin, O.J. Simpson, Lola Falana, Linda Evans, Jeanne Bell…

Bonus : 10 bandes-annonces rares (Black Alley Cats - Black Heat - Black Shampoo - Book Of Numbers - Coonskin - The Education Of Sonny Carson - Honky - The Klansman - Nigger Lover - Trick Baby - Zebra Killer) / 2 clips de l’actrice Lola Falana / extrait de Brotherhood Of Death / medley audio « Kill The Klan » / galerie photos / bonus caché.

jeudi 14 janvier 2010

Daniel...

L'hommage de François Sabado :

Daniel est parti ce mardi 12 Janvier. C’était un militant, un intellectuel , un camarade, un ami.
Né en 1946, il aura mis sa vie au service de la défense des idées marxistes révolutionnaires.
Il avait été un des fondateurs des JCR et de la Ligue communiste révolutionnaire.
Animateur du mouvement de Mai 68, il était de ceux qui avaient un sens très sûr de l’initiative politique. Il avait été un des animateurs du mouvement du 22 mars. Saisissant la dynamique des mouvements sociaux, en particulier le lien entre le mouvement étudiant et la grève générale ouvrière, il était aussi un de ceux qui avaient compris la nécessité de construire une organisation politique, d’accumuler des forces pour la construction d’un parti révolutionnaire.
L’intelligence de Daniel, c’était d’allier théorie et pratique, intuition et politique, idées et organisation. Il pouvait, dans le même temps, diriger un service d’ordre et écrire une œuvre théorique.
Ce fut un des inspirateurs d’un combat qui conjuguait principes, délimitations politiques et ouverture, rejet du sectarisme. Ses convictions politiques chevillées au corps, Daniel était toujours le premier à rechercher la discussion, à essayer de convaincre, à échanger les positions, et à renouveler sa propre pensée.
Participant de la fin des années 60 au début des années 90 à la direction quotidienne de la LCR, il avait joué un rôle décisif dans la construction d’un projet, d’une orientation qui lie activité quotidienne et tension révolutionnaire. Une bonne partie de son travail théorique et politique sera centrée sur les questions stratégiques, sur les leçons historiques des principales expériences révolutionnaires.
Daniel était profondément internationaliste. Il aura un rôle clé dans la construction de la LCR espagnole, à l’époque du franquisme. Lors de ces années, Daniel jouera un rôle majeur au sein de la IVe Internationale, suivant particulièrement la situation en Amérique latine et au Brésil. Il contribua beaucoup à actualiser notre vision du monde, à nous préparer aux bouleversements historiques de la fin des années 80.
Des années 90 à nos jours, tout en poursuivant son combat politique, il se concentra sur la réflexion et l’élaboration théorique : l’histoire des idées politiques; «le capital» de Karl Marx; le bilan du siècle et de ses révolutions, dont, en premier lieu , la révolution russe ; l’écologie ; le féminisme ;les identités et la question juive ; l’élaboration d’une nouvelle politique pour la gauche révolutionnaire face à la globalisation capitaliste. Il suivait, régulièrement, les forums sociaux mondiaux du mouvement altermondialiste.
Daniel aura assuré la continuité historique d’un marxisme révolutionnaire ouvert, non dogmatique et l’adaptation aux changements de la nouvelle époque, avec toujours pour horizon, la transformation révolutionnaire de la société.
Frappé par la maladie, il la surmontera durant des années, en pensant, en écrivant, en travaillant ses idées, sans refuser ni voyage, ni meeting, ni simple réunion. Daniel s’était donné comme tâche de vérifier la solidité de nos fondations et de les transmettre à la jeune génération. Il le fit de tout son cœur, de toutes ses forces. Ses interventions, à l’Institut international d’Amsterdam, dans les universités d’été de la LCR puis du NPA ont marqué des centaines de camarades. Passeur de l’expérience de la LCR pour le NPA, Daniel avait décidé d’accompagner le lancement de notre nouvelle organisation, en relançant la revue Contre temps et en constituant la société «Louise Michel», cadre de débat et de réflexion de la pensée radicale.
Daniel, c’est tout cela. Et, en plus, il était sympathique, chaleureux, convivial. Il aimait la vie.

Alors que nombre d’ex –de 68 ont tourné casaque, ont abandonné les idéaux de leur jeunesse, Daniel n’aura rien lâché, rien abandonné. Il est là, présent !

François Sabado
"
http://www.npa2009.org/content/daniel

lundi 4 janvier 2010

I wish you a fuckin'groovy new year !

Bonne année à tous mes lectrices et lecteurs.

...et pour la commencer en beauté, s'ouvre ce soir un grand dossier sur Black Panther, le héros des comics Marvel), puis quelques billets sur le parti du même nom et probablement sur le film éponyme de Mario Van Peebles...

Allez, c'est parti pour 2010 !

lundi 21 décembre 2009

DiabolikZine n°4 - Spécial Blaxploitation

Un peu de pub pour le fanzine DiabolikZine 4 entièrement consacré à la Blaxploitation (plus de 130 pages), voilà le sommaire pour vous allécher :
- Introduction (8 pages)
- Polars Urbains et Nouveaux Héros (Polars urbains, Shaft et les nouveaux héros, Superfly, les macs et le besoin de se révolter : 30 pages)
- Les 3 démolisseurs (Fred Williamson, Jim Brown, Jim Kelly : 30 pages)
- Les Panthères de Harlem et d’ailleurs (Pam Grier, Cléopatra Jones et les Dynamites girls : 20 pages)
- Black Fantastik Movies (6 pages)
- Diversité et Variété (Diversité & variété, Rudy Ray Moore, les comédies de Sidney Poitier, Michael Schultz et Richard Pryor : 36 pages).

Alors pour plus d'infos :le site de DiabolikZine...

dimanche 13 décembre 2009

Comme quelque chose de pourri qui flotte dans l'air...

Entre deux chroniques de films, il m'arrive de m'intéresser à l'actualité ; et même d'essayer à mon humble niveau d'influer sur le cours de choses, de lutter contre le capitalisme qui broie les femmes et les hommes, le capitalisme qui traite les travailleurs comme des marchandises jetables tandis que quelques profiteurs s'enrichissent sur notre travail et notre misère...

Et tandis que la crise qu'ils ont provoquée par la recherche effrénée de leurs profits offre chaque jour son cortège de chômeurs et de suicidés au travail, le gouvernement français joue la plus vieille carte qui puisse exister pour diviser nous diviser : le racisme !
Les vannes sont ouvertes : les minarets, la burqa, le "tribalisme" et le "communautarisme" fantasmés par Sarkozy, des ministres affirmant que si les Allemands avait fait un débat sur leur identité dans les années 30, il n'y aurait pas eu le nazisme, les propos de comptoir valorisés par Besson, et tous ces vieux racis qui peuvent déverser leur racisme pathologique sous les ors de la République...
On se dit quand même que le fond de l'air est nauséabond, qu'il y a comme quelque chose de pourris au "pays des droits de l'Homme", comme un air de déjà vu qu'on veut plus voir.

Alors en ces temps moroses, la moindre éclaircie est bonne à prendre, surtout quand elle appelle à la résistance et au combat, et je dois avouer que la sortie de Cantona sur l' "identité nationale", c'est toujours ça de pris...

lundi 18 mai 2009

...enterrer Fanon et Césaire une deuxième fois...

Depuis une semaine, je parle des dessins animés -censurés depuis- représentant des images dévalorisantes des Noirs. On peut se dire que « c’est dépassé », « c’était avant » que « c’est aux States »… Pourtant… Pourtant…

Ce matin, France Info nous parle du blanchiment de la peau. Pas de l’impétigo supposé de Michael Jackson, non, d’une pratique bien réelle qui vise lorsqu’on a la peau noire à se blanchir par divers moyens. Et quels moyens !!! Des crèmes de beauté aux rajouts d’eau de javel, de décapants de toutes sortes, des substances cancérigènes...

La volonté pour certaines personnes de devenir "plus blanc" est donc plus importante que les dangers sur la santé que provoquent à coup sûr ces produits miracles !
C’est qu’on n’est peut-être pas si loin du temps de ces cartoons où des Noirs folkloriques jouent du banjo, ou mangent des pastèques en rigolant, exhibant des dents aussi blanches que leurs lèvres proéminentes sont rouges ! Des films où les seules Noires à avoir une sexualité sont les métisses, les autres gardant les chérubins de l'aristocratie américaine ! Des films où les hommes les plus Noirs sont aussi ceux aux appétits sexuels insatiables et plus ou moins violeurs de femmes blanches ! Des films où les Noirs, quand ils ne sont pas des gangters ou des sauvages, sont des sous-fiffres de Mel Gibson ou de Tom Hanks ! Et l’on voudrait que toutes ces représentations qui abreuvent nos écrans, nos livres, nos panneaux d’affichages publicitaires ne soient pas aussi inscrits dans nos pratiques les plus inconscientes ?!? Et l’on s’étonne que des femmes et des hommes pour paraître plus beaux -et plus blancs-, pour paraître plus employables -et plus blancs-, pour être moins "discriminés" -et plus blancs- mettent en danger leur santé pour blanchir leur peau.
Quand on se rend compte de cela, quand on veut bien ouvrir les yeux sur la réalité si insidieusement raciste de notre pays pourtant officiellement ouvert et multiculturel, on a envie de crier ! De crier !
Crier "Frantz Fanon" !
Crier "Malcolm X" !
Crier "Angela Davis" !
Crier "Aimé Césaire" !
Crier "Réveillez-vous, ils sont devenus fous" !

Je ne résiste pas à finir par une citation de Frantz Fanon, citation qui a plus de 50 ans et malheureusement toujours d'actualité :
« Les histoires de Tarzan d'explorateurs de douze ans, de Mickey, et tous les journaux illustrés, tendent à un véritable défoulement d'agressivité collective. Ce sont des journaux écrits par des Blancs destinés à de petits Blancs. Or le drame se situe ici. Aux Antilles, [...] dans les autres colonies, ce sont les mêmes illustrés qui sont dévorés par les jeunes indigènes. Et le Loup, le Diable, le Mauvais Génie, le Mal, le Sauvage sont toujours représentés par un nègre ou un indien, et comme il y a toujours identification avec le vainqueur, le petit nègre se fait explorateur, aventurier, missionnaire « qui risque d’être mangé par les méchants nègres » aussi facilement que le petit Blanc. On nous dira que cela n’est pas très important ; mais c’est qu’on n’aura point réfléchi sur le rôle de ces illustrés. »
Frantz Fanon, Peau noire, Masques blancs, 1952, p. 119

mardi 14 avril 2009

La Contre-Enquête de Chien Créole

L'excellent blog Chien Créole publie cette enquête et ces questionnements autour de la mort de notre camarade Jacques Bino, membre de la CGTG et assassiné curieusement lors de la grève générale en Guadeloupe...
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CONTRE-ENQUÊTE :
L’AFFAIRE LAUTRIC, UNE AFFAIRE GÊNANTE POUR LE POUVOIR ?

Jimmy Lautric a 32 ans. Depuis plus d'un mois-et-demi, il est cloué sur un lit d’hôpital après avoir été très sérieusement blessé par balle à la jambe, le soir où jacques Bino a été assassiné.

1° Quelques minutes de plus et il serait mort
Pointe-à-Pitre, le 17 février au soir, Jimmy et Jacques Bino sont tous deux dans la foule qui assiste au meeting que le LKP tient devant le Palais de la Mutualité.

Jacques Bino (photo extraite du blog de la CGTG)

Ils ne se connaissent pas. Alors qu’il rentre chez lui un peu plus tard par le boulevard Légitimus, Jimmy observe un attroupement sur le trottoir d’en face, devant la bijouterie « Tout l’or du monde ». Curieux, il traverse le boulevard et s’approche. Alors qu’il n’est qu’à une petite vingtaine de mètres de la bijouterie, il entend une détonation dans son dos. Une balle de gros calibre vient de lui traverser la cuisse. « J’ai paniqué, j’ai retraversé le boulevard Légitimus en courant et je me suis réfugié dans la cité Henri IV, où je connais beaucoup de monde. » Il ne sait pas encore que Jacques Bino a été abattu dans cette même cité quelques instants plus tôt. L’artère fémorale sectionnée, il perd beaucoup de sang et s’écroule quelques dizaines de mètres après avoir été touché. Ce sont des amis qui le reconnaissent et le ramassent. L’un d’eux approche aussitôt son scooter, ils le hissent sur la selle et le conduisent aux urgences où il est immédiatement pris en charge. Quelques minutes de plus et il serait mort. A son arrivée au CHU, Jimmy avait perdu quatre litres de sang et n’avait plus que quatre de tension. Un vrai miracle qu’il soit toujours en vie. Si ses amis avaient traîné ou s’ils avaient préféré appeler une ambulance, il reposerait, à cette heure-ci, six pieds sous terre, car rappelons qu’à Henri IV, les pompiers ne sont arrivés auprès de Bino que trois heures après qu‘ils ont été appelés au secours.

2° Le casse de la bijouterie
Malgré l’omerta qui pèse sur ce qui s’est passé ce soir-là, Chien Créole a retrouvé des témoins qui assistaient en simples spectateurs au casse de la bijouterie et qui ont accepté de témoigner sans me donner leur nom. Selon eux, profitant du fait que le boulevard était bloqué, des jeunes s’en sont pris au rideau de fer de la bijouterie. Ce n’était visiblement pas des professionnels et il leur a fallu près d’une heure et demi pour parvenir à leurs fins !

Bijouterie "Tout l'or du monde" au lendemain du pillage (photo FG)

Ils essayaient de forcer le rideau avec un objet puis repartaient en chercher un autre; le tout sous le regard amusé d’une bonne centaine de badauds. « Ça se passait dans une ambiance bon enfant », me confiera un témoin.
Pendant ce temps-là, la police aurait essayé à plusieurs reprises d’accéder sur les lieux sans succès. Seule une ambulance du SAMU est parvenue à passer les barrages. Les pilleurs lui ont même fait de la place pour qu’elle tourne vers la cité Henri IV. Depuis un bon moment des échanges de coup de feu y avaient lieu entre des jeunes et des policiers de la BAC. Estimant que leur sécurité n’était pas assurée à l’intérieur, les urgentistes ont rebroussé chemin. La tentative d’incursion de ce véhicule du SAMU dans la cité donne à penser que Jacques Bino avait déjà été abattu depuis au moins une dizaine de minutes à ce moment-là.

3° Un commando que personne n’attendait
Quand enfin les casseurs improvisés ont réussi à éventrer le rideau de fer, certains se sont faufilés à l’intérieur. C’est alors qu’ils ressortaient les mains pleines qu’un premier coup de feu a retentit, certainement celui qui a atteint Jimmy à la cuisse, alors qu’il s’approchait. Tout le monde s’est retourné stupéfait et a découvert quatre hommes à moto, tous vêtus de noir de la tête au pied, armés de fusils à pompe. Un deuxième coup de feu a été tiré qui n’a pas fait de victime. Montrant beaucoup de sang-froid et de détermination, le commando a dépossédé les casseurs de leur butin, alors que les badauds se dispersaient, affolés, dans la nuit. Apparemment, ils n’auraient pas essayé de pénétrer dans la bijouterie; seuls semblaient les intéresser les objets déjà volés. Leur méfait commis, ils sont repartis à vive allure.

4° Une plainte déchirée
Jimmy reste sur la table d’opération pendant 6 longues heures, au cours desquelles les chirurgiens n’ont d’autres choix que de littéralement creuser en profondeur la chair à côté du tibia parce que certains muscles et nerfs sont morts qu’il faut retirer, sinon la jambe pourrait gangréner. Dès qu’il reprend connaissance, alors qu’il est encore à moitié dans les vapes, des policiers de la SRPJ demandent à l’entendre. Ils l’interrogent sur les circonstances de ce qui lui est arrivé et les liens éventuels qu’il pourrait avoir avec le pillage de la bijouterie. Suite à son insistance, les policiers enregistrent sa plainte à l’hôpital. Lorsque sa mère apprend que Jimmy a signé quelque chose alors qu’il subissait encore les effets de l’anesthésie, elle demande et obtient un récépissé de la plainte. Se produit alors quelque chose de peu commun. Le SRPJ reprend très vite contact avec elle et deux policiers la rejoignent au CHU où elle veille son fils. La plainte qu’il a déposée ne serait plus recevable, ils lui demandent de la déchirer. Finalement, c’est eux qui vont le faire. Le procureur, Jean-Michel Prêtre, interrogé par RFO sur ces méthodes pour le moins étonnantes, répondra confusément, que « s’ils sont avérés, les faits sont graves » sur la forme mais que sur le fond, il ne s’agit que d’un problème technique : le SRPJ n’était habilité à enquêter que sur l’affaire Bino.

5° Une extraordinaire coïncidence !!!
Maître Sarah Aristide, la jeune avocate qui représente Jimmy, ne partage pas l’analyse du procureur. Interrogée par Chien Créole, elle explique :
« Maître Ezelin, maître Chevry et moi-même considérons qu’il y a eu tentative de meurtre sur la personne de M. Lautric. Dès lors que la brigade criminelle se déplace, elle peut prendre en charge plusieurs affaires.
C’est le procureur qui détermine sa mission. A charge pour lui de leur dire d’enquêter aussi sur ce dossier. En tous cas, cette façon de faire n’est pas du tout ordinaire. » D’autant que les similitudes entre les deux affaires sont pour le moins troublantes. A ma connaissance, pendant les quarante quatre jours de grève générale, dont plusieurs ont été le théâtre de violences urbaines, les deux seuls cas de personnes touchées par des balles létales de gros calibre sont Jimmy et Jacques Bino. Par une extraordinaire coïncidence, ces deux personnes ont été touchées dans un périmètre de quelques dizaines de mètres à peine et à quelques dizaines de minutes d’intervalle semble-t-il. On ignore si la balle qui a traversé la cuisse de Jimmy était une brenneke, le calibre qui a tué Bino, et pour cause, la balle est ressortie. En revanche, lors d’une conférence de presse donnée le 27 février, à laquelle j’ai pu assister, le procureur de la République, lui-même, a déclaré que des douilles de brenneke, avaient été ramassées sur le boulevard Légitimus, le lendemain des faits. Or c’est précisément sur cette voie que Jimmy a été blessé. Il est donc pour le moins surprenant que le procureur ait choisi de séparer les deux affaires. Pire, le cas de Jimmy, à ma connaissance, n’a fait l’objet d’aucune enquête sérieuse, du moins pas avant qu’il ne soit médiatisé !

6° Des affaires qui disparaissent mystérieusement
En effet, après que la plainte déposée auprès de la SRPJ a été déchirée, il a fallu que la mère de Jimmy porte à nouveau plainte, cette fois auprès du commissariat de la police nationale, à Gambetta. A la suite de cette plainte, huit longs jours se sont écoulés sans que rien ne se passe. Ce n’est que lorsque RFO et France Antilles ont commencé à interroger le procureur, avant de révéler l’affaire que deux policiers, au neuvième jour, sont venus entendre Jimmy. Aucune expertise entre temps n’avait été ordonnée pour tenter de savoir s’il avait bien été victime d’une brenneke. Jimmy a juste su qu’il s’agissait d’une balle de gros calibre, comme la gravité de la blessure le laissait supposer. Or cette blessure a évolué, avec l’opération déjà ; à travers la cicatrisation qui a commencée, ensuite. Le type de poudre laissé sur le short de Jimmy et le diamètre de la perforation dans le tissu auraient peut-être pu donner de précieuses informations mais ce short a mystérieusement disparu. Le personnel du CHU a expliqué dans un premier temps à la mère de Jimmy qui demandait où étaient passées ses affaires, qu’ils les avaient gardées dans un endroit sûr, comme le prévoit la procédure pour les patients blessés par balle. Les affaires sont alors conservées afin d’être remises à la police. Or depuis, le short de Jimmy ainsi que son téléphone portable ou ses clés de maisons sont introuvables et aussi bien la police judiciaire, que la police nationale se défendent de les détenir; ils se renvoient la balle, si je puis dire. La femme qui était responsable des affaires au CHU, interrogée par la mère Jimmy, a affirmé à cette dernière avoir tout remis à des agents de la police nationale du commissariat de Gambetta.

7° S’en sortir
« Plus jeune j’ai fait des conneries, j’ai même fait de la prison. Ça m’a servi de leçon. Avant qu’on ne me tire dessus, j’avais un travail, j’y allais tous les matins. Je viens même de faire une formation pour être cariste: j‘avais trouvé quelque chose qui me plaisait. Tout ça ne s’est pas fait tout seul; j’ai fait des efforts. Aujourd’hui, on me tire dessus dans la rue, de dos, je ne sais même pas qui. Je ne récupérerai probablement jamais ma capacité à plier mon pied dans l’axe de ma jambe, les muscles releveurs ont été coupés. Je vais certainement devoir porter une atèle toute ma vie… Comme cariste, pour manipuler les engins, j’avais besoin de pouvoir plier mon pied ! Je ne sais pas ce que je vais faire maintenant.

En plus du trou laissé par la balle qui a littéralement traversé sa cuisse, voilà comment Jimmy est ressorti de la salle d'opération (photo Jimmy Lautric)

Ça fait un mois et demi que je croupis ici, je suis sous morphine mais certaines nuits, ma jambe me fait tellement mal que je n’arrive pas à dormir. Après ça, je vais devoir suivre une très longue rééducation». Son regard se perd dans ses pensées, Jimmy se referme.

8° Six questions qui dérangent
En conclusion, on peut dire que de nombreuses zones d’ombre demeurent dans l’affaire Bino comme dans l’affaire Lautric et la façon dont les enquêtes sont conduites soulèvent de nombreuses interrogations qu’on pourrait résumer ainsi :
1) Qui étaient les membres du commando qui a ouvert le feu sur Jimmy et frustré les pilleurs de la bijouterie "Tout l’or du monde" de leur butin ?
2) Les auteurs des coups de feu mortels contre Jacques Bino sont-ils effectivement les mêmes qui sont intervenus sur la bijouterie ?
3) Question en corollaire : pourquoi le procureur a-t’il choisi d’emblée de dissocier l’enquête sur Bino et celle sur Lautric, alors que les similitudes sont plus que troublantes : deux personnes blessées, dans un cas mortellement, par des balles de gros calibre, probablement des brennekes, dans un même périmètre et quasiment dans le même temps ?
4) Pourquoi le SRPJ a-t’il détruit avec tant d’empressement la plainte portée par Jimmy, refusant d’y donner suite et pourquoi la police nationale mettra-t’elle tant de temps pour l’auditionner ?
5) Où sont passées les affaires de Jimmy et surtout le short qui a été traversé par la balle et aurait pu apporter des éclaircissements dans cette affaire ?
6) Pourquoi depuis le courageux reportage de Lise Dolmart, journaliste à RFO, mettant en lumière ce qui est arrivé à Jimmy et dénonçant le fait que la plainte a été déchirée, la presse est-elle muette sur cette affaire ? Pourquoi se montre-t’elle si complaisante à l’égard des thèses du procureur et pourquoi aucun journaliste n’a-t’il osé relater l’intervention du commando ayant tiré sur la foule ce soir là (tout de même une centaine de personnes!)? Pressions, peur de représailles ou manque d’intérêt ?

Frédéric Gircour (trikess2002@yahoo.fr)

mardi 24 mars 2009

Joan : «J’ai reçu un tir de flash ball dans l’œil»

Parce que la police se permet tout...
Parce que Joan est un de mes camarades...
Parce que le BAC qui a fait ça ne sera jamais inquiété...
Parce que l'énervement enlève les mots...


La Dépêche raconte :
« J’ai un œil en moins. J’y vois tout noir. La rétine est décollée, avec un hématome interne, le plancher orbital fracturé. Le pronostic des médecins est réservé… » Joan, 25 ans, est hospitalisé depuis jeudi soir au service d’ophtalmologie du CHU Purpan. Il va subir dans les prochains jours deux interventions délicates, pour tenter de lui sauver son œil. C’est la triste conséquence pour cet étudiant en L3 au Mirail qui s’est trouvé au mauvais endroit au mauvais moment, jeudi soir, en marge de la manif interprofessionnelle de Toulouse. Joan a été atteint au visage, vraisemblablement par un tir de flash ball, lors des incidents qui ont éclaté devant le magasin Monoprix au centre ville en début de soirée entre les forces de l’ordre et les manifestants du mouvement étudiant. Les policiers de la Bac et de la compagnie d’intervention ont fait usage de ces armes, tirant des balles en caoutchouc, pour repousser les manifestants qui venaient d’effectuer un « blocage économique » aux entrées du magasin.
Quelques uns d’entre eux étaient entrés à l’intérieur, pour une action « d’auto distribution » symbolique aux plus démunis, méthode apparentée aux Robins des bois.
« J’étais à la manif et je suis resté dans la cortège étudiant. On s’est retrouvé devant Monoprix. Je suis resté aux abords. je n’étais pas dans la chaîne humaine qui bloquait le magasin. Et puis, ça a basculé. Les flics ont chargé. J’ai entendu des bruits de détonation. Un attroupement s’est formé, je me suis replié à l’intérieur pour ne pas rester isolé. On s’est mis à reculer doucement.
A MOINS DE DIX METRES
On était contre la ligne des CRS. Ils m’ont tiré dessus alors que j’étais à moins de 10 mètres d’eux. J’étais effectivement au premier rang, confiant, entrain de dire on recule, on s’en va. Je n’ai absolument pas jeté de canettes ni de projectiles. Je suis sûr que c’est une balle de flash ball qui m’a touché, vu la force et l’impact… On m’a clairement visé ».
Mael, 19 ans, étudiant et pompier volontaire a prodigué les premiers soins à Joan, transporté par ses camardes à l’intérieur du Virgin Mégastore. « On a attendu près de trois quarts d’heure avant que les secours, bloqués derrière la ligne de police, puissent accéder jusqu’à nous ».
« Il est certain que je ne récupérerai pas la totalité de ma vision, un petit peu dans le meilleur des cas », confie Joan, « je trouve que c’est complètement disproportionné et injuste. Sincèrement, je ne comprends pas pourquoi ils ont tiré… »

jeudi 12 mars 2009

"Génération Mobutu" ? Non merci sale con, moi c'est plutôt Patrice Lumumba

Poison, ça c'est une nom de scène qu'il fait vibrer les banlieues du 9-2 les Hauts-de-Seine !!

Ah bon, personne ne connaît Poison ?!?
Mais si, c'est le rappeur qui se fait faire ses prods par le fils Sarko (rappellez-vous).

On connaissait pas vraiment son faciès à Poison si ce n'est à travers cette jolie photo au coté du fiston-à-son-papa :


Bon après, ça peut arriver à tout le monde de faire des erreurs. Mais qui eût cru que ce jeune garçon puisse être un si parfait imbécile. Le voilà qui sort un album titré "Génération Mobutu" et que cet espèce d'Oncle Tom bling-bling se revendique dans le clip du même nom comme le fils caché du dictateur sanguinaire :
Rappellons que le groupe La Rumeur a subi un harcèlement judiciaire pour avoir dénoncer les bavures policières, que le groupe gentillet Sniper a été accusé d'antisémitisme parce qu'ils avaient un avis sur la colonisation israëlienne, que en son temps NTM s'était vertement tancé pour avoir "pisser sur la police". Mais curieusement un rappeur se réclamant d'un meurtrier de masse, usurpateur de surcroit, y a pas la moindre petite plainte, pas le plus petit entrefilet dans la presse...

Un petit rappel s'impose.
30 juin 1960, le Congo conquiert son indépendance. Alors que la Belgique, la puissance coloniale, et le roi présent lors de la cérémonie attendait des remerciements, Patrice Lumumba -premier ministre depuis une semaine, mais combattant anticoloniste qui a déjà passé des mois dans les geôles belges- s'adresse "aux Congolais et Congolaises, aux combattants de l'indépendance" et dénonce les ravages du colonialisme et l'exploitation des femmes et des hommes du Congo ainsi que des richesses. Rapidement, la Belgique qui croiyait pouvoir continuer à piller le Congo "plus démocratiquement" se rend compte que ces intérêts vont être sérieusement mis en échec. Il fomente et soutienne la sécession de la province la plus riche, le Katango et tente, avec la CIA, d'assassiner à plus reprises le premier ministre congolais.
Mais c'est son ministre des armées, Joseph Désiré Mobutu avec l'aide de la Belgique et des Etats-Unis qui va précipiter sa chute et celle des espoirs d'égalité et de liberté du peuple congolais.
Obligé de fuir, il tente de rejoindre ses partisans regroupé à Kisangani... Trqué par Mobutu, l'ONU lui refuse l'asile dans une de ses ambassades, les casques bleues l'empêchent d'entrer. il sera arrêter, amener au Katanga, emprisonner, tuer puis découper en morceau et enterré. Il faudra au moins dix années pour que ces propres partisans connaissent cette histoire.
Mobutu, avec l'aide des Etats-Unis va décimer les troupes loyalistes, prendre le pouvoir et laisser libre cours à sa mégalomanie en rebaptisant le fleuve et le pays Zaïre, en mettant en place un culte de la personnalité et en asseyant son autorité sur des massacres de masse.
Pour plus d'information, l'excellent documentaire de Raoul Peck, ainsi que son film.

samedi 7 mars 2009

Spike Lee censuré ? Pensez-vous...

Le 1er Octobre devait sortir le dernier film de Spike Lee (rappellez-vous).
Or, depuis...
...rien !
Rien de rien !!
Aucune explication. Les salles l'avaient programmées, certaines mêmes avec décos spéciales et tout. Mais rien ne sortait...
Mais depuis le début de la semaine, on commence à y voir plus clair : TFM, le distributeur (filliale de TF1), se refuse à distribuer le film sous le fallacieux prétexte que les critiques étaient mauvaises (rappellons qu'on lui doit Les Randonneurs à Saint-Tropez, Iznogoud, Dead or Alive... que des films ayant eu les faveurs des critiques). Spike Lee est un habitué des censures déguisées en France ; difficile de se procurer sa filmo, certains films -comme par hasard les plus politiques- ne sont pas édités en zone2, il a fallu longtemps pour que les grandes enseignes hors de Paris daignent à mettre en rayon ces productions...

Mais pour une fois une (petite) résistance s'organise. Notamment à travers ce docu :

jeudi 19 février 2009

"La Guadeloupe a été construite sur des rapports de classe et de race"

Comment comprendre ce qui se passe aujourd'hui en Guadeloupe ? Déjà en consultant les infos à la source, comme le site du LKP (Liyannaj Kont Pwofitasyon, le collectif contre l'exploitation qui regroupe plus d'une quarantaine de syndicats et d'associations), celui de l'UGTG (l'Union Générale des Travailleurs de Guadeloupe) ou même de consulter les journaux télévisés de RFO, beaucoup plus fournis que ceux de France.
Suivent le clip Chez moi de Casey, sur la Martinique qui repose certaines bases loin des clichés ensoleillés et de la Compagnie Créole. Ensuite, une mise au point (qui date du début du mois de février et trouvée sur ce blog) de Elie Domota, le porte-parole du LKP qui explique à merveille les ressorts du racisme et de l'exploitation en Guadeloupe.



"Extrait de la déclaration de M. ELIE DOMOTA du LKP
Rappel du contexte :
Le mercredi 28 janvier 2008, lors des négociations entre le collectif Lyannaj Kont Pwofitasyon, les élus , les représentants des socio professionnels et l’encadrement de l’Etat, le préfet quitte les négociations. L’ambiance est lourde. Monsieur Willy ANGELE, président du MEDEF Guadeloupe affirme qu’il est prêt à travailler sur un projet de territoire s’il le faut, il exprime, à travers son expérience de Mai 1967, son aversion pour les débordements violents et ne veut pas voir son pays se déchirer comme le firent les Tutsis et les Hutus.

Je tiens à réagir au propos concernant les hutus et tutsis. Je salue Monsieur ARCONTE, directeur du Travail qui est resté dans cette réunion, je ne sais pas s’il est Hutu ou Tutsi.
Tout simplement pour affirmer monsieur ANGELE (patron du MEDEF Guadeloupe), que nous ne pouvons nier que vous, madame KOURY (présidente de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Pointe A Pitre) M. PAYEN (membre du Comité Economique et Social) soyez des guadeloupéens, ce n’est pas notre propos. Ce que nous affirmons est que la société guadeloupéenne s’est construite sur des rapports de race et de classe depuis 400 ans. Aujourd’hui dans la pyramide, le pouvoir correspond à une couleur, on vient de le constater (les représentants de l’Etat ont quitté les négociations).
En Guadeloupe actuellement, au sommet de la pyramide, on retrouve les blancs et les européens, au bas de l’échelle se situent les nègres et les indiens, c’est un constat. On nous parle de paix sociale ! La paix sociale ne peut exister dans un pays quand la majorité de ses enfants est exclue du travail, est exclue du savoir, est exclue des responsabilités (…) Aujourd’hui, en analysant les 50 plus grandes entreprises en Guadeloupe, leurs cadres ne sont pas des guadeloupéens d’origine africaine ou indienne, c’est la vérité ! En observant les administrations, les services de l’Etat, les chefs de services et les cadres ne sont pas majoritairement des guadeloupéens d’origine africaine ou indienne !
Dire le contraire, c’est mentir, c’est la vérité !
Quels sont les services que les guadeloupéens d’origine africaine et indienne gèrent en Guadeloupe ?
Ce sont les services qui relèvent de la gestion de la misère ! La CMU (la Couverture Maladie Universelle), monsieur YACOU, le RMI (le Revenu Minimum d’Insertion) monsieur LUBETH, le pôle emploi ANPE-ASSEDIC monsieur DUMURIER, la CAF et l’API (l’Allocation Parent Isolé) monsieur SAINT-CLEMENT. Les guadeloupéens d’origine africaine et indienne gèrent la misère des guadeloupéens ! Dans tous les autres services de l’Etat qui exercent un pouvoir, tant dans leur direction que dans leur staff d’encadrement, on ne trouve pas de guadeloupéens d’origine africaine ou indienne !
Bien évidement, on nous parle de formation, c’est faux archi faux !
Nous connaissons des diplômés « à la tonne », ils ne travaillent pas en Guadeloupe ! Dernièrement, j’ai reçu une jeune femme diplômée en ressources humaines qui postulait sur un poste à Air France ; on lui a proposé un poste d’hôtesse de l’air. Sur ce poste a été recrutée une personne venant de France avec moins de diplômes qu’elle !
Nous l’interprétons ainsi, des questions de couleur de peau, la réalité telle que nous la percevons. En France, concernant les offres marchandes dans le secteur privé, 6% des ces offres sont gérées par l’intérim et les cabinets de consultants. En Guadeloupe 50% des ces offres sont gérées par ce secteur ! Et qui dirigent ces cabinets d’intérim et de consultants ? Qui y travaillent ? Ce ne sont pas majoritairement des guadeloupéens d’origine africaine et indienne !
Aujourd’hui en Guadeloupe, on embauche du personnel sous le sigle BBR ! Un bleu blanc rouge ! J’ai travaillé en France, il m’a été demandé d’embaucher un BBR, un 01 codification informatique 01 signifiant « nationalité française » ! Ou un vrai 01 signifiant un français blanc ! Voilà ce qui se passe sur la discrimination raciale à l’embauche. Cela explique pourquoi de jeunes diplômés guadeloupéens et martiniquais ont déjà mis en ligne plusieurs blogs dont http://antildiscrim.skyrock.com/ où ils expriment ce qui leur arrive, la victimisation dans le système !
C’est la vérité, la Guadeloupe a été construite sur des rapports de classe et de race qui perdurent depuis 400 ans !
Le système de la plantation a été maintenu, prenons des exemples monsieur ANGELE. Prenons des entreprises comme CARREFOUR, MR BRICOLAGE, est ce que la photographie de leur encadrement correspond à la réalité ethnique de la Guadeloupe, à la réalité sociale ?
NON et NON !
C’est une évidence !
Face à cette situation, nous affirmons pour répondre à votre remarque sur les Tutsis et Hutus, que nous ne sommes pas du tout dans ce schéma, nous ne contestons pas que vous soyez guadeloupéen tout comme monsieur PAYEN, sinon on se mettra à contester le caractère guadeloupéen de n’importe qui ! Nous l’affirmons de nouveau, la paix sociale ne peut exister dans un pays quand la majorité d’un peuple est exclue ! Et aujourd’hui en Guadeloupe, 99,99% des chômeurs sont des guadeloupéens d’origine africaine et indienne !
Prenons encore des exemples, à Jarry, des commerces qui ont ouverts récemment comme Décathlon, Kiabi, Casino. Je travaille à l’ANPE, qui était chargée de réaliser le recrutement de Décathlon.
Nous avons travaillé à la sélection, aux offres d’emploi comme il le fallait. Par la suite, un cabinet de consultants payé par le groupe HAYOT a « nettoyé » le travail, ensuite le personnel est venu de Paris ! Je suis persuadé qu’en visitant ce magasin n’importe qui a été interpellé, nous n’interdisons à personne de travailler, par le fait qu’il est surprenant d’embaucher un personnel venant de PARIS pour être caissière à Pointe A pitre ! Lorsque nous posons ce problème, on nous taxe de racisme ! Nous résidons dans un pays de 1600 km2, 460 000 habitants, 60 000 chômeurs, nous avons avec la Guyane le plus important taux de chômage ! Nous avons vu récemment un courrier de monsieur VION (hôtelier) affirmant qu’on soit de la Creuse, de la Guadeloupe, de la Corrèze ou de la Normandie on est français.
Ce n’est pas aussi simple monsieur VION !
Comment voulez vous que la paix sociale existe en Guadeloupe si les guadeloupéens ne peuvent pas y travailler ! J’ai eu l’occasion de vous rencontrer madame Jeanny Marc (maire de Deshaies, député de la 3è circonscription) sur ces questions concernant particulièrement l’hôtel Fort Royal.
Un jour est arrivée à l’ANPE une offre d’emploi pour l’embauche de 40 personnes ayant comme tâches de couper de l’herbe, laver la vaisselle, nettoyer les chambres, faire les lits, porter les bagages, avec comme contrainte « anglais lu parlé et écrit obligatoire ! » Cela signifie que si nos enfants formés au lycée hôtelier avec un niveau bac+2 ou bac+3 parlent anglais couramment, c’est cela leur destinée que de laver la vaisselle dans un hôtel à Deshaies ? Nous avons de nombreux jeunes diplômés en Guadeloupe qui sont obligés de procéder à l’ensachage de clous dans des entreprises à Jarry ou réalisent des sandwichs dans des fast-foods ! C’est cela qui leur arrive car ils refusent de partir et de quitter leur pays espérant à terme trouver un job ! D’autres par contre, partent, prennent l’avion ! Une fois arrivés par exemple en Allemagne ou ailleurs, c’est fini : ils ne reviendront qu’en vacances, un fois peut être, ils fonderont une famille, leurs enfants seront allemands, australiens ou autre et c’est ainsi que la Guadeloupe perd ses forces vives !
Le processus que nous venons de décrire concernant l’hôtel Fort Royal est très subtil, vous le savez bien monsieur ARCONTE : dès qu’une offre d’emploi a été déposée dans le service public de l’emploi et que cette offre n’a pas été satisfaite dans un délai de 30 jours, car pour cette offre on n’aurait trouvé personne en Guadeloupe, dans ce cas la législation permet d’opérer « l’introduction de main d’oeuvre étrangère » ! C’est ainsi que tout naturellement 45 suédois ont pris les postes dans un hôtel appartenant à la collectivité régionale !!! Cela nous permet d’affirmer haut et fort qu’il faut une priorité d’embauche aux guadeloupéens en Guadeloupe ! Il faut que ce qui se passe au sommet corresponde à la situation ethnique et sociologique du pays !
Cela est la règle dans tous les pays !
Pourquoi aujourd’hui en France à partir de ce qui s’est déroulé au Etats-Unis, Christine KELLY a été nommée au CSA, on a avec empressement nommé une préfète d’origine Camerounaise sans même s’apercevoir que madame PIERROT guadeloupéenne de Trois-Rivières occupe depuis longtemps ce type de poste ! Ces questions nous les posons sans haine de façon justement à ne pas arriver à la haine !
Car si l’embrasement des banlieues a eu lieu il y a 2 ans, c’était justement parce que ces jeunes se sentant exclus affirmaient : « Nous sommes français ! » De ce fait une série de mesures furent appliquées, train pour l’emploi, etc… Ici nous sommes toujours dans le même système, un système construit sur des rapports de classe et de race depuis 400 ans ! Nous ne reviendrons pas sur les chiffres, nous sommes les premiers concernant les jeunes filles mères, nous sommes les premiers avec les guyanais pour le SIDA, nous sommes les premiers dans nombre d’aspects négatifs ! Par contre dans le domaine sportif, lorsqu’il s’agit du capitanat de l’équipe de France de foot, réaliser des performances en athlétisme, nous sommes demandés !
Au point pour nous d’intégrer les domaines où nous sommes cantonnés ! Lilian THURAM est un grand sportif mais tout nos enfants, seront-ils des Lilian THURAM ? Seront ils des Teddy RINER ? Non ! Cela signifie que tout nos enfants ont droit à la réussite !
Quand j’étais petit, je lisais BLEK, YATACA, ZAMBLA et AKIM ! Comme tous les jeunes de mon âge ! En grandissant, un adulte m’a interpellé me déclarant « Domota, quelque chose ne va pas : le héros, tout seul le plus fort dans la foret, commande tous les nègres, tous les serpents, tous les gorilles, toutes les bêtes, le seul blanc commande tout le monde ! »
Alors évidemment on se réfère au héros !
Les héros des guadeloupéens aujourd’hui, qui sont ils ? Thierry HENRY, Lilian THURAM !
L’épanouissement, la réussite par le sport sont des notions fondamentales !
Admettons que nos enfants ne peuvent avoir comme seuls modèles Thierry HENRY et Lilian THURAM ! Il faut que nos enfants aient comme modèle Nicolo, d’autres personnes s’illustrant dans d’autres domaines, il faut que nos enfants osent affirmer : « je voudrais être un jour monsieur Météo ! »
Depuis 25 ans c’est toujours le même actuellement M. R. MAZURIE ! Nous devons viser l’excellence mais pour la Guadeloupe ! Nos enfants dans leur développement, lorsqu’ils regardent la télévision ne voient personne qui leur ressemble !
Dans les activités professionnelles, celui qui symbolise la réussite ne nous ressemble pas ! Par contre celui qui est dans la rue nous ressemble ! On finira par intégrer si nous sommes croyants que c’est une malédiction ! Rappelons nous lorsque CHAM fut banni, « Tu seras l’esclave de tes frères », n’est ce pas monsieur LUREL, vous parliez de Dieu précédemment. CHAM était l’esclave de JAPHET et de SEM. SEM étant la lignée des sémites les juifs et les arabes, JAPHET celle des blancs !
Depuis la nuit des temps était écrit que les nègres seraient les esclaves des juifs des blancs et des arabes ! Nous finirons par intégrer cette soi-disant malédiction ! Ou bien nos enfants finiront par se dire à quoi bon aller à l’école, continuer à faires des études d’agriculture, de toutes les façons nous sommes au pied de la croix, restons dans la rue, prenons les armes !
Voilà le modèle de société vers lequel nous nous dirigeons, que nous devons condamner combattre et nous mettre ensemble pour en changer le cours et ne pas nous diriger vers une impasse !
Car nous dans cette assemblée, nous pouvons penser que nous avons réussi notre parcours social : j’ai 42 ans et 3 enfants ; je suis directeur adjoint à l’ANPE. J’ai réussi quoi aujourd’hui ? Un parcours personnel ? Mais que laissons nous pour nos enfants ?
Un pays meurtri !
Nous avons eu la démonstration aujourd’hui que nous devons prendre notre destin en main car la politique publique de l’Etat français, ne répond pas à nos exigences ! Monsieur LUREL, rassurez-vous, nous ne sommes pas dans une démarche politicienne car chaque fois que vous vous exprimez, vous êtes toujours en train de régler les comptes avec d’autres mais cela ne peut s’adresser à nous. Notre démarche vise à régler les exigences sociales prioritaires du peuple guadeloupéen en souffrance aujourd’hui !
Ajoutons concernant les Hutus et les Tutsis et le respect de la démocratie : le gouvernement Pétain était légitime (s’adressant à monsieur ANGELE), le code noir était légitime (rectification de monsieur ANGELE : « Pas légitime, légal »), pardon il était légal ; donc vous êtes pour la légalité. C’est pour cela que j’affirme que tout a une limite et que c’est donc le fait qui fait le droit ! Si nos ancêtres n’avaient pas estimé que le Code Noir légal ne fût pas illégitime, nous en serions toujours à l’esclavage !
Je voulais simplement apporter cette nuance pour affirmer que ce n’est pas parce que un concept est légal qu’il soit correct. Aussi nous avons entendu les propositions de monsieur LUREL, celles de monsieur GILOT, celles de madame Jeanny Marc. Nous souhaitons travailler sur vos propositions et nous vous serions gré de nous les faire parvenir par écrit, de façon que nous puissions les étudier nous aussi."
Ce week-end, dans toutes les grandes villes de France, appel à se rassembler pour soutenir les peuples des Antilles, la grève générale et leurs justes revendications, et contre la répression et le pourrissement opéré par l'Etat français.
Vendredi 20 février
Blois, 18h00, Préfecture
Tours, 18h, Place Jean Jaurès.
Samedi 21 février
Lille, 15h, Place de la République.
Paris, 14 h, République.
Toulouse, 14h, Préfecture.

mercredi 18 février 2009

Solidarité avec la Guadeloupe et la Martinique !

Parce que un camarade syndicaliste a été tué hier soir...
Parce que l'Etat français a laissé pourrir la situation...
Parce que les revendications des peuples des Antilles sont justes et légitimes...

Solidarité avec la Guadeloupe
et la Martinique !