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jeudi 7 juin 2012

Comédies des 2000s : conclusion

La décennie de comédies afro-américaines s'ouvre sur un documentaire de Spike Lee sur quatre grands comiques réunis dans le spectacle The Original Kings of Comedy.
Force est de constater que les choses ont bien avancé depuis les années 70 et le phénomène de la blaxploitation puis le recul des 80s ; on assiste plutôt la confirmation de la tendance amorcée dans les années 90 qui va vers une "normalisation" des rôles afro-américains. Ainsi, bonnes ou mauvaises, ces comédies semblent avoir délaissé les bouffons noirs asexués. Et, si l'on retrouve ça et là quelques vieilles caricatures, et la recette facile du buddy movie inter-racial (Bronx à Bel Air, Showtime, National Security, I Spy et The Man), celà ne représente plus qu'une petite part des productions et des succès au box office.
Le nombre de films s'est considérablement accru, ainsi que la part des Afro-Américains dans la production ou la réalisation. Le sous-genre le plus prisé s'impose comme la comédie sentimentale.

Comédies sentimentales
A l'intérieur du genre "comédies", se développe un véritable sous-groupe très lucratif : la comédie romantique. Pas une année sans deux ou trois gros titres relevant de cette alchimie bien dosée entre humour et romance. Atteignant le rang de film culte, Two Can Play That Game ouvre la voie. Puis des dizaines se succèdent reprenant souvent les mêmes ingrédients, voire les mêmes acteurs : The Ladies Man, Kingdom Come, Bringing Down the House, The Fighting TemptationsBreakin' All the Rules, Are We There Yet ?, Guess Who, The Honeymooners, Last Holiday, Phat Girlz, Three Can Play That Game, Who Made the Potatoe Salad ?, The Perfect Holiday, This Christmas, Love For Sale, 

Quelques uns sortent du lot comme Deliver Us from Eva qui offre enfin un vrai rôle à Gabrielle Union, I Think I Love My Wife (remake par Chris Rock d'un film d'Eric Roehmer) ou le déjanté She Hate Me signé Spike Lee.

And Tyler Perry is coming...
Le phénomène de ces années 2000 est incontestablement Tyler Perry, acteur, réalisateur et scénariste. Il livre plus d'une dizaine de films dont la plupart sont des comédies dramatiques avec fil conducteur le personnage d'une grand-mère allumée autant que moraliste, Madea. Elle débarque dans Diary Of A Mad Black Woman puis revient à rythme quasi annuel dans Madea's Family Reunion, Meet the Browns, Madea Goes to Jail, I Can Do Bad All By Myself, Madea's Big Happy Family
Deuxième franchise à succès Why Did I Get Married ? et Why Did I Get Married Too ? rassemble Janet Jackson, Tasha Smith ou Michael Jay White.
La comparaison avec Spike Lee me paraît pertinente, et légèrement provocatrice quand on sait l'animosité qui règne entre les deux. Non pas que Perry en ait le talent (je pense au contraire qu'il en est loin d'en avoir la finesse et les qualité de cinéaste), mais leurs parcours pour percer dans l'industrie cinématographique montrent des similitudes. D'abord par les moyens de production : de petits films indépendants, mais avec des succès financier et d'estime (auprès de publics différents cependant). Ensuite, Perry fait évoluer ses films dans un petit monde bien délimité : la bourgeoisie afro-américaine, qu'il traite avec des angles de prédilection : les drames conjugaux, la violence, la famille, la maltraitance, la maladie...
Enfin comme Spike Lee, Tyler Perry s'adjoint une bande avec laquelle il travaille de façon presque continu : de la ribambelle d'actrices et d'acteurs connus (dont certains représentent un morceau de l'histoire artistique afro-américaine) jusqu'à certains figurants -en particuliers chanteurs et musiciens- en passant par une équipe technique resserrée.

Sport

Les années 2000 font aussi la part belle aux comédies sportives. Le basket se place bien en tête avec Juwanna Man, Like Mike et sa séquelle, The Cookout, Rebound, Frankenhood, Just Wright... mais l'on retrouve aussi le base ball avec Mr. 3000, le football -l' "américain" bien sûr pas le soccer- avec The Longshots (film très agréable sur fond de chômage et de crise industrielle, qui permet de découvrir la jeune Keke Palmer), le roller comme hobby de la jeunesse afro-américaine dans les très bons Roll Bounce et ATL, et même le golf avec Who's Your Caddy ?
Barbiers et coiffeuses...
Lancée par Ice Cube et son Barbershop, la mode des films de salon pour hommes ou femmes explosent (et retombe tout aussi rapidement).
En deux ans, plusieurs films sortent mettant en scène coiffeuses et barbiers : Hair Show, Barbershop 2 : Back in Business, Nora's Hair Salon, Beauty Shop, The Salon avec en tête d'affiches des actrices et acteurs banckable comme Mo'Nique, Ice Cube, Jenifer Lewis, Queen Latifah ou Vivica A. Fox.
Malgré leur redondance et leurs irrégularités, ces films mettent la loupe sur un lieu central de la socialisation afro-américaine. En 2009, Chris Rock consacre même un très bon documentaire sur les problématiques capillaires : Good Hair.

Les femmes arrivent enfin !
Si l'on excepte Whoopi Goldberg dans les 80s, les femmes n'avaient que des rôles subalternes dans les comédies black... et par là-même, bien que connues et talentueuses, les actrices afro-américaines étaient cantonnées aux rôles d'épouses et/ou de bombes sexuelles.
Avec les comédies sentimentales qui se développent, nombres d'actrices arrivent sur le devant de la scène : Gabrielle Union, Jada Pinkett Smith, Vivica A. Fox, Queen Latifah, Zoe Saldana, Mo'Nique... toutes ces excellentes actrices ont souvent commencé dans des seconds rôles plus ou moins dénudés, les années 2000 leur offrent des seconds rôles conséquents (mettant souvent en avant leur charme, mais ne les limitant pas à ça) et des premiers rôles forts et jusqu'alors inédits. The Longshots propose même de déconstruire les genres en donnant la vedette à une adolescente douée au football et qui s'impose dans une équipe de mecs !

C'est aussi le tour des réalisatrices. Bien qu'encore limité, le phénomène est notable. Et leur travail est indéniablement différent, proposant un autre regard sur la sexualité et une autre représentation des femmes. C'est le cas de Jennifer Sharp et Nnegest Likké, à qui l'on doit respectivement I'm Through with White Girls (The Inevitable Undoing of Jay Brooks) et Phat Girlz.
Dans un tout autre style, Kasi Lemmons réalise un très intéressant biopic avec Don Cheadle, avec en toile de fond les droits civiques et le black power : Talk To Me.

Hip hop comedies
Bien entendu, la représentation des femmes comme objet sexuel a toujours court, et spécifiquement dans les films hip hop, de The Wash à Soul Plane en passant par How High, The Cookout, Who's Your Caddy ?, The Janky Promoters ou Something Like a Business.
Le problème est que ces comédies, pourtant essentiellement réalisées et:ou produites par des Afro-Américains, concentrent tous les clichés racistes que Hollywood a pratiquement effacé de ses logiciels : le black buck à la sexualité insatiable, les coons fainéants à la démarche non-chalante, les tragic mulattoes aux charmes venimeux et les grosses mamas moralistes.
C'est de mon point de vue le pire constat (et la confirmation d'un processus entamé dans les années 90) : Hollywood a réussi à s'affranchir en parti des stéréotypes séculaires tant dénoncés par les associations antiracistes, les "autorisant" au réalisateurs afro-américains qu'ils produisent.
Cependant tous les projets issu du milieu du rap ne sont pas identiques. Ainsi, le plus abouti de ces films est aussi le moins couteux : Gangsta Rap : The Glockumentary, faux documentaire plus vrai que nature réalisé par Damon "Coke" Daniels.

Encore plus à la marge des comédies hip hop ordinaires, Michel Gondry et Dave Chappelle livrent l'excellent Block Party, sorte de making of d'un énorme concert gratuit réunissant les grands noms du rap US dans les rues de Brooklyn.

Eddie Murphy, valeur (moins) sûre...
Troisième décennie comme tête d'affiche pour Eddie Murphy ! D'un coté, il s'oriente vers des comédies familiales (Dr. Dolittle 2, Daddy Day Care, The Haunted Mansion, Imagine That) et d'un autre reste sur le registre qui a fait son succès, celui du héros aux longues tirades, aux multiples combines et tout de même au grand cœur (Showtime, The adventures of Pluto Nash, I Spy). Autant les premiers sont de relatifs succès (mérités de surcroit), autant ses comédies d'action -où il partage l'affiche avec De Niro ou Owen Wilson- sentent le réchauffé et se traduisent par des échecs cuisants (qui ne remboursent pas leur budget de production). Avec Norbit et Meet Dave, il récidive dans le genre ultra-lourdingue où il incarne plusieurs personnages... Il est à ce sujet intéressant de voir ce qu'en pense son doubleur français, le grand Med Hondo. Non chroniqué ici, le grand succès de Murphy de ces dernières années reste l'âne de Shreck.

Lien
Son "élève" Martin Lawrence marche dans ses pas en jouant dans des comédies d'action répétitives et rarement très inspirées, telles que Le chevalier black, National Security et Big Mamma. Dans ce dernier cas, le concept original -qui arrive à éviter les poncifs attendus- est vite effacé pour produire deux séquelles nullissimes (Big Momma's House 2 et Big Momma : Like Father, Like Son) qui pour le coup n'oublient aucun ingrédient de mauvais goût !
Heureusement, des films comme Welcome Home Roscoe Jenkins, College Road Trip ou Death at Funeral (et même Bad Boys II) viennent rappeler que Martin Lawrence peut jouer autre chose jouer des rôles comiques sans être le bouffons de service...

Parodies et remakes
Acheter un scénario de série ou de film étranger est une pratique répandue à Hollywood, ce phénomène touche aussi le cinéma afro-américain. D'une part, il y a les adaptations assez classiques de séries mythiques comme Starsky & Hutch, Fat Albert et moins connues comme I Spy et The Honeymooners. Bien sûr il y a aussi des remakes de films : Chris Rock s'attaque au réalisateur français Eric Rohmer avec I Think I Love My Wife, il joue aussi dans Death At A Funeral aux cotés de Martin Lawrence, Loretta Devine, Zoe Saldana, Danny Glover et bien d'autres. Kevin Rodney Sullivan propose Guess Who qui revisite, sous une forme inversée et pour le moins maladroite, la comédie culte avec Sideny Poitier : Guess Who's Coming to Dinner.
Signe des temps, il est intéressant de noter que The Honeymooners, Are We Done Yet ? ou encore I Think I Love My Wife sont des remakes où les personnages principaux blancs remplacés par des Afro-Américains.

Du coté des parodies, la famille Wayans est toujours à la manœuvre dans ce sous-genre avec Scary Movie et Scary Movie 2 de Keenen Ivory et Dance Flick de Damien Dante. Le talentueux réalisateur Gary Hardwick fait une tentative dans cette veine, avec l'inégal Universal Remote.
On trouve aussi un nombre conséquent de comédies qui reprennent les codes des soul movies ; c'est le cas du déjanté Pootie Tang, du très cool Undercover Brother et de la déclinaison juive de la blax avec l'étonnant The Hebrew Hammer.
Mention spéciale pour l'excellent Black Dynamite, véritable hommage à la blaxploitation qui dépasse largement le pastiche et reste le projet cinématographique afro-américain de cette dernière décennie !


2000
Bamboozled
Big Momma's House
The Ladies Man
The Original Kings of Comedy
Next Friday
Scary Movie
The Wash

2001
Black Knight
Down To Earth
Dr. Dolittle 2
How high
Kingdom Come
Pootie Tang
Scary Movie 2
Two Can Play That Game

2002
The adventures of Pluto Nash
All About the Benjamins
Barbershop
The Boat Trip
Friday After Next
I Spy
Juwanna Mann
Like Mike
Showtime
Undercover Brother

2003
Baadasssss ! How to Get the Man's Foot Outta Your Ass
Bad Santa
Bad Boys II
Bringing Down the House
Daddy Day Care
Deliver Us from Eva
The Fighting Temptations
The Haunted Mansion
Head of State
The Hebrew Hammer
National Security

2004
Barbershop 2 Back in Business
Breakin' All The Rules
The Cookout
Fat Albert
Hair Show
Mr. 3000
My Baby's Daddy
She Hate Me
Soul Plane
Starsky & Hutch
White Chicks

2005
Are We There Yet ?
Beauty Shop
Block Party
Diary Of A Mad Black Woman
Guess Who
The Honeymooners
Lil' Pimp
King's Ransom
The Man
Rebound
Roll Bounce
The Salon

2006
ATL
Big Momma's House 2
Last Holiday
Little Man
Madea's Family Reunion
Phat Girlz
Who Made the Potatoe Salad ?

2007
Are We Done Yet ?
Daddy Day Camp
Gangsta Rap : The Glockumentary
The Hustle
I'm Through with White Girls (The Inevitable Undoing of Jay Brooks)
I Think I Love My Wife
The Perfect Holiday
Norbit
Talk to Me
This Christmas
Three Can Play That Game
Universal Remote
Who's Your Caddy ?
Why Did I Get Married ?

2008
Be Kind Rewind
College Road Trip
First Sunday
Love For Sale
Meet Dave
Meet The Browns
The Longshots
Soul Men
Welcome Home, Roscoe Jenkins

2009
Black Dynamite
Dance Flick
Frankenhood
Good Hair (Documentaire)
Imagine That
I Can Do Bad All by Myself
The Janky Promoters
Madea Goes to Jail
Next Day Air

2010
Death At a Funeral 
Just Wright 
Lottery Ticket 
Our Family Wedding
Something Like a Business
Speed-Dating
Why Did I Get Married Too ?

2011
35 and Ticking 
Big Mommas : Like Father, Like Son 
Jumping the Broom
Madea's Big Happy Family 

samedi 5 mai 2012

Imagine That

Pour Eddie Murphy, la série noire des navets continue avec Dans ses rêves, une comédie enfantine...

IMAGINE THAT - Karey Kirkpatrick (2009)

Evan Danielson (Eddie Murphy) est un homme d'affaire plein d'ambition qui consacre sa vie à son travail. Il doit pourtant s'occuper de sa fille Olivia (Yara Shahidi) pendant quelques temps. Celle-ci a quelques soucis puisqu'elle ne veut pas se séparer de son doudou et s'invente des amis imaginaires.
Décontenancé, le travail d'Evan s'en ressent et il se fait voler la vedette par le fantasque Johnny (Thomas Haden Church). Or les amis imaginaires d'Olivia s'avèrent de très bons conseillers financiers qui permettent à Evan de rebondir...

Encore un gros navet pour Murphy, après les si mauvais Norbit et Meet Dave. Produit pour 55 millions de dollars, le film en rapporte moins de la moitié. On peut se demander comment les producteurs continuent de financer des films si couteux qui rapportent si peu ! La présence d'Eddie Murphy dans ces années 2000 est synonyme d'un échec annoncé ! Les conditions techniques sont pourtant souvent réunis comme ici avec des professionnels confirmés comme la directrice de casting Jeanne McCarthy (White Men Can't Jump, Amistad, Mars Attacks !, Bulworth, Dr. Dolittle 2, Scary Movie 2, Daddy Day Care, Starsky & Hutch, Are We There Yet ?, Be Kind Rewind), le compositeur Mark Mancina, le chef décorateur William Arnold et la costumière Ruth E. Carter : longtemps comparse de Spike Lee, elle travaille sur nombre de productions afro-américains de I'm Gonna Git You Sucka à Black Dynamite, en passant par House Party 2, The Meteor Man, Surviving the Game ou Money Train, elle collabore aux films d'Eddie Murphy à partir de Dr. Dolittle 2.

Certes, ce n'est pas le plus mauvais des derniers films de Murphy, mais le compte n'y est pas ; on rit peu, le scénario -intéressant à la base- est très traité, et pour couronner le tout les enfants sont chiants à mourir !
On se console à peine avec la présence de Nicole Ari Parker (Blue Streak, Remember the Titans, Soul Food, Welcome Home, Roscoe Jenkins, Black Dynamite), DeRay Davis (les Barbershop, The Hit, Frankenhood), Vanessa Williams (New Jack City, D.R.O.P. Squad, Like Mike et la série Soul Food), Blake Hightower (Everybody Hates Chris, Be Kind Rewind) et le basketteur Allen Iverson (Like Mike).

vendredi 20 avril 2012

Meet Dave

Appelez-moi Dave : nouveau navet pour Eddie Murphy...

MEET DAVE - Brian Robbins (2008)



Pour sauver leur monde, des extra-terrestres de petite taille débarquent sur terre à bord de leur vaisseau, réplique à taille humaine du capitaine (Eddie Murphy). En arrivant sur notre planète le vaisseau heurte la voiture Gina (Elizabeth Banks) et son fils Josh qui le recueillent, persuadés d'avoir renverser un homme et le nomment Dave. A travers Dave, le capitaine et ses subordonnés découvrent la Terre et un étrange sentiment : l'amour. N°3 (Gabrielle Union) se rend compte que c'est ce qu'elle éprouve pour son capitaine et devient jalouse de l'intérêt qu'il porte à Gina...

C'est mauvais ! C'en est même incroyable tellement ça l'est ! En comparaison, ce film pourrait faire passer The Nutty Professor ou Norbit pour de bons films ; il faut dire que l'on doit précisément ce dernier au réalisateur Brian Robbins. Au moins dans les films précités, Murphy accomplit un vrai travail d'acteur, lui permettant d'incarner plusieurs rôles différents. Ici, il joue à la fois le robot et le capitaine lilliputien mais son jeu est plat et les dialogues l'incitent peu aux longues tirades qui ont fait son succès.
L'intrigue est assez banale, pas franchement nulle en soit mais sans grande surprise. Ce qui est catastrophique c'est la réalisation et les effets spéciaux : où donc ont pu être englouti les 50 000 000 $ du budget de production ? Impossible de répondre ! Toujours est-il que les recettes peinent -heureusement- à rembourser l'argent investi et que Meet Dave est unanimement classé parmi les pires catastrophes cinématographiques.
Le scénariste Bill Corbett affirme que son projet original a été copieusement caviardé, et rejette toute responsabilité dans le flop du film.

Enfin, s'il est permis de retirer quelque chose de "sérieux" du film, c'est que la morale antiraciste-mais-pas-trop est sauve puisqu'on aurait pu croire que Murphy couche (ou juste embrasse une Blanche), mais heureusement tout rentre dans l'ordre : Eddie tombe sous les charmes Gabrielle Union et la gentille mère de famille divorcée retourne avec son ex-mari (faut-il préciser qu'il est Blanc ?).
Pour les quelques acteurs ou techniciens connus citons Miguel A. Núñez Jr. et Kevin Hart, la styliste Ruth E. Carter, les cascadeurs April Weeden-Washington et Henry Kingi Jr., les assistants de Murphy Randy Webster et Charisse M. Hewitt et enfin son costumier personnel depuis Le flic de Beverly Hills II : Fetteroff Colen.

samedi 31 mars 2012

Norbit

Eddie Murphy n'avait pas tourné de comédie depuis The Haunted Mansion et Daddy Day Care ; le revoilà dans un film où il tient plusieurs rôles...

NORBIT - Brian Robbins (2007)



Norbit Albert Rice (Eddie Murphy) est recueilli, tout bébé, dans un orphelinat où il grandit tant bien que mal. Il s'y "marie" enfant avec la petite Kate, mais celle-ci quitte l'orphelinat. Adolescent chétif, il rencontre l'énormissime Rasputia qui le protège et l'invite dans sa famille, qui vit du racket organisé par son père (Terry Crews).
Adultes, Norbit et Rasputia (Eddie Murphy) se marient, surtout pour le pire. Jusqu'à ce que Kate (Thandie Newton) réapparaisse...
Encore une collaboration d'Eddie Murphy et le maquilleur de génie Rick Baker. Et c'est toujours là même rengaine à leurs propos : ils connaissent leur métier et y excellent, le premier en jouant trois rôles différents et le second en le grimant à merveille (d'ailleurs Rick baker, qui officiait déjà dans la blaxploitation avec perle bis The Thing with Two Heads, est de nouveau nominé aux Oscars pour son travail). Mais cela n'est définitivement pas suffisant pour faire un bon film ; et Norbit est TRES loin d'en être un.
Il est mal filmé, propose un scénario à la fois inepte et attendu, et les personnages principaux, spécifiquement ceux interprétés par Murphy, sont des caricatures outrancières, rappelant le coon et la mammy d'antan.

Cependant le film remporte un franc succès, et propose quelques personnages secondaires intéressant en particulier Eddie Griffin et Katt Williams qui incarnent deux ex-pimps caricaturaux à souhait. Charles Q. Murphy double son frère Eddie, et d'autres acteurs connus se côtoient : Terry Crews, Clifton Powell, Marlon Wayans, Lester Speight, Michael Colyar, Richard Gant et Cuba Gooding Jr. (qui, lui, joue comme un pied !).

vendredi 13 janvier 2012

The Haunted Mansion

Avec Le manoir hanté et les 999 fantômes, Eddie Murphy renoue avec le succès (après les cataclysmiques I Spy, The adventures of Pluto Nash et Showtime) et continue son -nouveau- chemin comme acteur de films pour enfants...

THE HAUNTED MANSION - Rob Minkoff (2003)


Jim Evers (Eddie Murphy) est un agent immobilier sur-actif qui a du mal à donner la priorité à sa famille sur son travail. En guise de vacances, il amènes sa femme Sara (Marsha Thomason) et leurs deux enfants (Aree Davis & Marc John Jefferies) dans un manoir lugubre qu'il escompte transformer en immeubles haut-de-gamme.
La famille Evers découvre rapidement que le manoir est habité par d'étranges occupants...
Cette comédie familiale est dirigé par un réalisateur et producteur de la maison Disney : Rob Minkoff. Le segment de public recherché est bien entendu les enfants, et le film touche au but (avec un budget de 90 millions de dollars, il en rapporte le double). Disney décline d'ailleurs le film en attraction pour ses parcs d'attraction. Les effets spéciaux horrifiques sont confiés sans surprise au maître Rick Baker -maquilleur plusieurs fois oscarisé, il fait ses premiers pas sur le bijou bis The Thing With Two Heads- et son équipe (dont Clayton Martinez qui collabore déjà avec Murphy dans Life et La famille Foldingue).

Rien de bien spécial à retenir dans ce film de moyenne facture qui répond aux attentes du genre (entendons "film pour enfant", parce qu'en tant que comédie ou film d'horreur, c'est totalement un échec !). Cependant, il faut quand même noter un phénomène, invisible dix ans auparavant : un grand studio -à fortiori Disney- est capable de confier enfin ses rôles principaux à des Afro-Américains, et pas uniquement pour le coté comique (qu'endosse fort logiquement Murphy) puisque la famille au centre du film est tout ce qu'il y a de plus ordinaire. Or cet "ordinaire", les Afro-Américains n'y ont pas toujours eu droit dans le cinéma hollywoodien (excepté dans les films réalisés par eux-mêmes).
Marsha Thomason (Black Knight, My Baby's Daddy) joue la mère, mais est n'apparaît qu'au début et à la fin, et les deux enfants sont incarnés par Aree Davis -qui joue un rôle récurrent dans la série Everybody Hates Chris- et Marc John Jefferies qui s'impose peu à peu : Friday After Next, Get Rich or Die Tryin', Notorious, Big Mommas : Like Father, Like Son...
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jeudi 12 janvier 2012

Daddy Day Care

Avec École paternelle, Eddie Murphy confirme sa réorientation de carrière vers des films familiaux (il joue la même année dans une production Disney : The Haunted Mansion)...

DADDY DAY CARE - Steve Carr (2003)


Charlie Hinton (Eddie Murphy) est un cadre à l'emploi du temps surchargé qui trouve peu de temps pour sa femme Kim (Regina King) et son fils, qu'ils inscrivent dans une école privée hors-de-prix... Mais Charlie est licencié, tandis que Kim retrouve un poste d'avocate ; il reste donc à la maison pour s'occuper de son fils.
Avec son pote Phil (Jeff Garlin) lui aussi licencié, Charlie a l'idée de devenir monter leur propre crèche ; le succès est au rendez-vous, les enfants affluent et Charlie et Phil s'adjoignent les services de Marvin (Steve Zahn), un autre collègue fan de Star Trek...
La reponsable de l'école privée (Anjelica Huston), soucieuse de la concurrence, les dénonce à la protection de l'enfance...
Malgré une composition sobre d'Eddie Murphy (on aurait pu s'attendre à pire avec ce genre de comédie), ce film est sans intérêt : scénario prévisible, réalisation plate, bons sentiments à tous les étages, gags enfantins... Il rapporte pourtant plus de 164 millions de dollars (pour un budget déjà élevé de 60 millions) et incitera les producteurs à sortir une séquelle : Daddy Day Camp avec Cuba Gooding Jr. , qui ferait passer l'original pour un chef d’œuvre !
Même critique que pour Bustin Loose ou Major Payne en ce qui concerne les enfants, qui jouent comme des pieds et sont insupportables ! Mais on évite le remake "black" d'Un flic à la maternelle... En plus, il y a dix ans, un tel film mettant en scène un trio multiraLiencial aurait à coup sur vu le Noir interprété le
comique de la troupe ; alors qu'ici il est de loin le plus ordinaire des personnages.

La famille Hinton compose les seuls Afro-Américains du film, avec Eddie Murphy, Regina King (Boyz N' the Hood, Poetic Justice, Friday, A Thin Line Between Love and Hate, Down to Earth, Ray, This Christmas...) et Damani Roberts (Welcome Home, Roscoe Jenkins). Au niveau du casting blanc, Jeff Garlin et Steve Zahn (qui joue avec Martin Lawrence dans National Security), les deux compères d'Eddie sont amusants et on apprécie Anjelica "Morticia Addams" Huston en directrice pince-sec.

samedi 10 décembre 2011

The Adventures of Pluto Nash

...et les catastrophes s'enchaînent pour Eddie Murphy qui multiplie les énormes productions aux résultats artistiques et financiers médiocres...

THE ADVENTURES OF PLUTO NASH
Ron Underwood (2002)


2087, sur la Lune. Propriétaire d'un club réputé, Pluto Nash (Eddie Murphy) est démarché par les hommes de Rex Carter qui veut lui racheter le Club Pluto ; il refuse leur proposition. Les hommes de main se vengent en faisant exploser l'établissement ; Nash en réchappe avec à ses cotés son robot périmé Bruno et Dina (Randy Quaid & Rosario Dawson), la fille d'un vieil ami qu'il venait d'engager comme serveuse.
Le trio se planque tout en essayant de trouver des incides sur ce mystérieux Rex Carter...
Ron Underwood signe là un des plus gros nanard de l'histoire, doublé d'un gouffre financier abyssal, lui aussi historique : 7 millions de dollars de bénéfices pour un budget d'une centaine de millions.
D'un point de vue général, on croit halluciner devant l'amateurisme -pourtant couteux- des effets spéciaux, des décors et des costumes. Et il est difficile de cerner si l'effet toc est volontaire ou accidentel : trop sérieux pour être une parodie et techniquement trop mauvais pour être pris au sérieux.

Pourtant, le casting donne à penser que le film se prenait au sérieux puisqu'il aligne les invités prestigieux tels l'ex-Monty Python John Cleese, Pam Grier, Alec Baldwin, Burt Young (inoubliable Paulie des Rocky, il joue aussi un petit rôle dans Across 110th Street), Peter Boyle (qui apparaît dans d'autres prods afro telles que Malcolm X et Dr. Dolittle), Luis Guzmán, Jay Mohr...
Quant aux personnages principaux, Eddie Murphy est égal à lui-même et compose le personnage qui lui colle à la peau depuis Beverly Hills Cop. Après le refus de Jennifer Lopez, Rosario Dawson (He Got Game, Men in Black II, 25th Hour, Sin City, Seven Pounds, Death Proof) apporte la touche sexy consacrée de ce genre de productions et Randy Quaid -qui joue dans un autre mauvais film avec une star comique afro-américaine : Moving- interprète un improbable robot aux programmes obsolètes...
A signaler aussi la présence de Miguel A. Núñez Jr. (Jumpin' Jack Flash, Action Jackson, Harlem Nights, Street Fighter, A Thin Line Between Love and Hate, Life, Nutty Professor II: The Klumps, Scooby-Doo, Juwanna Mann, Black Dynamite...) et Stu "Large" Riley (Woo, The Best Man, Shaft 2000).

vendredi 9 décembre 2011

Showtime

2002 : sale année pour les entrées engrangées par les films d'Eddie Murphy. Pourtant ce Showtime est le moins raté...


SHOWTIME - Tom Dey (2002)



Deux flics que tout oppose -Trey Sellars (Eddie Murphy) qui rêve de paillettes et de gloire et l'inspecteur Mitch Preston (Robert De Niro)- un vieux policier consciencieux, deviennent les héros d'une émission de téléréalité intitulée Showtime qui les suit dans leurs enquêtes.
La collaboration Murphy-De Niro fleure bon la commande hollywoodienne. Leurs rôles sont effectivement formatés et le ressort de leur duo est sans surprise : De Niro jouant le grognon et Murphy le bouffon. Les résultats d'exploitation s'en ressentent, puisque le public semble bouder cette comédie d'action qui sent le réchauffé ; les recettes n'atteignent pas le budget de production, et l'année 2002 commence sous de bien mauvais auspices pour Murphy (viendront de véritables gouffres financiers comme The Adventures of Pluto Nash et I Spy)

Le casting noir est peu développé mis à part Zaid Farid (Bowfinger et Life) et Kadeem Hardison (I'm Gonna Git You Sucka, White Men Can't Jump, Panther, The 6th Man, Vampire in Brooklyn, School Daze) et Freez Luv (House Party 3, Dangerous Minds, Baby Boy, The Hustle, Love and a Bullet, The Cookout 2). En guest le rappeur Mos Def et l'avocat médiatique Johnnie Cochran.
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