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jeudi 1 novembre 2012

Melinda

La carrière de Jim Kelly commence par cet très film mélange de drame et d'action...

MELINDA - Hugh A. Robertson (1972)


Entre ses émissions et ses cours de karaté, le talentueux et resplendissant DJ Frankie J. Parker (Calvin Lockhart) collectionne les conquêtes féminines. Mais quand il rencontre Melinda (Vonetta McGee), il tombe éperduement amoureux.
Mais lorsque celle-ci est assassiné, Frankie se jure de retrouver les meurtriers. Avec l'aide de son ami Charles Atkins (Jim Kelly) et d'une conquête éconduite, Terry Davis (Rosalind Cash), le coquet DJ n'a d'autres buts que la vengeance...
Quand on débute Melinda, on se doute que Calvin Lockhart, Jim Kelly et Rockne Tarckington ne sont pas réunis pour tricoter... Lockhart a déjà une solide carrière derrière lui (Dark of the Sun,  Salt and Pepper, Halls of Anger, Cotton Comes to Harlem), Kelly débute mais va vite devenir une star afro-américaine grâce à Enter the Dragon. Quant à l'ancien footballeur Rockne Tarckington, il incarnera entre autre Black Samson. On peut donc légitiment s'attendre à des bastons épicées. Non seulement on est de ce point de vue pas déçu, mais on est même agréablement surpris par le gros premier tiers où l'histoire d'amour Lockhart/McGee est traitée avec habileté.
Par la suite, après le meurtre de la splendide Vonetta McGee, le film prend une tournure sombre et violente où bagarres et gunfights ne sont pas de simples ressorts exploitatifs.
La place des femmes ne se réduit pas à de simples potiches, faire-valoir du héros. En témoigne le personnage interprété brillamment par Rosaling Cash.
Par ailleurs, la scène d'amour entre le couple star est d'un érotisme rare, et pour l'époque en particulier (rappellons que les relations sexuelles interraciales à l'écran remontaient à peine à 1969 avec 100 Rifles et The Grasshopper). Elle est cependant altéré par un montage à vocation comique d'une bonhomme se masturbant à la porte des tourtereaux : effet voulu ou "censure" susurrée par les producteurs ?

En tout cas, Hugh A. Robertson se tire plutôt très bien de son emploi de réalisateur. La mise en scène et la direction d'acteurs sont au point. Celui-ci ne dirigera plus d'autres longs-métrages blax, mais il est crédité comme monteur son sur The Cool World et monteur sur Shaft, dont il réalise le making-of (Soul on Cinema). Robertson est ici épaulé par Bill Butler (Hickey and Boggs et The Bingo Long Traveling...) à la photographie.
Du casting à la BO -de Jerry Peters et Jerry "The Ice Man" Butler- en passant l'équipe technique et bien sûr le scénario énergique de l’éclectique Lonne Elder III (à qui l'on doit Sounder ou Bustin' Loose), tous les ingrédients concourrent à un très bon film blaxploitation, dont il est incompréhensible que la MGM n'est jamais édité de copie convenable.

Outre les actrices et acteurs sus-cités, la distribution fait la part belle à quelques seconds couteaux habituels comme Jeanne Bell qui deviendra l'inoubliable TNT Jackson, Renny Roker (qui joue dans les drames sociaux d'Horace Jackson : Johnny Tough et Joey), Ed Cambridge Cool Breeze, The Final Comedown, Trouble Man, Hitman, Friday Foster, Deep Cover et le téléfilm Soul of the Game) et le catcheur Earl Maynard (Black Belt Jones, Truck Turner et Mandingo). Ou encore les cascadeurs afro-américains Henri Kingi, Tony Brubaker et Peaches Jones, et blancs George Fisher et Gene LeBell.

dimanche 27 mars 2011

The Players Club

Après le succès de Friday, Ice Cube débarque avec un projet qu'il scénarise, produit et réalise : The Players Club...

THE PLAYERS CLUB - Ice Cube (1998)



Diana Armstrong (LisaRaye) est une jeune fille indépendante ; elle quitte la maison familiale pour suivre ses études, tout en élevant seule son fils. Elle rencontre Tricks et Ronnie (Adele Givens & Chrystale Wilson) qui l'incitent à travailler dans le club de striptease de Dollar Bill (Bernie Mac). Diana étudie le jour et danse la nuit, en évitant au maximum de traîner dans les histoires louches de ses collègues.
Lorsque sa cousine Ebony (Monica Calhoun) débarque en ville quatre ans plus tard, Diana doit la prendre sous son aile. Ebony est embauchée à son tour au club, mais se trouve vite confronter à l'alcool, à l'argent facile et elle n'a pas la force de caractère de Diamond pour y résister.
Le budget est minime (5 millions de dollars) mais aligne une incroyable liste d'acteurs et actrices afro-américains : Jamie Foxx, Bernie Mac, LisaRaye, Faizon Love, Tommy "Tiny" Lister, Michael Clarke Duncan, Monica Calhoun, Anthony J. Johnson, Badja Djola, Alex Thomas, Terrence Howard, Charlie Q. Murphy, Oren Williams, Jossie Thacker, Adele Givens, Samuel Monroe Jr., Chrystale Wilson, Clyde Jones, Tracey Cherelle Jones... ainsi que les rapeurs Luther "Luke" Campbell et Master P.
Enfin Ice Cube s'adjoint les services de quelques "anciens" tels John "Kunta" Amos, Judyann Elder (Melinda et le téléfilm A Woman Called Moses) et Dick Anthony Williams (Up Tight !, The Lost Man, The Mack, Slaughter's Big Rip-Off et Five on the Black Hand Side).
Ces castings pléthoriques ne sont pas toujours gage de qualité ; cependant ici chacun est utilisé avec parcimonie, faisant du liant entre les différentes histoires qui se télescopent.

C'est le seul film d'Ice Cube comme réalisateur (il porte aussi les casquettes de producteur, scénariste et acteur). Il prend la bonne décision en ne reprenant pas plus tard la caméra, car ses talents pour la réalisation sont assez limités. Par contre, il est accompagné des professionnels consacrés du moment : le chef opérateur Malik Hassan Sayeed, les maquilleuses Debra Denson et Stacye P. Branche, la directrice de casting Kim Hardin (Monica R. Cooper), la monteuse Suzanne Hines ou encore les cascadeurs William Washington, April Weeden-Washington, Eddie L. Watkins et Big Daddy Wayne.

En plus, son scénario tient la route. Entre action, drame, humour et charmes, on ne s'ennuie pas et même on réfléchit ; en effet, Ice Cube propose derrière une apparente légèreté des thèmes pertinents. D'abord, mettre une femme au premier plan est plutôt une gageure et reste rare encore en cette fin des 90s ; ce personnage principal (confié à LisaRaye qui débute au cinéma) est en plus celui d'une femme forte et indépendante.
En outre, Ice Cube filme les séquences de strip avec une certaine retenue, et aborde de front certains sujets comme le marché du sexe, les violences faites aux femmes et même le viol.
Ensuite, on peut aussi imaginer qu'en utilisant à contre-emploi Dick Anthony Williams (habitué aux rôles de mac rutilant dans les 70s) comme un père de famille protecteur pas très heureux de savoir sa fille danser dénudée, Ice Cube pose un regard critique sur l'apologie des pimps dans les produits culturels afro-américains, de la blaxploitation aux urban films. Enfin, et sans dévoiler la fin en partie tragique, il se donne un -petit- rôle plutôt positif en posant les limites de l'acceptable.

Certaines scènes sont tout simplement jubilatoires comme cette danseuse fessant un flic en lui faisant hurler "I'm Black and I'm proud !" (et je ne résiste pas à vous la faire partager) :