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jeudi 24 mai 2012

Death at a Funeral

Remarquable par son casting  Panique aux funérailles est un remake réussi, plein de segments secondaires et de personnages annexes épicés...

DEATH AT A FUNERAL - Neil LaBute (2010)

 
La famille Barnes s'apprête à enterrer un des leurs. C'est l'occasion pour toute la famille de se réunir. Mais les jalousies fraternelles ressurgissent entre Ryan (Martin Lawrence) -un écrivain à succès égoïste- et Aaron (Chris Rock) qui organise la cérémonie, prépare le discours et s’apprête à régler les frais occasionnés, et son frère .
Leur cousine Elaine vient accompagné de son petit ami blanc (Zoe Saldana & James Marsden) qui a ingéré de la drogue à son insu et finit nu sur le toit.
Pour couronner le tout, Aaron et Ryan apprennent que leur père entretenait une relation homosexuelle avec un nain blanc (Peter Dinklage). Cet amant pas banal menace de montrer les photos à leur mère (Loretta Devine) si les deux frère ne lui versent pas 30000 $...
Remake d'un film anglais réalisé par Franck Oz (Bowfinger) en 2007, Death at a Funeral est avant tout un film choral où l'ingrédient principal réside dans la pléiade d'actrices et d'acteurs présents. Réunis par la directrice de casting de Victoria Thomas, se côtoient deux énormes têtes d'affiches : Chris Rock et Martin Lawrence, ainsi qu'une floppée de d'acteurs de soutien comme Regina Hall (The Best Man, Scary Movie et Scary Movie 2, King's Ransom, The Honeymooners, First Sunday), Keith David (Disco Godfather, Bird, Clockers, Barbershop, Head of State, The Princess and the Frog, ATL, First Sunday, Pastor Brown, Lottery Ticket...), Zoe Saldana (Guess Who, Avatar, Colombiana...), Loretta Devine (Hoodlum, Waiting to Exhale, Kingdom Come, King's Ransom, This Christmas, Lottery Ticket, Madea's Big Happy Family,...), Tracy Morgan (A Thin Line Between Love and Hate, How High, Head of State, Little Man....), Kevin Hart (Soul Plane, The Last Stand, Meet Dave, Something Like a Business, 35 and Ticking, Think Like a Man)...
Danny Glover incarne un vieil oncle râleur et impotent et Bob Minor, le cascadeur aux centaines de films, joue le macchabée.

C'était une véritable gageure que cette adaptation d'un film récent d'une part et de langue anglaise de l'autre. Et, même si l'aspect so british de l'original manque forcément, Neil LaBute réussit son film en adaptant intelligemment les personnages et en créant des situations inédites (comme le couple mixte Zoe Saldana/James Marsden).
On rit de bon cœur et de différentes façons, tant les registres d'humour varient de l'absurde, limite burlesque, au grotesque à tendance scatophile, mais s'enchaînent avec pertinence.
Pour l'équipe technique, on retrouve entre autres la coiffeuse Stacey Morris, les maquilleuses Debra Denson et Vera Steimberg Moder.

lundi 26 mars 2012

I Think I Love My Wife

Quatre ans après Head of State, Chris Rock réalise son second long métrage : Je crois que j'aime ma femme.

I THINK I LOVE MY WIFE - Chris Rock (2007)

Richard Cooper (Chris Rock) est un père de famille apparemment comblé : il a un travail qui lui rapporte un confortable salaire et est marié à la jolie et intelligente Brenda (Gina Torres), ils ont ensemble deux enfants et un belle maison dans la banlieue new-yorkaise.
Mais Richard s'ennuie ferme dans cette vie pépère où, en plus, il ne couche plus avec sa femme, se contentant de fantasmer sur toutes les filles qu'il croise... Alors quand la plantureuse Nikki (Kerry Washington), une amie de jeunesse, débarque dans son bureau et dans sa vie, les questionnements affluent...
Remake d'un film scénarisé et réalisé par Eric Rohmer en 1972 : L'amour l'après-midi, l'adaptation et le scénario sont signés Chris Rock et son partenaire Louis C.K. (avec qui il collabore sur Pootie Tang et Down to Earth). Produit pour 11 millions de dollars, il en rapporte 27 millions (également partagés entre les recettes en salle et l'exploitation ultérieure en DVD). L'accueil a cependant été relativement mitigé pour ce qui est des critiques.

Pour ma part, Chris Rock réalise et écrit des comédies un peu à la marge des productions habituelles. Il y a toujours un coté décalé et un mélange de styles assez étonnant ; il va là où on ne l'attend pas, évitant ici les blagues grivoises lorsqu'il évoque avec humour les fantasmes de son personnage ou ses péripéties sexuelles avec sa femme... Ainsi de la comédie romantique classique qu'on pourrait attendre, il bascule finalement dans la comédie de mœurs.
Il garde un de ses effets préférés : la voix off qui lui permet de poser un regard extérieur, et parfois mordant, sur les situations.

Hormis quelques films (comme les deux derniers volets de Matrix et Hair Show), Gina Torres enchaîne les séries et quelques rôles récurrents dans 24 ou Alias ; elle tient parfaitement son rôle de femme amoureuse mais désabusée.
Kerry Washington joue déjà avec Chris Rock dans Bad Company, et traîne sa jolie frimousse dans Ray, She Hate Me, Little Man, The Last King of Scotland, Lakeview Terrace, Miracle at St. Anna, Mother and Child, For Colored Girls et Night Catches Us.
Il y a aussi quelques caméos : Wendell Pierce (A Rage in Harlem, Waiting to Exhale, Get on the Bus, Bulworth, Brown Sugar, The Fighting Temptations, Ray, Night Catches Us), Andre B. Blake (Boomerang, Who's the Man ?, Hair Show), Orlando Jones (Woo, Double Take, Drumline, Biker Boyz, House of D), Cassandra Freeman (Inside Man) et Michael Kenneth Williams (la série The Wire, Miracle At Santa-Anna).
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mardi 20 mars 2012

Talk to Me

Biopic très intéressant avec Don Cheadle comme tête d'affiche...

TALK TO ME - Kasi Lemmons (2007)


Petey Greene (Don Cheadle) est DJ dans l'émission de la prison. Il convainc un de ses co-détenus de menacer de se suicider, Petey négocie une remise de peine avec le directeur et feint de convaincre le faux suicidaire de n'en rien faire.
A sa sortie de prison, il tente par tous les moyens -et avec l'aide de Vernell (Taraji P. Henson)- de travailler pour la radio W.O.L. : il s'invite sur la station, organise des manifs devant la radio, parie son poste au billard...
Il est finalement engagé, produit par Dewey Hughes (Chiwetel Ejiofor) qui devient peu à peu son ami. Son talent et son franc-parler lui apportent célébrité et reconnaissance ; il teste tous les formats : stand up, TV... Mais l'envers du décor est moins rose : alcoolisme, mal-être, vie sentimentale chaotique...
Ce très bon film n'a pas eu la chance d'être bien diffusé en France ; et le DVD (uniquement en zone 1) propose seulement une version 4:3 redécoupée (qui s'agrandit mystérieusement à plusieurs reprises).
Ce n'est pas un biopic fidèle, plusieurs anecdotes semblent inventées, des traits de caractère divergents et des personnages mal représentés ; mais, le personnage incarné par Don Cheadle reste très crédible, humain et talentueux.
L'atmosphère des années 60, puis 70, est bien dépeinte. D'abord les noms et les références sont abondantes : le "Mister Tibbs" donné à Dewey par Petey (en référence au personnage de Sidney Poitier), les citations de King ou de Malcolm, la chronique sulfureuse sur Berry Grody, les interviews du maire afro-américain de D.C. ou du pasteur Jesse Jackson...
Ensuite, et c'est forcément lié, à travers la représentation de l'effervescence politique, des années de lutte et de libération, de l'importance des Afro-Américains à Washington... La scène où les animateurs apprennent la mort de Martin Luther King puis l'annoncent à l'antenne est tout simplement magnifique.
Enfin, la musique est omniprésente : la BOF de Terence Blanchard bien sûr, mais aussi et surtout les grands noms de l'époque : James Brown, The Supremes, Sly and the Family Stone, Booker T and the MG's... Et tout cela est sublimé par le la vidéo qui elle-même s'appuie dessus pour porter le film. Kasi Lemmons explique qu'elle a écrit le scénario en écoutant ces tubes.

La talentueuse -mais peu productive- réalisatrice Kasi Lemmons nous propose donc un très bon film, accompagné d'un casting soigné (dirigé par Victoria Thomas) avec entre autres Cedric the Entertainer, Mike Epps, Vondie Curtis-Hall, Richard Chevolleau, Taraji P. Henson, Johnie Chase et Malik McCall.

mercredi 22 février 2012

Guess Who

Black/White fut un incontestable succès commercial, mais un épouvantable "hommage" à Guess Who's Coming to Dinner !

GUESS WHO - Kevin Rodney Sullivan (2005)

Theresa (Zoe Saldana) doit profiter de leur 25 ans de mariage de ses parents pour le présenter son petit ami, Simon (Ashton Kutcher). Mais celui-ci Blanc, et le père de Theresa, Percy Jones (Bernie Mac), risque d'être tatillon sur la question.
Il prend d'abord le chauffeur de taxi (Mike Epps) pour son gendre, puis a du mal à cacher sa surprise. Pour faire bonne impression, Simon s'embourbe dans des mensonges, et la relation entre les deux hommes vire au cauchemar...
Un carton ! C'est peu pour qualifier le succès d'exploitation de ce film ; il rapporte plus de 100 millions. Pourtant, à mon sens, si le début est prometteur, l'ensemble du film s'avère lourdaud. On se lasse vite de l’engrenage des mornes péripéties. Assumé comme le remake du film de 1967 Guess Who's Coming to Dinner, avec Sidney Poitier, il n'y arrive pas à la cheville. Malgré tous les reproches que l'on peut faire à l'original, il traitait du racisme dans une société ségréguée...

Ici, sous prétexte de "renverser" les préjugés, on nous fait finalement le coup d'un pseudo-"racisme anti-blanc" qui serait le miroir du racisme ordinaire (contre les Afro-Américains mais généralement les minorités). C'est oublié un peu vite que le racisme tant qu'il n'est qu'un sentiment personnel est regrettable et condamnable, mais lorsqu'il est une réalité sociale et politique -comme la ségrégation et son cortège de lois discriminatoires- il prend une toute autre importance ! Ainsi du point de vu comique comme politique, cette adaption moderne est en deçà de son modèle Guess Who's Coming to Dinner !

Longtemps cantonné au soutien des acteurs principaux dans de grosses productions comme Ocean's Eleven, Head of State, Charlie's Angels : Full Throttle ou Bad Santa, Bernie Mac décroche enfin un premier rôle dans Mr. 3000. Il tournera ensuite dans Pride et Transformers ; il décède en 2008, après avoir tourné son ultime film : Soul Men. Zoe Saldana est alors assez peu connue, elle a depuis conquis ses jalons de grande actrice après le succès d'Avatar et de Colombiana.
Souvent les Blancs sont des pépites, succuleusement crétins ou machiavéliques. Ici, Ashton Cutsher joue sans conviction et son personnage est sans âme, juste un jeune premier insignifiant...
Etonnemment Mike Epps n'est pas crédité au générique, où apparaissent Richard T. Jones, Denise Dowse, Nadine Ellis et deux anciens de la blaxploitation : Hal Williams qui débute dans Cool Breeze et Richard Lawson (Scream Blacula Scream, Black Fist et Sugar Hill, il joue en 2007 dans l'excellent I'm Through with White Girls... puis dans Love For Sale et For Colored Girls).

mercredi 15 février 2012

Beauty Shop

Le personnage de Queen Latifah avait été soigneusement intégré à Barbershop 2 : Back in Business préparant la sortie de ce produit dérivé sans grand intérêt...

BEAUTY SHOP - Bille Woodruff (2005)


Gina Norris (Queen Latifah), une coiffeuse de Chicago, a déménagé à Atlanta pour permettre à sa fille de prendre des cours de piano. Elle est obligé de travailler pour un patron infect et mégalo, Jorge (Kevin Bacon). Mais, lassée de ses ordres incohérents et de son mépris, elle démissionne. Elle parvient à racheter un salon tombé en désuétude et le retape... Elle ouvre rapidement le Gina's Beauty Shop qui va connaître un succès fulgurant.
Mais lorsqu'elle commence à récupérer des clientes de son ancien boss Jorge, celui-ci est prêt à employer tous les moyens pour contribuer à sa perte...
Devancé sur le créneau par Nora's Hair Salon, Hair Show puis The Salon, ce Beauty Shop bénéficie d'un coup de pouce efficace puisqu'il est présenté comme le spin-off des Barbershop. Il bénéficie d'un budget de production conséquent (et de guests blancs, comme Kevin Bacon et Andie MacDowell, élargissant le public potentiel) et, en comparaison des autres, il engrange de conséquents bénéfices.
Difficile donc de ne pas faire la comparaison avec les deux Barbershop. Et justement, on est en droit d'être un peu déçu. La réalisation Bille Woodruff (spécialisé dans les clips) est tout à fait ordinaire, le scénario est quasiment inexistant et l'essentiel repose sur des dialogues censés être pétillants. Mais là où les discussions et engueulades des mecs du Barbershop étaient bien senties et diverses, les conversations de ces dames se limitent malheureusement aux mecs, à leur physique et les grands sujets de désaccord portent sur la chirurgie esthétique.
En plus, beaucoup de personnages sont justes transposés au féminin, telles "la-blanche-qui-sait-mieux-coiffer-les-noires".

Heureusement le casting concocté par Victoria Thomas et Kim Coleman tient la route. Spécialement Queen Latifah, qui porte réellement le film par sa performance pêchue et son omniprésence à l'écran. Débutant vraiment dans Amistad, Djimon Hounsou a gagné ensuite ses galons avec Gladiator ou Blood Diamond ; c'est étonnant de le voir là, mais sa performance est plutôt bonne (dernièrement, il prêtait sa voix à T'Challa, la Panthre Noire). A part Hounsou et Omari Hardwick (Next Day Air, Sparkle), ce sont surtout aux actrices que le casting fait la par belle : la comédienne Sheryl Underwood (I Got the Hook Up, Bulworth), Della Reese (plutôt incontournable dans les séries TV, elle se fait rare au cinéma, n'apparaissant que dans Harlem Nights, The Distinguished Gentleman et A Thin Line Between Love and Hate), LisaRaye (The Players Club, The Wood, Civil Brand, Gang of Roses), Keshia Knight Pulliam (Madea Goes to Jail), Alfre Woodard, Sherri Shepherd, Paige Hurd...

mardi 10 janvier 2012

Head of State

Avec Président par accident, Chris Rock continue sur sa lancée de comédie grand public réussie...

HEAD OF STATE - Chris Rock (2003)


Alors que le Président démocrate est candidat à sa propre succession, il décède à quelques jours des élections. Le dirigeant du parti -qui pense déjà à préparer sa propre élection 4 ans plus tard- et ses proches optent pour un candidat fantoche. Il désigne un petit conseiller municipal d'un quartier noir et pauvre de Washington : Mays Gilliam (Chris Rock).
Mays suit d'abord sans grande conviction le parcours pré-établi par son équipe de campagne. Mais son frère Mitch (Bernie Mac) débarque et l'incite à profiter de son opportunité pour dire ce qu'il pense réellement. Mays parle avec conviction de l'aide sociale, des services publics et oriente sa campagne vers les ouvriers, les pauvres, les homosexuels, les macs...
Il monte dans les sondages, mais la campagne se corse lorsque son adversaire, le vice-président Lewis, multiplie les spots publicitaires mensongers.
Quelques années après l'élection de Barak Obama à la présidence étasunienne, cette histoire de premier président afro-américain prête à sourire, en particulier parce qu'elle ne pouvait être prise que comme une bonne blague à l'époque !
Chris Rock livre la son premier long métrage en tant que réalisateur (il en fera un second en 2007 : I Think I Love My Wife) et scénariste, poste qu'il partage avec son complice Ali LeRoi (cette paire de joyeux drilles officient dans la très agréable série Everybody Hate Chris, mais ils sont complices depuis The Chris Rock Show et collaborent sur Pootie Tang et Down To Hearth).
Bien sûr, on n'échappe pas à une bouffée de bons sentiments, déployés pour édulcorer un propos qui pourrait être trop politique et didactique. Mais, en même temps, le ton s'avère parfois plus percutnt qu'on pourrait s'y attendre, avec la dénonciation des rouages bureaucratiques de la politique et du cynisme des dirigeants...

Casting réussi (sous la direction de Kim Coleman et Victoria Thomas) : le duo Chris Rock/Bernie Mac fonctionne plutôt bien, Robin Givens (qui débute dans The Wiz) s'en sort à merveille dans le rôle de la femme hystérique. Et l'on peut aussi évoquer la présence de Lynn Whitfield, Keith David, Gammy Singer, Novella Nelson, Tracy Morgan, Tamala Jones et du rappeur Nate Dogg.

vendredi 6 janvier 2012

Bringing Down the House

Ni Steve Martin ni Queen Latifah ne ressortent grandi de ce mauvais Bronx à Bel Air...

BRINGING DOWN THE HOUSE -
Adam Shankman (2003)




Peter Sanderson (Steve Martin) est un avocat d'affaire ambitieux, bourreau de travail et plutôt coincé qui cache à ses collègues que sa femme l'a quitté. Il s'autorise cependant une folie : il chate avec Charlene Morton (Queen Latifah) et les deux cyber-tourtereaux se rencontrent enfin. Or Charlene n'est ni juriste, ni bardée de diplômes et surtout c'est une Afro-Américaine, échappée de prison en sus !
Elle compte sur Peter pour l'aider à prouver son innocence et est prête à utiliser tous les moyens pour s'assurer son soutien...
Si certain petit film que l'on aborde négativement peuvent s'avérer plus sympathique que prévu, j'avais regardé celui-ci avec l'à-priori positif de l'hilarant Bowfinger avec Steve Martin et Eddie Murphy et la déception fut d'autant plus grande ! Le film a pourtant été un succès inattendu, en quintuplant les bénéfices par rapport au coût de production (165 millions de dollars contre 33). La BO est signé du compositeur aux multiples thèmes cultes de Mission impossible à Mannix en passant par Starsky & Hutch : Lalo Schifrin (on lui doit aussi dans la période blax les BOF de Golden Needles, Hit ! et Enter the Dragon).
De facture assez classique sur la forme, le film a l'apparence sur le fond d'un prêche pour la tolérance... Or tout fonctionne sur des préjugés racistes, c'est à dire une différenciation entre Blancs et Noirs et l'attribution à chacun de stéréotypes. Je suis d'ailleurs fort étonné que Queen Latifah, qui co-produit par ailleurs, ait décroché pour l'occasion la récompense annuelle de la NAACP ?!? Celle-ci se retrouve quand même dans le costume d'une mammy, la nounou traditionnelle des films sur le Vieux Sud et une figure récurrente des productions hollywoodienne raciste !

Si l'on accroche au genre, le duo Martin/Latifah peut faire sourire ; pour ma part le plus amusant est probablement Eugene Levy, dont le rôle de pervers libineux est assez drôle.
Relégués à quelques rôles subalternes, les Noirs sont peu présents dans le casting, citons Jernard Burks (The Preacher's Wife, Down to Earth, Starsky & Hutch, Four Brothers), Tracey Cherelle Jones (Don't Be a Menace..., The Players Club, Baby Boy), Sundy Carter (State Property, Boss'n Up, Soul Plane, Next Day Air), Steve Harris (Sugar Hill, Diary of a Mad Black Woman), et le rappeur chrétien Deezer D (Cool as Ice, CB4, Fear of a Black Hat, The Great White Hype, Bones).
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dimanche 2 octobre 2011

White Men Can't Jump

Incontournable succès, Les blancs ne savent pas sauter se place dans la veine du nouveau cinéma noir (bien que réalisé par un Blanc)...

WHITE MEN CAN'T JUMP - Ron Shelton (1992)



Billy Hoyle (Woody Harrelson) est un talentueux basketteur, doublé d'un filou : posté aux abords des terrains, il passe auprès des joueurs afro-américains pour un benêt incapable, et une fois les paris lancés, il les pulvérise et empoche les mises.
C'est comme ça qu'il se rencontre Sidney Deane (Wesley Snipes), qu'il ridiculise à deux reprises devant ses potes. Mais Sidney, pas rancunier, voit surtout l'intérêt de s'associer à Billy pour se faire un max d'argent ! L'arnaque : Sidney s'embrouille avec des joueurs, les provoque et parie qu'il les gagnera, leur offrant même le choix de son coéquipier. Ils choisissent invariablement le blanc-bec du bord du terrain : Billy.
Sa copine, Gloria (Rosie Perez) s'entraîne pour particper à Jeopardy, et Billy investit leurs économies dans ses combines jusqu'à ce que Sideny le roule...

Dès sa sortie, le film cartonne et connaît même un succès international. Le budget de production est modique, et le film rapporte plus de 90 millions de dollars. Ce n'est pas vraiment une comédie, plutôt une chronique sociale emplie d'humour. La réalisation de Ron Shelton n'a rien d'extraodinaire, mais il sait pourtant mettre en image son histoire, avec du rythme, de l'humour et des scènes de streetball réussie (malgré la méconnaissance du jeu pour les deux acteurs principaux) ; Shelton signe plus tard les scénarios de The Great White Hype et Bad Boyz II.
Le basket n'est que le décor de l'histoire qui se concentre sur des personnages humains, une histoire d'amitié assez banale entre deux hommes que tout semble différencier... L'humour est diffus, léger, jouant de l'opposition Wesley Snipes/Woody Harrelson et de leurs faiblesses. Les dialogues sont souvent savoureux, à l'image du débat sur Jimmy Hendrix.

Une histoire de solidarité donc, sans pour autant verser dans une mièvrerie malvenue sur la coexistence entre Noirs et Blancs.
Enfin la place des femmes -qui laisse souvent à désirer dans les films de cette époque- est assez intéressante : elles prennent les choses en main, devant les gamineries de leurs mecs respectifs, et le personnage de Gloria, plus développé, est extrêmement cultivé (une qualité rarement mise en avant).

Le duo entre Wesley Snipes et Woody Harrelson fonctionne donc à merveille et reprendra du service trois ans plus tard dans Money Train. Découverte dans Do the Right Thing, Rosie Perez est pétillante, sexy et explosive. Les seconds rôles réapparaissent dans les films de l'époque : Tyra Ferrell, Kadeem Hardison, Duane Martin, Bill Henderson, Kevin Benton, Reynaldo Rey, Louis Price...
L'équipe technique est assez proche de celle d'un film réalisé par un Afro-Américain : Francine Jamison-Tanchuck est aux costumres, Victoria Thomas et Jeanne McCarthy au casting, tandis Julius LeFlore coordonne les cascades.