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samedi 25 mai 2013

Original Gangstas

En ces années 90, toujours peu de projets pour Jim Brown. C'est fort logiquement qu'il revient aux fondamentaux avec ce Original Gangstas, ou il retrouve Pam Grier et Paul Winfield (comme dans Mars Attacks ! la même année), son vieil ami Fred Williamson, Richard Roundtree et d'autres représentants de la blaxploitation...

ORIGINAL GANGSTAS - Larry Cohen (1996)

Le gang des Rebels sème la terreur à Gary, Indiana. Ils assassinent d'abord un jeune basketteur puis tentent de supprimer le vieux Bookman, témoin de la fusillade et prêt à parler aux flics... Son fils, John (Fred Williamson) -un ancien footballeur qui a quitté le ghetto- revient pour venger son père et veut détruire les Rebels, par tous les moyens nécessaires. Séparés, la mère le père du jeune assassiné, Laurie Thompson et Jake Trevor (Jim Brown & Pam Grier), s'allient avec lui. John, Laurie et Jack, créateurs des Rebels 20 ans plus tôt, vont tout mettre en œuvre pour empêcher le gang de sévir à nouveau et de pourrir la vie des habitants du quartier.
Tout y passe : de la tentative de médiation par le pasteur (Paul Winfield), à des cours d'autodéfense pour tout le quartier, en passant par une infructueuse collaboration avec la police de l'Inspecteur Slatten (Robert Forster). Mais c'est en retrouvant leurs vieux camarades de gang (Richard Roundtree & Ron O'Neal) que les choses vont s'accélérer...
Le projet, apparemment pharaonique, ne coûte que 5 millions de dollars ; ainsi comme les résultats d'exploitation ne sont pas fabuleux, la perte financière reste limitée. Larry Cohen (Black Caesar et Hell Up in Harlem) est aux commandes et reprend sa caméra pour mettre en scène les 5 grandes stars de la blaxploitation : Fred Williamson, Pam Grier, Jim Brown, Ron "Super Fly" O'Neal, Richard "Shaft" Roundtree !

Si les scènes de gang sont largement convenues (le chef sans âme, le fou de la gâchette au look de pimp, la guerre avec les autres gangs...), les scènes avec les héros des 70s sont bien menées. Comment ne pas adorer la scène où la dream team de la blaxploitation chargent en ligne sur les loubards ?
Bien sûr, on peut comparer les kilos en plus des uns et des autres, mais les scènes d'action sont rondement menées. La scène du cours de self défense organisé par Pam Grier est vraiment géniale. Et Cohen s'amuse à truffer son film de private jokes dignes d'un fan adolescent.

Des 70s aux 90s, les problèmes de pauvreté, de violence, de drogue et de racisme demeurent. Mais la désindustrialisation est passé par là, et l'insouciance ambiante, les costumes colorés et les luttes émancipatrices qui irriguaient la blax' ont disparues. Ainsi, le film peut ressembler à un mea culpa (les ex-Rebels ont créés un monstre qu'il faut empêcher de nuire) et peut éventuellement être interprété comme un espèce d'enterrement de la blax' et de ses gangsters sympathiques...

Cinq ans avant le Jackie Brown de Tarantino, Larry Cohen réunit Pam Grier et Robert Forster, deux acteurs représentatifs du cinéma d'exploitation. En outre, à par les cinq stars de la blaxploitation déjà citées, on retrouve quelques autres représentant des soul movies, comme Paul Winfield (Sounder, Trouble Man, Gordon's War, la mini-série King ou A Hero Ain't Nothin' But a Sandwich entre autres) ou Isabel Sanford (Guess Who's Coming To Dinner, Hickey and Boggs, Soul Soldier, Lady Sings the Blues puis Sprung)
Bien entendu, quelques acteurs de la nouvelle génération viennent compléter la distribustion comme Godfrey (The Cookout, Soul Plane, Phat Girlz), le maquereau The Bishop Don Magic Juan ou encore les rapeurs Yukmouth, Scarface, Bushwick Bill et Shyheim Franklin du Wu-Tang Clan.

mardi 18 décembre 2012

Hickey and Boggs

Au rang des réalisateurs ayant brièvement officié à l'époque des soul movies, on a l'acteur Robert Culp qui s'essaie brillamment à la mise en scène avec Requiem pour des gangsters.

HICKEY AND BOGGS - Robert Culp (1971)

Al Hickey et Frank Boggs (Bill Cosby & Robert Culp) sont deux détectives privés un rien désabusés qui se retrouvent sur une affaire de disparition, celle d'une femme de l'avocat qui les a engagé.
Les deux privés comprennent rapidement que cette femme est liée au braquage d'une banque de Pittsburgh quelques années auparavant ; le montant du butin atteignait 400 000 $. Et la prime pour retrouver l'argent est de 25 000 $, de quoi motiver un peu plus Hickey et Boggs ! Mais d'autres personnes, pas très bien intentionnées, sont sur la même piste...
L'acteur Robert Culp signe la son seul et unique long métrage, et pour le coup il s'en sort bien (mieux que beaucoup à la même époque !). Le rythme est maîtrisé, les plans agréables (gràce à la photographie de Bill Butler, que l'on retrouve sur Melinda et The Bingo Long Traveling...) et la mise en scène réussies. Le tout sert un scénario de Walter Hill qui deviendra réalisateur de blockbusters dans les 80s (dont le culte The Warriors, 48 Hrs. ou Alien 3).

La présence dasn le casting des Afro-Américains est sporadique, on croise Rosalind Cash (Melinda, Amazing Grace, Dr. Black, Mr. Hyde, The Monkey Hu$tle, Cornbread, Earl and Me, Death Drug, Tales from the Hood), Isabel Sanford (Guess Who's Coming to Dinner, Soul Soldier, Lady Sings the Bus et bien sûr la série The Jeffersons, elle réapparaît plus tard dans Original Gangstas ou Sprung), la petite Wanda Spell (la fille de Poitier dans They Call Me Mister Tibbs ! et The Organization) ou encore Roger E. Mosley qui n'est pas crédité ! Celui-ci joue pourtant dans les plus grosses prods blax Hitman, The Mack, Terminal Island et le sublime Leadbelly ou même des petits indépendants comme Darktown Strutters ; il interprète Sonny Liston dans The Greatest, mais il est surtout connu pour son rôle récurrent de TC, le pilote d'hélico ami de Magnum. Bref, un casting qui sonne à peine "blax"...

C'est dans le traitement du duo qu'on trouve les raisons de classer ce film parmi les soul movies que nous affectionnons (le même débat se posait avec Across 110th Street). Bill Cosby et Robert Culp se connaissaient déjà, depuis une longue et fructueuse collaboration sur la série à succès I Spy (dont il existe un remake récent mais totalement raté avec Owen Wilson et Eddie Murphy). Volontairement dans un autre registre plus "anti-héros", le duo Culp/Cosby fonctionne bien ; je ne connais pas très bien le premier, mais voir Bill Cosby dans un polar était déjà un sujet d'étonnement, tant le comique lui colle à la peau. Or son interprétation est parfaite, il incarne un homme dépressif, en pleine rupture avec sa femme... et on y croit ! Dommage que personne n'ait fait le pari de lui proposer d'autres rôles dramatiques.

En regardant ce polar, on pense à Across 110th Street : histoire sombre, duo interracial, ambiance urbaine pesante... en sus, ils ont le même producteur, Fouad Said, et sortent à deux mois d'intervalle seulement. Mais Hickey and Boggs ne bénéficie pas d'une aussi bonne BOF, et reste connus ou recherchés uniquement des fans ultimes de la blax, d'un des acteurs ou des polars des 70s... Pourtant sa récente réédition en DVD a été célébrée sur les sites spécialisés. Souhaitons-lui une nouvelle vie...

jeudi 24 mars 2011

Sprung

Nouvelle livraison de Rusty Cundieff qui s'essaie avec un certain succès à la comédie romantique, très en vogue en cette fin de décennie 90...

SPRUNG - Rusty Cundieff (1997)


Montel (Rusty Cundieff) est un photographe timide et introverti qui ambitionne de trouver la femme de sa vie et de fonder un foyer, son pote Clyde (Joe Torry) est le strict oppposé : un frimeur et un dragueur insatiable. Dans une soirée, les deux amis rencontrent leurs alter-egos féminins : Brandy et Adina (Tisha Campbell & Paula Jai Parker). Alors que dès le premier soir, Clyde et Adina s'offrent de torrides moments, Montel et Brandy prennent leur temps...
Sauf que ces deux derniers tombent amoureux, alors qu'Adina se rend compte que Clyde est fauché et n'a rien à lui offrir. Leur relation s'arrête là, mais ils s'associent pour brouiller le grand amour qui se crée entre Brandy et Montel...

On pense à Booty Call, sorti la même année. Les deux scénarios son très proches : deux couples d'amis aux attentes amoureuse radicalement différentes. Le traitement, lui diffère, et ma préférence va plutôt à celui-ci.
Il est écrit, réalisé et interprété par Rusty Cundieff, à qui l'on doit Fear of a Black Hat (une fausse-biographie d'un groupe hip-hop et le film d'horreur urbain Tales from the Hood. Je trouve son jeu relativement insipide (mais c'est probablement dû aux caractéristiques du personnage. Par contre, sa mise en scène est originale et bien rythmée (au moins pour la première moitié).

Les scènes d'amour sont très bien filmées, je ne cesse de le rappeler, mais c'est une chose très rare dans le cinéma US et il faut constater une fois de plus que c'est un réalisateur afro-américain qui se charge de représenter la sexualité des Afro-Américains dans sa diversité...

Tisha Campbell a déjà joué avec Rusty Cundieff dans School Daze, tous deux dans de petits rôles), et le duo Joe Torry/Paula Jai Parker s'en tire plutôt bien et représentent l'élément comique du film. Le seconds couteaux sont légions : Clarence Williams III, John Witherspoon, Angela Means, Reynaldo Rey, Bobby Mardis, Yolanda Whittaker, Bobby McGee... Il y aussi quelques dinosaures issus de la blaxploitation ou même avant comme Isabel Sanford (la gouvernante dans Guess Who's Coming to Dinner), David McKnight (le J.D. Walker de JD's Revenge), Rai Tasco (Black Starlett, Black Gestapo, Dr. Black Mister Hyde et dernièrement The Green Mile), Freda Payne (qui ne tourne que quelques films, dont Book of Numbers en 1973 et La famille Foldingue) et le coordonnateur des cascades Julius LeFlore, qui a fait ses classe sur Drum.

mardi 17 août 2010

Lady Sings the Blues

Dans cet été bien rempli, le fort beau billet de Culture Street sur Billie Holiday m'incite à publier cette fiche sur la très réussie biographie de la chanteuse ; un projet Motown piloté par Berry Gordy et une première et très convaincante prestation de Diana Ross.

LADY SINGS THE BLUES - Sidney J. Furie (1972)

Suite à son viol sordide, la jeune Eleanora (Diana Ross) arrive à New-York où elle retrouve sa mère (Virginia Capers), une employée de maison qui n'a pas grand chose à lui offrir ; elle lui trouve un travail dans un bordel de Harlem. Eleanora fait le ménage pour un maigre salaire, puis se prostitue finalement.
Mais ce dont elle rêve c'est de chanter dans le club d'en face. Un soir, elle quitte le bordel et arrive à imposer au patron du nightclub, Jerry (Sid Melton), de l'auditionner. Convaincu, il l'engage... sous le nom de Billie Holiday.
Ses prestations ne convainquent pas le public (qui préfère les filles nues), mais lui permettent de faire ses classes, au côté de Piano Man (Richard Pryor) qui l'accompagnera pendant le reste de sa carrière. Coté sentimental, elle s'énamoure d'un jeune dandy Louis McKay (Billy Dee Williams).
Rapidement, des musiciens -blancs- lui proposent de les suivre en tournée à travers le pays ; c'est le début de la gloire, mais aussi des mélanges explosifs de drogues et d'alcool conjugués à une dépression accrue...

Le scénario est basé essentiellement sur l'autobiographie de Billie Holiday (ce qui n'est en rien synonyme de réalité, puisque celle-ci serait déjà plutôt édulcorée, quant à la dureté de sa jeunesse en particulier). Mais les grands moments marquants de sa vie sont habilement amenés, à l'image de sa découverte du Sud et de ses trop célèbres lynchages (qui lui inspirent son émouvant "Strange Fruits"), de son internement, du Carnegie Hall...
Dès le générique, l'on sent une ambiance pesante, noire, soutenue par la musique orchestrale du compositeur français Michel Legrand. A l'image de sa vie, le film recèle une tension tragique tout du long... on souffre pour et avec Billie Holliday.
Le film raconte la vie d'un personnage, mais raconte aussi une époque et un point de vue, celui d'une jeune Afro-Américaine à la voix hors-norme au destin à la fois commun et particulier.

Gordy fait plus que réussir son pari d'imposer dans un grand biopic sa femme, égérie des Supremes. Il remporte un grand succès, aussi bien financier qu'auprès du public et des critiques ; il obtient en sus 5 nominations aux Oscars (ce que se fait rarement alors pour un film noir), dont une pour la meilleure actrice.
Il faut dire que tous les moyens sont là ; la réalisation est léchée. Les séquences musicales s'appuient sur un certain nombres de pros (Paul Hampton, la chanteuse Yvonne Fair, le vieil acteur et musicien Jester Hairston...), ainsi que la partition et la direction d'orchestre de Michel Legrand. Enfin, les acteurs de qualité sont au rendez-vous (un casting de Joe Scully). Billie Dee Williams interprète à la perfection un dandy amoureux, Richard Pryor joue là un de ses rôles "traditionnels" qui -à mon avis- lui vont à merveille (loin des mimiques de ces comédies des années 80) ; mais aussi Virginia Capers, Scatman Crothers et Sid Melton, ainsi que quelques gueules croisées ça ou là telles que Jayne Kennedy, Isabel Sanford (Guess Who's Coming To Dinner, Hickey and Boggs, Soul Soldier puis  Original Gangtsas et Sprung), Tracee Lyles, Norman Bartold ou Lynn Hamilton.

mercredi 4 novembre 2009

Guess Who's Coming To Dinner

Au chapitre des films sur les couples mixtes, le plus emblématique est sans doute Devine qui vient dîner de Stanley Kramer, avec le gendre idéal Sidney Poitier. Le film détonnait par son sujet, alors (déjà ?) tabou aux Etats-Unis où les Afro-Américains étaient encore soumis à la ségrégation. Mais à y regarder de plus prêt, malgré un antiracisme libéral -pas au sens de DSK ou de Sarko, hein ?!, plutôt de la gauche américaine blanche et aisée- il n'évite pas les pièges ni les caricatures séculaires (modernisées ici) de l'Oncle Tom ou de la Mammy...

GUESS WHO'S COMING TO DINNER
Stanley Kramer (1967)


Joey et John (Sidney Poitier), un jeune couple mixte, arrive en Californie pour faire accepter leur mariage à leurs proches. Les parents de Joey -farouchement antiracistes dans la théorie- qui trouvent toutes les raisons pour empêcher le mariage, et ceux de John (Roy Glenn & Beah Richards) qui s'y opposent farouchement. Et sans en dévoiler beaucoup, le film se termine sur un happy end.

Le scénario apparaît plutôt progressiste, mais, c'est l'idéologie du film qui est beaucoup plus intéresante à disséquer, en particulier le personnage de Poitier.D'abord, Joey présente John à tout le monde par son métier, « Docteur Prentice », donnant, par ce biais, le change face à sa « négritude » et les présupposés sociaux qui l’entourent. On apprend aussi que John Prentice n’est pas un simple docteur : il est spécialiste en médecine tropicale, connu du Doyen de l’Université de Hawaï, il a un ami dans la fac de Columbia, il a été enseignant à Yale et à Londres et a publié plusieurs ouvrages faisant référence, John est aussi directeur adjoint de l’OMS. Ces précisions sont égrenées tout au long du film, et ce n’est jamais John qui parle de lui-même. Elles ont pour fonction subjective de rassurer parents ou amis sur les qualités de cet « homme de couleur » (et plus encore le public, rappelant inlassablement que ce personnage est un Noir respectable).

Ainsi, dans un article sur Poitier (CinémAction, n°66), Sam Kelley explique que « Guess Who's Coming to Dinner provoqua la colère de nombreux Noirs qui considéraient comme une insulte le fait que le héros de race noire dût exhiber toutes les perfections alors que sa fiancée de race blanche n'en possédait aucune en particulier. »

Mais ce qui saute le plus aux yeux, c'est que Prentice/poitiers est complètement désexué
Les gestes d'amour relève du platonique, voire de la niaiserie : ils s’enlacent, se tiennent la main, la taille, se caressent amoureusement le visage,... Le plus chaud de leur relation à l'écran réside en un baiser sur la bouche (et encore sou le regard bien veillant d'un chauffeur de taxi
Comme pour appuyer la chasteté de son compagnon, Joey dit clairement à sa mère qu’ils n’ont pas couché ensemble et précise : "Il n’a pas voulu, c’est comme s’il craignait de me faire mal".

Le personnage de Tillie (Isabell Sanford) est lui aussi parlant : Tillie est une mammy moderne, elle en a tous les attributs physiques et moraux. Elle est forte, d’un certain âge et parle d’une voix grave. Elle porte un tablier. Elle a un caractère sec et entier. Certains « tics » sont semblables : attitude cambrée, main sur les hanches en signe de défit et de maîtrise… Elle est souvent dans la cuisine ou en train de faire le service (jusqu’à la dernière phrase du film, où après un prêche antiraciste du père de Joey, celui-ci lui dit « Alors Tillie, il est prêt ce dîner ? » - avouons que c'est assez symptomatique du paternalisme du film).Tillie ne cache pas son inimitié pour « le docteur Prentice », et plus généralement son attitude est hostile à tout métissage relationnel, sous prétexte qu’elle a "horreur qu’un homme de [sa] race se prenne pour ce qu’il n’est pas". Le réalisateur lui fait mélanger, avec un mépris identique, « les droits civiques », le pasteur King et "ces nègres fanfarons" adeptes du Black Power "qui fait du grabuge".

D'autres détails mettent la puce à l'oreille sur le progressisme limité du film et indique encore sûrement à quel public veut plaire le réalisateur. Ainsi, comme pour bien signifier que le racisme est quelque chose de bien partagé entre les Noirs et les Blancs, la famille de Prentice/Poitier est beaucoup plus opposée au mariage (et avec des arguments des plus rétrogrades) et cest le gentil Spencer Tracy qui fait un long monologue moraliste qui les convainc finalement...

A signaler tout de même, une brève apparition de D'Urville Martin...

En bref, tout en dénonçant les « préjugés raciaux », sur deux personnages noirs importants, Guess who’s coming to dinner nous présente deux figures issues de vieux stéréotypes, et accompagne la relation interethnique qu’entretiennent John et Joey d’une distanciation forcenée -et répétitive- entre John et un Noir dangereux, politiquement et sexuellement. Voilà donc un film hollywoodien qui s'adresse exclusivement la bourgeoisie blanche bien-pensante des années 60. Lorsque Poitier s'émancipera ces rôles gentillet et inoffensif, ce sera lui qui passera dernière la caméra...
...mais ce sera pour les prochains billets.