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jeudi 15 août 2013

OdC - Blaxploitation


BLAXPLOITATION - Doloik Dury
L'Œil du cyclone (18/01/1997)

Pendant près d'une décennie L'Œil du cyclone proposa sur Canal+ une petite demi-heure hebdomadaire originale qui s'intéressait à des sujets essentiellement culturels. D'une semaine sur l'autre, on passait de la carte blanche aux rapeurs, en 1991, pour parler politique et culture (tel MC Solaar évoquant le cinéma afro-américain) à " la télévision par les Aborigènes", de rétrospectives sur les performances de Jean-Louis Costes ou les projets de Jean-Christophe Averty (à qui l'on doit entre le sublime Les verts pâturages)... Tout était possible !

Et le 18 Janvier 1997 L'Œil du cyclone s'intéresse à la blaxploitation, explorant les films les plus connus tels Sweet Sweetback..., Dolemite ou Blacula comme les plus obscurs, par exemple Black Gestapo et Abar, the First Black Superman. A voir...

mardi 4 juin 2013

Jim Brown All American

A partir de 1998, Spike Lee commence à réaliser des documentaires (comme 4 Little Girls et A Huey P. Newton Story). Il signe aussi une biographie du sportif du siècle : le footballeur et acteur Jim Brown, qu'il avait fait joué sur He Got Game...

JIM BROWN ALL AMERICAN - Spike Lee (2002)

Le documentaire commence par une rencontre avec l'équipe de football des Ravens et les stars venues les encourager : Jim Brown, le légendaire boxeur Joe Frazier et le non moins légendaire joueur de baseball Hank Aaron.
Rapidement, Spike Lee revient à une narration linéaire -qu'il confie à Jim Brown lui-même. De nombreux intervenants apportent leurs visions du personnage : sa famille -sa soeur Karen, sa femme Monique, son ex-femme Kim, ses fils- et d'autres personnalités comme Melvin VanPeebles, le spécialiste Donald Bogle, les actrices et acteurs Fred "The Hammer" Williamson, Sheila Frazier, Leon Isaac Kennedy, Bernie Casey, l'avocat médiatique Eddie Cochran...
D'abord sur l'enfance et l'adolescence dans une famille nombreuse et pauvre, dans ses premiers pas au lycée et dans le sport, son vécu de la ségrégation même lorsqu'il était reconnu (en particulier lorsqu'il sortait avec un Blanche).
Témoignage de ses entraîneurs et autres profs de sport, d'anciens joueurs, de journalistes, d'Oliver Stone (qui parle du joueur avec une emphase qui n'est pas feinte), ou de l'ancien joueur (lui aussi acteur de la blax') Bernie Casey.
Cette partie dure une bonne heure, mais -même si comme moi ce sport et ses interminables retransmissions télévisées vous est totalement étranger- la succession de vidéos de la star en action et les témoignages sportifs ou sociaux rendent ce passage très intéressant et présentent un Jim Brown sympathique, bagarreur et m'as-tu-vu.
Dès ses débuts, Jim Brown cherche des moyens pour essayer d'aider la Communauté afro-américaine. Il cofonde par exemple la Negro Industrial and Economic Union pour promouvoir l'économie afro-américaine. Sur un terrain plus politique, il apporte son soutien à Mohammed Ali qui refusait de s'engager pour la guerre du Vietnam.

Bien entendu, la reconversion du footballeur en acteur aux rôles virils est abordée. Contacté par la Columbia, il tourne son premier film, un western, Rio Conchos. Vient ensuite le culte The Dirty Dozen qui le fait définitivement reconnaître comme acteur puis 100 Rifles aux cotés de Burt Reynolds et Raquel Welsh (qui témoigne et n'a pas gardé un grand souvenir du footballeur)
Ce qui permet une intéressante discussion autour de la "virilité noire", et forcément une transition toute trouvée pour aborder la blaxploitation et en particulier Slaughter.
Dans la dernière partie, Spike Lee s'intéresse à la vie privée mouvementée de Jim Brown.
D'abord, les embrouilles avec Richard Pryor (et des extraits de spectacle où le comique lui en met plein la tête). L'envie -et le flair de Jim- pour produire Prince et son Purple Rain. Mais le projet avorte et les deux acteurs se brouillent...

Ensuite, le documentaire aborde les accusations de viol, et de violences conjugales, les rapports mensongers du FBI qui l'accuse d'appartenir à la Nation of Islam... puis l'investissement de Brown contre le fléau des gangs.
Tout celà se conclut sur un coté plus sentimental, avec des digressions sur la vie de famille, et Jim Brown Junior qui porte comme un fardeau et un objectif inaccessible le nom de son champion de père.

mardi 14 mai 2013

I'm Gonna Git You Sucka

Alors que sa carrière est en dent de scie durant les années 80, Jim Brown se prête avec beaucoup d'humour à un hommage parodique aux films blaxploitation I'm Gonna Git You Sucka, première livraison de Keenen Ivory Wayans...

I'M GONNA GIT YOU SUCKA
Keenen Ivory Wayans (1988)


Jack Spade (Keenen Ivory Wayans) retourne dans le foyer maternel après l'"O.G." ("Over Gold", une overdose d'or) de son frère; celui-ci avait de mauvaises fréquentations et des dettes contractées auprès du caïd local, Mister Big.
Spade se rend au concours annuel des gangs, il y rencontre John Slade (Bernie Casey), héros de la lutte anti-gang et ancien amant de sa mère (Ja'net DuBois), espérant s'en faire un allié.
Ils s'enjoignent rapidement l'aide de Hammer et Slammer (Isaac Hayes & Jim Brown), puis de Kung-Fu Joe (Steve James) et Flyguy, un pimp à l'ancienne (Antonio Fargas). Ensemble, ils vont nettoyer le quartier...

L'ambiance des productions soul est bien retranscrite : les traits marquant de la période sont pasticher avec humour, mais toujours avec une sentiment de respect affectueux. Ces traits sont grossis volontairement : on aperçoit le cascadeur doublant Ja'net DuBois, on rencontre l'incontournable militant révolutionnaire paranoïaque (Clarence Williams III) dont les chérubins blancs et blonds récitent des rédactions sur ce "Blanc pouilleux de Lincoln", la chanteuse de club -incarnée par Kim Wayans- qui en fait des tonnes en chantant "Oh When the Saints". La palme allant peut-être à ce dialogue entre Jim brown et K. I. Wayans :
"- Qu'est-ce qui te fait croire que tu peux être un "black heroe" ?
- Je suis un ancien joueur de football."

Il y a aussi des parodies d'Abby, de The Mack (avec le concours de pimp de l'année gagné -forcément !- par Antonio Fargas), des films d'action soul, du sow télévisé culte Soul Train et de Jim Kelly. Ainsi qu'une vanne récurrente sur les thèmes musicaux avec un Bernie Casey déambulant dans la rue sur le thème de Shaft interprété un groupe qui marche dans ses pas.

Les stars de l'époque (Bernie Casey, Isaac Hayes et Jim Brown) et les secondes gueules jouent le jeu à fond, à l'image des Ja'net DuBois (Five on the Black Hand Side, A Piece Of the Action, la série TV culte Roots), Marilyn Coleman (Willie Dynamite, Disco Godfather et le plus récent Menace II Society), les cascadeurs Bob Minor et Tony Brubaker, l'incontournable Antonio "Huggie" Fargas.
Mais aussi des acteurs plus jeunes comme Chris Rock, Kadeem Hardison (qui jouera un des rôles principaux de Panther, et apparaît dans School Daze, White Men Can't Jump, Vampire in Brooklyn, The 6th Man, Showtime), Robin Harris et nombre d'autres, les Wayans au premier rang, ayant collaboré à l'excellent Hollywood Shuffle de Robert Towsend qui fait donc assez logiquement une brève apparition.

Enfin, cette production offre aussi un rôle à un dinosaure du cinéma noir : Jester Hairston, musicien et acteur qui participe aux mythiques The Green Pastures, Carmen Jones, The Sun Shines Bright de John Ford, à Lilies of the Field et In the Heat of the Night avec Sidney Poitier, et à quelques films soul comme Lady Sings The Blues ou The Bingo Long Traveling All-Stars & Motor Kings.



mardi 26 mars 2013

...tick... tick... tick...

Dans ...tick... tick... tick... Et la violence explosa, Jim Brown décroche son premier rôle de flic : celui d'un shérif dans un patelin de Sud profond. Excellent film !

...TICK... TICK... TICK... - Ralph Nelson (1970)

John Little (George Kennedy) est le shériff de Colusa, une petite bourgade typique du vieux Sud. Cependant, son mandat touche à sa fin et son remplaçant ne fait pas l'unanimité : Jimmy Price (Jim Brown) est un Noir, élu par la majorité des habitants, essentiellement afro-américains.
Il prend ses fonctions avec suscitant d'un coté la défiance de la population blanche et d'un autre les espoirs de la communauté noire...
A mi-chemin entre In the Heat of the Night et The Klansman, ce tick... tick... tick... est un très bon film qui annonce la déferlante de production avec des Afro-Américains.
Ralph Nelson consacre deux autres de ses réalisations aux Afro-Américains : Lilies of the Field dans les années 60 et, à la fin des années 70, A Hero Ain't Nothin' But a Sandwich. Ici il propose une réalisation classique mais percutante, agrémentée de la partition de Jerry Styner (The Zebra Killer). On ressent la moiteur oppressante, les corps qui suintent, la tension raciale est palpable. La scène d'ouverture est de ce point de vue un cas d'école.
Quant à Jim Brown, il confirme ses talents d'acteurs et construit peu à peu son personnage de héros viril prenant le pas sur les autres protagonistes par son charisme froid autant que ses talents physiques.

Par contre, on est un peu déçu par le peu d'action (et de violence, comme le suggère le titre français). Ainsi la tension si bien représentée tout au long de film retombe un peu trop rapidement sans arriver à l'explosion annoncée (et attendue pour le plaisir sadique du spectateur). Cependant, la volonté Ralph Nelson était probablement de donner la primauté à la solidarité et l'entraide multiraciale qu'à un dénouement violent ; cette position est respectable.

La distribution est intéressante puisqu'elle mixe des acteurs "WASP" fort connus comme George Kennedy, Don Stroud (qui retrouve Brown sur Slaughter's Big Rip-Off), Clifton "Pepper" James, Fredric March, Mills Watson...
Mais aussi une réunion d'actrices et acteurs afro-américains de différentes générations tels Bernie Casey, Janet MacLachlan (Up Tight! , Halls of Anger, Sounder), Roy Glenn (Carmen Jones, Porgy and Bess, A Raisin in the Sun, Guess Who's Coming to Dinner), Dino Washington (Dolemite et Disco Godfather) et Bill Walker qui fait office de dinosaure avec plusieurs centaines d'apparitions ; débutant dans les années 40, il joue les servants ou les indigènes d'Afrique, on peut le remarquer dans les 70s dans Riot, A Great White Hope, A Piece of the Action et The Wiz.

dimanche 10 mars 2013

Black Gunn

Quelques mois après la sortie de Slaughter, Jim Brown s'ancre définitivement dans le soul cinéma avec ce Gunn la gâchette.

BLACK GUNN - Robert Hartford-Davis (1972)
Los Angeles. Une bande d'Afro-Américains attaquent un repère d'une organisation mafieuse ; ils raflent l'argent et s'emparent d'importants livres de compte. Les cambrioleurs sont en fait un groupe de révolutionnaires du Black Action Group mené par Seth et Scott (Bernie Casey & Herb Jefferson Jr.).
Capelli (Martin Landau), un responsable de l'Organisation qui camoufle ses activités derrière un poste de concessionnaire automobile médiatique, a pour mission de retrouver les voleurs et surtout les livres de compte.
Peu attiré par le militantisme, Gunn (Jim Brown) est le propriétaire fortuné d'un nightclub réputé, le Gunn's Club. Il refuse d'abord de s'impliquer dans ce sac de nœuds, et accepte juste de garder les livres de compte tant convoités dans son coffre.
Cependant, Gunn va vite changer d'avis après l'assassinat de son frère Scott...
Fusillades, courses-poursuites, lutte à main nues, tortures... Tous les ingrédients sont réunis pour un black action movie plutôt réussi, à l'intrigue agréable et à la réalisation rythmée. Jim Brown joue mieux les scènes d'action viriles que les moments d'émotion, et finalement mieux vaut ça que l'inverse puisque c'est plutôt ce qu'on attend de lui.
Probablement grace au scénario qui l'ancre dans une intrigue politico-mafieuse et un décor urbain, ce Black Gunn s'avère un cran au-dessus de Slaughter (à qui Robert Hartford-Davis emprunte l'idée des grandes focales pour certaines scènes de baston).

Comme tout bon film blax, les cascadeurs Bob Minor et Henri Kingi sont aux affaires, tandis que le casting se compose de seconds ou troisièmes rôles déjà vus ailleurs : Brenda Sykes, Bernie Casey, Herb Jefferson Jr., Rick Ferrell, Jeanne Bell, Jay Montgomery.
Comme à l'accoutumée, un ou deux acteurs blancs connus viennent donner la réplique au héros ; ici c'est Martin Landau (que l'on a pu croiser dans le catastrophique They Call Me MISTER Tibbs ! mais qui est surtout connu pour les premières saisons de Mission Impossible puis celui oscarisé dans Ed Wood de Tim Burton) et Bruce Glover qui interprète à merveille un second couteau vicieux et raciste.
Le casting fait la part belles aux anciennes gloires sportives avec Vida Blue (base-ball) et les footballeurs Deacon Jones, Timothy Brown (premier rôle de Dynamite Brothers et Black Heat) et Gene Washington.

samedi 29 septembre 2012

The Glass Shield

Quatre après le désormais introuvable To Sleep with Anger avec Danny Glover, Charles Burnett revient avec un thriller halletant sur fond de racisme policier : L'insigne de la honte.

THE GLASS SHIELD - Charles Burnett (1995)


L'adjoint John "JJ" Johnson (Michael Boatman) est une jeune recrue afro-américaine de la police de Los Angeles. Le seul Noir du commissariat, négativement réputé pour ses bavures racistes. L'unique collègue qui est sympa avec lui est la seule femme, l'agent Deborah Fields (Lori Petty), cible des railleries sexistes des autres flics.
Un soir, le jeune Teddy Woods (Ice Cube) est arrêté par JJ et Jack Bono et l'arme dans la boîte à gant de sa voiture semble être celle qui a servi lors d'un meurtre. Soucieux de s'intégrer au mieux auprès de ses collègues, JJ fait même un faux témoignage pour enfoncer le jeune Woods.
De son coté, ce dernier nie l'assassinat et est assisté par son avocat brillant et combattif : James Locket (Bernie Casey) qui met à jour plusieurs failles et faits troublants...
Le budget est très limité de 8 millions de dollars, mais c'est plus que ce à quoi s'est habitué le cinéaste Charles Burnett, précurseur du cinéma réaliste afro-américain. La réalisation, comme le scénario, sont plus ordinaires que Killer of Sheep et My Brother's Wedding. Burnett mixe plusieurs grands classiques du cinéma américain : le film policier empli de ripoux, les longues scènes d’interrogatoires au tribunal, le drame amoureux, la pression du racisme et du sexisme...

Au premier abord, après un générique façon comic strip,  on semble face à un téléfilm policier assez ordinaire, voire un peu pataud, qui peine à se mettre en place. Mais dès l'arrestation d'Ice Cube, l'intrigue est enfin lancée et Burnett introduit une dizaine de personnages secondaires assez fouillés et plonge le spectateur dans un sombre polar doublé d'un drame psychologique où chaque personnage a sa logique propre. Même le racisme n'est pas présenté comme un bloc monolithique : racisme ordinaire du flic de base qui contrôle au faciès, racisme cynique de la hiérarchie policière et judiciaire.

Autre nouveauté pour Charles Burnett : il s'entoure cette fois d'actrices et acteurs professionnels, aussi bien afro-américains que blancs. Parmi ses derniers citons quelques habitués de production "black" comme Don Harvey (Life, In Too DeepShe Hate Me...) et M. Emmet Walsh (, Panther, A Time to Kill) et Michael Ironside (Jo Jo Dancer...). millions de dollars.
Pour ce qui est des Afro-Américains, Burnett offre un très bon rôle à Bernie Casey, très convaincant en avocat tenace. Se succèdent aussi Ernie Lee Banks (Baby Needs a New Pair of Shoes, The Black Godfather, Bulworth), Tommy Redmond Hicks (découvert par Spike Lee dans She's Gotta Have It, on le croise peu : le téléfilm Death of a Prophet, Daughters of the Dust, The Meteor Man, The Five Heartbeats), Victoria Dillard (Coming to America, Deep Cover, Black Rebel, The Best Man... elle incarne Betty Shabazz dans Ali), Kimble Jemison (Life, Bowfinger), David McKnight (J.D.'s Revenge) et Sy Richardson son complice de longue date.

Cependant, malgré ce casting assez incroyable et la mise en avant du rapeur Ice Cube (qui débute sa reconversion et s'affirme comme une figure montante du cinéma afro-américain après Boyz N the Hood), ne parvient pas à dynamiser les entrées et les recettes s'élèvent péniblement à quelques 3

samedi 10 septembre 2011

Dr. Black, Mr. Hyde

Ultime déclinaison blax des grands personnages de l'univers fantastique après Blackentstein et Blacula...

DR. BLACK, MR. HYDE - William Crain (1956)
Le docteur Henry Pride (Bernie Casey) est un brillant scientifique qui travaille sur un sérum révolutionnaire, avec comme partenaire le Docteur Worth (Rosalind Cash). En guise de test, Pride injecte le produit à un rat et une patiente mourante d'un hopital de Watts... malgré les résultats peu probants, le Dr. Pride s'inocule le sérum à lui-même. Les effets ne tardent pas à se faire sentir : sa peau blanchit tandis que ses traits deviennent difformes. Il s'attaque alors à des prostitués...
Les Lieutenants Jackson et O'Connor (Ji-Tu Cumbuka & Milt Kogan) enquêtent dans le milieu des pimps et des dealers pour trouver l'auteur des mystérieux massacres.
Le film est produit par Charles Walker, pour le moins éclectique dans ses occupations : il joue dans A Piece of the Action, signe le scénario de Mean Johnny Barrows, végète dans des dizaines de séries et apparaît brièvement dans A Thin Line Between Love and Hate, Set It Off, Trippin', La famille Foldingue et Soul Plane.
Il est réalisé par William Crain, auteur quatre ans auparavant de Blacula. La comparaison s'arrête là : le scénario est bâclé, les décors simplistes (le laboratoire se limite à une pièce blanche flanquée d'un bureau de quelques flacons et d'une cage de rats), les effets spéciaux idem, quant au final il tient de King Kong mais en ultra-cheap ; c'est clair Crain compose avec son budget rachitique.
La musique de Johnny Pate n'agrémente les séquences que parcimonieusement. Dommage car elle impose à bon escient une ambiance pesante ou un peu d'énergie à grands coups de pédale wah-wah.

Reste une tête d'affiche assez solide pour porter le film presqu'entièrement, en la personne de Bernie Casey. Les seconds rôles typiques des films soul sont confiés à des actrices et acteurs déjà habitué au genre : assistante pour Rosalind Cash, inspecteur pour Ji-Tu Cumbuka (Up Tight !, Top of the Heap, Blacula, Mandingo, Ebony, Ivory and Jade, Moving, Harlem Nights), barman pour Sam Laws (Cool Breeze, Hitman, Sweet Jesus, Preacherman, Truck Turner, Darktown Strutters, The Bingo Long Traveling...), prostitués pour Marie O'Henry (Three the Hard Way et Deliver Us From Evil) et Cora Lee Day (The Human Tornado, Passing Through, My Brother's Wedding, Bush Mama, Daughters of the Dust, Tina), pimp pour Stu Gilliam (The Mack, The Meteor Man), docteur hindou pour Rai Tasco (Black Starlet, The Black Gestapo, To Sleep with Anger, Sprung et The Green Mile) et garde pour Bob Minor.

jeudi 8 avril 2010

Cornbread Earl And Me

Réunissant un très gros casting afro-américain, Cornbread Earl And Me se place dans la lignée des chroniques sociales. Assez inégal, le film est surtout vendu pour être le premier film de Laurence Fishburne.

CORNBREAD, EARL AND ME
Joseph Manduke (1975)


Nathaniel "Cornbread" Hamilton (Jamaal Wilkes) est un bon joueur de basket, il ne quitte pas son ballon et se nourrit de soda à l'orange. Son cousin, Wilford (Lawrence Fishburne) est son plus gros fan.

Un jour de pluie, Cornbread, Earl et Wilford se retrouvent au drugstore du coin en sirotant des sodas. Au même moment, dans un immeuble proche, la police poursuit l'assassin d'une femme. Cornbread décide de rentrer chez lui, en courant sous la pluie. Mais les flics sortent de l'immeuble, le prennent pour le tueur et lui tirent dessus, sous les yeux de Wilford, et d'autres témoins...
Ses parents (Madge Sinclair et Stack Pierce) vont tout faire pour prouver la bavure de la police. Ils engagent pour celà l'avocat Ben Blackwell (Moses Gunn).

Très inégal, le film se décompose en deux parties vraiment différentes. La première partie montre différentes familles afro-américaines de la classe moyenne, leurs problèmes, leurs aspirations, leur volonté de réussite... La réalisation est plutôt d'un bon niveau ; la scène du meurtre de Cornbread est graphiquement réussie, l'émotion est au rendez-vous.
Mais c'est aussi là que le film bascule dans le pire pêché des séries et films étatsuniens : le procès ! Et là c'est ennui, violons et mièvreries en perspective... sans oublier la plaidoirie geignarde et grandiloquente.

Les stars de la blaxploitation sont au rendez-vous : Moses Gunn, Rosalind Cash, Madge Sinclair et Bernie Casey. On retrouve aussi l'ineffable Antinio Fargas, les petits Tierre Turner qu'on retrouve dans Friday Foster ou Bucktown) et Lawrence Fishburne. On peut regretter que le petit rôle de Thalmus Rasulala. Le film regorge aussi de seconds rôles Bill Henderson (Cool Breeze, Trouble Man mais aussi 20 plus tard White Men Can't Jump ou Trippin'), Madge Sinclair (Leadbelly, la série Roots, Coming to America), Pamela Jones, Charles Lampkin, Stack Pierce, Don Newsome, Erik Kilpatrick...