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mercredi 23 novembre 2011

Kingdom Come

Bizarement retitré We are family pour la sortie française, ce film est une comédie sociale et familiale de qualité...

KINGDOM COME - Doug McHenry (2001)



Toute la famille Slocumb se retrouve en pleine campagne pour assister à l'enterrement de leur père et soutenir Raynelle (Whoopi Goldberg), leur mère. Junior et son hystérique d'épouse Charisse (Anthony Anderson & Jada Pinkett Smith), accompagnés de leurs turbulents enfants, n'ont de cesse de s'écharper. Ray Bud (LL Cool J) -un ancien alcoolique- et sa femme Lucille (Vivica A. Fox) n'arrivent pas à faire d'enfant. Sont là aussi la très pieuse Marguerite (Loretta Devine) et son gangsta de fiston.
Tout ce petit monde est réuni pour cet enterrement d'un patriarche qu'ils étaient peu à apprécier...
Le budget de production est infime (7 petits millions de dollars), et les bénéfices sont multipliés par 4, ce qui en fait un joli succès financier.
Le producteur à succès Doug McHenry (de New Jack City, la trilogie House Party, A Thin Line Between Love and Hate, The Brothers, Two Can Play That Game) s'attèle à lui-même à la réalisation. Sans grandes prétentions, elle s'avère plutôt de bonne facture. Le film s'attarde sur chaque membre de la famille et son histoire singulière, et alterne avec une certaine réussite humour et sentiments... Le fait de situer l'histoire en pleine campagne dépayse et sort de l'ordinaire. Quant à la musique, elle est signée Tyler Bates (Baadasssss ! et des blockbusters comme 300, Watchmen et Conan).

Le point fort du film réside essentiellement dans le casting énorme -concocté par Robi Reed- qui rassemble une flopée des actrices et acteurs du moment, très à l'aise dans leurs compositions : LL Cool J, Anthony Anderson, Vivica A. Fox, la chanteuse Toni Braxton, Tamala Jones, Richard Gant, Kellita Smith, Ellen Cleghorne... Jada Pinkett Smith et Loretta Devine sont les principaux éléments comiques ; la première dans un rôle à contre-emploi de mégère infatigable et la seconde dans la peau d'une grenouille de bénitier envahissante.
Whoopi Goldberg n'a que peu de répliques, mais elle se distingue par une dignité et une prestance extraordinaire.
Cedric the Entertainer s'installe peu à peu dans le paysage des acteurs afro-américains incontournables (Spike Lee lui a consacré The Original Kings of Comedy) ; il reprend ici un rôle de pasteur, comme dans Big Momma's House.
Coté équipe technique on retrouve Julia L. Walker -présente sur presque tous les films avec Whoopi- dirige l'équipe de coiffure, Francine Jamison-Tanchuck (Glory, White Men Can't Jump, Boomerang, Sister Act 2 : Back in the Habit, A Low Down Dirty Shame, Big Momma's House...) assure les costumes, tandis que Tony Brubaker -incontournable cascadeur de l'époque de la blaxploitation -coordonne l'équipe de cascadeurs (dont Big Daddy Wayne et Kelsee King-Devoreaux).

mardi 15 novembre 2011

How High

Le succès du Wu-Tang Clan et de sa pléiade de rappeurs n'était plus à démontré, le passage de Method Man et Redman devant la caméra aurait pu être différé...

HOW HIGH - Jesse Dylan (2001)


Silas et Jamal (Method Man & Redman) pour passer leur examen d'entrée à la fac. Le premier est un dealer hors-pair , le second est pressé par sa mère (Anna Maria Horsford) d'étudier pour décrocher son diplôme universitaire.
Alors qu'ils partagent leur premier joint, le fantôme d'un client décédé de Silas apparaît : il promet qu'avec sa weed spéciale, l'Ivory, les deux compères verront leurs capacités décuplées... En effet, ils font sans faute et se voient courtiser par tou tes les universités de pays. Ils optent pour Harvard, où ils survolent les cours tout en décrochant les meilleures notes ; mais leur principale activité consiste à fumer, défier le doyen Cain (Obba Babatundé) et dénicher des filles...
Que dire si ce n'est que voilà un véritable éloge de la bêtise !?! Une comédie estudiantine plus que légère, où le vide abyssal tient lieu de décor et la vulgarité de religion !
Quelle pitié de voir des Afro-Américains collaborer à des personnages aussi dégradant et outranciers ! Fort logiquement, les producteurs (dont Danny De Vito) et le réalisateur sont des Blancs.
Les premières comédies hip-hop (comme House Party, Who's the Man ? et Don't Be A Menace...) étaient plutôt sympas, légères et assez cheap pour être pris avec humour Même sur la défonce, Half Baked était très réussi ! Mais les temps changent... les rappeurs ont fait leur trou dans le business et l'entertainment , et loin de la génération précédente des chanteurs de soul et de funk offrant leurs chansons ou jouant dans des films "black and proud", voilà nos rappeurs assumant les pires caricatures de drogués, débiles et ultra-sexistes.
Seule la BO tient la route, mais c'est finalement bien le minimum que l'on peut attendre de Redman et Method Man.
Le casting rassemble la nouvelle génération : Mike Epps, Tracy Morgan, B-Real de Cypress Hill, Essence Atkins, Obba Babatundé et Lark Voorhies (la Lisa de Sauvés par le gong qui joue aussi dans How To Be a Player). Un plus "ancien" joue un petit rôle : Garrett Morris (débutant dans Cooley High et Car Wash).

dimanche 6 novembre 2011

Scary Movie

Avec cette parodie des films d'épouvantes pour teenagers, on peut dire que les frères Wayans entrent dans la cour des grands...

SCARY MOVIE - Keenen Ivory Wayans (2000)
Trois couples d'étudiants -Cindy Campbell et Bobby Prinze (Anna Faris & Jon Abrahams), Ray Wilkins et Brenda Meeks (Shawn Wayans & Regina Hall) et Greg Phillipe et Buffy Gilmore (Lochlyn Munro & Shannon Elizabeth)- sont traqués par un tueur en série un an après avoir tuer un homme suite à un accident de voiture.
Les meurtres s'enchaînent et le campus devient le centre d'intérêt de la police et des journalistes... Produit pour 20 petits millions de dollars, il en rapporte plus de 10 fois plus... C'est une des plus grandes réussites de Keenen Ivory Wayans en tant que réalisateur, et de Marlon et Shawn comme scénaristes.
Parodiant les films d'horreur et d'ados, genre dans lequel les Wayans excellent (dans le show TV In Living Color et dans les films I'm Gonna Git You Sucka et Don't Be A Menace..., pastiches et hommages de la blaxploitation et des urban movies), le film devient un classique du genre à part entière et sera décliné sur plusieurs volets. Seul Scary Movie 2 est estampillé "Wayans family".
... et ça fonctionne. Du moins si l'on est prêt à être réceptif.
Les références sont légions : Scream bien sûr, Souviens-toi l'été dernier, Blair Witch Project, Urban Legend Chucky, et Shinning... mais aussi American Pie, Usual Suspect, Matrix ou même Amistad.

En l’occurrence la cour des grands pour les Wayans s'accompagnent d'une utilisation massive d'acteurs blancs, ce qui distingue Scary Movie de leurs précédents projets jusque là plus centrés sur les parodies de films afro-américains (y compris le film d'action de et avec Keenen Ivory : A Low Down Dirty Shame). Ainsi Lochlyn Munro débute sa collaboration avec les Wayans (on le retrouvera dans Dance Flick, White Chicks et Little Man). Au rayon des caméos improbables, notons Carmen Electra joue le rôle de la bimbo parfaite avec un second degré certain (que l'on retrouve pour partie dans le Starsky & Hutch en 2003), et l'apparition de Dawson (de la série éponyme) qui se trompe de chambre à visiter
Le film est dédicacée à Helen Martin, décédée cette année-là, qui accompagne les frères Wayans dans Hollywood Shuffle, la série The Wayans Bros. et Don't Be A Menace... ; elle apparaît dès les années 70 dans le classique Cotton Comes to Harlem, puis dans de nombreux films et séries incarnant dans les productions des années 80 et 90 une attendrissante et explosive grand-mère comme dans A Rage in Harlem, House Party 2, Le flic de Beverly Hills III, Bulworth et I Got the Hook Up.

mercredi 16 mars 2011

A Thin Line Between Love and Hate

La première et unique réalisation de l'acteur comique Martin Lawrence qui s'en tire plutôt pas mal...

A THIN LINE BETWEEN LOVE AND HATE
Martin Lawrence (1996)



Darnell (Martin Lawrence) est un dragueur impénitent, mais lorsqu'il aperçoit Brandi (Lynn Whitfield), il est persuadé que ce sera la dernière. Brandi est un femme riche, indépendante, et surtout qui se refuse à lui. Le challenge n'en excite que plus son intérêt.
Or, une fois son objectif atteint, Darnell se rend compte qu'il est amoureux de son amie d'enfance Mia (Regina King). Ulcérée d'être mis sur la touche, brandi va harceler Darnell à tous les instants...
Les producteurs George Jackson et Doug McHenry (New Jack City, House Party 2 et House party 3) sont toujours sur de bonnes affaires : le film rapporte plus de 30 millions de dollars, pour un budget d'à peine 8 millions.
Cette comédie romantique n'a rien d'extraordinaire mais se laisse regarder agréablement. Moins percutant que Boomerang (avec lequel on peut trouver de nombreux rapports), le machisme tout puissant est battu en brèche, de même que les caricatures dans lesquelles est souvent cantonné Martin Lawrence (et dans lequel il sombre plus encore avec Black Knight ou Big Momma's House 2).
Justement, sa composition est plutôt sobre, évitant les pitreries auquel les réalisateurs blancs le aiment à l'employer. Et c'est comme ça qu'on l'aime en somme : déployant ses talents d'acteur sans excès outrancier. En sus, c'est une des premiers films où Martin a des relations sexuelles, qui plus est représentées à l'écran. Et comme d'habitude, l'on remarque que pour les acteurs Afro-Américains, comiques de surcroit, il leur faut participer au scénario ou, comme ici, réaliser leur propre film pour exercer ce droit.

Le casting est exclusivement afro-américains. On reconnaît Faizon Love, Regina King, Miguel A. Núñez, Bobby Brown, Michael "Bear" Taliferro, Tracy Morgan, Tommy "Tiny" Lister, Della Reese. Et aussi l'acteur de la blaxploitation Roger E. Mosley (Hitman, The Mack, Darktown Strutters, Sweet Jesus Preacherman, Leadbelly, Drum, il campe aussi Sonny Liston dnas la biographie de et avec Mohamed Ali The Greatest).

lundi 31 janvier 2011

House Party 2

Les producteurs George Jackson et Doug McHenry n'ont pas attendu pour lancer le chantier d'une séquelle au très réussi House Party.

HOUSE PARTY 2
George Jackson & Doug McHenry (1991)


Suite à la mort de son père, Kid (Christopher Reid) reçoit de la part de la paroisse une bourse d'étude. Il rentre donc à l'université, la même que sa petite amie Sidney (Tisha Campbell).
Play (Christopher Martin) a une opportunité pour enregistrer une démo avec son compère Kid. Ce dernier est trop occupé par ses études et décline l'offre, mais Play utilise à son insu l'argent de l'inscription.
Tout part en vrille pour Kid : la séduisante productrice s'évapore avec l'argent, Sidney s'éloigne, son prof lui demande une dissert et il est obligé en sus de travailler dans un fast food...
Pour recouvrer leurs fonds, Bilal (Martin Lawrence), Play et Kid organisent donc une fête.
Le film est forcément dédicacé à Robin "Pops" Harris, qui jouait le prère de Kid dans le premier volet.
Plus généralement, c'est filmé avec un certain talent (pour un budget très serré d'à peine 5 millions), et garde l'esprit léger du premier opus. Le personnage du prof de civilisation afro-américaine incarné par Georg Stanford Brown et la militante féministe jouée par Queen Latifah apportent une dose de réflexion, sans être assomant.
Une suite plutôt réussie donc, dans la lignée des personnages et de l'ambiance créées par Reginald Hudlin. Comme lui, George Jackson et Doug McHenry font rire sans infliger au public des caricatures grotesques de la communauté afro-américaine.
Au casting, beaucoup reprennent leur précédent rôle : le duo Kid N' Play -Christopher Reid et Christopher Martin- et le trio Full Force, Martin Lawrence, Tisha Campbell, Gene Allen et Daryl Mitchell. Queen Latifah se rajoute à la bande tandis que les plus anciens sont toujours à l'honneur avec Georg Stanford Brown, Helen Martin, Tony Burton, Georges Fisher (qui fut le coordinateur des cascades de Melinda et Blacula) et les cascadeurs de la blax' Julius LeFlore et Bob Minor. Enfin, notons une brève apparition de Whoopie Goldberg, même pas créditée au générique.

dimanche 20 juin 2010

New Jack City

En 1971, Melvin Van Peebles avait lancé -à son corps défendant- la vague de la Blaxploitation avec son mythique Sweet Sweetback's Baadasssss Song. Vingt ans plus tard, et parallèlement à Spike Lee et son explosif Do the Rigth Thing, au Boyz N the Hood de John Singleton et à Juice de Ernest R. Dickerson, Mario Van Peebles (qui avait fait ses premiers pas dans le chef d'oeuvre avant-gardiste de son père) contribue lui aussi à asseoir une mode cinématographique : les "urban films", les films sur le ghetto et les problèmes sociaux des Afro-Américains.

NEW JACK CITY - Mario VanPeebles (1991)



Nino Brown (Wesley Snipes) et son gang des CMN -pour Cash Money Brothers- est la valeur montante du deal de cocaïne à New-York.
Scotty Appleton (Ice T) et son collègue Nick traquent la drogue dans la Grosse Pomme. Ils se servent de Pookie (Chris Rock), un petit junkie et dealer sans envergure pour infiltrer les CMN.
L'infiltration tourne court avec la mort de Pookie.
Appleton décide alors de rejoindre à son tour la bande de Nino ; il va s'y faire accepter et devenir un des plus proches de Nino Brown, déclenchant les jalousies. Mais ce dernier sombre peu à peu dans la paranoïa et la mégalomanie...

Le soundtrack fait partie des meilleurs du genre avec de grand nom du rap US. Bien entendu, certains -qui deviendront des grands voire des légendes du mouvement hip-hop- font leur apparition à l'écran tel Ice T bien sûr mais Fab 5 Freddy, ou Flavor Fav de Public Ennemy. L'ambiance "street credibiliy" traversera l'Atlantique puisque dans la VF le doublage d'Ice T est assuré par un certain Joey Starr.

Celà peut paraître insignifiant, mais Van Peebles renoue avec les scènes d'amour entre Afro-Américain. Depuis une décennie, on pouvait noter une régression de ce point de vue. Là où les héros de la blaxploitation, femmes ou hommes, assumaient leur sexualité et que les scènes sensuelles -y compris "inter-raciales"- étaient une avancée permise par le genre (malgrès les dérives voyeuristes) ; les années 80 marquent un véritable reflux, où les Noirs sont cantonnés à des rôles comiques et désexués tels les icones Eddy Murphy et Whoopie Goldberg, ou à l'inverse à des prédateurs sexuels (Danny Glover dans La Couleur Pourpre et Mister T dans Rocky III étant les meilleurs exemples) ; tandis que les corps enlacés ne sont plus montrés et par là, la sexualité noire niée. Or, on sait combien les préjugés sexuels ont été entretenus pour favoriser le racisme et la ségrégation. Cette réhabilitation -entamée en 86 par She's Gotta Have It de Spike Lee- est donc un des aspects positifs du film.

Mario VanPeebles réussit aussi l'exploit de ne pas présenter des personnages manichéens, et en particulier de créer -grâce aux talents de Wesley Snipes- un Nino Brown à la fois détestable et victime d'une société inégalitaire et raciste.

Là où son père et son Sweetback... avait été le succès indépendant de 1971, la première réalisation de Mario VanPeebles rapporte plus de 45.000.000 $ pour un budget de 8 millions et se révèle le plus gros succès indépendant de 1992.

Van Peebles redonne un rôle Tracy Camilla Johns (la Nola Darling de She's Gotta Have It), utilise aussi l'inusable second rôle Thalmus Rasulala (Blacula, Willie Dynamite, Friday Foster...), Bill Cobbs (Greased Lightning, A Hero Ain't Nothin'... et The Hitter) et Clebert Ford. Enfin, il donne sa chance au jeune Chris Rock (qui jouera une parodie de gangsta dans CB4 quelques années plus tard).
Il s'appuie sur une grosse équipe technique dont, entre autres, les cascadeurs Jeff Ward et David S. Lomax et le costumier Bernard Johnson (Don't Play Us Cheap, Claudine, Willie Dynamite et The Bingo Long Traveling All-Stars & Motor King).